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EAN : 9791034742943
156 pages
Éditeur : Dupuis (04/09/2020)
4.21/5   14 notes
Résumé :
Jaime Martin avait 9 ans le 20 novembre 1975, le jour de la mort de Franco. Alors que sa famille en liesse sabrait le champagne, dans la cuisine, les mots de sa grand-mère résonnent encore aujourd'hui : "Il y a un long chemin à parcourir et un ciel plein d'oiseaux noirs".

À travers ce récit autobiographique, l'artiste retrace sa trajectoire dans l'Espagne de l'après dictature en miroir d'une génération portée par l'enthousiasme de la démocratie et sév... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Montecristof
  21 octobre 2021
Après les deux volets traitant respectivement le parcours de ses grands parents pendant la naissance du franquisme et celui de ses parents (dans les années de nos trente glorieuses qui ne le furent pas pour l'Espagne), Jaime M se met en scène plus directement. Passant en revue les difficultés de sa propre génération, le retour des espérances à la mort de Franco, les désillusions qu'amenèrent les chocs économiques européens, la montée précoce du chômage en Espagne, les problèmes d'une jeunesse qui peinait bien avant la nôtre à trouver sa place, il dresse un panoramique très urbain où l'espoir peine à s'imposer. Il nous fait sentir sa chance d'avoir été soutenu dans ses aspirations artistiques par des parents aimants et ouverts quand, ado, il se coule dans la "Movida" en découvrant le rock puis le heavy-metal avec ses potes. La petite bande qu'il forme avec eux se perd de vue et se retrouve de loin en loin, et si chacun s'accroche c'est un parti-pris, car l'avenir n'apparaît pas si dégagé...
Un dernier opus toujours aussi généreux, mais intelligemment lucide et, quand même, un peu inquiétant...
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Alma93
  16 août 2021
Une BD autobiographique qui nous plonge dans l'histoire de l'Espagne à une époque où le pays est en plein marasme : pauvreté, violence, chômage, drogue... Un cocktail explosif qui résulte de la politique mouvementée du pays, au lendemain de la mort du dictateur Franco (1970). C'est ici sa propre histoire que dépeint l'auteur et dessinateur Jaime Martin. A travers la figure de grands-parents, on capte l'horreur de la guerre d'Espagne, et ses blessures qui ne se refermeront pas. On suit son parcours de vie à Barcelone, de ses années de primaire dans une école tenue par les curés à l'âge adulte, en passant par l'adolescence avec sa bande de blousons noirs. Débuts de dessinateurs, découvertes de la culture rock et underground, fracas de l'adolescence... tout cela se déroule avec en toile de fond les changements politiques du pays. A 40 ans, c'est l'heure des bilans pour le groupe d'amis qui se retrouve, après des années de distance. le contexte économique du pays entrave toujours les vies des uns et des autres, et les espoirs qu'avaient porté l'intégration de l'Espagne à l'Europe (1986), se sont avérés des mirages. La guerre vécue par les grands-parents ont laissé place à la dictature vécue par les parents, qui a elle-même laissé place au chaos économique vécu par les enfants. Cette BD raconte la période de la Movida, nom donné à ce mouvement culturel créatif espagnol débuté au début des années 1980, après la mort du général Franco et jusqu'à la fin de ce qu'on appelle la transition démocratique espagnole (les premiers films d'Almodovar, non évoqués dans cette BD, en sont un des symboles) . Une jeunesse fougueuse et débridée emplie de rêves, éprise de liberté et offerte à tous les excès, qui à ce que j'en conclus en lisant cette BD, s'est faite manger par le capitalisme.
Ce tome clôt la trilogie politico-familiale, le premier tome "Jamais je n'aurais 20 ans" sur la guerre d'Espagne vécue par les grands-parents en 1939, puis "Les guerres silencieuses", qui raconte le service militaire en Afrique du Nord du père.
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TitouanC
  23 février 2021
Petit coup de coeur pour ce récit autobiographique. Il s'agit là de la fin d'une trilogie biographique, après l'histoire des grands parents de l'auteur durant la guerre civile espagnol avec Jamais je n'aurai 20 ans, et l'histoire de son père durant la répression franquiste et la guerre espagnol/marocaine avec Les guerres silencieuses.
Avec l'auteur, nous allons donc découvrir une Espagne libérée de Franco, en période de transition, en pleine crise économique et qui n'a pas encore rejoint l'Union Européenne. Il nous transmet bien l'ambiance de cette époque, ces jeunes qui découvrent une liberté que n'ont pas connu leurs parents. Une génération punk/rock qui cherche sa place face à un chômage croissant.
Une histoire très entraînante, qui m'a fait découvrir une Espagne que je ne connaissais pas.
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LiliLee
  19 octobre 2020
Dans cette fresque espagnole qui s'étend sur plusieurs décennies, Jaime Martin revient sur son parcours et explore le chemin qui l'a conduit jusqu'à sa vie d'aujourd'hui. En toile de fond, on voit la crise économique frapper l'Espagne de plein fouet. J'ai pris plaisir à suivre l'évolution des personnages, principalement cette bande d'ados qui a du mal à se résoudre à devenir adulte. On ressent un désenchantement de tous, dû au décalage entre les rêves qu'ils avaient plus jeunes , et la vie qu'ils mènent aujourd'hui.
J'ai bien aimé mais sans plus.
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bibliokat
  26 janvier 2021
Une lecture attachante qui nous fait revivre le parcours de Jaime Martin, de son enfance dans une Espagne post franquiste à son adolescence avec sa bande de potes, puis son itinéraire de jeune auteur de bandes dessinées. L𠆚mitié, la famille, la vie qui passe, les rêves qui s’oublient ou persistent : on suit avec plaisir le recit de sa vie sur près de quarante ans. Au passage, un bel hommage à ses parents et en particulier sa mère qui l’ont toujours encouragé à poursuivre son objectif. Instructif et agréable.
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critiques presse (4)
CNLJ   02 février 2021
Le dessin au trait clair et aux couleurs sobres, donne vie à ce récit dense et passionnant où l'histoire personnelle se mêle avec justesse à la grande histoire.
Lire la critique sur le site : CNLJ
CNLJ   02 février 2021
Le dessin au trait clair et aux couleurs sobres, donne vie à ce récit dense et passionnant où l'histoire personnelle se mêle avec justesse à la grande histoire.
Lire la critique sur le site : CNLJ
ActuaBD   27 novembre 2020
L'auteur catalan évoque sa passion pour la BD dans un album autobiographique qui brasse de larges thèmes : politique, musique, famille... Un beau récit introspectif qui est aussi une chronique sociale d'une Espagne en mouvement.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Sceneario   10 novembre 2020
Ce témoignage reste pertinent, tout du long, et surtout passionnant. Plus que jamais, Jaime Martin reste le témoin lucide d'une époque, d'une histoire qui évolue, en marche. 152 pages qu'on ne lâche plus, une fois commencées !

Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
okkaokka   23 octobre 2021
p.133-5.
Jordi : L’Europe a toujours été à la botte des banques. Les rêves c’est révolu.
Jaime : Toi, t’as eu des soucis, non ?
Jordi : Oui. J’ai pris un gros coup de vieux.
Jaime : Tu me raconteras ce que t’es devenu depuis tout ce temps ?
Jordi : C’est du passé. Je suis revenu à Barcelone y a plus d’un an.
Jaime : Tu nous as rien dit !
Jordi : J’étais au fond du trou. Je voulais pas débarquer dans le quartier en mode "Venez, les mecs, on va boire des bières, mais me posez pas de questions personnelles ou j’éclate en sanglots." Je me suis endetté jusqu’au cou avec mon affaire, et ça a fait exploser mon couple. Je suis retourné à Barna, j’ai loué un appart et je suis entré comme cuistot dans le premier restaurant qui a voulu de moi.
C’était très joli en façade, mais la cuisine était minuscule. On passait 12 heures par jour confinés dans ce réduit. On mangeait sur place parce qu’on n’avait pas le temps de rentrer chez nous et aussi pour économiser. Mais manger debout en 15 minutes, c’est pas manger.
En plus, si je voulais que le chef me garde, je devais faire des heures sup’ non payées. À la fin de la journée j’étais tellement crevé que je m’endormais le ventre vide. J’ai quitté cet établissement, mais ce que je trouvais était de pire en pire. La crise, c’est pas seulement le manque de travail. C’est aussi la dégradation des conditions de travail. Et donc des conditions de vie. On nous a tous mis cartes sur tables.

