AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2072626110
Éditeur : Gallimard (20/08/2015)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 519 notes)
Résumé :
Blanche, la môme chardon, est-elle morte en 1361 à l’âge de douze ans comme l’affirme son fantôme ? Cette vieille âme qu’elle est devenue et la petite fille qu’elle a été partagent la même tombe. L’enfant se raconte au présent et la vieillesse écoute, s’émerveille, se souvient, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend. Veut-on l’offrir au diable pour que le mal noir qui a emporté la moitié ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (175) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  19 janvier 2016
Qui n'a jamais rêvé de dialoguer avec l'enfant qu'il était, de revisiter son histoire à travers le prisme de l'expérience ?
« Nous sommes mortes à douze ans et, depuis, j'ai vieilli, infiniment, à regarder le monde sans en être. »

Alternant les voix et réflexions de la petite Blanche, douze ans à peine, dotée d'un tempérament hors du commun, et de sa vieille âme, fantôme bienveillant mais lucide, Carole Martinez m'a littéralement entrainée dans son magnifique récit qui prend racine en 1360 au bord de la Loue, au fond d'une vallée du Jura.
L'immersion fût totale et réjouissante l'espace d'un week-end dans un Moyen Âge délicieusement onirique, peuplé des légendes et croyances de la région que l'auteur s'est appropriée avec talent et sensibilité.
Ici, les personnages ont autant d'importance que les lieux, les descriptions ne sont jamais lassantes tant l'écriture est splendide, poétique sans mièvrerie aucune, le propos sensible autant qu'affirmé. Ainsi, je retiens particulièrement l'incarnation de la rivière en Dame verte, longiligne créature tour à tour sensuelle et séductrice ou cruelle et désabusée, qui rythme la vie de la vallée et permet des moments de narration d'une rare beauté : une rivière exutoire, liant naturel entre époques et souvenirs des êtres.
« La mémoire est une alchimie merveilleuse, certains souvenirs nous donnent l'illusion du réel. Pourquoi retenons-nous cette minute plutôt qu'une autre ? Ce minuscule détail-là ? Cette légère brise agitant le voile bleu du lit ? Comment arrivons-nous à nouer plusieurs sensations les unes aux autres ? »
Qu'il me fut doux et agréable de suivre les péripéties de Blanche à l'aube de l'adolescence, de découvrir ses premiers émois amoureux, sa détermination pour apprendre tout simplement à lire et écrire, pour approcher cette liberté fantasmée, surtout par une femme dans cette société féodale - le tout soutenu par un réel suspense puisque l'on ignore comment Blanche est morte à douze ans…jusqu'au dénouement, inattendu.
Laissez le charme de La terre qui penche agir
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          8915
Lolokili
  13 janvier 2016
J'avais aimé "Le coeur cousu", et "Du domaine des murmures" m'avait envoûtée, mais à la lecture de "La terre qui penche"… les superlatifs me manquent.
Résister pourtant à l'envie de dithyrambiquer. Eviter par conséquent les «waouh quelle claque», «attention pépite», «chef d'oeuvre (dont on ne sort pas indemne)», «gros coup de coeur» et autres manifestations extatiques d'usage. La fée Martinez mérite bien mieux. Mais de fait, elle intimide. Car sa plume enchantée fait de chacune de ses phrases un poème à lui seul, transcendant un récit au mystère tout aussi poétique. L'on y découvrira les aventures de la singulière petite Blanche sur les terres du Domaine des Murmures, dont le roman éponyme dressait déjà le portrait d'une héroïne d'exception.
Deux siècles plus tard voici à nouveau une histoire de femmes, une histoire d'amours et de secrets, merveille de grâce et de cruauté somptueusement conjuguées au coeur d'un âge médiéval ésotérique et sauvage.
Non contente de nous offrir une prose aussi miraculeuse que les récits qu'elle nous conte, Carole Martinez est en outre une personne exquise, c'est du moins le souvenir que j'avais gardé d'une séance de dédicace à deux pas de chez moi. Après-demain (joie) elle revient. Occasion rêvée de la rencontrer à nouveau et de peut-être découvrir enfin quels sont les secrets d'une écriture aussi lumineuse.
Bon, on avait dit pas dithyrambique...


