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EAN : 9782375792834
700 pages
Critic (03/11/2023)
4.27/5   26 notes
Résumé :
Pour le capitaine Dacien, tout a commencé par une bière avalée sous des tombereaux de pluie. Une bière, et une rumeur. Toujours la même. Une voile blanche croisant à l'horizon. Un navire capable de survoler les flots. Une légende ridicule, car personne, pas même les marins les plus aguerris, ne peut franchir le maelström. Et pourtant, amie ou ennemie, la présence de ces étrangers ne peut être ignorée plus longtemps.
Les Fédérateurs doivent se rendre à l'évide... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Cela fait longtemps que je ne passe plus qu'en coup de vent par ici, juste pour lire ou répondre à quelques commentaires. J'ai perdu l'habitude quotidienne de venir consulter mon fil d'actualité. J'ai pourtant beaucoup de temps depuis la réponse négative du CRFPA le 20 octobre, dont j'ai raté les écrits pour un 8 à la note de synthèse.

Un coup dur, je ne vous le cache pas, des centaines d'heures de travail pour un résultat décevant. Moralement ce n'était donc pas trop ça, et niveau lecture, le calme plat. Il aura fallu une masse critique et une coupure de courant de plusieurs heures en Bretagne pour que je décide de me plonger dans un roman : "Miska" d'Eva Martin.

Autant vous dire que j'espère que ce roman se vendra bien, car il m'a plu, beaucoup plu même. J'ai tout simplement adoré ce one-shot de fantasy français, dont j'ai dévoré la seconde moitié le temps d'une soirée, en ne le reposant qu'une fois la dernière page tournée et ma curiosité assouvie à 1h du matin passée. Dire que j'ai été embarqué est donc un euphémisme. Cela fait des mois qu'une lecture ne m'avait pas tenu en haleine à ce point, et encore plus longtemps pour que l'une d'elles parvienne à me garder éveillé après 23h, une heure où je suis déjà bien souvent dans les bras de Morphée.

Il faut dire qu'avec cette magnifique couverture de Sébastien Annoni, j'étais déjà à moitié convaincu. C'est d'ailleurs celle-ci plus que son résumé qui m'a donné envie de découvrir ce roman. Des voiliers, un immense navire énigmatique sur des flots visiblement agités, voilà qui promettait voyages et aventures. Pour le voyage maritime, j'ai vite compris qu'il faudrait aller voir dans un autre roman, bien que quelques passages marquants se déroulent en mer, notamment au tout début du roman, mais cela n'est pas au coeur de l'intrigue en elle-même.
Pour l'aventure en revanche, j'ai été plus que servi. Il faut dire aussi que les quelques mots sur le marque-page du roman étaient des plus prometteurs : "Des bateaux volants, un système de magie original, des anti-héros attachants, de l'humour et du style."

La promesse est amplement remplie, ce qui ne m'a pas empêché d'être surpris lors de ma lecture. Je ne m'attendais pas à ce genre de récit, ni à la violence des premières pages. Eva Martin ne prend pas de gants et n'est pas tendre avec ses personnages. Elle donne d'ailleurs très rapidement la couleur avec une première partie assez glaçante. On n'est clairement pas dans un récit où tout va bien dans le meilleur des mondes, non, on est dans un récit où deux peuples aux cultures très différentes vont violemment se confronter. L'un est envahisseur, puissant par sa technologie et ses mages à la puissance démesurée, l'autre semble démuni, incapable de faire face et contraint de voir ses terres colonisées, sa culture et son mode de vie s'effacer.

Le capitaine Dacien, soldat, et sa petite troupe de compagnons Caldéciens vont pourtant jouer les trublions et résister à ce terrible envahisseur bien décidé à s'implanter. Ils vont fonder Miska, la résistance, Miska qui signifie "dégage" dans la langue de ces étrangers. En parallèle de cette petite troupe à laquelle on finit par s'attacher au fil des pages, on découvre Azalon, Kinoshs, le peuple tentant de coloniser la Caldécie, d'abord convaincu que les Caldéciens ne sont que quelques barbares sans culture qu'il convient de civiliser.

