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ISBN : 2070650790
Éditeur : Gallimard Jeunesse (16/11/2012)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 621 notes)
Résumé :
[LIVRE BILINGUE ANGLAIS]

Piscine Molitor Patel, auto-surnommé Pi, n’est pas un débutant en matière d’animaux sauvages. Il est le fils du directeur du zoo de Pondichéry, il connaît la grâce parfois mortelle des plus émérites pensionnaires et fait preuve, comme ses parents et son frère Ravi, de la plus grande des précautions. Mais le destin se joue parfois des apprentissages. Devant les remous politiques qui agitent l’Inde, M. Patel décide de vendre le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
darkmoon
  01 mai 2013
Drôle d'expérience, avant de me plonger dans ce roman je ne savais pas trop à quoi m'attendre et j'avais un peu peur de m'ennuyer... Un homme et un tigre sur une barque, difficile de tenir toute une lecture avec ça .Mais quand je l'ai terminé, un seul mot m'est venu à l'esprit : magistral ! Je crois que je ne peux pas mieux qualifier la nouvelle petite perle de Yann Martel. On est subjugué d'émotions du début et à la fin et on s'attache finalement aux personnages. Je ne m'attendais pas du tout à apprécier ce héros naïf qui nous bassine de récits religieux. Mais ce côté-là passe au second plan assez rapidement et s'insère au final parfaitement bien dans le roman.
Le livre retrace la jeunesse d'un jeune indien et de ses moments forts, son éducation de par ses parents mais aussi de diverses religions (thème récurrent et superbement traité ici) auxquelles il va peu à peu adhérer. Il faut bien attendre quelques chapitres avant que le naufrage arrive, Martel prend son temps, le temps de poser les bases, de s'attacher aux personnages et de nous présenter son univers féerique. Mais cet aspect-là atteint son sommet lors du naufrage du navire et de ce qui s'en suit, et on entre complètement dans ce conte fantastique, un voyage improbable commence alors et les péripéties s'enchaînent. Cette histoire de tolérance et d'amitié profondément philosophique nous transporte littéralement ailleurs, appuyée par une description d'une grande beauté.
Croire à l'incroyable vous dites ? Rien d'impossible puisque que c'est le cas, le mélange réel/irréel fonctionne tellement bien que l'histoire de Pi parvient à rendre toute chose insensée, plausible. Mais aux personnes très terre-à-terre, pas d'inquiétudes, le roman est aussi fait pour vous, en particulier les derniers chapitres, véritable torrent d'émotion.
Je dirais que la force du roman réside dans les thématiques abordées, aussi diverses que bien traitées, Yann Martel touche à tout, de l'espoir à la peur en passant par la religion, le roman pourrait être qualifié de "philosophique". En fait, il touche à ce qu'il y a de plus ancien chez l'être humain: raconter une histoire. Aux grandes histoires mythologiques et religieuses qui ne sont finalement que des histoires racontant le monde. Ici Martel nous livre une fable moderne sur la vie, sur soi; on nous y dépeint le dépassement de sa condition, ainsi que la réaction humaine face au drame et à l'épreuve. Leçon de vie, de survie, et de foi. Entre réalité et imaginaire, ce roman nous fait rêver et nous rend triste par son histoire dramatique.
Enfin et surtout, ce roman est une vraie interrogation sur la ou les religions, celles qui nous divisent, nous, Êtres Humains, au lieu de nous unir dans un seul et même élan. Sans conteste l'un des meilleurs livres que j'ai pu lire, L'histoire de Pi est bien plus qu'un survival book, alliant plans de toute beauté et histoire bouleversante, cette petite perle est à lire et à relire.
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argali
  30 décembre 2012
L'histoire de Pi retrace le périple extraordinaire d'un jeune garçon de dix-sept ans qui survit miraculeusement à un naufrage en plein océan Pacifique. Ce récit fait penser à la fois au mythe de l'arche de Noé, à l'Odyssée d'Homère et à Robinson Crusoë.

