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Éditeur : Publie.net - Publie.papier (12/01/2013)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Lionel-Édouard Martin est très précis : c'est le 25 mai 2012, à 8 heures, dans un café, que lui vient cette phrase. "Toutes les villes se ressemblent, oui, de plaine ou de montagne, construites à l'aplomb du magma qui palpite, profond, dans le coeur de la terre." Un texte foisonnant aussi, où on traverse les heures, où on ramasse ce qui traîne, les livres, les verres vides et l'Aspirine. Et l'enquête, à mesure qu'elle cherche l'épreuve – ou la chaleur, la secousse e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Alice94
  18 septembre 2013

Le magma c'est le coeur de la Terre, le fluide en fusion qui porte cette mince couche de roches où sont posées nos villes. C'est aussi le coeur de l'homme.
Magma c'est l'histoire de cet écrivain qui retourne aux sources, se plonge dans les ténèbres et s'abandonne pour mieux retrouver la lumière.
Cet homme est l'amoureux déchu d'une provinciale à l'image rêvée et idéalisée _ la Sainte.
Mais à trop vouloir en connaître les secrets, le rêve va être trahi et l'image ternie. Et s'il n'était plus le premier sur la liste de ses amants ? Pourquoi a-t-il autant insisté pour connaître sa vie passée et libertine ? Pourquoi ne s'être pas simplement contenté des week-ends charnels dans son appartement sous les toits parisiens ?
Dans sa province poitevine, son refuge, tout juste descendu du train, cet homme traine dans sa valise le poids des mots. Ces mots gravés dans la mémoire de son ordinateur. Ces mots de rien, ces mots d'amour, ces mots de trop, ces mots à Elle qui ont eu l'effet d'un BIG-BANG.
Ces mots lourds de rancoeur qui décrivent une autre vie, sa vie à Elle, avant lui _ mots qui le meurtrissent jusqu'au renoncement de la vie trop imparfaite _ loin de toute réalité.
Dans la maison de son enfance il va abandonner cette valise, boire et fumer, se laisser aller à l'ivresse qui anesthésie la douleur et les plaies. Les mots vont alors s'alléger dans cette ville de rien, ce nul part posé sur le magma. Au contact des disparus finalement si proches de ce coeur, il va peu à peu reprendre goût à la vie, aux nourritures terrestres _ véritable "résurrection" personnelle.
Et si automne rimait avec pardonne ? Pourrait-il alors à nouveau traverser le parvis de la gare Montparnasse ? Ce lieu symbolique qu'il ne peut plus, ne veut plus fréquenter et qui le hante depuis qu'il sait qu'Elle y a eu une aventure.

Magma est un roman qui fait voyager le lecteur à travers l'histoire de cette relation amoureuse à l'image de la Création _ l'idée de Perfection jusqu'à la modernité contemporaine où la poésie des mots nous entraine au fil de la pensée divagante de l'auteur.
Un roman qui trace le chemin de la réflexion mystique et nous amène à nous interroger sur notre vie. Vaut-il mieux vivre seul et dans l'illusion de la Perfection ou accepter l'autre avec son passé aussi imparfait soit-il ?
Une réelle invitation à l'Amour et à la Vie malgré les faiblesses de l'homme et de la chair.
"Et si tu étais simplement toi-même ? Toi-même qui irais chez Banette acheter ce pain qui te manque, simplement toi-même, sans par procuration vivre une vie qui n'est pas la tienne mais celle d'un homme mort il y a vingt-et-un siècles, qui a aimé et qui est mort..."
UNE HISTOIRE QUI INTERROGE SUR LE SENS DE LA VIE ET LA PLACE A ACCORDER A L'AMOUR.
JE RECOMMANDE de tout Coeur ! Un récit très poétique, symbolique et métaphorique +++++++