Inutile de vous dire que la rencontre entre les deux peuples est âpre et entraîne son lot de cadavres, face à des batailles qui certes ne manquent pas d'épique, mais n'en demeurent pas moins de véritables boucheries. Pourtant, loin de tomber dans un récit manichéen entre deux peuples, c'est une histoire toute en nuance que propose ici avec talent Eva Martin, où rien n'est tout blanc ou noir, mais dans des variations de gris. Aucun peuple n'est parfait, tous deux vont commettre des horreurs, mais tous deux vont aussi tenter, via certains de leurs représentants, de sortir de cette spirale infernale de la guerre et de ses horreurs. D'aller au-delà des a priori, du désir de vengeance, avec la volonté de parvenir à une entente qui serait profitable pour tous.

Totalement captivant, touchant, parfois triste autant qu'il peut être violent, "Miska" est un formidable roman de fantasy qui ne m'aura pas laissé indifférent. Avec son intrigue haletante, des personnages haut en couleurs que l'on prend plaisir à suivre et des thématiques fortes, c'est un premier roman qui a tout pour plaire aux amateurs ou passionnés de fantasy. C'est un premier roman très réussi qui, je l'espère, sera suivi de plusieurs autres romans de l'autrice.

Merci à Babelio et aux éditions Critic pour cette très belle découverte.

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Tout commence par des rumeurs. D'inquiétantes rumeurs.
D'immenses navires auraient été repéré au large.
Des navires d'un genre inconnu et qui préoccupent de plus en plus les autorités de Caldécie.
Pour tirer les choses au clair, le capitaine Dacien et sa troupe sont missionnés avec pas moins de quatre navires amiraux.
Mais voilà que la rencontre tourne à l'affrontement et que les marins des Longues Côtes découvrent que les nouveaux venus n'ont aucune intention de négocier. Dès lors, la capitale Assale se retrouve en première ligne et l'invasion de la fédération commence !
L'armée Kinosh peut-elle être vaincue malgré sa formidable avance technologique ? …Et si la réponse armée n'était pas la bonne ?
Voilà ce que vous propose de découvrir Miska, premier roman de fantasy signé par la française Eva Martin et publié par les éditions Critic en cette fin d'année !

Miska est un premier roman enthousiasmant et, pour tout dire, complètement addictif. le lecteur plonge dans un monde en plein bouleversement ou, devrait-on dire, un monde en pleine collision.
D'un côté, la fédération de Caldécie avec ses cinq états, Des Causses à la Nordie en passant par les Plaines de Mirra et, bien sûr, Les Longues Côtes et sa capitale Assale.
De l'autre, l'empire Kinosh qui traverse la mer avec une armée impressionnante et qui maitrise déjà la poudre et une forme de magie bien plus avancée qu'en Caldécie.
C'est l'histoire d'un choc entre deux civilisations radicalement différentes et qui, forcément, vont avoir bien du mal à se comprendre l'une l'autre.
Eva Martin écrit donc une fantasy entre résistance à l'envahisseur et réflexion sur le colonialisme, ou comment parvenir à réconcilier les peuples en évitant les massacres et les atrocités.
Pour se faire, la Française imagine des colons qui sont un melting-pot d'influence, faisant ainsi du peuple Kinosh une sorte d'archétype universel qui rappelle au lecteur notre propre histoire, des Croisades à la Conquête de l'Ouest en passant par la traite des Noirs.
On suivra ainsi deux points de vue : celui de Dacien, un capitaine Calcadien constamment tiraillé entre son devoir et sa morale, et Azalon, un technologue Kinosh qui doute grandement de ce que l'on raconte à propos de ce peuple de sauvage qui vit par-delà l'océan.
C'est donc l'occasion de croiser deux regards différents et de comprendre le point de vue de chacun au sujet de l'autre. Comment en arrive-t-on à avoir une perception erronée de tout un peuple ? Qui en profite ?
Pourquoi certaines situations poussent-elles à des actes intolérables ?
Eva Martin prend grand soin de nuancer son propos, à tenter de comprendre les deux partis et à montrer au lecteur qu'il ne s'agit jamais totalement d'un monde en noir et blanc. Qu'il existe un tas de niveaux de gris entre les deux. Que certains résistants peuvent devenir des monstres et que certains colons peuvent vouloir changer les choses. Ce qui, au fond, fait tout le sel ce roman bien plus malin qu'il ne le semblait de prime abord.