Le naufrage, dramatique et spectaculaire, est l'élément clé, le pivot de l'histoire. le roman relate alors la cohabitation forcée de Pi et d'un tigre du Bengale pendant de longs jours d'errance maritime. L'oeuvre de Yann Martel devient alors un roman initiatique qui plonge le héros, dans un questionnement sur l'humanité, son rapport à Dieu et aux animaux. le débat entre l'homme et l'animal, l'animalité en l'homme, les circonstances qui peuvent nous faire renier nos convictions les plus intimes, les autres qui peuvent nous faire agir de la façon la plus terrible… tout cela s'entrechoquera en Pi. Lui qui, contre l'avis de son père, a choisi d'être à la fois hindou, chrétien et musulman, interrogera Dieu plusieurs fois au cours de sa dérive afin de comprendre le sens de ce combat quotidien qu'il doit mener contre les éléments, contre le tigre et contre lui-même. Lorsque le fauve, génétiquement carnivore, épargne son compagnon d'infortune et semble s'humaniser un peu, l'événement n'est pas anodin pour Pi. Mais quand il racontera son histoire aux assureurs du paquebot naufragé, ils ne voudront pas le croire. Contraint de proposer une autre version des faits, plus crédible mais aussi plus sombre, il laisse néanmoins planer le doute, laissant entrevoir qu'au fond la vérité n'est pas dans les faits, mais plutôt dans le sens que l'on donne aux histoires que l'on raconte… Tel est l'enjeu de cette fantastique fable philosophique.

Ce récit se lit comme un conte superbement narré et séduit par sa profondeur, son humour et son côté dramatique. L'écriture claire et poétique de l'auteur nous enchante au long des 470 pages du récit. Quant à Pi, il est particulièrement bien dépeint et possède une profondeur psychologique semblable à celle des héros mythiques.

L'histoire et le style seront appréciés des enfants dès 11-12 ans mais la portée philosophique de ce récit ne s'appréciera vraiment que par des lecteurs bien plus mûrs.

Lien : http://argali.eklablog.fr
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BrooklynNoA
  10 avril 2013
SPOILERS MININMUM

J'ai voulu lire le livre avant de voir le film, mais par manque de temps je n'avais finalement lu que les 50 premières pages, à peu près... Comme j'ai bien fait !!!!!
J'ai donc lu "L'histoire de Pi" de Yann Martel en ayant vu "L'odysée de Pi" et je suis RAVIE de l'avoir fait dans ce sens. Et en même temps je pense que le travail d'Ang Lee est d'autant plus remarquable quand on a lu le livre.... Là où Ang Lee se fait poète, Yann Martell se fait journaliste et nous conte une histoire bouleversante, celle d'un jeune homme qui a du survivre au milieu de l'océan pacifique pendant plus de 8 mois... avec un tigre du Bengale à bord....
L'histoire débute tout comme le film, par une rencontre à l'Indian Cofee House, la rencontre entre un vieil homme et un auteur en voyage. La rencontre qui va changer la vie de cet auteur et aussi un peu la nôtre...
L'histoire est fluide, l'intrigue bien amenée, on suit Yann Martel dans sa quête et ses refléxions en même temps que nous suivons l'histoire de Pi évoqué au départ par ce vieil homme rencontré au café. Puis par Pi lui même que l'auteur aura su retrouver... L'histoire d'un homme qui a survécu au naufrage du paquebot qui devait l'emmener avec toute sa famille vivre au Canada. Seul survivant, il a du partager sa barque avec un tigre du Bengale pendant 8 mois. Comment est ce possible? Cela parait fou... Et pourtant Yann Martel nous pousse à croire l'incroyable, l'impensable. Mais surtout nous pousse à nous dire : "mais pourquoi pas?"...
A la lecture du livre, j'ai bien sûr quelques images du film en tête et je note bien ici et là quelques différences... Comme la première rencontre de Parker et Pi dans le zoo de Pondichery... Ici dans le livre, l'auteur prend le temps de faire le tour du zoo avec le père de Pi, Pi et son grand frère.
Un tour pour nous présenter tous les animaux et nous expliquer la dangerosité de chacun. Passage que nous retrouvons dans le générique de début du film où Ang Lee fait le tour de la faune et de la flore du zoo, mais sans les explications des règles qui les régissent... Il y a donc dans le livre tous les animaux du film et de la barque : tigres, hyenes, chimpanzés, tous sauf le zèbre. Chacun ont un côté dangereux. Sans exception.
