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ISBN : 2070367886
Éditeur : Gallimard (12/07/1972)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 74 notes)
Résumé :
À travers les destins de Jacques Thibault, idéaliste et révolté, et d'Antoine, sérieux, conservateur, deux frères que tout oppose, Roger Martin du Gard nous entraîne dans une vaste fresque sociale et historique.
Dans une famille déchirée par l'autorité d'un père égoïste et brutal, le jeune Jacques vit une amitié passionnée avec Daniel de Fontanin ; la découverte de leur correspondance conduira au drame, tandis qu'Antoine, partagé entre la tendresse qu'il port... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
filippo
  18 février 2016
Roger Martin du Gard nous fait vivre les moeurs d'une famille bourgeoise à travers une vaste chronique historique couvrant la période 1905-1918.
Les personnages n'osent pas se monter leurs sentiments. Jacques, le jeune fils, se rebelle, se fâche avec son père, s'oppose à son frère.... A travers le destin de cette famille nous assistons au début et au déroulement de la 1ère guerre mondiale.
En effet, cette oeuvre peut être décourageante par sa taille mais c'est le seul reproche que l'on puisse lui faire. C'est un classique remarquablement bien écrit avec des mots simples mais choisis avec un soin inégalable. Tous les aspects y sont abordés : l'amour homme-femme, frères, père-fils, l'amitié, l'honneur, le patriotisme, l'engagement politique, la jalousie, le travail, l'éducation et j'en oublie certainement.
C'est vraiment remarquable comment l'auteur parvient à faire vivre ces Thibault dans notre esprit et à nous rendre leur destin passionnant, que ce soit leurs idées ou leurs amours. Et puis au-delà de ces deux frères c'est tout un monde qu'on découvre.
C'est une oeuvre romanesque de très grande ampleur.
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LiliGalipette
  13 avril 2012
Le cahier gris
Scandale chez les Thibault : le cadet, Jacques, s'est enfui avec son ami, le jeune Daniel de Fontanin, de famille protestante. Les deux enfants correspondaient secrètement dans un cahier gris qui recevait leurs confidences exaltées et leurs serments passionnés. Découverts et menacés de renvoi de l'institution, les garçons ont fui vers Marseille, persuadés de pouvoir embarquer pour l'Afrique. Mais Thibault père n'est pas homme à se laisser ridiculiser par un enfant. « Non qu'il fut incapable d'aimer Jacques : il eût suffit que le petit lui procurât quelque satisfaction d'orgueil pour éveiller sa tendresse ; mais les extravagances et les écarts de Jacques l'atteignaient toujours au point le plus sensible, dans son amour-propre. » (p. 13)
Pendant ce temps, chez les Fontanin, l'angoisse est plus violente. Jenny, la jeune soeur de Daniel, en est tombée malade et Thérèse, la mère, chancelle de douleur et d'inquiétude. La situation est d'autant plus critique que Jérôme de Fontanin déserte le ménage et laisse la maison sans ressources.
Les deux enfants vivent cette escapade avec fierté, déterminés à en remontrer à leurs parents, à prouver leur valeur. Surtout Jacques, si sensible et si plein de volonté farouche. le jeune garçon est pénétré de poésie et ne supporte pas l'écrasant joug que fait peser Oscar Thibault sur tous les siens. Jacques est un coeur sauvage, une âme avide de reconnaissance. « Depuis mes jeunes années, j'avais besoin de vider ces bouillonnements de mon coeur dans le coeur de quelqu'un qui me comprenne en tout. » (p. 53)
Dans cette première partie, on découvre les contours des familles Thibault et Fontanin. On pressent que le discret frère aîné, Antoine, prendra de l'importance et que les relations esquissées ne resteront pas lettre morte. En ce début de 20e siècle, la grande bourgeoisie catholique parisienne est plus que jamais pénétrée de son importance et persuadée de son pouvoir.
Le pénitencier
Pour punir Jacques de sa fugue, Oscar Thibault a envoyé l'enfant dans la colonie pénitentiaire de Crouy, fondation qu'il finance et dont il tire une fierté sans borne. le patriarche est intraitable avec son cadet : « Il s'agit de broyer sa volonté. » (p. 110) C'est chose faite et c'est avec horreur qu'Antoine découvre dans quelles conditions vit son jeune frère. Mais l'enfant est résigné : « Papa m'aime, au fond, il serait malheureux. Ce n'est pas sa faute s'il ne comprend pas les choses comme nous. » (p. 143) Décidé à le tirer de ce bagne pour enfants, et alors qu'il prépare les concours des hôpitaux de Paris, Antoine propose de prendre Jacques chez lui et de s'occuper de son éducation.
Il manque aussi à Jacques de retrouver son ami, le jeune Daniel de Fontanin. Cette amitié-là est trempée dans une matière qui résiste aux séparations et aux violences du monde. Les deux garçons ont reconnu en l'autre une âme soeur, un être d'exception qui lui correspondait en tout point. Mais l'exaltation de la prime jeune se passe. Alors, que reste-t-il du lien forgé dans le secret et la bravade ?