En explorant la civilisation Kinosh, aussi avancée sur les Caldéciens que les Européens sur les Amérindiens en leur temps, Eva Martin met en lumière le traitement différent des femmes, donnant l'occasion à l'une d'entre elle, Petite, de briser le plafond de verre et de se rendre compte de tout ce qui lui était jadis interdit. Miska devient un texte féministe qui montre à quel point le contact avec d'autres peuples, d'autres cultures, peut permettre de dénouer les choses et de faire avançer les combats.
Mais ce qui reste le plus intéressant dans Miska, c'est cette propension à aller au-delà des apparences pour comprendre les actes des uns et des autres. Que ce soit les actes de barbarie commis par Bérion et Ronn après avoir eux-mêmes été des victimes de l'envahisseur ou ceux des responsables Kinosh poussés par la famine et des dirigeants corrompus.
Personnage principal du roman, Dacien est un point d'ancrage parfait pour le lecteur, à la fois pendant la bataille mais aussi pendant les moments de doute. Dacien et ses compagnons, des jumeaux Loan et Ogar aux charmeurs — comprendre magiciens — Arnat et Ivold, forment une bande attachante qui n'est pas sans rappeler une certaine Compagnie Noire.
Pour les amateurs de fantasy, sachez que celle d'Eva Martin n'inclut pas de races étranges et exotiques, qu'elle a recourt à une certaine forme de magie (qu'on vous laisse le plaisir de découvrir) mais qu'elle semble surtout crédible jusqu'au bout, presque proto-historique. Ce qui la rend certainement d'autant plus accessible pour les novices…et attrayant pour les vétérans du genre. En vérité, l'univers est tellement intéressant, tellement maitrisé et foisonnant qu'on se prend à rêver à une suite pour explorer le reste du continent. Mais ceci…est une autre histoire !

Addictif et roublard, le premier roman d'Eva Martin saura conquérir les novices comme les vétérans, ceux qui aiment la fantasy avec de grandes batailles et ceux qui veulent des thématiques fortes n'oubliant jamais l'histoire en cours de route.
Miska est une réussite à la française qui va vous faire chavirer à coup sûr !
Lien : https://justaword.fr/miska-d..
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Premier roman publié par Eva Martin « Miska » nous entraîne en Caldécie, un continent relativement paisible mais en passe de connaître un bouleversement sans précédent. Voilà en effet plusieurs semaines que des marins signalent avoir aperçu aux larges des côtes un navire immense aux capacités technologiques clairement supérieures et avec lequel aucun contact n'a encore pu être établi. La mission échoue à un vétéran, Dacien, placé depuis des années à la tête d'une petite troupe de fidèles soldats qui vont s'embarquer sur la fine fleur de la marine locale pour tenter de percer le mystère de ce vaisseau. Et c'est là que tout part en vrille. Car le navire en question se révèle être en fait l'avant-garde d'une force d'invasion dotée d'une puissance de frappe inouïe et dont l'objectif n'est ni plus ni moins de soumettre une partie de la Caldécie afin de piller ses abondantes ressources. Très vite, les Kinoshs parviennent à occuper le territoire et imposent à la population un joug sévère qui va évidemment éveiller des velléités de résistance chez certains, parmi lesquels figurent évidemment le fameux capitaine Dacien et ses hommes. le roman se compose de différentes parties dont l'ambiance et le rythme varient considérablement. La première partie se révèle plutôt intéressante : on se familiarise doucement avec le fonctionnement de la fédération caldécienne et surtout avec cette petite troupe de soldats certes rapidement caractérisés mais surtout liés par un sentiment de camaraderie immédiatement communicatif. L'arrivée des Kinoshs et la mise en place d'un régime colonial impitoyable suscitent ensuite une grande curiosité qui s'accompagne malheureusement presque aussitôt d'une baisse de rythme assez significative. S'il serait exagéré de parler d'ennui, force est de constater que l'intérêt que l'on porte tant à l'intrigue qu'aux personnes s'étiole peu à peu, faute d'éléments de compréhension. On ignore en effet tout de ces envahisseurs pendant le premier bon tiers du roman, si bien qu'on ne dispose d'aucun indice sur leurs motivations, leur origine, ou leurs moeurs qui s'avèrent radicalement différentes de celles des Caldéciens. Ce manque d'information entraîne automatiquement une prise de distance qui, sans aller jusqu'au désintérêt, donne en tout cas naissance à une certaine lassitude.

