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EAN : 9782913406643
142 pages
Pleine page (27/07/2007)
3.44/5   8 notes
Résumé :
Alice a quitté son mari et ses trois enfants pour suivre un homme. L’histoire ne dure pas. Elle se retrouve seule, déchirée. C’est dans la rencontre avec Adèle et son lourd secret qu’Alice affrontera une réalité – Être amoureuse est différent d’aimer.

"Je suis rentrée tard ce soir-là, ton odeur cachée dans mes mains. Je me disais :
« Tout le monde va la sentir ». Je les imaginais, reniflant ma robe d’un air soupçonneux, les sourcils en accent c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Après avoir été pleinement séduite par le vase où meurt cette verveine, j'ai voulu m'approcher un peu plus près encore de Frédérique Martin, cette magicienne au grand coeur. Nulle déception ici.

Une femme vacante, ou bien libre, sans place consignée, cette femme, c'est Alice. Elle quitte, mari et enfants pour suivre un homme qu'elle croit aimer, pour être au final quittée à son tour sur le quai d'une gare. Seule, déchirée, après avoir abandonné les siens, après avoir été abandonnée à son tour, elle s'abandonne dans des réflexions sensibles, fortes, émouvantes. Sur le sentiment amoureux, la vie, les enfants, le temps qui passe. Tout le livre est une grande et puissante citation. Tant le roman résonne dans la lumière du beau, du sensible, jusqu'à l'étourdissement. Il ne faut pas espérer trouver ici actions, aventures. Juste une porte ouverte sur l'âme d'une femme vacante. Et c'est beau. Tout simplement.
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Une femme abandonne mari et enfants pour vivre une passion, et finit abandonnée à son tour par son bel amant. Bah ouais.
C'est bien écrit, le style est très soigné. Il y a des réflexions bouleversantes de vérité sur les femmes, les hommes, et l'amour.
Mais je suis restée à l'extérieur de cette histoire. La passivité de la narratrice m'a ennuyée, et j'ai pressenti la fin (les fins) bien avant la dernière page de ce très court récit. Ce n'est pas un roman pour moi, rendez-vous raté.
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J'ai trouvé chez Emmaüs, intrigué par le titre, un exemplaire dédicacé par l'auteur, privilège rare.
Une femme quitte brutalement son mari et ses trois enfants pour vivre jusqu'au bout une histoire d'amour avec son amant. Bientôt larguée, elle nous confie sa détresse de femme désabusée.
Un peu comme ma dernière lecture, "intimité" de Hanif Kureishi, ce livre n'a pas tenu toutes ses promesses car j'ai trouvé trop d'anecdotes et de passages en marge du coeur du sujet, à savoir les réflexions personnelles d'une femme sur l'amour. Avec le talent d'écriture de l'auteur, ce livre aurait pu être un petit bijou.
L'essentiel pour moi reste que j'ai trouvé dans ce récit quelques pépites qui font écho à mon propre vécu, et que je me fais un plaisir de vous livrer. J'ai aimé le cynisme, la précision, le choix des mots percutants.

Voilà, un livre a aussi cette mission noble de semer derrière lui quelques phrases qui font mouche et que tel ou tel lecteur n'oubliera jamais.
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"Un premier roman en forme de parabole profane" par Dominique Autié

