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Critiques sur Jamais je n'aurai 20 ans (17)
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Pecosa
  18 décembre 2016
Comme il l'avait déjà fait dans un précédent ouvrage, Les guerres silencieuses, qui évoquait les années passées à Sidi-Ifni par son père durant son service militaire, Jaime Martín s'inspire de son histoire familiale et nous raconte dans Jamais je n'aurai 20 ans ce qu'il advint de ses grands-parents pendant et après la guerre civile espagnole.
Cette histoire personnelle, familiale, intime, révélée au compte-goutte par ses proches à la demande de l'auteur est symptomatique d'une époque tumultueuse, dans laquelle elle s'inscrit au fer rouge. Elle débute en 1936 à Melilla, sur les pas d'Isabel, la grand-mère couturière qui apprend à lire et à écrire auprès de jeunes militants anarchistes, et qui doit s'enfuir à Barcelone à la suite du coup d'état et des représailles qu'il engendre. Elle se poursuit sur le front de Lerida aux côtés de Jaime le grand-père andalou artilleur dans l'armée républicaine, et se termine à Barcelone, sous une chape de plomb et de silence dans l'Espagne des vainqueurs.
"J'avais vingt ans et je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. »
La génération croquée avec pudeur et délicatesse par Jaime Martín dans ce beau roman graphique, peut dire elle aussi que tout menace de ruine, la perte des êtres chers, les idéaux parfois quand ils s'entrechoquent avec la réalité mais pas l'amour puisque c'est lui qui permettra à Jaime et Isabel de survivre et de fonder une famille.
Ce qui m'a séduite à la lecture de Jamais je n'aurai 20 ans, en plus de la thématique, ce sont les lignes très épurées, et le choix des couleurs, éclatantes souvent, les trois couleurs du drapeau républicain déclinées sur la couverture et au fil des pages, dans toutes leurs nuances. De plus Jaime Martín place au coeur de son récit une femme de caractère, sa grand-mère, et lui fait la part belle, la dessinant sur la couverture telle la Niña Bonita qui aurait troqué son bonnet phrygien contre un calot de la C.N.T. L'auteur est parvenu avec cet ouvrage à nous intéresser en dépit ou grâce à son côté très personnel.

Je remercie Babelio et Aire Libre pour ce joli cadeau de fin d'année.
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Sociolitte
  13 avril 2017
Une belle histoire familiale, celle de l'auteur, traversée par la guerre civile espagnole. Ses grands-parents maternels, issus d'un milieu pauvre s'étaient engagés du côté républicain.
C'est la grande histoire à travers la petite qu'il nous est permis de suivre ici. À travers un dessin tendre et des couleurs émouvantes, nous suivons ce terrible conflit, ravageur à plus d'un titre, à commencer par toutes celles et ceux qui ont cru en l'espoir d'un monde libre et humain.
Mais, Jaime Martin ne s'arrête pas à décrire ces champs de bataille, il nous raconte aussi la vie après : celle, pour ces combattants de la liberté, sous la dictature de Franco.
"Jamais je n'aurai 20 ans.", paroles que l'auteur attribue à Isabel, sa grand-mère, en 1936, à la veille de ses vingt ans et du coup d'État franquiste, font écho à l'incipit d' "Aden-Arabie", de Paul Nizan, en 1931 : "J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel age de la vie."
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jamiK
  23 avril 2018
Je dois avouer que je connaissais très mal la guerre civile espagnole. Ce récit raconte la vie d'un jeune couple dans cette tourmente et dans les années de franquisme qui ont suivi. Il nous raconte les horreurs, la cruauté, sans pathos exagéré, comme un témoignage, sans fioritures, et aussi sans concessions. le dessin est aussi simple, élégant. Tout est dans la retenue, la pudeur, et le récit en devient d'autant plus réaliste, poignant et fort. Cette bande dessinée rend bien compte de l'état d'esprit des acteurs de cette époque.
Un témoignage indispensable.
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boudicca
  04 janvier 2017
« C'est en Espagne que ma génération a appris que l'on peut avoir raison et être vaincu, que la force peut détruire l'âme et que, parfois, le courage n'obtient pas de récompense. » La citation est d'Albert Camus et date bien sûr du début de la guerre d'Espagne. Nous sommes en 1936 et les répercussions du coup d'état initié par les nationalistes dans la partie hispanique du Maroc gagnent peu à peu l'ensemble du pays. En à peine quelques semaines c'est toute l'Espagne qui se retrouve coupée en deux : d'un côté les nationalistes soutenus par l'Allemagne nazie et dirigés par Franco, de l'autre les républicains qui entament un combat désespéré contre le fascisme. Trois ans plus tard l'affaire est pliée : les nationalistes ont gagné, Franco prend le pouvoir et le gardera jusqu'à sa mort en 1975. Que deviennent alors ceux qui se retrouvent dans le camp des vaincus ? Ceux qui ont survécu mais qui n'ont pas perdu espoir en le retour d'un régime démocratique ? C'est sur cette question que se penche Jaime Martin dans « Jamais je n'aurai 20 ans », bande dessinée touchante dans laquelle l'artiste revient sur l'histoire de ses grands-parents, Isabel et Jaime. La première est couturière et doit fuir le Maroc espagnol au moment du coup d'état en raison de ses liens trop étroits avec un groupe de jeunes anarchistes. le second est un jeune artilleur amateur de boxe combattant aux côtés de l'armée républicaine.

