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Brian Evenson (Autre)Stéphane Vanderhaeghe (Traducteur)
EAN : 9782374912530
112 pages
Quidam (06/01/2022)
2.78/5   54 notes
Résumé :
Sloper commence sa journée de travail au moment où s’arrêtent les faiseurs de richesses et redresseurs de torts. Agent d’entretien dans un immeuble, il passe d’étage en étage en poussant son chariot. Il aspire, vide les poubelles, récupère ce qu’il peut. Ni vu ni connu. Avant de rentrer chez sa mère, où il vit à la cave, épiant ses voisines par la fenêtre.
Personnage sans histoire, sans ambition ni qualité, Sloper pourrait continuer à dilapider ainsi son temp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
2,78

sur 54 notes
Sloper est agent d'entretien dans un immeuble de bureaux. Lui qui habite misérablement la cave, chez sa mère, et qui n'hésite pas, pour se nourrir, à piocher dans les ordures qu'il doit vider, fait un jour une découverte macabre dans le local à poubelles de son lieu de travail.


Jamais roman ne m'aura autant dégoûtée sans pour autant susciter mon rejet ! Car, comme l'indique Brian Evenson dans sa préface, Ordure « n'est pas un livre qu'on aime. Il faut le traverser, le vivre, le subir même : ce n'est pas quelque chose pour lequel on éprouve du plaisir ». Mieux vaut en être averti de prime abord : ce texte est écrit pour plonger ses lecteurs dans une totale répulsion, qui, s'il n'était par ailleurs tout à fait remarquable, risquerait fort de pousser un bon nombre d'entre eux à en interrompre la lecture. de fait, l'extrême répugnance qu'il suscite sert à ce point le propos de l'auteur, que l'on en reste subjugué par la puissance viscérale de ce livre très court, aux ellipses abyssales. Dans cette narration, ce sont des détails jetés de manière anodine et avec une sidérante économie de moyens, ainsi que d'incommensurables non-dits, qui ouvrent les plus vertigineuses perspectives, laissant au lecteur effaré le soin d'en sonder les effroyables incidences.


Sloper est ce que la monstrueuse indifférence et le mépris de notre société pour ses exclus est capable de produire : un rat condamné à survivre furtivement en se contentant des rebuts, qu'il s'agisse des déchets de notre consommation ou de ceux de notre humanité, incluant nos morts et ceux que nous parquons discrètement, ici les personnes lourdement handicapées, mais on pourrait d'ailleurs y ajouter nos aînés en fin de vie. Quelques mots presque inaperçus pour suggérer la maltraitance dès l'enfance, une poignée de détails atrocement saisissants pour illustrer des conditions de vie indignes et un désert affectif sans horizon, enfin la description sans émotion d'un rôle ingrat aux marges les plus viles de la collectivité, et l'on se retrouve en plein choc face à un être humain habitué à n'être qu'un déchet parmi les déchets, une sorte de monstre que l'on aurait privé du droit aux sentiments et à la moralité, et vis-à-vis duquel l'on ne sait plus ce qui l'emporte, de l'horreur et de la répulsion, ou de ce qui, dans ce naufrage, subsiste de compassion hagarde. Si le malaise qui étreint le lecteur devient si prégnant, c'est bien sûr en raison de ce que la narration comporte de scabreux, mais aussi parce qu'il est impossible de juger Sloper, les atrocités que pointe ce livre nous renvoyant à nos propres responsabilités et à l'absurde inhumanité de notre société.


D'abord publié à compte d'auteur il y a une vingtaine d'années, ce livre s'est rapidement taillé une réputation légendaire dans le milieu underground de la littérature américaine d'avant-garde. Il a trouvé depuis ses éditeurs, et même ses traducteurs. Il reste une lecture atypique, profondément dérangeante, que je n'ai effectivement pas aimée, mais qui vaut d'être expérimentée tant elle présente d'intérêt, tant sur le fond que sur la forme. Jamais livre n'aura autant déboussolé son lecteur, sûr de ne pas l'aimer, mais incapable de le détester.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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" Ordure est un livre dont il faut faire l'expérience - pas un livre qu'on aime." écrit Brian Evenson.