Cette partie présente Antoine, un personnage qui me plaît vraiment. le jeune médecin pour enfants est plein d'ambition et de rêves de réussite. Il s'oppose fermement à l'autorité paternelle pour offrir à son petit frère la seule chose dont celui-ci a vraiment besoin, la liberté. Se noue alors une belle et vraie relation entre l'aîné et le cadet de la famille Thibault.
La belle saison
Voilà l'été. Jacques a maintenant 20 ans. Avant de partir pour Maisons-Laffitte rejoindre son père et Gise, la nièce de la gouvernante qui l'a élevé, Jacques apprend qu'il est reçu à Normale. Quelle fierté se sera de se présenter devant Thibault père et d'exhiber cette réussite ! le cadet de la famille Thibault cherche encore et toujours à prouver sa valeur à son père et aux autres. « Suis-je encore un enfant ? Ou bien suis-je un homme ? » (p. 356) Mais l'excitation fébrile de la nouvelle finit par retomber et l'été, brûlant, exacerbe les sentiments de chacun.
Alors que Thérèse de Fontanin n'en finit pas de souffrir à cause de son infidèle époux qui lui fait traverser l'Europe et subir les pires humiliations, Jacques et Jenny, devenue jeune fille, se découvrent un singulier intérêt l'un pour l'autre. « Que de fois déjà, elle avait eu de Jacques cette vision d'un être inquiétant, presque dangereux ! Elle dut pourtant s'avouer qu'il ne l'effrayait plus. » (p. 415) Que se passe-t-il alors sous la lumière de la lune, quand l'astre dessine sur les murailles des ombres timides ?
À Paris, Antoine découvre la volupté auprès de Rachel, superbe jeune femme au tempérament passionné. « Je suis complètement libre et ne me cache jamais de rien. » (p. 339) Ainsi parle la belle amante du docteur, parfaitement émancipée et sans fausse pudeur. « Je n'ai rien de ce qu'il faut pour faire une amie fidèle, une maîtresse de tout repos. J'aime à me passer tous mes caprices. » (p. 348) Parfaitement émancipée ? Antoine le découvrira à ses dépends.
Les choses s'amplifient dans la dernière partie de ce premier tome. Au sein d'un été languide, les choses se tendent comme un arc et la flèche blesse. de l'oisiveté naît l'exaspération et, enfin, l'action. Les deux frères sont maintenant adultes et suivent des chemins plus torturés qu'auparavant, mais les coeurs sont toujours aussi exaltés. Jacques est en proie à de terribles réflexions sur la vie et la mort et il échoue à les apaiser dans des vers maladroits. de loin et comme éternelle, l'ombre tutélaire et sévère d'Oscar Thibault ne cesse de planer et d'affirmer son emprise.
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Enroute
  16 août 2015
Le roman est héritier d'un réalisme littéraire qui cherche à donner à voir au lecteur une réalité objective mais vivante dans un monde marqué par les clivages des classes sociales et des confessions religieuses : un narrateur extradiégétique et omniscient présente au lecteur les scènes qui se suivent les unes les autres avec ce qu'il faut de descriptions des visages qui trahissent des émotions, quelques épanorthoses qui sont autant de tentatives de solliciter l'acuité du lecteur pour rendre réelle la réflexion des personnages, des discours directs pour rendre le récit vivant et réaliste, des descriptions de lieu (la maison des Thibault, l'appartement d'Antoine, la maison de Fontanin, l'appartement de Jacques…) pour créer des images chez le lecteur et lui donner la possibilité de voir les événements du récit, des focus successifs sur chaque personnage (la fugue à Marseille, la visite de Thibault père chez le prêtre, la vie du médecin Antoine) pour poser un caractère, passer sous silence des personnages qui réapparaîtront plus tard (la vie d'Antoine), des scènes épiques (l'agonie de Thibault, la visite de Thibault chez le prêtre, la réunion au sujet de Jacques)… le fond est également héritier de ce réalisme littéraire : les classes sociales y sont clairement représentées sans possibilité de mélange entre elles, le récit s'attache à l'évolution de la famille Thibault avec une importance particulière portée au respect des conventions religieuses et morales. Enfin, les marques de l'époque sont visibles (les traits « sémites » de tel personnage, le marquage des différences entre protestants et catholiqes, le prêtre directeur de conscience, la joie de vivre africaine, etc), avec toutefois, comme dans "Jean-Christophe" (de Romain Rolland), quelques allusions à une certaine modernité de sujets (l'homosexualité, l'opinion offensée des Fontanin sur une maladresse de Jacques qui tend à limiter l'éducation des femmes par inutilité sociale, l'attrait de la vie en Afrique, l'euthanasie). Somme toute, le mode d'écriture se rapproche des conceptions classiques : des personnages nobles font preuve de noblesse d'âme. C'est donc sans grande surprise que l'on suit les aventures de la famille , mais enfin, le tout se lit sans déplaisir. Il faut noter deux passages particulièrement plaisants Entre ces deux passages qui encadrent les romans du tome, on s'ennuie sans déplaisir à approfondir ses connaissances de ces personnages très comme il faut dans une société bien figée… Se pourrait-il que le bouleversement de la guerre fasse éclater cette société si rigide…
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lapetitefadette
  22 juin 2014
Cette oeuvre magistrale comporte huit romans dans lesquels Roger Martin du Gard conte l'histoire de la très catholique famille Thibault pendant le 1er quart du XXème siècle. Oscar Thibault, le père, bien qu'ils les aime profondément, se comporte en vrai tyran avec ses deux fils Antoine et Jacques, très différents l'un de l'autre. Antoine, l'aîné est médecin. Jacques de 9 ans son cadet, est mal dans sa peau, complexé par son physique et rebelle aux diktats de son père. Adolescent, il fugue, ce qui lui vaut d'être mis en pension dans une institution pour jeunes difficiles dont s'occupe son père. Il devient un militant socialiste et surtout pacifiste, contre la guerre qui éclate en 1914 tandis qu'Antoine, totalement absorbé par son travail reste longtemps aveugle face des événements de son temps.