Patron : Tu ne peux pas laisser ton poste pour aller à un concert !
Employée : C’est mon groupe préféré. Et tu me dois un jour de repos.
Patron : T’es virée !
Employée : Demain tu vas me rappeler. J’accepte.

Les seuls à avoir compris, c’est les jeunes. Ils sont nés sous ce nouvel ordre. Nous les vieux, on continue à croire que tout va s’arranger. Un matin, je me suis levé et je ne pouvais plus enfiler mes baskets tellement j’avais les pieds enflés. On aurait dit Elephant Man. Je suis allé chez le médecin. En chemin j’avais l’impression d’être dans un de ces cauchemars où tu sors nu dans la rue... Le médecin m’a engueulé de ne pas être allé le voir plus tôt. J’avais une thrombose veineuse due à mes conditions de vie déplorables. Selon lui, ça aurait pu mal finir. Dans une ville aussi touristique que Barcelone, travailler dans le secteur de la restauration est un enfer. Les horaires sont inhumains parce que les gens mangent et boivent à n’importe quelle heure. Je n’ai plus jamais travaillé dans un restaurant. Les perspectives n’étaient pas bonnes.
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okkaokka   23 octobre 2021
p.87-8.
Cette même année 86, l’Espagne entra dans la communauté économique mais nous demeurions un cas à part.
« Suivez bien les ordres, soldats ! On tire à balles réelles ! »

L’abus d’alcool était fréquent chez les officiers.
« Mais que... ! ? Couchez-vous ! Couchez-vous ! »

Le sergent des mortiers à la tête des opérations était un briscard connu comme la peste.
« Halte au feu sergent ! Vérifiez les coordo... ! ! »

(Un soldat a le bras arraché après l’explosion)

Ils racontèrent que le soldat n’était pas mort, mais comme disait mon frère, ils mentaient en permanence. Le sergent de mortiers fut envoyé dans un autre régiment. Et ni vu ni connu.

Comme nous faisions désormais partie de l’Otan, l’Espagne envoya des troupes en Belgique pour des manœuvres conjointes avec le 3e bataillon parachutiste Belge. José Maria expliquait que pour éviter tout accident, les Belges faisaient les exercices à balles réelles selon un protocole très strict. Personne ne bougeait avant le signal. Tandis que les Espagnols ressemblaient aux hordes d’Attila, aux Indiens Arapahos, aux pistoleros de Pancho Villa. Ils répondirent au premier coup de sifflet et fonçaient sous les balles et les tirs de mortiers.
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okkaokka   23 octobre 2021
p.125.
Un an s’écoula. Puis deux. Et trois, sans qu’on ait des nouvelles les uns des autres. Quand la vie t’attrape et change les règles du jeu, on est bien obligé de s’adapter à la nouvelle situation.
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okkaokka   23 octobre 2021
p.15.
La guerre et la dictature avaient tellement dégradé la société que certains ne savaient pas se comporter autrement que comme l’État s’était comporté avec eux : en faisant usage de la force.
Les enfants avaient appris des parents. Dans la banlieue de Barcelone, la violence est devenue la règle chez les jeunes.
Les viols étaient un vrai fléau contre lequel les autorités ne bougeaient pas. L’extrême droite agressait les manifestants. Dans ce contexte ma mère et mes tantes s’inscrivirent dans un club de karaté.
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okkaokka   23 octobre 2021
p.38.
Dans les années 70, on a vu tous les films de Bruce Lee. À la sortie du cinéma, mes tantes étaient excitées, elles avaient envie d’en découdre.
Au collège, tout le monde jouait à Kung Fu. On se serait cru dans un asile de fous.
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