En fait, il m'a fait le même effet que Zombi de Joyce Carol Oates : Beurk.
https://www.babelio.com/livres/Oates-Zombi/3792/critiques/3311177

Je suis très perplexe quand au contenu.
Est-il si difficile de rester un être humain dans cette société? le monde du travail nous déshumanise à ce point? le plus inquiétant dans cette réflexion, c'est que l'on éprouvera du dégoût que sur les actes de Sloper mais jamais sur le protagoniste en lui-même. On ne se posera pas la question:" pourquoi en arrive-t-il là?", mais plutôt "à quel moment" va-t-il tomber dans la bassesse suprême?

Ce roman qui porte très bien son titre, regroupe une tripotés d'ordures, au sens propre comme au figuré. Et Sloper est loin d'être la seule grosse ordure du roman même si on est accès sur lui et ses dérives malsaines. Je pense notamment au criminel de base, qui a démarré le vice et dont découlera le reste immonde du récit, et ceux de la fin, qui n'ont même pas une once d'humanité pour que justice soit faite...

Une nouvelle impitoyable avec une grande réflexion sur notre société actuelle, qui conduit certain d'entre nous dans les bas fond du néant de l'être. Comment existons-nous? Méritons-nous tous d'exister? Et lui là, l'employé du mois qui fait super bien son travail, dont personne ne se souvient du prénom, que cache-t-il dans sa vie après le travail?




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Sur les conseils avisés d'une poignée d'amis, je m'empressai de lire Ordure, cette novella qui, selon Brian Evenson qui en a écrit la préface, fait partie des livres qui ont acquis le statut de légende dans le milieu underground de la fiction américaine novatrice... Ah bon.

Nous sommes donc avec le héros, Sloper, agent d'entretien dans un immeuble, qui vit avec sa mère... enfin "avec" étant tout relatif, vu qu'il est installé à la cave et elle au rez-de-chaussée et qu'ils communiquent, elle en frappant sur le sol, lui en glissant des enveloppes sous la porte.
Notre Sloper fait donc son travail consciencieusement, mais le minimum syndical. Si un carton de détritus n'est pas posé à l'endroit où il est censé le ramasser, il le laisse.
Par contre, quand le vide-ordures est bouché, il se charge de désencombrer le réceptacle... et c'est là qu'il fait une découverte aussi surprenante que macabre.

Alors que dire... Je n'ai pas accroché du tout. le style est apparemment remarquable, je l'ai trouvé quelconque, mais il en faut pour tous les goûts.
Je n'ai même pas été dégoûtée par ces histoires de déchets et tous les travers et petites ou grosses manies de Sloper, qui sont pourtant rebutantes, non, rien de tout ça.
J'ai lu d'autres livres bien plus écoeurants que celui-ci, si l'on peut dire, mais dans lesquels j'ai réussi à m'immerger et à éprouver quelques sensations.
Je n'ai trouvé aucun intérêt à ce récit. Tracé plat. Je ne saurais même pas dire si Sloper est susceptible d'attirer quelque empathie ou autre sentiment, mais ce n'est pas le but du bouquin de toute façon.

On peut donc dire que je suis passée complètement à côté. Mais je dois reconnaître que c'est vraiment très spécial, un livre hors du commun, et qu'il faut vraiment se faire son opinion par soi-même, alors je ne le déconseille à personne. J'envie même les gens qui l'ont adoré, j'aurais aimé partager leur enthousiasme.
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Un roman culte de l'underground new-yorkais paraît il, fascinant et subversif.
Oui, subversif pour un roman de 1970.
Sauf qu'il a été écrit en 1999 et publié en 2008.
On avait alors déjà lu et vu beaucoup plus subversif.
Quel est donc ce sujet particulièrement dérangeant, à faire frissonner d'horreur les bons citoyens ?
La...nécrophilie. Une histoire d'amour necrophilique, à sens unique, forcement.

