AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2800169311
Éditeur : Dupuis (07/10/2016)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 43 notes)
Résumé :
18 juillet 1936 : le jeune gouvernement espagnol des républicains, issu de l'alliance des partis de gauche, est renversé par les troupes du général Franco, plongeant le pays dans trois années de guerre civile puis presque quarante de dictature répressive. Pour Isabel, courageuse couturière, ce sera également le début d'une vie nouvelle, faite de lutte et de résistance. Proche du syndicat anarchiste CNT qu'elle a rejoint quelques mois auparavant, elle va devoir prend... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  18 décembre 2016
Comme il l'avait déjà fait dans un précédent ouvrage, Les guerres silencieuses, qui évoquait les années passées à Sidi-Ifni par son père durant son service militaire, Jaime Martín s'inspire de son histoire familiale et nous raconte dans Jamais je n'aurai 20 ans ce qu'il advint de ses grands-parents pendant et après la guerre civile espagnole.
Cette histoire personnelle, familiale, intime, révélée au compte-goutte par ses proches à la demande de l'auteur est symptomatique d'une époque tumultueuse, dans laquelle elle s'inscrit au fer rouge. Elle débute en 1936 à Melilla, sur les pas d'Isabel, la grand-mère couturière qui apprend à lire et à écrire auprès de jeunes militants anarchistes, et qui doit s'enfuir à Barcelone à la suite du coup d'état et des représailles qu'il engendre. Elle se poursuit sur le front de Lerida aux côtés de Jaime le grand-père andalou artilleur dans l'armée républicaine, et se termine à Barcelone, sous une chape de plomb et de silence dans l'Espagne des vainqueurs.
"J'avais vingt ans et je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. »
La génération croquée avec pudeur et délicatesse par Jaime Martín dans ce beau roman graphique, peut dire elle aussi que tout menace de ruine, la perte des êtres chers, les idéaux parfois quand ils s'entrechoquent avec la réalité mais pas l'amour puisque c'est lui qui permettra à Jaime et Isabel de survivre et de fonder une famille.
Ce qui m'a séduite à la lecture de Jamais je n'aurai 20 ans, en plus de la thématique, ce sont les lignes très épurées, et le choix des couleurs, éclatantes souvent, les trois couleurs du drapeau républicain déclinées sur la couverture et au fil des pages, dans toutes leurs nuances. De plus Jaime Martín place au coeur de son récit une femme de caractère, sa grand-mère, et lui fait la part belle, la dessinant sur la couverture telle la Niña Bonita qui aurait troqué son bonnet phrygien contre un calot de la C.N.T. L'auteur est parvenu avec cet ouvrage à nous intéresser en dépit ou grâce à son côté très personnel.
Je remercie Babelio et Aire Libre pour ce joli cadeau de fin d'année.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          650
boudicca
  04 janvier 2017
« C'est en Espagne que ma génération a appris que l'on peut avoir raison et être vaincu, que la force peut détruire l'âme et que, parfois, le courage n'obtient pas de récompense. » La citation est d'Albert Camus et date bien sûr du début de la guerre d'Espagne. Nous sommes en 1936 et les répercussions du coup d'état initié par les nationalistes dans la partie hispanique du Maroc gagnent peu à peu l'ensemble du pays. En à peine quelques semaines c'est toute l'Espagne qui se retrouve coupée en deux : d'un côté les nationalistes soutenus par l'Allemagne nazie et dirigés par Franco, de l'autre les républicains qui entament un combat désespéré contre le fascisme. Trois ans plus tard l'affaire est pliée : les nationalistes ont gagné, Franco prend le pouvoir et le gardera jusqu'à sa mort en 1975. Que deviennent alors ceux qui se retrouvent dans le camp des vaincus ? Ceux qui ont survécu mais qui n'ont pas perdu espoir en le retour d'un régime démocratique ? C'est sur cette question que se penche Jaime Martin dans « Jamais je n'aurai 20 ans », bande dessinée touchante dans laquelle l'artiste revient sur l'histoire de ses grands-parents, Isabel et Jaime. La première est couturière et doit fuir le Maroc espagnol au moment du coup d'état en raison de ses liens trop étroits avec un groupe de jeunes anarchistes. le second est un jeune artilleur amateur de boxe combattant aux côtés de l'armée républicaine.