A travers l'histoire de sa famille, c'est aussi l'histoire de cette période particulièrement douloureuse pour l'Espagne que l'auteur cherche à revisiter. La première partie relatant la rencontre entre les deux amants lui permet ainsi de revenir sur le déclenchement du coup d'état et sur les premières batailles menées par l'armée républicaine tandis que la seconde partie consacrée à la vie de famille du couple se focalise davantage sur l'installation et de le durcissement de la dictature. Anciens sympathisants républicains arrêtés en pleine nuit pour être fusillés, jeunes idéalistes impitoyablement massacrés, conditions de vie de plus en plus précaires, emprise croissante de la religion catholique... : les scènes dépeintes sont éloquentes et offrent un portrait glaçant de ce que peut être le quotidien d'un peuple vivant sous un régime dictatorial. Régime qui, comme on le constate ici, peut s'imposer à une vitesse effrayante et laisser de nombreuses cicatrices qui, elles, ne s'effaceront pas aisément. L'ouvrage n'est malgré tout pas fait que d'épisodes tragiques puisqu'il nous raconte aussi et surtout le quotidien d'une famille qui, par sa détermination et son courage, parviendra à survivre à la tourmente fasciste. La grand-mère de l'auteur, notamment, forge le respect par sa débrouillardise et son tempérament qu'elle transmettra d'ailleurs à ses trois filles qui sont loin de se douter des épreuves endurées par leurs parents avant leur naissance.

Avec « Jamais je n'aurai 20 ans » Jaime Martin rend un émouvant hommage à ses grands-parents tout en brossant un portrait saisissant de la guerre d'Espagne et de la vie sous la dictature de Franco. Un ouvrage à mettre entre toutes les mains.
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Vexiana
  26 mars 2018
Je dois avouer que je connais que très vaguement la guerre civile espagnole. Quelques grandes lignes, un tableau de Picasso et quelques films. Cette BD me faisait de l'oeil depuis sa sortie, la couverture est très engageante, le titre des plus interpellant, je m'étais promis de la lire…c'est chose faite et c'est une sacrée claque !
Dans cette Bd, l'auteur nous raconte le destin de ses grands parents qui ont vécu la guerre civile du côté des républicains. Toutes les guerres sont cruelles, c'est un fait ! Mais les guerres civiles sont d'autant plus terrifiantes que les amis, les voisins, la famille même peuvent être de l'autre côté des convictions.
La première partie est dure, cruelle, désespérée. La seconde partie raconte la reconstruction et on ne peut que rester admiratifs devant la détermination, l'intelligence et la force d'Isabel, la jeune femme au poing levé de la couverture.
Cette BD inspire une profonde réflexion et nous fait nous rendre compte de la fragilité de la société en général.
Le dessin est vraiment bon, assez simple mais parfaitement rendu et bien régulier.
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Under_the_Moon
  09 septembre 2018
Dans cette bande dessinée, Jaime Martin retrace l'itinéraire de ses grands-parents pendant et après la guerre civile en Espagne.

La BD est composée de trois parties distinctes qui marquent encore mieux l'évolution de la vie des Espagnols face à cette époque tourmentée.

En plus de parler d'épisodes de la guerre civile qui montre que cela n'a pas été "qui " un conflit interne, le grand intérêt de cet ouvrage est qu'il montre à quel point la structure de la société espagnole d'avant 1936 a favorisé l'émergence de la pensée républicaine, et surtout comment cet état a perduré après la guerre grâce à la répression judiciaire, religieuse et sociale. Et on constate que trente ans après, la population vivant en milieu rurale vit toujours dans une grande précarité, sans accès aux loisirs ou aux technologies de l'époque (téléphone, radio, voiture,...).