Bon, le sujet n'est pas fréquemment abordé, je le concède, mais l'on risque de vite en faire le tour, c'est pas très vivant tout ça.
Et l'on s'ennuie rapidement, tout du long de - l'heureusement court - roman, qui se veut en plus une critique de la société américaine.

L'écriture particulièrement plate d'un roman particulièrement nébuleux ne retient pas plus l'attention que les quelques descriptions nécrophiliques énamourées et vaporeuses qui le ponctuent. Il suffit de lire quelques descriptions d'autopsies dans divers polars pour avoir nettement plus explicite.

Mauvaises pioches en ce moment...
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Au rang des auteurs qui ont mis du temps à trouver le chemin des librairies, l'américain Eugene Marten figure en bonne place.
Il faut en effet attendre 2008 avant qu'Ordure (Waste en anglais) ne soit enfin publié chez le micro-éditeur Ellipsis Press. Acclamé par Brian Evenson lui-même (auteur, entre autres, du Père des Mensonges et de la langue d'Altmann), Ordure trouve aujourd'hui sa place chez Quidam grâce à la traduction soignée de Stéphane Vanderhaeghe. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Ordure n'est pas un roman comme les autres…

Ordure est ce que l'on appelle une novella, c'est à-dire un roman court, d'à peine 105 pages. Mais pour Eugene Marten, pas de longueur ou de gras, juste des déchets, beaucoup de déchets et pour cause !
Le protagoniste, Sloper, est agent d'entretien. Tous les jours, il passe d'étage en étage pour vider les corbeilles, nettoyer les bureaux et lisser la moquette.
Le soir, Sloper rentre chez lui. À la cave. Un espace exigu et asphyxiant dont il ne sort quasiment que pour travailler, locataire chez sa propre mère avec laquelle il « communique » quand celle-ci tape du pied à l'étage ou lorsqu'il lui glisse son loyer discrètement sous sa porte.
Sloper aime observer les autres à défaut de leur parler, car, pour la plupart des gens qu'il croise, Sloper est un anonyme, un invisible.
Quand quelqu'un lui adresse la parole, c'est souvent qu'il lui ressemble : un éboueur, une prostitué, une aide-soignante, un SDF, d'autres agents d'entretien…
Dans cette vie insignifiante, Eugene Marten décrit la banalité d'une existence à la fois insipide et terrible. Sloper récupère des restes alimentaires dans les poubelles qu'il vide pour les manger planqué sous un bureau ou les réchauffer chez lui. Il écoute, curieux, la vie des bureaucrates et autres associés dont la vie semble déformée, tantôt terrifiante, tantôt surréaliste.
Et puis, peu à peu, Sloper nous montre certains de ses petits secrets. Comme se branler dans la chaussure d'une employée qui l'a laissé là. Ou lorsqu'il va faire une découverte incroyable et macabre dans la poubelle en bas de l'immeuble.
C'est là que tout commence clairement à dérailler.