Une présentation et une analyse de l'univers d'un zoo et des animaux proche de « we bought a zoo ».
« Les animaux ne se sauvent pas pour aller vers un lieu mais plutôt pour fuir un lieu. ». Ils protègent ce qu'ils connaissent, ils n'attaquent pas. C'est ici une mise en place en douceur de la compréhension de Pi (et la nôtre) pour les animaux que l'on découvre dans la suite de l'histoire et de son aventure personnelle. le livre prend le temps de nous expliquer les choses et nous guider vers une compréhension plus grande de la psychologie de Pi face aux événements qu'il va vivre.
Ici, le livre alterne pour mon plus grand bonheur les points de vue : Pi qui raconte son histoire, Pi qui se souvient de chose annexe à son histoire et l'auteur qui commente l'attitude et la narration de Pi. Une multivision de l'histoire qui pourtant n'altère pourtant jamais la nôtre et ne complique jamais en rien le récit. Bien au contraire.
"L'histoire de Pi" commence lorsque la famille Patel embarque sur le paquebot japonais le 21/06/77 : le Tsim Tsum. Ici l'histoire n'est pas chronologique comme peut l'être le film mais cela ne gêne en rien la fluidité du récit. Juste qu'elle ménage peut-être un peu moins le suspens. On sait ici que son odysée se déroule du 02 /07/77, jour du naufrage du bateau, jusqu'au 14/02/78... Fou...
Les chapitres naviguent donc entre passé et présent, ils sont à la fois délicieux et bouleversants. La gymnastique du passage entre différentes époques est belle et facile à faire... Elle permet également un peu de repos dans un récit d'une histoire incroyable... Mais cela permet aussi de redonner du rythme a un récit qui peut être un peu long. 8 mois à bord d'une barque au milieu de l'océan il peut se passer de longue journée sans "rien" et pourtant on se rend compte que chaque journée est un combat. Chaque journée a sa propre routine mais surtout son propre rythme pour ne pas devenir fou...
Le livre ne repose pas sur le suspens du « sont-ils vivants », mais sur "comment a-t-il survécu?". Une histoire qui devient au fil des pages plus un témoignage qu'une histoire. Un livre que l'on découvre page à page, mot à mot, complètement plongé dans l'aventure de Pi... Mais c'est aussi un livre que l'on garde en tête des jours et des semaines. Un livre qui bouscule nos croyances et qui nous pousse aussi à la réflexion... Que ferions nous en situation de survie? est ce la vie est plus forte que toutes les pires pensées? est ce qu'il faut croire en quelque chose qui nous dépasse pour pouvoir aller de l'avant? est ce que dans l'entraide et l'aide à l'autre réside l'espoir? Est ce que apprivoiser l'autre, c'est aussi s'apprivoiser soi-même? Est ce que l'on se découvre forcément à travers l'autre? par les autres? pour les autres?
La relation entre Pi et le tigre, Richard Parker est finalement ici peut-être encore plus bouleversante que le film même. Mais peut-être est ce parce que j'ai vu le film? comment savoir?... On sent encore plus ici que c'est Parker qui le pousse à survivre en le maintenant en vie lui. Il lui occupe l'esprit et surtout le coupe de sa solitude, de son chagrin et de ses peurs.
Pi est un jeune homme de 17 ans ingénieux, profondément rationnel et optimiste, il voit toujours le verre à moitié plein à chaque situation. On découvre les listes qu'il fait de son inventaire, ses plans pour survivre. On découvre les astuces du guide de survie trouvé sur le bateau. On vit l'aventure avec lui, presque à côté de lui. On sent le vent, le calme, le sel sur la peau. L'odeur horrible du bateau, le goût de la chair crue... On croit entendre Parker feuler... Yann Martel a un sens de la description fort et captivant...
D'ailleurs, certaines scènes décritent dans le livre sont insoutenables à lire. La survie prime mais comme je ne suis pas en mode survie c'est la nausée qui prime souvent. Un passage m'a littéralement soulevé le coeur d'horreur. J'ai tout comme Pi eu le même dégout, la même nausée, la même peur, qui me faisait presque sauter des mots comme je me cacherais des images qui défilent au cinéma. Je suis comme Pi spectatrice et appeurée de ce qu'il se passe devant lui. Des mots que j'avais envie d'ignorer de ne surtout pas lire. Que j'ai lu la grimace et le dégoût aux lèvres.