Voilà quelques jours, préparant cet entretien, j'ai dit ici même le plaisir de lecture qu'apporte ce premier roman de Frédérique Martin : un livre que l'auteur n'a pas formaté aux complaisances du temps. Je joins ma reconnaissance de lecteur à la sienne à l'égard de Didier Periz, qui préside à la destinée des éditions Pleine Page : Femme vacante compte parmi ces manuscrits pour lesquels un éditeur s'engage, pleinement, ou se désiste – un texte à prendre ou à laisser.
Alice a quitté son mari et ses trois enfants pour suivre un homme. L'histoire ne dure pas. Elle se retrouve seule, déchirée. C'est dans la rencontre avec Adèle et son lourd secret qu'Alice affrontera une réalité – Être amoureuse est différent d'aimer. J'ignore qui, de l'auteur ou de l'éditeur, a écrit ce bref et impeccable texte de prière d'insérer qui figure au dos du livre. Dieu sait combien l'exercice est périlleux, dès lors qu'on renonce à trahir pour vendre. Et tel est bien le redoutable cahier des charges que l'auteur s'est assigné pour se mesurer à l'exercice du roman.
Femme vacante est un beau et fort récit, servi par son écriture, sa construction, sa tenue. J'étais allé à l'essentiel, me semble-t-il, en affirmant d'emblée qu'il s'avère d'une efficacité saisissante, en insistant sur le mérite de Frédérique Martin d'avoir su hausser à leur dimension humaine, c'est-à-dire universelle, les protagonistes d'un roman singulier.
Écoutons-la : son propos confirme que la beauté de son livre n'est pas fortuite.
Lien : http://blog-dominique.autie...
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« Une femme émue se répand en confidences qu'elle devra payer comptant dès le lendemain. » (p.16)

Ainsi s'exprime Alice, la narratrice de Femme vacante, le premier roman de Frédérique Martin (paru en 2007). Alice qui a tout quitté, mari et enfants, pour suivre celui qui finira par l'abandonner sur un quai de gare qu'elle retrouve jour après jour. Femme d'attente dans une salle d'attente.

C'est là qu'elle rencontre Adèle. Adèle qui attend la mort en traînant avec elle son chien empaillé et qui pousse Alice à vivre. À cesser d'être cette femme d'attente, cette femme vacante qu'elle est devenue. Adèle qui l'aide à démêler les fils.

Frédérique Martin maîtrise les mots et les situations avec un talent rare, dont je vous ai déjà parlé ici. Elle sait entrer au plus profond de l'âme et de ses questionnements, là où ça fait mal.

Son Alice, ce sont toutes celles qui ont aimé un jour. Toutes celles qui se sont trompées, toutes celles qui se sont perdues en laissant à l'autre toute la place. « Pour repousser l'austère vérité, on invente, alors qu'il faudrait regarder. » (p. 133)

Frédérique Martin signe ici un roman plein de nuances. Un roman fort dont on a envie de retenir plus d'une phrase tant elles sont justes, tant l'écriture est magnifique. À lire. Absolument.
Lien : http://lalitoutsimplement.co..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
L’argent, le pouvoir, le sexe, c’est le trio gagnant des demeurés. Le seul véritable moteur, c’est les enfants. Ils servent d’alibi à tous les agissements. Qu’est-ce qu’on ne commet pas au nom du sacro-saint amour parental. Parce que ce qu’ils espèrent, ces parents modèles, et qui souvent se vérifie, c’est qu’ils seront aimés, quoiqu’ils fassent.
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Je rêve d’une vie paisible, écartée de tout ce qui m’égorge. M’extraire. La solitude pour survivre, je ne vois rien d’autre. Rompre tous les liens, cesser d’aimer, et surtout d’être aimée. Un leurre magnifique, l’amour, une stupéfiante machine à tuer issue des profondeurs de la création.
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"Dans ses premiers élans, l'amour est souffrance. Une force se lève en vous, puissante, entière, irrépressible, portant en elle quelque chose d'absolu, d'incorruptible, d'intemporel et aussi l'étrange, l'inépuisable beauté de la vie. Et tout ce dont vous désirez combler l'être aimé, vous voudriez que ce soit marqué du sceau de la grandeur, de la perfection, de cette immensité où l'amour s'enracine. Mais cette exigence ne parvient qu'à souligner votre petitesse, votre misérable insuffisance... » Charles Juliet, Journal III

Espérer, ce n'est pas recevoir.

Sinon, il ne reste que deux possibilités : l'ennui d'un quotidien bien rôdé, qu'on appelle le couple, ou le sordide des situations passagères, qu'on appelle l'adultère. Mais le rêve d’amour qui mord le cœur depuis l'enfance, courtoisie, élégance, ivresse pure, qu'est-il devenu ?