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          8918
LydiaB
  20 juin 2016
Vous le savez, j'avais adoré du Domaine des Murmures. C'est d'ailleurs avec ce livre que j'avais découvert Carole Martinez et son style oscillant entre prose et poésie. Et c'est avec un plaisir incommensurable que j'ai retrouvé non seulement ce style inimitable mais encore le lieu. En effet, la romancière fait évoluer les narratrices dans le Château des Murmures, deux siècles plus tard. Il appartient désormais à la famille de Jehan de Haute-Pierrre, père d'Aymon, jeune promis de Blanche, une des deux voix de ce roman. Cette dernière nous raconte sa courte vie et, à travers elle, la vie de toutes les jeunes filles de cette époque dont le destin était d'obéir à son père et de se marier avec celui qui avait été choisi par ce dernier, même si le futur époux n'avait pas toute sa tête, comme c'est le cas ici. Mais Blanche va finalement s'attacher à Aymon, à l'entourage, au paysage également. Et comme le roman alterne entre réalité et imaginaire, à l'instar des romans médiévaux d'ailleurs, Blanche va également avoir de l'intérêt pour la Dame Verte, la fée qui hante la rivière, la Loue. Cette eau est le fil conducteur du livre, un personnage à part entière, une des clés qui permettra au lecteur de comprendre le destin de Blanche.
Mais qui est donc la seconde narratrice ? Il s'agit de l'âme de la fillette, cette âme qui va nous permettre de tout savoir, y compris les circonstances de la mort de la petite Blanche. Elle reconstitue les manques de l'histoire, à la manière d'un puzzle. Je trouve cette idée très originale. Les deux voix se complètent. Jeunesse et maturité se font face, s'imbriquent, pour ne plus former au final, pour le lecteur, qu'une seule et même personne qu'il aura reconstituée.
Un coup de maître ! Je ne vois pas d'autres formules pour dire à quel point j'ai aimé ce roman.
Lien : https://promenadesculturelle..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7212
Eve-Yeshe
  04 décembre 2015
C'est une très belle histoire, comme sait les raconter Carole Martinez. Au début, on se demande pourquoi elle fait intervenir l'âme de la petite fille et l'âme qui erre depuis longtemps. Leurs deux récits alternent, la vieille âme complétant les dires de la fillette, ce qui peut dérouter au début du récit mais nous réservera une bien belle surprise…
Cette petite Blanche est émouvante par la force de caractère qui se cache derrière le petit corps frêle. Sa fascination pour la lecture, l'écriture la conduit à invoquer un prétexte pour que son père, le beau seigneur, tombeur de ces dames la laisse apprendre. Mais peine perdue, une fille, cela ne peut servir qu'à se marier et avoir des enfants. Elle mène donc une vie triste à côté des bâtardes qui semblent être mieux loties qu'elle, la fille légitime.

Carole Martinez sait parler des femmes, de cette époque, de la dureté de leur vie, de leur prison, voire emprisonnement, mais avec des instants de grâce au milieu de la sauvagerie, sur cette terre qui penche.
Elle décrit si bien la pureté des liens qui se tissent entre Blanche et son promis, alors qu'ils galopent tous les deux, accrochés à ce beau cheval qui est aussi un personnage du livre. Elle nous parle de liberté, de l'enfant qui devient adulte, tout au long d'un récit initiatique.
Elle nous raconte la rivière, la Loue qui peut être calme et douce comme une mère, sensuelle dans ses caresses comme une femme et se transformer en furie, tuant sur son passage, s'en prenant même au petit poisson qui nage si bien…
Elle nous berce avec des chansons dont la tradition orale remonte à si longtemps : « La belle si tu voulais, nous dormirions ensemble, Dans un grand lit carré, tendu de toiles blanches, Aux quatre coins du lit, un bouquet de pervenches…
L'écriture est très belle. L'auteure sait si bien raconter, il s'agit d'un long poème en prose, dont le rythme devient de plus en plus dense, de plus en plus riche. Cela commence comme la petite musique de nuit, pour se continuer sur le mode du Boléro de Ravel…
La langue de Carole Martinez est belle, chaque mot en est pesé, choisi, ciselé et elle décrit si bien l'importance de l'écriture pour cette petite fille.
La poésie, l'histoire, la magie, les fantômes, tout dans ce beau roman nous permet de voyager quelques siècles en arrière, où la vie n'était pas forcément plus belle qu'aujourd'hui, les humains sont tellement doués pour inventer des châtiments au nom de Dieu, des joutes, et autres maltraitances…
J'ai beaucoup aimé « du Domaine des Murmures », et je retrouve la magie, même si la lecture est différente, car il est plus difficile d'entrer dans l'histoire….