Mais lire "l'histoire de Pi" c'est aussi découvrir un autre mode de pensée, une autre religion, d'autres voies possibles... Il n'y avait que Pi pour vivre cette aventure... Pi qui vient d'un autre monde où les religions et les croyances se côtoient. D'ailleurs, chez Pi adulte les dieux et les religions se mêlent d'une pièce à l'autre. Jesus côtoie Shiva…
Il y a parfois quelques passages un peu long mais cela met bien en place la personnalité de Pi et son esprit ouvert. Et son imagination et sa perception de l'univers et de l'ordre des choses.
Côté différence entre le livre et le film, il y a en finalement assez peu ou en tout cas de moindre importance. le livre est bien sûr beaucoup plus (trop?) dans le détail. On aborde beaucoup plus les sentiments de Pi, ses phases d'espoir et de désespoir. Sa faim et ses peurs... Et certains passages sont même inexistants dans le film mais comme je le disais plus haut terriblement difficile à lire.
Enfin pour finir, une chose m'a vraiment marqué tout au fil de ma lecture... L'incroyable émotion qui se dégage de ce roman. Comment douter que tout cela n'est pas vraiment arrivé? Comment imaginer que l'auteur est inventé tout cela? C'est une des premières fois que cela me marque autant. A tel point que même après avoir pourtant recherché sur un moteur de recherche très connu, si Piscine Molitor Patel existait, je me demande encore si tout cela est fiction ou histoire vraie ? La frontière est floue et aujourd'hui je ne sais toujours pas. Je n'arrive toujours pas à savoir si c'est une histoire vraie ou un roman ? Comment imaginer ça ? tous ses détails ? Ses rebondissements ?
Et puis surtout, mon avis final sur toute cette histoire alterne encore plus à la lecture du livre. Est ce une fable, est ce vrai? L'auteur tout comme Ang Lee ne prend pas partie pour une version plus qu'une autre. Mais il y a ici bien trop de détails pour ne pas devenir fou et vouloir croire aux animaux... Mais en même temps et si ? et pourquoi pas ? Croire en l'impossible ? J'ai finalement profondément envie de croire en Parker... Et vous?

En bref : La force du récit est là. Une Odysée incroyable au sens propre comme au figuré. Une histoire belle et horrible à la fois. Une rencontre improbable entre l'homme et l'animal qui se rejoignent devant l'adversité. L'un et l'autre poussant l'autre à tour de rôle. Un livre qui déclenche aussi bien la nausée que les larmes... Un livre qui bouleverse et dont on referme les pages avec une vision de l'homme et du tigre qui ne sera peut-être plus jamais la même... Lire le livre et voir le film... Ou ne juste voir que le film... Merci Ang Lee.
Lien : http://noaetsonmonde.blogspo..
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Dareel
  11 avril 2016
L'intrigue
Piscine Molitor Patel, dit Pi, est le fils du directeur du zoo de Pondichéry. Lorsque son père décide de quitter l'Inde, la famille liquide ses affaires et embarque, accompagnée d'une étonnante ménagerie, sur un cargo japonais : direction le Canada. le navire fait naufrage, et Pi se retrouve seul survivant à bord d'un canot de sauvetage. Seul, ou presque… Richard Parker, splendide tigre du Bengale, est aussi du voyage. Comment survit-on pendant deux cent vingt-sept jours en tête à tête avec un fauve de trois cents kilos ? C'est l'incroyable histoire de Pi Patel.
Chronique
L'histoire de Pi traîne sur mes étagères depuis vraiment longtemps. Il était hors de question de voir le film avant d'avoir lu le livre, du coup après fini cette lecture j'ai pu enchaîner sur l'adaptation ciné.
On m'avait prévenue d'une chose : il ne faut pas se laisser décourager par la première partie un peu longuette du roman, le reste valant vraiment le coup.
