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Julia Curiel (Préfacier, etc.)
EAN : 9782912667717
256 pages
Finitude (21/01/2010)
4.2/5   22 notes
Résumé :

À soixante-seize ans, seule, oubliée de tous, à demi-folle, Martha Krühl vit encore, comme les enfants, dans un sommeil enchanté. Sa vie n'est plus qu'un voluptueux ensevelissement dans les eaux magiques du songe, une lente dérive entre cauchemar et féerie : les vivants ne sont pas vivants, il y a des rires inquiétants dans les groseilliers, un pendu dans les jardins d'autrefois, un fantôme neurasthénique ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
colimasson
  09 février 2016
A propos de la Somnolence, les critiques sont unanimes : littérature extrême, c'est emballé. Tout ça parce qu'on y voit figurer quelque sang, haine, solitude… tout ça, surtout, parce que les critiques ne veulent pas faire croire aux quelques personnes qui les liront qu'ils connaissent eux aussi toute cette substance glaireuse de l'existence. Aujourd'hui, il faut avoir l'air populaire. Personne ne veut avoir un ami qui n'a que 3 amis sur facebook.

Mais non. Si le lecteur avance masqué, il dira que Somnolence est un livre d'optimisme à l'usage des vieux délaissés (apprenez à différencier lonely et alone). Martha vit seule mais peuplée dans la tête de fourbes qui l'observent et se moquent d'elle, d'un homme qui vient mais ne dit rien et d'autres êtres aléatoires au comportement évolutif. Sans doute n'existent-ils pas mais l'important, c'est qu'elle y croit. Combien de vieux n'ont pas la chance de cette Martha psychotique, qui vivent tout aussi seuls qu'elle mais n'ont aucune autre matière que leur inexistence passée pour meubler leur inexistence à venir ?

Y a pas à dire, la Somnolence est un bouquin qui redonne de l'espoir : peut-être finirons-nous fous à notre tour, envahis par les petits frelutins électriques de nos neurones, plus entourés que jamais dans la valse folle –ce que d'aucuns appellent démence sénile, les ignares.
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MarianneDesroziers
  02 mai 2010
Monologue hanté par la solitude et la folie de Martha, septuagénaire qui attend la mort en buvant du whisky, en mangeant des petits fours, en interpellant Dieu et son père pendu, en remâchant sa haine et sa vie ratée. Un texte magnifique mais où aucune place n'est laissée à l'espoir, à l'amour, à la vie tout simplement : les personnages de Martinet, quand ils ne se suicident pas, se laissent suicider. Ici, le désir et le plaisir sont toujours « troubles ». Si les adultes sont lâches et veulent, les enfants ne valent pas mieux : dans les cours d'école, des petites filles rousses, maigres, pleines de crasse, « vicieuses » massacrent de gros garçons idiots avant de se débarrasser de leurs corps. Quand on pense que « La Somnolence » est le premier roman de Martinet, publié à 31 ans, on ne peut qu'être ébloui par l'originalité de l'univers et le style de cet auteur qui s'affirmera encore un peu plus dans « Jérôme » son chef d'oeuvre publié quelques années plus tard. La disparition de Martinet à 49 ans, en 1993, las de cette vie, fait regretter aux lecteurs conquis (dont je fais partie, et pas qu'un peu !) de ne pouvoir lire d'autres livres de ce très grand écrivain trop méconnu. N'ayez pas peur : ouvrez un livre de Martinet, vous ne le regretterez pas.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   07 septembre 2017
Mourir est interdit. On vous répète sans arrêt : « Il faut vivre, il faut vivre… » Certains affirment que la vie est bonne et douce, qu’il faut tout réapprendre. Il faut regarder les feuilles pousser sur les arbres, il faut regarder les chevelures, les enfants, les animaux. Je ne sais pas. Pour moi la vie n’est plus qu’une rumeur, au loin, une vision aussi imprécise qu’un songe.
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colimassoncolimasson   01 mars 2016
Dinah ? Rien. Elle ne veut rien dire. J’ai peut-être frappé un peu fort. Elle ne remue plus. Ces nouvelles générations sont bien peu résistantes. Au moindre coup dur, hop, plus personne.
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MarianneDesroziersMarianneDesroziers   02 mai 2010
Que ta chaire est douce, petite fille...Aussi douce que les jeunes laitues du jardin de mon père, aussi tendre...Le rasoir y pénètre avec un plaisir de plus en plus grand. Tiens, reçois ce coup sur ta petite joue fraîche, et celui-là sur tes jolies lèvres, qui ne seront jamais souillées par aucun homme. Vide, le paradis ? Un désert ? Dieu, une langouste ? En tout cas, toi, ma chérie, tu vas te rendre compte qu'il y a du monde en Enfer. C'est surpeuplé, tu vas voir.