On s'est foutu de nous, on a balancé des princes charmants jusque sous nos lits de petites filles et on découvre au bout du compte que le moule est cassé. On a usé sa douleur en vain durant toutes ces années. L'amour, attrape-nigaud, trompe-couillonne. On n'y changera rien et moi pas plus que les autres. Pour se bercer d'illusions on multiplie les exemples de "ceux" qui durent, mais on ne peut l'ignorer davantage, sortis de la trompeuse fusion qui assure la reproduction de l'espèce, sortis de cette hypnose mutuellement consentie où l'on bave de satisfaction devant l'inespéré, on se retrouve l'un à côté de l'autre, raides de dépit. On n'a plus rien à faire ensemble, à peine s'il nous reste quelque chose à réaliser seul.

Même quand on clame qu’on n'en veut plus, l'amour, on en veut encore. Et on désespère de l'exceptionnel qui nous choisirait, nous, plutôt qu'une autre, qui nous prouverait que ça existe pour démentir la règle. Nous languissons qu'il nous découvre et qu'il nous révèle – on est uniques, renversantes, belles au-delà de la chair. Nous, nous, les inespérées ! Voilà, indécrottables, c’est ainsi que nous sommes, nous les femmes !

Il en va de l'amour comme il en va de Dieu, inutile de s'interroger sur son existence. La seule alternative possible, c’est de décider si on y croit ou si on n'y croit pas.

La peau d'une femme s'effondre sous les doigts. Elle garde inscrite en elle, longtemps après la séparation, l'empreinte du corps de l'autre. Elle s'efface sous le poids, terre d’accueil pour l'homme, même s'il n’est que de passage.

Trop. Excessive. Emportée. Et plutôt que d'en avoir trop, si c'était de l'ordre du pas assez ? Où est le mal à vouloir vivre plus ? A ne pas se contenter de la gentillesse et de la tranquillité comme projets de vie ? Gentillesse des infirmiers, tranquillité des cimetières, on verra après. On n'en a pas pour longtemps, si en plus il faut s'économiser !

On ne devrait jamais regarder en arrière. Pour rester vivante, il faut aller droit devant, se projeter dans l'avenir, chaque matin se réveiller amnésique.

Qu'est-ce qu’un homme ? Qu'est-ce qu’une femme ? Deux enfants tapis derrière leur sexe respectif, et qui ont perdu la joie de jouer ensemble.

La vie, on la rêve et on la subit. Bien souvent ça ne va pas plus loin. Je t'ai espéré longtemps, puis j’ai cru t'avoir rencontré. Mais à la question "ferais-tu l'impasse sur tes propres désirs pour que je puisse vivre les miens ? " en d'autres termes "accepterais-tu de te conformer le plus possible à ce que j'attends ? ", à cette question la réponse a été non. De ton côté comme du mien. Ce qui prouve qu'on tient trop à sa petite personne pour s'aventurer ailleurs qu'en soi-même et qu'on se condamne à être deux déçus, au lieu d'un seul satisfait. Alors oui, dédier sa vie à un autre, reste une vocation réservée au service des Dieux.

Aimer c'est accepter de devenir fragile.

Entre affronter qui on est ou se soumettre ? Bien sûr qu'on a le choix, j'ai toujours cru qu'on l'avait. Ce qui fait la différence entre vivre selon des valeurs ou vivre selon des aliénations, c'est la complaisance qu’on se porte à soi-même.

Être amoureuse est différent d'aimer. (Phrase qui figure sur la 4ème de couverture)
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Ce que l’on cherche obstinément, ce qu’on veut à toute force, c’est le pareil, l’identique, le jumeau qu’on nous a toujours promis. Être chez quelqu’un comme si on était chez soi, puisqu’on est incapable de creuser sa propre tanière.
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Qu’est-ce qu’un homme ? Qu’est-ce qu’une femme ? Deux enfants tapis derrière leur sexe respectif, et qui ont perdu la joie de jouer ensemble.
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