Mon avis ? La première partie du roman est particulièrement intéressante, les longueurs ne m'ont pas dérangée ! Clairement, avec l'histoire de Pi, on va plus loin que ce que le grand public retient…
Bref ! Piscine Molitor Patel est né au sein d'une famille hindou contemporaine et moderne, à Pondichéry. Son père dirige un zoo avec un sa mère, et lui fait les 400 coups avec son frère Ravi. Jusqu'au jour où la situation économique désastreuse de l'Inde pousse la famille à quitter sa terre natale pour le Canada. Les animaux du zoo ayant plus de valeur à l'étranger, M. Patel les embarque sur le grand cargo TsimTsum pour les vendre en Amérique… Et c'est ce qui aurait du se passer si le bateau n'avait pas fait naufrage, laissant Pi abandonné à son sort sur une chaloupe de sauvetage en compagnie d'une mini arche de Noé, incluant tout spécialement un somptueux tigre du bengale, Richard Parker, dont la sauvagerie et la férocité ont été prouvée à Pi et Ravi par leur père quelques temps auparavant.
Pour parler de ce roman beaucoup plus dense qu'il n'y parait, je vais séparer le tout en plusieurs points :
Première partie
Si on a tous un avis bien forgé sur la question des zoos, Yann Martel et Pi m'ont fait réfléchir et presque changer d'opinion sur ce sujet. Certains aiment aller au zoo et ne se posent pas davantage de questions, d'autres décrètent que les zoos ne devraient pas exister, et ce au nom d'une certaine cause animale (lézanimodevréetreenlibertépadandécaj!). J'avoue avoir fait partie de ces derniers jusqu'à réfléchir davantage à la question. Je ne lancerai pas de débat ici, à chacun de se faire son propre avis.
Ensuite, j'ai beaucoup aimé toute la partie traitant de la Religion. Parce que Pi, encore enfant à l'époque, se pose des questions tout à fait innocentes dont on aimerait bien encore parfois avoir les réponses. (Pourquoi Dieu aurait sacrifié son fils en dédommagement des erreurs commises par les hommes ?) de plus, sa curiosité et sa tolérance sont particulièrement touchantes et émouvantes. On découvre donc comment Pi est devenu pratiquant de l'Hindouisme, de l'Islam et du Christianisme. Ces croyances seront l'un de bases de sa force durant l'épreuve à venir, même si elles seront parfois remises en question.
Deuxième partie
La deuxième partie est donc celle de l'embarquement sur le cargo, du naufrage et de la survie de Pi pendant 227 jours dans des conditions particulièrement… particulières. L'auteur ne s'est pas réellement concentré sur la cause du naufrage, qui restera d'ailleurs une énigme, et tout s'est si vite passé qu'on en arrive rapidement à retrouver Pi dans sa chaloupe, en compagnie d'un zèbre à la patte cassé et de bien d'autres créatures.
Cette partie est bien entendu la plus longue. On y retrouve toutes les phases souvent rencontrées dans ce genre de contexte : la peur, l'abattement, l'espoir, la joie, la déception, la désolation… C'est notamment dans cette partie que la foi de Pi est remise en question.
C'est également ici que j'ai apprécié avoir eu de longs développements sur les animaux et les zoos, puisque tout ce raisonnement rend plausible la relation entre Pi et Richard Parker, le tigre qui l'accompagnera durant son voyage.
J'aime les huis-clos, j'aime les histoires de naufragés, et ici j'ai été servie ! Il y a pas mal de termes techniques et de descriptions un peu laborieuses, mais je pense que ça a beaucoup servi pour l'adaptation cinématographique.
Je pense qu'on ne se rendra jamais assez compte de ce que peuvent représenter 227 jours quand on est perdu au milieu du pacifique avec la menace constante d'un tigre à nos cotés… Mais comme dit Pi, si ce tigre n'avait pas été là, s'il ne l'avait pas tenu en éveil constant, tous sens aiguisés, à l'affût de la moindre réaction, est-ce que Pi aurait survécu ? Ne se serait-il pas abandonné à son triste sort ? J'ai beaucoup aimé cette relation d'inter-dépendance où chacun finit par trouver son compte et respecter son « adversaire », même sur un territoire aussi restreint qu'une chaloupe de 8m de long. Autant dire que le personnage de Pi en jette vraiment !
Même dans un cadre redondant et qui devient un grand vide familier également pour le lecteur, Yann Martel a su me tenir en éveil, me garder intéressée et intriguée tout du long, et rajouter des petites notes de magie par-ci par-là. Je n'en dirai pas plus au risque de spoiler !