Ce fut LE roman de mon adolescence! Découvert sur les conseils d'une camarade de classe, ce roman fleuve m'a littéralement happée durant mon année de 1ère au lycée. Ce fut le livre qui contribua à me forger un l'esprit critique, qui m'amena à des questionnements sur la vie, l'amour la politique......
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roland01
  07 février 2015
Dans la grande fresque de la société française de la Belle Epoque, l'auteur dresse le portrait de deux frères confrontés à un père tyrannique et que la guerre va emporter dans son tourbillon dévastateur.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
filippofilippo   18 février 2016
La vie, on sait bien ce que c'est : un amalgame saugrenu de moments merveilleux et d'emmerdements.
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LiliGalipetteLiliGalipette   13 avril 2012
« Nous autres, les Thibault, nous ne sommes pas comme tout le monde. Je crois même que nous avons quelque chose de plus que les autres à cause de ceci : nous sommes des Thibault. […] Il doit y avoir en nous une combinaison exceptionnelle d’orgueil, de violence, d’obstination. […] Les Thibault peuvent vouloir. Et c’est pour ça que les Thibault peuvent tout entreprendre. Dépasser les autres ! S’imposer ! Il le faut ! Il faut que cette force, cachée dans une race, aboutisse enfin ! » (p. 200 & 201)
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filippofilippo   18 février 2016
Est-ce possible qu'à Paris vous n'ayez pas encore la moindre notion de ce qui se passe depuis trois semaines ? Tous ces présages qui s'accumulent !... Il ne s'agit plus d'une petite guerre dans les Balkans : c'est toute l'Europe, cette fois, qui va droit à une guerre ! Et vous continuez à vivre, sans vous douter de rien ?

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genougenou   08 mai 2013
Il y a deux façons d'être spirituel : par l'esprit qu'on met dans ce qu'on dit, et par celui qu'on met dans sa manière de le dire
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LiliGalipetteLiliGalipette   13 avril 2012
« Non qu’il fut incapable d’aimer Jacques : il eût suffit que le petit lui procurât quelque satisfaction d’orgueil pour éveiller sa tendresse ; mais les extravagances et les écarts de Jacques l’atteignaient toujours au point le plus sensible, dans son amour-propre. » (p. 13)
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Videos de Roger Martin du Gard (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roger Martin du Gard
Maarten 't Hart over De Thibaults van Roger Martin du Gard
In dit filmpje is Maarten 't Hart lovend over het werk De Thibaults van Roger Martin du Gard. Hij las de acht delen al eerder in het Frans en nu is deel 1 als Nederlandse vertaling uitgekomen. Het eerste deel van De Thibaults bestrijkt de jaren 1905-1914 en beschrijft aan de hand van twee broers de Franse bourgeoisie vlak voor de Eerste Wereldoorlog. De oudste, Antoine, studeert medicijnen, is evenwichtig, gewetensvol en vrij conservatief. Jacques, de jongste, is weerbarstig, lichtgeraakt, ongelukkig en alleen, en droomt van een schrijverscarrière.Hun lotgevallen brengen hen tot uiteenlopende keuzes en de broers raken vervreemd van elkaar, tot het moment dat vader Thibault op zijn sterfbed ligt. Na twee dagen en twee nachten aan het bed van hun vader, die afschuwelijk lijdt, besluit Antoine zijn doodsstrijd met een injectie te verkorten. Na de begrafenis vindt hij in het bureau een aantal papieren waaruit blijkt dat zijn vader, onvermoed, een heel verborgen leven had. De Thibaults is een uitgave van uitgeverij J.M. Meulenhoff. De film is opgenomen door Boekhandel De Kler b.v.
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