De quoi éclairer un lecteur non averti sur les raisons pour lesquelles ce conflit a laissé des traces aussi indélébiles dans la mémoire de ceux qui l'ont vécu et aggravé les clivages au sein de la population espagnole.
Un aspect didactique qui fait oublier l'aspect artistique plus simpliste.
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tchouk-tchouk-nougat
  20 mai 2018
Isabel est couturière. Elle ne sait peut être pas lire mais elle a de l'ambition. Son rve à elle n'est pas d'être une épouse, qui attend bien sagement derrière les fourneaux. Non, elle ce qu'elle souhaite, c'est devenir une grande couturière. Mais la guerre d'Espagne va faire changer de directement la vie de la jeune fille.

Cette BD de 112 pages suivies d'une cahier historique va retracer une histoire vraie. Celle d'Isabel et Jaime qui vont se rencontrer pendant la guerre et qui vont s'aimer. Ils étaient dans le camp des perdants, mais ils feront contre mauvaise fortune bon coeur pour survivre. et Finalement pour faire Bonne fortune aussi!!
J'ai été un peu déçue car je m'attendais à un récit sur la guerre d'Espagne alors qu'au final celle-ci est très survolée, très peu développé et pas du tout expliquée. L'accent est vraiment mis sur les personnages et leur vécu, principalement après la victoire des fascistes. On voit surtout comment Isabel, douée pour les affaires, monte son commerce et le fait prospérer, pour devenir une des familles les plus riches. C'est assez intéressant mais par moment... je me suis presque ennuyée. le tout me laisse un sentiment mitigé.
A l'image du coup de crayon qui sans être moche n'est pas beau non plus. Un contour un peu épais, ça manque un peu de détails. La colorisation est un peu terne. Un rendu un peu moyen qui se fait quand même oublier pendant la lecture.
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MurielT
  05 mars 2017
Jamais je n'aurai 20 ans - Jaime Martin (BD)

Sous titrée « l'histoire vraie d'une famille engagée dans la guerre civile espagnole »

Tout commence pendant les années 70, dans la banlieue de Barcelone, toute une famille grands parents, enfants, petits-enfants, cousins, cousines s'embarquent dans des voitures pour une ballade en forêt.
Là, les plus jeunes se mettent à tourner un film racontant la guerre, au bout d'un moment la grand-mère éclate en sanglots et le grand-père ordonne de tout arrêter.
A partir de ce moment l'un des petits-enfants raconte l'histoire de ses grands parents.
C'est une histoire très émouvante où l'on découvre au début de 1936 les rêves et les espoirs des plus pauvres grâce aux réformes du Front Populaire. Mais tous ces rêves s'envolent avec la guerre civile qui éclate, les amis qui sont assassinés, ceux qui périssent dans les combats. Et la « paix » revenue c'est une vie de misère qui commence, échapper aux dénonciations, le marché noir pour survivre, s'accommoder du racket des autorités.

C'est vraiment une très belle histoire où l'on suit la vie d'un couple de révolutionnaires espagnols, avant, pendant et après la guerre civile. C'est aussi une très belle histoire d'amour et d'amitiés, une leçon d'opiniâtreté, tout faire pour vivre et se sortir de la misère. C'est aussi une leçon d'Histoire , le témoignage d'une époque dure qui a marquée tout un peuple et dont les cicatrices ne sont pas encore refermées.

Vraiment un très très bon album
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Ariane84
  05 juin 2017
Un album qui nous conte l'histoire d'une famille espagnole mêlée à l'histoire de son pays, entre guerre civile et période franquiste.
C'est un bel hommage de l'auteur Jaime Martin à ses grands-parents, un regard délicat porté sur leur douloureuse histoire.
Il met en lumière les épreuves auxquelles ils ont dû faire face et leur abnégation pour offrir à leurs enfants les meilleures conditions de vie possibles.
C'est une belle BD toute en sensibilité, côté illustrations le trait est sûr et les planches sont vraiment plaisantes à regarder.
Une réussite.
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MarquePage
  16 mai 2018
Une BD touchante des grands-parents de l'auteur sur leur quotidien durant la guerre civile espagnole. Mais surtout pendant toutes ces années franquistes.
On est vite pris dans l'histoire, emporté entre la douceur de la narration et la dureté de la vie. Un combat de tous les jours pour survivre et offrir une meilleure vie à ses enfants. C'est très intéressant et instructif. Il est plaisant de suivre la vie de Isabel et Jaime. On ressent l'émotion, les difficultés rencontrées... C'est un bel hommage que rend l'auteur. La chronologie à la fin nous fait un résumé de la guerre et de la vie d'Isabel et Jaime. C'est très agréable.
Isabel et Jaime sont très... réalistes. Et attachants. Surtout Isabel qui se bat pour compenser son illettrisme et pour maitriser sa vie. On les voit évoluer, murir.
Les dessins sont très sympathiques. Ils ne rajoutent pas de gravité à l'histoire pour en faire une lecture pesante. Une colorisation lumineuse.
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