Ce petit ventre-mou finit heureusement par prendre fin avec l'entrée en scène d'un autre protagoniste originaire cette fois du continent kinosh, et qui va nous aider à comprendre les tenants et les aboutissants de la présence de ses compatriotes en Caldécie. Un changement de point de vue bienvenue qui permet de remettre le récit sur les rails et de complexifier une intrigue qui est bien loin de se résumer à un affrontement manichéen entre « méchants envahisseurs » et « gentils colonisés », comme le début le laissait craindre. L'autrice nous livre ici une réflexion intéressante sur la colonisation à laquelle elle va astucieusement donner un tour différent de celui auquel se rattache notre imaginaire. En effet, la Caldécie, ce continent désormais occupé et pillé pour ses ressources, ressemble à s'y méprendre au territoire d'ordinaire non pas victime d'une politique impérialiste mais à son origine. Eva Martin décrit en effet une société s'apparentant à notre société occidentale à la fin du Moyen âge en terme d'évolution technologique, or cette inspiration aurait plutôt tendance à nous la représenter comme l'agresseur, et non l'agressée. L'empire kinosh, quant à lui, emprunte à de multiples influences, à la fois européennes et (surtout) asiatiques. La présence de sociétés spécialisées dans tel ou tel domaine scientifique n'est ainsi pas sans faire penser aux célèbres sociétés anglaises, toutes deux entendant pleinement profiter des conquêtes militaires de leur nation pour accroître le champ de leur connaissance géographique, botanique ou zoologique. La plupart des aspects de la culture kinosh évoqués ici renvoie cela dit essentiellement à la culture japonaise de l'époque moderne, qu'il s'agisse de la rigueur qui imprègne toute les conventions sociales (notamment en ce qui concerne les femmes), de la hiérarchie impériale, mais aussi de la mention de certaines pratiques culturelles ou martiales comme la présence de ninjas, de haikus ou encore de jardins zen. On éprouve ainsi presque plus d'intérêt à découvrir la culture de ces envahisseurs qu'à en apprendre sur celle dont sont pourtant originaires la plupart des protagonistes, cette dernière nous paraissant de toute façon rapidement assez familière. Ce renversement de notre imaginaire colonial, faisant d'une société d'inspiration occidentale le territoire colonisé et non colonisateur, est l'une des plus grandes réussites du roman car il permet de prendre du recul sur le phénomène et de le voir sous un jour, non pas nouveau (on connaît déjà bien les effets dévastateurs de l'impérialisme sur les autres continents), mais différent (la scène remarquablement dépeinte du « zoo humain » est à mon sens l'illustration parfaite de ce renversement).