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brigetoun
  19 janvier 2013
"toutes les villes se ressemblent, oui, de plaine ou de montagne, construites à l'aplomb du magma qui palpite, profond, dans le coeur de la terre." et le narrateur, ce "tu", revenant dans sa ville natale, après une rupture, charrie cette ville, la Gartempe qui l'arrose, les pierres et les arbres avec les souvenirs de la femme, de la ville de celle-ci, de Paris, sa révolte, les souvenirs charnels, mêlés violemment dans de longues phrases.
S'ajoutent des morts, les mots, les vers de Catulle, l'écriture, les cahots de la micheline, les rencontres, la solitude, en ce magma intérieur, en ces correspondances.
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Racines
  08 mars 2013
Et puis progressivement le projet gagne en épaisseur et en cohérence quand on comprend ce qui a amené cet homme dans ses errements, géographiques et psychiques. L'exaltation amoureuse, son expansion, suivie de la blessure et de sa rétractation. Lorsque notre héros accepte de se remémorer les mots de rupture de son amante, il se passe quelque chose, et l'écriture se fait plus rapide, phrases plus courtes, le rythme, comme un coeur qui reprend sa course, accélère, et la trajectoire descendante s'infléchit pour retourner à la lumière. Les mots ne sont plus de granites ou de calcaire mais de chair et de pulpe.
Le magma a donné naissance à la vie dans toute son exultation.
Lire la critique complète sur mon site :
Lien : http://chroniques.annev-blog..
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Selenacht
  02 avril 2017
En proie à un chagrin d'amour, le narrateur se retire sur la terre de ses ancêtres pour purger cette douleur, voire l'apaiser: à peu de choses près, le sujet de Magma pourrait être celui d'un bluette, sinon que les peines de coeur sont généralement mieux admises chez les jeunes filles que chez les hommes d'âge mûr. le registre choisi est cependant assez éloigné de l'élégie: le feu et sa brûlure y sont plus présents que l'eau et les larmes et l'exploration des sentiments ne représente que la partie congrue (et tardive) du récit. [...]
Lien : http://glossolalies.net/magm..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   19 janvier 2013
Pas un mot de plus qui t’échapperait des doigts, paralysés, tes doigts, mais l’essaim des mots te parasite le corps, les guêpes, vrombit en fourmillement dans ta chair d’un coup pourrie, dans ta carne, tu es mort.
Mort d’une mort immédiate et sans retour, sans souffle, et "ses" mots t’investissent, relus, les insectes. T’arrachent la fibre, muscles, viscères, moelle, tourbillonnent velus dans l’air lourd autour de ton cadavre exquis, crispé à ton bureau, les guêpes te mordent les yeux, te déchiquètent le regard mais les images demeurent, mais les guêpes chient des images dans tes yeux, pondent, des œufs, des larves, des laves. Mais les mots te dévorent cru, squelette, calcaire, ce qui reste de ton cœur excorié bout d’un tohu-bohu volcanique – et c’est tout ce qui bouge de ce qui fut toi qui n’est plus toi mais un autre, une charogne animée d’images, une danse macabre, un mort vivant.
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brigetounbrigetoun   19 janvier 2013
Le boulevard, puis le pont Neuf, la Gartempe, la perspective : il est midi dans la clarté du jour, "sa" chevelure a balayé l’automne, anticipant l’été de la Saint-Martin, « l’amour demeuré bleu pervenche » : en aval, en amont, du bleu, du blond sur les eaux, grasses de cette bonne graisse de volaille gavée sous la mue, et c’est toi qui as mué, qui souris à ta mue, contemplant cette rivière où s’abreuvent tes morts, où vivants ils buvaient, où morts ils boivent, levant le coude pour "le vin gris, l’imbuvable après Pâques, tourné piquette, et qu’importe, tout fait ventre."
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brigetounbrigetoun   19 janvier 2013
Mais peu restent, de ces mots, le souvenir s’en perd vite pour ne revenir que bien plus tard, à l’approche de la fin ; et te hantent ainsi de ces phrases arrachées à ton enfance, dont tu ne sais pourquoi ce sont elles qui rejaillissent quand toutes les autres demeurent enfouies, qui ne connaîtront jamais de résurgence et resteront dans ta chair, cachées : la source dans l’argile que rien ni personne ne débondera.
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brigetounbrigetoun   19 janvier 2013
Ceci, cela. Elle n’a pas dit ceci, mais elle a dit cela. Pas ce qui vient, qui "te" vient tel un futur proche mais ce qui est venu, advenu, et qui résonne dans ton présent comme l’étoile morte vibre encore à nos yeux d’une lumière éteinte depuis des millénaires
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brigetounbrigetoun   19 janvier 2013
 Comprenez-moi, mes morts, j’ai ses mots dans la bouche, qui ne sont pas des prières. Je ne peux pas vous parler, j’ai la bouche pleine de ses mots.
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Videos de Lionel-Edouard Martin (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lionel-Edouard Martin
Lionel-Édouard Martin - Mousseline et ses doubles .Lionel-Édouard Martin vous présente son ouvrage "Mousseline et ses doubles" aux éditions du Sonneur. Rentrée littéraire 2014. http://www.mollat.com/livres/martin-lionel-edouard-mousseline-ses-doubles-9782916136769.html Notes de Musique : ?Peas Corps? (by Podington Bear). Free Music Archive.
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