Qu'est-ce qui fascine dans le roman d'Eugene Marten ?
Son dépouillement et son art de l'ellipse, du non-dit, du coup d'oeil furtif.
Ne vous y trompez pas, Ordure n'a rien de voyeuriste malgré l'horreur qui l'habite. Ordure montre, décrit, dissèque. Ordure tire le rideau qui cache ceux que l'on ne voit pas d'ordinaire ou, plutôt, que l'on ne veut pas voir.
Et il vous laisse là, sans rien dire, à contempler tout ça, à en faire votre propre récit, votre propre idée.
Sloper, comme on l'a dit, est un insignifiant, un « incel avant l'heure » comme le qualifie si justement Brian Evenson dans sa préface. Un être inquiétant produit d'une société capable de mettre l'individu plus bas que terre, de le laisser dans la misère et de s'en servir davantage comme un outil que comme un être humain. le lecteur découvre alors l'envers du décor, et ce n'est pas beau à voir, ni pour Sloper ni pour ceux qui l'entourent.
Pour autant, Ordure n'est pas un roman à charge. Eugene Marten utilise une froideur calculée et un minimalisme stylistique qui confine au cryptique pour exposer mais sans jamais juger.
Sloper existe, misérablement, pathétiquement, mais il existe.
Et lorsque son son existence trouve un sens dans l'horreur et le tabou transgressé, l'auteur américain ne le montre pas comme un monstre mais comme le déchet d'une société qui, de toute façon, ne lui offre aucune chance ni socialement ni affectivement.
Sloper, c'est l'agent d'entretien qui peut espérer devenir l'employé du mois pour ramasser les restes dans un nouvel immeuble en construction, c'est celui qu'on ne regarde pas et qui peut espérer demander en mariage une tétraplégique communicant par des bips à peine compréhensibles, c'est le fils invisible qu'on laisse croupir à la cave et qui n'a de perspective qu'une autre cave, quelque part, un jour.
La terreur que l'on ressent à la lecture d'Ordure n'est pas le produit d'une débauche d'effets stylistiques au contraire, c'est son absence, sa froideur clinique. Dans ce qui n'est pas dit et qui met le lecteur mal à l'aise, comme obsédé par cette petite écorchure que l'on a au fond de la gorge. Sloper n'a rien d'un monstre extraordinaire, il est même, tragiquement, ordinaire et banal, d'une médiocrité humaine où la tristesse du paria finit par devenir une horreur qui répugne parce que le choix n'existe plus. Pas d'amour, pas d'émotion, pas d'interaction, pas d'espoir, pas d'avenir.
Alors où trouver quelque chose pour Sloper ? Dans la mort. Dans la poussière qui n'est que de la peau morte. Dans ce qui ne parle pas. Dans l'ordure.