Troisième partie
La troisième partie du roman est la plus abrupte, celle qui nous fait redescendre sur Terre assez violemment, mais également peut-être la plus parlante, dure et belle à la fois.
Ici pas de spoil, ce n'est pas un secret, Pi a survécu. Et il est confronté durant son hospitalisation à deux fonctionnaires responsables de trouver la raison du naufrage du TsimTsum en allant interroger son seul survivant. Pi leur raconte donc son incroyable histoire de A à Z… Histoire qu'ils ne croient pas, qu'ils ne jugent pas assez réaliste et que les autorités ne goberont surement pas.
Pi se lance alors dans la narration d'une toute autre version abrégée de son odyssée, plus crédible et moins fantastique. Et plus convaincante pour les deux hommes.
On en ressort alors avec un petit doute en tête… Quelle version est la vraie ? Est-ce la plus probable ? Parce que c'est peu commun, doit-on douter du fait qu'un homme puisse survivre avec un tigre pendant 227 jours ? Et si on avait simplement envie de croire à la version qui nous plait le plus ? Ou alors le doute est-il seulement permis, cette deuxième histoire n'est-elle pas là que pour endormir les deux fonctionnaires ?
En bref, ce roman plein de métaphores, d'allégories, de croyance et d'humanité est un roman incontestablement fort qui m'a marquée et que je garderai en tête un long moment. L'auteur nous conte bien plus que l'histoire d'un naufragé. C'est réellement avec des questions plein la tête qu'on sort de cette lecture absolument prenante !
[Informations livre : Yann Martel – L'histoite de Pi | Editions Folio | Contemporain | 436 pages | 8.70€]
Chroniques Livresques

Adaptation cinématographique
C'est avec le roman très frais dans mon esprit que j'ai vu le film, seulement le lendemain après avoir fini ma lecture.
Je sais qu'il est sorti depuis un moment et qu'il est connu pour être visuellement très beau, et il s'avère que c'est tout à fait vrai.
C'est une magnifique adaptation en termes de visuel, pleine de poésie et de magie. S'il abrège un peu sur la première partie du roman, l'essentiel est tout de même dit et montre l'importance de la Religion pour Pi.
L'Odyssée de Pi
Le tout est relativement fidèle, à quelques libertés près qui sont plutôt là pour servir la beauté de l'image. Une seule chose m'a dérangée, mais là encore, no spoil !
Et surtout, l'idée de base du film est absolument géniale : Pi raconte son histoire non pas seulement aux deux fonctionnaires de la fin du roman, mais à Yannick, qu'on peut penser être l'écrivain du roman, qui va donc se charger de narrer l'histoire de notre naufragé… Et devinez quelle version il a choisi ?
Comme pour le roman, on en sort avec des noeuds dans notre esprit, la fin nous fait nous poser plein de questions, le coté profond et abouti de l'histoire ressort parfaitement, en plus de proposer un film magnifique graphiquement.
Un grand chapeau à l'acteur qui joue Pi durant son naufrage, c'est saisissant de réalisme !
J'ai adoré !
L'Odyssée de Pi
En deux mots
Un livre fort et poignant qui va plus loin que l'histoire d'un naufragé.
Une réflexion profonde très bien retranscrite dans le film, un univers malgré tout magique et visuellement époustouflant, de l'émotion à gogo et un tigre… Particulièrement attachant.
Lien : http://www.chroniques-livres..
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Lucile-
  05 avril 2013
Voici l'histoire de Pi, un garçon ordinaire qui va vivre une histoire extraordinaire.
Voici une critique sur un livre qui aurait pu être banal et qui se révèle être d'une profonde originalité.
La première partie souffre de quelques longueurs mais la fin est si magistrale que ce bémol est vite pardonné. le livre repose sur une histoire de naufragé, rien de bien nouveau. Un garçon et un tigre dans une même barque pendant 227 jours, ça paraît incroyable. Mais après tout, c'est un livre. Tout est possible. Et puis, il arrive des événements qui m'ont semblé un peu tirés par les cheveux et j'ai été un peu déçue.