A travers l'histoire de sa famille, c'est aussi l'histoire de cette période particulièrement douloureuse pour l'Espagne que l'auteur cherche à revisiter. La première partie relatant la rencontre entre les deux amants lui permet ainsi de revenir sur le déclenchement du coup d'état et sur les premières batailles menées par l'armée républicaine tandis que la seconde partie consacrée à la vie de famille du couple se focalise davantage sur l'installation et de le durcissement de la dictature. Anciens sympathisants républicains arrêtés en pleine nuit pour être fusillés, jeunes idéalistes impitoyablement massacrés, conditions de vie de plus en plus précaires, emprise croissante de la religion catholique... : les scènes dépeintes sont éloquentes et offrent un portrait glaçant de ce que peut être le quotidien d'un peuple vivant sous un régime dictatorial. Régime qui, comme on le constate ici, peut s'imposer à une vitesse effrayante et laisser de nombreuses cicatrices qui, elles, ne s'effaceront pas aisément. L'ouvrage n'est malgré tout pas fait que d'épisodes tragiques puisqu'il nous raconte aussi et surtout le quotidien d'une famille qui, par sa détermination et son courage, parviendra à survivre à la tourmente fasciste. La grand-mère de l'auteur, notamment, forge le respect par sa débrouillardise et son tempérament qu'elle transmettra d'ailleurs à ses trois filles qui sont loin de se douter des épreuves endurées par leurs parents avant leur naissance.
Avec « Jamais je n'aurai 20 ans » Jaime Martin rend un émouvant hommage à ses grands-parents tout en brossant un portrait saisissant de la guerre d'Espagne et de la vie sous la dictature de Franco. Un ouvrage à mettre entre toutes les mains.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
Sociolitte
  13 avril 2017
Une belle histoire familiale, celle de l'auteur, traversée par la guerre civile espagnole. Ses grands-parents maternels, issus d'un milieu pauvre s'étaient engagés du côté républicain.
C'est la grande histoire à travers la petite qu'il nous est permis de suivre ici. À travers un dessin tendre et des couleurs émouvantes, nous suivons ce terrible conflit, ravageur à plus d'un titre, à commencer par toutes celles et ceux qui ont cru en l'espoir d'un monde libre et humain.
Mais, Jaime Martin ne s'arrête pas à décrire ces champs de bataille, il nous raconte aussi la vie après : celle, pour ces combattants de la liberté, sous la dictature de Franco.
"Jamais je n'aurai 20 ans.", paroles que l'auteur attribue à Isabel, sa grand-mère, en 1936, à la veille de ses vingt ans et du coup d'État franquiste, font écho à l'incipit d' "Aden-Arabie", de Paul Nizan, en 1931 : "J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel age de la vie."
Commenter  J’apprécie          273
jamiK
  23 avril 2018
Je dois avouer que je connaissais très mal la guerre civile espagnole. Ce récit raconte la vie d'un jeune couple dans cette tourmente et dans les années de franquisme qui ont suivi. Il nous raconte les horreurs, la cruauté, sans pathos exagéré, comme un témoignage, sans fioritures, et aussi sans concessions. le dessin est aussi simple, élégant. Tout est dans la retenue, la pudeur, et le récit en devient d'autant plus réaliste, poignant et fort. Cette bande dessinée rend bien compte de l'état d'esprit des acteurs de cette époque.
Un témoignage indispensable.
Commenter  J’apprécie          250
Vexiana
  26 mars 2018
Je dois avouer que je connais que très vaguement la guerre civile espagnole. Quelques grandes lignes, un tableau de Picasso et quelques films. Cette BD me faisait de l'oeil depuis sa sortie, la couverture est très engageante, le titre des plus interpellant, je m'étais promis de la lire…c'est chose faite et c'est une sacrée claque !
Dans cette Bd, l'auteur nous raconte le destin de ses grands parents qui ont vécu la guerre civile du côté des républicains. Toutes les guerres sont cruelles, c'est un fait ! Mais les guerres civiles sont d'autant plus terrifiantes que les amis, les voisins, la famille même peuvent être de l'autre côté des convictions.