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Remy789Remy789   14 septembre 2016
J'aimais bien le cinéma, autrefois ; avec mon père, nous avions meme vu dix fois "Autant en emporte le vent". Je me souviens toujours avec émotion des amours de Red Badler, ou Buller, je ne sais plus, et de Scarlett O'Marsa, des magnolias du Sud et des robes à crinoline. C'est une histoire d'amour comme ca que j'aurais voulu vivre, pleine de passion, d'orages, de séparations et de retrouvailles. Au lieu de cela, un couple difforme auquel la vie commune n'a appris qu'à se mépriser. Mon Red Badler, un castrat rouquin, et alcoolique, presque toujours affalé sur un matelas. Mes magnolias, ces sordides marronniers que je voyais de mon appartement, ma guerre de Sécession cette lutte dérisoire contre des ennemis invisibles, et le vent du Sud cette horreur moite qui soulève la poussière et amène des relents d'urine.
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colimassoncolimasson   13 février 2016
Rien ne vous intéresse, ni l’amour, ni les livres, ni la nature, absolument rien. Vous ne vous détestez même pas assez pour vous tuer. Vous passez vos journées à traîner dans la ville, sans jamais adresser la parole à personne, et à boire de la bière tiède.
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Videos de Jean-Pierre Martinet (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Pierre Martinet
« […] Je ne valais », écrit t'Serstevens (1886-1974) dans Regards vers la jeunesse, « que par des illusions que je n'ai plus, des enthousiasmes qui agonisent, une ardeur mystique qui me portait au-dessus de moi-même. Je préfère mes erreurs et mes sottes impulsions d'autrefois à mon intelligence prudente, à l'esprit critique dont je suis accablé. » […] […] t'Serstevens n'a cessé d'être poursuivi par son double, comme dans les cauchemars. […] La course-poursuite, malgré tout son entêtement, il l'aura perdue : l'horrible vieillard l'aura rejoint, il l'aura serré contre lui, il lui aura souri avec l'air doucereux et indulgent de ceux qui n'aiment plus la vie. […] […] On peut trouver contradictoire, en vérité, l'attitude d'un homme qui a su trouver les accents les plus vibrants pour célébrer la jeunesse, cette jeunesse qui se confond un peu […] avec l'esprit d'aventure, et sa férocité à l'égard de toutes les utopies, qui sont un peu la jeunesse des idées, leur adolescence. Cette contradiction, t'Serstevens en a eu conscience, et il l'a vécue dans le déchirement, du moins dans les premières années de sa vie d'écrivain. […] La tour d'ivoire où prétendent s'enfermer certains littérateurs pour échapper à la médiocrité de leurs contemporains, il n'y voit qu'une prison dérisoire : il lui faut l'air du large, la rumeur des ports, le sourire des femmes, l'odeur des acacias. Oui, ce qu'exprime en profondeur la première partie de l'oeuvre de t'Serstevens, c'est l'horreur de ne croire en rien. Cela n'a rien à voir avec le scepticisme, c'est, précisément, tout le contraire : la douleur de se sentir ballotté dans un monde où l'on ne comprend rien, où l'on n'a aucun repère, où toutes les idéologies s'effritent les unes après les autres […] : amertume ricanante, et non pas scepticisme souriant. […]
Il aura manqué, en somme, à t'Serstevens, d'avoir su se mettre en valeur, ce qui est une faute impardonnable dans notre petite république des lettres, qui oublie facilement les errants, les navigateurs, les ivrognes, les rêveurs, ou, tout simplement, les modestes. […] » (Jean-Pierre Martinet, « Un Apostolat » d'A. t'Serstevens, Éditions Alfred Eibel, 1975)
« Né […] en Belgique d'un père flamand et d'une mère provençale, Albert t'Serstevens, après un voyage en Égypte, s'installe en France en 1910 ; il est successivement employé de librairie, puis secrétaire d'un banquier, avant de publier en 1911 son premier ouvrage Poèmes en prose. […] » (universalis.fr)
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Image d'illustration : https://www.alamy.com/stock-image-albert-tserstevens-belgian-novelist-1910-1915-photo-taponier-creditphoto12coll-164523513.html
Bande sonore originale : Lacrymosa Aeterna Industry - Je te vois Je te vois de Lacrymosa Aeterna Industry est référencée sous license Art Libre.
Site : https://lacrymosa.tuxfamily.org/?String-Theory,65
#AlbertSerstevens #PoèmesEnProse #PoésieBelge
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