Mais tout ceci n'est que le sommet de l'ice-berg car la fin du livre donne tout son sens à l'oeuvre. Et alors, on comprend tout. Toutes les anecdotes, toutes les nuances deviennent limpides comme de l'eau de roche et l'on se sent stupide d'avoir pu penser que cette histoire était un bon roman d'aventure mais sans plus.
Le plus, je ne le dévoile pas bien sûr pour laisser le plaisir aux futurs lecteurs de découvrir l'étincelle de ce livre.
Je l'ai terminé bouleversée. Je ne m'attendais pas à un coup de coeur mais c'est bien la magie d'un livre que d'être inattendu. C'est une histoire au fond que l'on a peut-être déjà lu mais qui est racontée d'une merveilleuse façon et écrit d'une main de maître.
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Citations et extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
urbanbikeurbanbike   10 mars 2010
Si son espace est trop ensoleillé ou trop humide ou trop vide, si son perchoir est trop haut ou trop exposé, si le sol est trop sablonneux, s’il y a trop peu de branches pour faire son nid, si la mangeoire est trop basse, s’il n’y a pas assez de boue pour s’y vautrer — et bien d’autres si encore -, alors l’animal ne sera pas serein. Ce n’est pas tant qu’il faille reproduire les conditions existant dans la nature qu’une question de saisir l’essence de ces conditions. Tout dans un enclos doit être exactement au point — en d’autres mots, aucun élément ne doit dépasser la limite des capacités d’adaptation de l’animal.

La peste soit des zoos qui ont de mauvais enclos ! Ils donnent une mauvaise réputation à tous les zoos.

Les animaux sauvages capturés quand ils ont déjà atteint leur pleine maturité sont un autre exemple de bêtes qui ont tendance à vouloir s’échapper ; il arrive souvent qu’ils soient trop ancrés dans leurs habitudes pour pouvoir restructurer leur monde subjectif et s’adapter à un nouvel environnement.

Mais même des animaux ayant été élevés dans des zoos, n’ayant jamais connu la nature sauvage, et qui sont donc parfaitement adaptés à leur enclos et ne ressentent pas de tension en présence des humains, connaîtront des moments d’agitation qui les amèneront à chercher à s’évader. Tous les êtres vivants ont en eux une mesure de folie qui les pousse dans des directions étranges, parfois inexplicables. Cette folie peut être salutaire ; elle est intimement liée à la capacité d’adaptation. Sans elle, aucune espèce ne pourrait survivre.

Quelle que soit la raison de vouloir s’échapper, saine ou folle, les détracteurs des zoos devraient se souvenir que les animaux ne se sauvent pas pour aller vers un lieu mais plutôt pour fuir un lieu.

Quelque chose dans leur propre espace leur a fait peur — l’intrusion d’un ennemi, l’agression d’un animal dominateur, un bruit surprenant — et a déclenché une réaction de fuite. L’animal s’évade ou il essaie de s’évader. J’ai été surpris d’apprendre au zoo de Toronto — un excellent zoo, par ailleurs — que les léopards peuvent faire des bonds allant jusqu’à six mètres de hauteur. Notre enclos pour les léopards à Pondichéry avait un mur arrière de cinq mètres de haut ; j’en conclus que Rosie et Copycat n’ont jamais sauté au-delà de cette paroi, non pas parce qu’ils en étaient incapables physiquement mais simplement parce qu’ils n’avaient pas de raison de le faire. Les animaux qui s’enfuient passent du connu à l’inconnu — et s’il y a une chose qu’un animal déteste par-dessus tout, c’est bien l’inconnu. Les animaux qui s’évadent se cachent habituellement dans le premier endroit qu’ils trouvent où ils éprouvent un sentiment de sécurité, et ils ne sont dangereux que pour ceux qui se placent entre eux et ce qu’ils tiennent alors pour un lieu sûr.
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darkmoondarkmoon   20 mai 2013
- Si vous trébuchez sur la question de ce qui est crédible, à quoi sert la vie ? Est-ce que l'amour n'est pas difficile à croire ?
- Monsieur Patel ...
- Laissez-moi tranquille avec votre politesse ! L'amour est difficile à croire, demandez à n'importe quel amoureux. La vie est difficile à croire, demandez à n'importe quel scientifique. Il est difficile de croire en Dieu, demandez à n'importe quel croyant. Quel est votre problème face à ce qui est difficile à croire ?