La première partie est dure, cruelle, désespérée. La seconde partie raconte la reconstruction et on ne peut que rester admiratifs devant la détermination, l'intelligence et la force d'Isabel, la jeune femme au poing levé de la couverture.
Cette BD inspire une profonde réflexion et nous fait nous rendre compte de la fragilité de la société en général.
Le dessin est vraiment bon, assez simple mais parfaitement rendu et bien régulier.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170

critiques presse (3)
BoDoi   26 janvier 2017
On est touché par cette soif de vivre qui anime les personnages. C’est forcément sensible, car intime.
Lire la critique sur le site : BoDoi
ActuaBD   25 janvier 2017
Un très beau tableau d’une vie entre deux eaux, avec un couple à la fois vaincu et résistant, éclairé par une révélation finale en forme de thérapie familiale.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Sceneario   31 octobre 2016
Une incroyable lecture qui ne laisse absolument pas indifférent, et qui marque encore longtemps après la dernière page refermée !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   10 mai 2018
Ma grand-mère Isabel avait 20 ans quand Franco et les autres généraux putschistes ont piétiné la démocratie et débuté une guerre fratricide qui a détruit l'Espagne.
Les fascistes lui ont enlevé ses amis et ses proches, sa jeunesse aussi. A coup de feu, à coup de baïonnette, en semant la terreur sous toutes ses formes. Plus de cinquante ans s'étaient écoulés et elle n'avait toujours pas séché ses larmes. La voir se souvenir de tout ça comme si c'était hier me déchirait le cœur. Elle n'a jamais oublié le nom de ses amis ni les beaux moments qu'elle a vécu avec eux.
Cet album est dédié à la mémoire d'Isabel et Jaime, mes grands-parents, et à toute cette génération à laquelle on a arraché la liberté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
HarioutzHarioutz   12 mai 2018
"C'est en Espagne que ma génération a appris que l'on peut avoir raison et être vaincu, que la force peut détruire l'âme et que, parfois, le courage n'obtient pas de récompense".
Albert Camus
Commenter  J’apprécie          392
boudiccaboudicca   23 décembre 2016
Nous n'avions eu besoin de rien dire. A cet instant nous avons compris que la guerre était perdue. Que les démocraties nous avaient abandonnés, que le capitalisme s'était allié au fascisme parce que ce sont deux faces d'une même pièce.
Commenter  J’apprécie          170
gavarneurgavarneur   31 août 2017
"Il faut semer la terreur... il faut laisser une sensation de domination en éliminant sans scrupules et sans hésitation tous ceux qui ne pensent pas comme nous."
Ordre émis par le général putschiste Emilio Mola, le 19 juillet 1936
Commenter  J’apprécie          141
Under_the_MoonUnder_the_Moon   02 septembre 2018
Tu ne devais pas trembler autant quand tu as signé l'ordre, pas vrai, monsieur le maire ?
C'est le problème avec la bureaucratie, c'est tellement impersonnel...
Commenter  J’apprécie          90
Lire un extrait
autres livres classés : guerre civile espagnoleVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les personnages de Tintin

Je suis un physicien tête-en-l'air et un peu dur d'oreille. J'apparais pour la première fois dans "Le Trésor de Rackham le Rouge". Mon personnage est inspiré d'Auguste Piccard (un physicien suisse concepteur du bathyscaphe) à qui je ressemble physiquement, mais j'ai fait mieux que mon modèle : je suis à l'origine d'un ambitieux programme d'exploration lunaire.

Tintin
Milou
Le Capitaine Haddock
Le Professeur Tournesol
Dupond et Dupont
Le Général Alcazar
L'émir Ben Kalish Ezab
La Castafiore
Oliveira da Figueira
Séraphin Lampion
Le docteur Müller
Nestor
Rastapopoulos
Le colonel Sponsz
Tchang

15 questions
3548 lecteurs ont répondu
Thèmes : bd franco-belge , bande dessinée , bd jeunesse , bd belge , bande dessinée aventure , aventure jeunesse , tintinophile , ligne claire , personnages , Personnages fictifsCréer un quiz sur ce livre
.. ..