Parmi les autres points positifs du roman, on peut également citer la volonté de l'autrice de ne pas réduire le conflit à une opposition purement manichéenne et à questionner le bien fondé de techniques de résistance violentes. Difficile de ne pas faire le lien avec ce qui se passe aujourd'hui dans une partie du monde. La résistance à un oppresseur justifie-t-il le recours à la violence contre des populations civils réduites au rang de potentielles victimes collatérales ? Si certains questionnaient encore la capacité de la fantasy à s'emparer de problématiques actuelles et à les étudier avec un autre regard, voilà un exemple assez édifiant. Des dissensions vont en effet très vite éclater entre les rebelles, certains étant partisans d'une lutte armée impitoyable, quand d'autres estiment que la fin ne justifie pas les moyens et refusent de renoncer à une résolution pacifiste. Pour porter ces questionnements hautement inflammables, l'autrice convoque une galerie de personnages attachants mais parfois un peu simplistes. Dacien est par exemple un protagoniste tout à fait sympathique mais qui manque de charisme et de profondeur, tandis que ses compagnons d'aventure, bien que tout à fait plaisants eux aussi, restent cantonnés tout au long du récit à un rôle très secondaire. Leurs profils n'en reste pas moins intéressants et j'ai beaucoup aimé le clin d'oeil un peu appuyé de l'autrice aux deux magiciens multipliant les taquineries qui n'est pas sans faire penser à l'emblématique duo Gobelin/Qu'un Oeil des « Annales de la compagnie noire ». Un mot, enfin, concernant la place des personnages féminins qui restent malheureusement très en retrait malgré la mise en valeur de l'une d'entre elle qui restera un cas relativement isolé. Cela est d'autant plus surprenant côté caldécien, où les femmes semblent jouir d'une plus grande liberté que dans la société kinosh, ce qui n'empêche pas leur quasi totale invisibilisation.

« Miska » est un premier roman réussi qui met en scène la rencontre de deux civilisations très différentes, le tout dans le contexte explosif d'une conquête coloniale. Les thématiques abordées sont très actuelles et sont évoquées avec astuce par Eva Martin qui parvient à éviter l'écueil du conflit manichéen et à doter son intrigue d'une complexité bienvenue. Quelques bémols demeurent toutefois, qu'il s'agisse d'une baisse de rythme constatée dans le deuxième tiers du roman, ainsi que du manque de profondeur global des personnages.
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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La Caldécie, pays imaginaire d'inspiration médiévale ou Renaissance. À Assale, grand port sur l'Océan, Dacien est le lieutenant de celui qui dirige la ville. Les rumeurs de voiles aperçues dans le lointain sont de plus en plus persistantes. Impossible, puisque personne ne peut traverser le grand gyre, gigantesque tourbillon infranchissable ! Mais Dacien est mandaté pour aller voir sur place. Et là, des bateaux étranges les attaquent et les détruisent grâce à une technologie supérieure et à des sorts puissants. Ces étrangers ne tardent pas à assaillir le port d'Assale et à écraser l'armée de la ville avec une magie mieux maîtrisée et un armement plus moderne.

La première impression de lecture est une immersion dans un univers grâce à une plume vivante et évocatrice. On visite les divers quartiers d'Assale, on navigue avec un Dacien qui déteste la mer, on assiste à la rencontre et la découverte des Kinoshs, inspirés du Moyen-Orient. Deux peuples qui s'ignoraient jusqu'ici, avec des cultures et de moeurs opposées.

L'auteure s'inspire visiblement d'évènements historiques pour développer une résistance aux allures de guérilla, résistance qui se déchire entre guerriers fidèles à leurs valeurs et hommes assoiffés de vengeance. Car les Kinoshs sur place sont impitoyables et recourent à des mesures de rétorsion aveugle.

Rapidement, Dacien découvre qu'au sein des Kinoshs aussi, la situation est complexe avec des courants politiques ou philosophiques reconnaissables pour nous autres lecteurs. L'auteure introduit un nouveau narrateur qui alternera avec Dacien : Azalon, « technologue » (scientifique) kinosh, attaché à la recherche de la vérité sur la Caldécie, et nous permettant de comprendre les forces à l'oeuvre chez l'ennemi.

Ce roman possède de bonnes pages et de bonnes idées. La galerie de personnages est vivante et nos protagonistes sont confrontés au choc des cultures. L'horreur de la guerre ne nous est pas épargnée, une horreur dont les deux camps sont responsables.