- Nous sommes tout simplement raisonnables.
- Et moi donc ! J'ai fait usage de ma raison à chaque instant. La raison est excellente pour se nourrir, se vêtir, se loger. La raison est la meilleure boîte à outils. Il n'y a rien comme la raison pour maintenir les tigres à distance. Mais si on est excessivement raisonnable, on risque de jeter tout l'univers par la fenêtre.
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darkmoondarkmoon   06 juin 2013
Je dois dire un mot sur la peur. C'est le seul adversaire réel de la vie. Il n'y a que la peur qui puisse vaincre la vie. C'est une ennemie habile et perfide, et je le sais bien. Elle n'a aucune décence, ne respecte ni lois ni conventions, ne manifeste aucune clémence. Elle attaque votre point le plus faible, qu'elle trouve avec une facilité déconcertante. Elle naît d'abord et invariablement dans votre esprit. Un moment vous vous sentez calme, en plein contrôle, heureux. Puis la peur, déguisée en léger doute, s'immisce dans votre pensée comme un espion. Ce léger doute rencontre l'incrédulité et celle-ci tente de le repousser. Mais l'incrédulité est un simple fantassin. Le doute s'en débarrasse sans se donner de mal. Vous devenez inquiet. La raison vient à votre rescousse. Vous êtes rassuré. La raison dispose de tous les instruments de pointe de la technologie moderne. Mais, à votre surprise et malgré des tactiques supérieures et un nombre impressionnant de victoires, la raison est mise K.-O. Vous sentez que vous vous affaiblissez, que vous hésitez. Votre inquiétude devient frayeur.
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bouquinebouquine   20 mars 2013
Ce qui est élevé abaisse, et ce qui est bas élève. Je vous le dis, si vous étiez dans une situation désespérée comme celle où je me trouvais, vos pensées aussi s'élèveraient. Plus on est dans l'abîme, plus notre esprit veut s'envoler. Quoi de plus naturel que, démuni et désespéré comme je l'étais, livré à une souffrance implacable, je me sois tourné vers Dieu?
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lovelybooklovelybook   28 avril 2014
Je pleurais parce que Richard Parker m'avait abandonné sans cérémonie. Quelle terrible chose que de bâcler un adieu. Je suis une personne qui croit en la façon de faire, dans l'harmonie de l'ordonnance du monde et des êtres. (...) Je vais vous dire, il y a un aspect du diminutif de mon nom que je déteste vraiment, et c'est la façon dont ce chiffre se poursuit à l'infini. Il est important dans la vie de clore les choses comme il le faut. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'on peut se détacher de quelque chose. Sans cela, il vous reste des mots qu'il aurait fallu dire, mais que vous n'avez jamais prononcés, et votre cœur est lourd de regrets. Cet adieu raté me blesse encore aujourd'hui? J'aimerais tellement lui avoir jeté un dernier regard sur le bateau de sauvetage, l'avoir provoqué un peu pour saisir son attention ; j'aimerais lui avoir dit - oui, je sais, c'était un tigre, mais enfin - puis j'aimerais lui avoir dit : " Richard Parker, c'est terminé. Nous avons survécu. Peux-tu le croire ? Je te dois une plus grande reconnaissance que je ne saurais te l'exprimer. Je n'y serais pas arrivé sans toi. Je tiens à te le dire formellement : Richard Parker, merci. Merci de m'avoir sauvé la vie. Et maintenant, va où tu dois aller. La plus grande partie de ta vie, tu as connu la liberté limitée d'un zoo ; tu vas maintenant connaître les limites de la liberté de la jungle. Je t'y souhaite la meilleure chance du monde. Méfie-toi de l'Homme. Il n'est pas ton ami. Mais j'espère que tu te souviendras de moi comme d'un ami. Je ne vais jamais t'oublier, ça, c'est sûr. Tu seras toujours avec moi, dans mon cœur. Qu'est-ce que ce sifflement ? Ah, notre bateau a touché le sable. Alors adieu, Richard Parker, adieu. Que Dieu t'accompagne. "
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En savoir plus sur "Les Hautes montagnes du Portugal" : http://www.myboox.fr/livre/les-hautes...
Musique : Cannon_Silent Partner
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