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ISBN : 2748359607
Éditeur : Mon Petit Editeur (31/12/2010)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
186pages. 21x14x2cm. Broché.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
fklevesque
  30 décembre 2016
Vincent, pied-noir rapatrié et âgé, est hospitalisé à Nice. A l'aube de la mort, il découvre Salhia, jeune maghrébine née en France et aide-soignante, qui se retrouve fortuitement à ses côtés dans ses deniers instants. Pour Vincent, celle-ci apparaît comme une réminiscence des derniers rayons de soleil de son Algérie française natale. C'est la lumière qu'elle éveille en lui qui le conduit à lui ouvrir les chemins de sa mémoire qui débouchent sur la porte de son coeur et de sa vie.
Les souvenirs resurgissent et il les narre à cette jeune femme qui découvre ce qu'était l'Algérie d'avant 1962 et les déracinés qui en soint issus. Un récit simple mais vrai : une amitié profonde d'enfance, une adolescence simple mais heureuse, la douleur de la mobilisation et du combat au service de la métropole, la découverte du mensonge dans la bouche d'une femme avant celle du véritable amour dont Marina, sa fille, sera le fruit.
Mais ce sont également ceux du déchirement de la guerre d'Algérie et la blessure létale de l'exil et de l'incompréhension des métropolitains qui ne l'ont accepté que dans l'ignorance de ses racines, le passage du soleil de Tizi Ouzou et d'Alger à la grisaille et au froid de Valenciennes, la prise de conscience du fait que son identité pied-noir est un obstacle insurmontable pour les Français de métropole.
Et, il ferme les yeux, rend son dernier souffle, le coeur empli d'amour pour sa terre : " Vincent n'a jamais revu l'Algérie. Il emporte le son de la mer dans ses oreilles mortes, cette mer qui ne l'aura jamais quitté, sa compagne familière qui roulera à l'infini son écume dans sa tête".
Au fil d'un récit empreint d'une profonde poésie, le lecteur découvre ce qu'était ce "vieux" monde empreint de douceur et de soleil qu'était l'Algérie française et combien cet univers multiculturel a marqué ceux qui en sont issus. Tous ceux qui ont ouvert les yeux "là-bas", les refermant un jour pour quitter ce bas monde à la Lumière du soleil et du rivage de ce bout de France.
L'Algérie a marqué le peuple pied-noir qui est une partie de ses enfants, qui jamais ne l'oublie et jamais ne l'oubliera.
Pour moi qui suis originaire de cette terre les quelques heures passées à lire cet ouvrage magnifique correspondent à un grand moment de bonheur allié à la douleur déchirure de la nostalgie. Mais, sans ce drame de l'exil, serions-nous, nous fils et filles du soleil, ceux et celles que nous sommes aujourd'hui ? le soleil et la mer de notre pays étant à jamais au fond de notre âme.
'entends encore la mer a reçu le prix Jean Pomier dans la catégorie romans, décerné par le Cercle algérianiste à Toulouse en 2006
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mariejmarti
  31 janvier 2013
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
fklevesquefklevesque   30 décembre 2016
L'exode et le départ, de l'arrachement des entrailles, sur le bateau, jusqu'à l'arrivée à Marseille, tous les pieds-noirs ne cessent de le raconter sans jamais en épuiser la douleur. Récits qui se croisent et s'entremêlent, paroles enchâssées dans les tourbillons de l'eau du port, dans le sillage du bateau qui s'éloigne. Vincent en parle peu et s'il avoue aujourd'hui, à demi-mots, l'éventualité des larmes il ne se rappelle plus bien mais c'est plausible après tout , un type vomissait bien à côté de lui s'il avoue qu'il a pu, c'est vrai, pleurer un peu, il a mille manière de raconter l'exode et son chagrin. Il connaît mille façon d'échanger sa peine contre un verre d’apéritif avec un autre pied-noir, après le travail, mille récits de tristesse et d'abandon qui courent sur les lèvres de ceux qui étaient présent à bord d' Ville d'Alger ou de l'un des bateaux qui quittèrent l'ancienne colonie durant l'été 62.
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fklevesquefklevesque   30 décembre 2016
Le bateau se détache du bord et Vincent voit la ville s'éloigner. Là-bas, sous les arcades, dans les rues où file un vent si tiède, dans les ruelles bruyantes de Bab-el-Oued, dans la rue Michelet, ou plus loin encore, vers les montagnes, à Sétif ou Tizi Ouzou, partout où il a été, où il a vécu, sont ancrés ses souvenirs, ses réminiscences de petit garçon, d'adolescent, de jeune homme. Tout à côté, un type vomit par-dessus la balustrade. Ce n'est pas le mal de mer, c'est trop tôt pour ça. Ce type vomit à cause d'un verre de trop... ou à cause de l'Algérie. La bile c'est comme les regrets, il faudrait les jeter à la baille. Impossible pour Vincent de jeter quoi que ce soit, impossible. Il transpire, les larmes emplissent ses yeux. Non, il ne veut pas pleurer. Il fait un effort colossal sur lui-même. Il n'a jamais pleuré, jamais ! Ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer." Tout en contrastes, le parcours d'un pied-noir pour une page poignante d'histoire de France et d'Algérie. Les images sautent au visage, les couleurs brûlent la rétine, l'émotion prend à la gorge. Un voyage dans le temps et l'espace, un exil dont, à l'image de son personnage, on ne revient pas indemne. Une réussite.
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mariejmartimariejmarti   31 janvier 2013
Il porte une casquette et un grand pardessus gris. Là où il habite, c’est l’hiver plusieurs mois de l’année. Il est grand et large d’épaules, un peu massif. Sous la casquette, son visage pourtant sanguin est figé dans la pierre du froid. Le chapeau n’est pas tant là pour protéger son front qui commence à se dégarnir que pour dissimuler, à l’oreille droite, un appareil de surdité. Entourant le pavillon de chair comme un colimaçon d’infortune, lové dans l’ombre des cheveux, le dispositif, extension de lui-même, lui rappelle sans cesse qu’il peut être coupé du monde à tout instant car l’autre oreille est, complètement morte. Caverne vide résonnante des vents internes du cerveau et des voyages du sang, elle n’abrite plus que les restes désolés d’un tympan rongé par les otites à répétition.
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fklevesquefklevesque   30 décembre 2016
Vincent n'a jamais revu l'Algérie. Il emporte le son de la mer dans ses oreilles mortes, cette mer qui ne l'aura jamais quitté, sa compagne familière qui roulera à l'infini son écume dans sa tête.
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