Quelque part entre Brian Evenson et Chuck Palahniuk avec un zest de Brest Easton Ellis pour parfumer le tout, Ordure est un récit glaçant qui obsède et fascine. Eugene Marten économise chaque mot pour mieux montrer l'invisible. le choc créé par Ordure n'est pas frontal. Il est insidieux, perturbant, transformant la banalité en atrocité sans même y penser. Et vous n'en sortirez pas indemnes !
Lien : https://justaword.fr/ordure-..
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critiques presse (1)
LeMonde
07 janvier 2022
Ordure est le portrait sans concession ni commentaires d’un homme sans qualités ni avenir, à l’existence froide comme un cadavre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
L'IMMEUBLE POSSÉDAIT SES PROPRES PARAPLUIES.Les gens en profitent.Ils oublient .Avaient pris l''habitude de ramener les parapluies à leur bureau ou dans leur box de travail au lieu de les rendre au poste de sécurité dans le hall principal.Ça devenait problématique. Au point que l'immeuble annonça qu'il paierait cinquante cents pour chaque parapluie rendu.Le lendemain ,Cooper prit son poste plus tôt. Commença par le rez-de -chaussée et gravit autant d'étages que possible avant l'arrivée des autres agents d'entretien.Lorsqu'ils le rejoignirent, il s'était fait quasiment dix dollars rien qu'en remettant la main sur des parapluies chapardés.(Page 15).
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Sloper veillait à ce que le carrelage soit toujours impeccable, et pour ce qui était des vitres, il était plutôt doué. Il s’accroupissait face aux portes dans le hall, penchait la tête en arrière, et ainsi il pouvait déceler la moindre coulure ou trace de main. Il utilisait un produit liquide, vert pâle, dans un spray en plastique qu’on remplissait dans le local d’entretien. Sloper ne prenait rien d’autre que du papier essuie-tout ; le chiffon laissait des traces et ça peluchait. Il cramait une caisse par mois. Se disait que ça ne devait quand même pas être si compliqué que ça, d’utiliser la poignée, la barre anti-panique ou la plaque de poussée, mais il n’en faisait pas une affaire personnelle si on procédait autrement. Faut dire aussi qu’on n’avait pas que ça à faire.
Hormis cet attachement à ce que les choses soient nettes, Sloper laissait aux femmes le soin de peaufiner les détails. Faire les bords, la poussière à fond, chasser les moindres détritus jonchant le sol. C’était entendu.
Le nettoyant pour vitres allait dans l’une des nombreuses poches du tablier plastique jaune suspendu à son chariot, avec les autres sprays et produits d’entretien. Si des poches étaient vides, tu pouvais t’en servir pour y glisser des burgers et des sandwiches. S’il n’y avait plus d’emballage autour du burger ou du sandwich, tu prenais une serviette en papier d’une autre poche située sur le tablier plastique. Et ce n’était pas un problème si un sandwich ou un burger était à moitié mangé. Les salades de pommes de terre, provenant de chez le traiteur situé dans le hall d’entrée, étaient servies dans des petites barquettes plastiques ; elles aussi entraient dans les poches. Donuts, bagels, cookies, galettes de riz, croissants et muffins, idem.
Les gens ne finissaient jamais leur salade de pommes de terre.
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À chaque fois, Sloper n’avait qu’une hâte, quitter cet étage. Les cloisons des box de travail étaient trop hautes, les couloirs entre chaque box trop étroits – si on tombait sur lui et son Rubbermaid il fallait se faire tout petit. La moquette sentait toujours le neuf et étouffait le moindre bruit à l’exception des claviers, un crépitement furtif qui évoquait à Sloper la fuite de cafards. Pour une raison qui lui échappait, il avait de façon chronique et compulsive le besoin, dès qu’il était au 23e, de s’éclaircir la voix comme en prélude à la déclaration de sa vie. C’était plus fort que lui. Les glaires s’entrechoquaient dans sa gorge jusqu’à ce qu’il se sente obligé de dire quelque chose à quelqu’un, bonjour ou pardon, ce qu’il avait une fois, l’un ou l’autre, à un gars affairé à taper sur son clavier. Le type se retourna, sourit et lui rendit la monnaie de sa pièce sans cesser de taper sur son clavier, avant de revenir à son écran et de s’arrêter, la perplexité sur son visage se muant en incrédulité, puis en quelque chose de pire encore : « J’ai fait ça moi, j’en reviens pas », dit-il, et il se mit à le répéter, ou à faire varier l’expression, encore et encore, dans un gémissement digne de quelqu’un souffrant d’une rage de dents. Sloper pouvait l’entendre jusque dans le couloir de l’ascenseur. Il n’en aurait pas fait tout un fromage si le type ne lui avait pas répondu ou s’il avait grogné un truc évasif sans lever les yeux de son écran, ce que les gens faisaient parfois.
Il arriva que lors de disputes le ton monte une paire de fois. Parmi les notes de service qui cascadaient depuis les corbeilles dans sa poubelle, certaines, pour une bande de comptables, n’étaient pas piquées des vers, même si on ne peut pas dire que Sloper était fin lecteur.
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Les bleus étaient problématiques.Lorsqu'elle était recroquevillé dans le frigo ses fesses viraient au violacé comme un fruit trop mûr. Sloper tenta de la retourner ,de la mettre tête en bas .Les seins se gorgeait de sang.La clavicule se brisa.
Il mit la main sur une vieille baignoire dans le garage.Il avait ramener un grand seau du boulot mais la baignoire ferait mieux l'affaire.Il l'allongea sur le dos ,la tête pendouillant du pied de lit ,plaça des oreillers sous les jambes et les fesses.Veine où artère, il ne savait plus.Quel côté, il n'était plus très sûr non plus ,du coup il ouvrit les deux,mit les dernières infos de la nuit et se dégoupilla une bière.
Il n'y avait rien d'autre à la télé.Ici-bas tout ce qu'on captait, c'était trois chaînes brouillées parfois une quatrième.Ce qui coulait était noir et grumeleux .Il entendit les éclaboussures dans la baignoire et il se reprit une bière. ( Page 56).
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Vous savez ce que mon père disait ? À propos des déchets ? De la philosophie à deux balles mais bon, il disait qu'on devrait se sentir jaloux. Il disait que les déchets étaient libres d'eux-mêmes, enfin affranchis de toute velleité humaine.
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