Un petit regret sur les personnages : même s'ils sont approfondis et dotés d'incohérences qui les rendent humains et crédibles, la plupart demeurent trop « gentils », à tel point que quand ils sont contraints à un acte blâmable, le lecteur n'y croit pas vraiment. Dacien est un gouailleur sans véritable défaut, Azalon est bienveillant et sans grande aspérité.

Il n'en reste pas moins que l'aventure est mouvementée et dépaysante.

Ce premier roman est une très bonne surprise, et nous permet de découvrir une auteure à suivre !

Lien : https://feygirl.home.blog/20..
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En plus d'être une personne très sympathique, Eva Martin est une autrice que je trouve prometteuse. 

D'une part, pour son premier roman, elle choisit un sujet sensible, la colonisation, et elle traite cela plutôt bien. C'est difficile de vous dire comment, car cela vous spoilerait une bonne partie de l'histoire (si vous l'avez lu, je suis curieuse d'échanger avec vous en commentaire). Tout ce que je peux vous dire, c'est que j'ai bien aimé les procédés utilisés. 

D'autre part, je crois que cela faisait longtemps que je n'avais pas lu une autrice qui choisit des personnages masculins comme héros, des soldats, personnages que j'ai vraiment trouvés attachants, notamment le capitaine Dacien, avec sa poisse qui le suit partout. 

Enfin, il y a très peu de temps morts dans le roman. Pour ceux qui aiment l'action, c'est parfait. de mon côté, j'aurais presque préféré que l'autrice prenne un poil plus son temps pour bien découvrir tous les personnages et l'univers. Mais bon, comme c'est déjà une petite pavasse, je comprends le besoin d'efficacité.
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critiques presse (1)
Elbakin.net
20 novembre 2023
Pour un premier roman, Eva Martin signe un texte crédible, haletant et parcouru d’une multitude de sujets de réflexion. Si l’on peut se permettre un petit calambour ; prendre ce livre en main ne nous invite pas à le « Miska » , bien au contraire…
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Apporter les bienfaits de la civilisation à un peuple qui possédait déjà la sienne… Quelle prétention.
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Je restai incrédule en écoutant cette description d'une « civilisation » capable de livrer une enfant à un vieux briscard sans broncher, mais où laisser une femme s'habiller comme elle le souhaitait était sacrilège.
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En ôtant la vie, on se salit. L'âme en prend un coup, comme si on devait porter ce mort, et les suivants, sur ses épaules.
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Hatton a fait un tour dans vos cales. J'aime autant vous dire qu'il est revenu en rogne. À part vos chers spécimens qu'on ne doit pas toucher, pas le moindre jambon, œuf à faire frire ou morceau de fromage à se mettre sous la dent. On ne va quand même pas manger que de la verdure pendant toute la traversée !
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Petite refusa tout simplement de me croire lorsque, par jeu, j'ajoutai que non seulement nous autres appréciions les prostituées à leur juste valeur, mais que le seigneur des plaines de Mirra, Cadestre, était une femme forte et respectée.
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Videos de Eva Martin (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eva Martin
Dans cette vidéo exclusive, Eva Martin nous parle de 'Miska', son premier roman de fantasy. Découvrez comment elle a tissé ensemble les thèmes de la magie, du conflit et de l'humanité pour créer un récit inoubliable. L'autrice partage ses inspirations, son processus d'écriture et répond à des questions captivantes sur la création littéraire. Ne manquez pas ses insights précieux pour tous les amateurs de fantasy !
00:04 Quelle est la fonction des histoires ? 00:28 Quels sont vos modèles littéraires ? 00:51 Comment vous êtes-vous formé à la narration ? 01:19 Quelles sont les règles de la Fantasy ? 01:40 Comment voyez-vous l'hybridation des genres ? 02:08 Comment préparez vous votre univers narratif? 02:46 Comment construisez-vous vos personnages ? 03:22 Réécrivez-vous beaucoup ? 04:16 Quel serait votre conseil à une apprentie autrice ? 04:55 Pensez-vous que les IA menacent les écrivains ?
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