Donc, un autre coup de coeur…
Note : 9/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          630
michfred
  06 octobre 2015
Un moyen-âge à demi rêvé, un conte pour adultes pas sages, une initiation à la maturité, par la magie du don d'enfance, une préparation à la perte et à la mort d'un optimisme ensoleillé, un récit terrien et pourtant plein de secousses et de déluges..
Une fois encore, dans cette langue généreuse, charnelle et lumineuse qui n'appartient qu'à elle, Carole Martinez sait nous ensorceler, nous emmener, loin des sentiers battus...
Pourtant on reconnaît d'abord le domaine des Murmures, perché sur cetteTerre qui penche vers les bords de la Loue, la rivière -une Vouivre séductrice, tour à tour maternelle ou maléfique. Au coin d'un bois dansent les petites filles rouges de la Cuisinière des délices, mais ce sont des petites mortes, et l'Ogre les guette toujours, homme ou cheval, prédateur ou bête de guerre, appelé Bouc, pour achever de nous brouiller la raison. Entre le château et les bois, sautille Aymon, petit enfant sauvage, garçon-chien, homme-oiseau, qui vit dans les arbres, une sorte de Peter Pan médiéval, qui se nourrit d'affection et de tendresse.
Le conte, on le voit, n'est jamais loin, ni la chanson , populaire ou savante, chanson des rues ou chanson de troubadour, qui fait danser le récit. Sarabande, pavane ou danse macabre, c'est selon...
L'Histoire met aussi ses jalons plus convenus : pestes, famines, bûchers, clercs et manants, seigneurs et serfs, tournois et belles dames, mariages forcés et adultères à la Tristan et Yseult..
Et l'histoire avec un petit H musarde entre ces deux grands sœurs, la légende dorée et la réalité historique.
Elle suit les pas menus d'une petite Blanche aux cheveux roux, qui ne sait pas encore écrire mais ne veut déjà plus obéir. Une petite flamme toute droite de colère contre son tyran de père, qui, on le sait dès le début, doit mourir à 12 ans.
C'est sa vieille âme qui nous le dit, elle qui flotte encore, plusieurs siècles après, sur ce paysage comtois enchanté et farouche. Et la petite Blanche vit pas à pas le présent qui la rapproche de ce terme fatal mis à son enfance, tandis que sa vieille âme, sereine, apaisée, accueille son récit dans l' océan indifférent du temps.
Je me serais presque laisser charmer par ces chants amoebées si je n'avais pas trouvé à cette alternance un petit caractère d'artifice, comme à l'histoire elle-même d'ailleurs, qui s'allonge et s'étire, avec ses redites et ses refrains, comme les méandres paresseux de la Loue, mais ne déferle pas, vive et forte, comme l'échappée belle du Cœur Cousu ou ne se déploie pas, intense et concentrée, comme le formidable récit de la recluse Du Domaine des Murmures.
J'ai aimé retrouver au fil du récit, comme le Petit Poucet ses cailloux blancs, les personnages des contes de l'enfance, les mythes élémentaires ou littéraires, le fredon joyeux des chansons de toile ou de rue..mais jamais sans me départir d'un petit soupçon, d'une légère réserve qui freinait mon enthousiasme....
Complaisance, trucage ou simplement manque de pertinence dans le propos?
J'aime toujours Carole Martinez, mais elle m'a moins étonnée, moins pétrifiée d'admiration qu'à ses deux précédents livres... J'ai sans cesse été retenue au bord de cette Terre qui penche sans m'y laisser rouler...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          585

critiques presse (2)
Lexpress   25 septembre 2015
Elle nous offre, à travers ce roman gorgé d'énergie, une belle réflexion sur la condition des femmes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   20 août 2015
Quelques pages suffiront pour que le charme agisse, renouvelé, plus puissant que jamais.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (228) Voir plus Ajouter une citation
CetsakCetsak   22 mai 2019
La puissance des représentants du divin sur terre est aussi temporelle que le reste, les croyances, elles-mêmes, sont temporelles. Les religions grandissent, vieillissent et, sans doute, finiront-elles toutes par tourner au mythe. Certaines s’enkystent pour survivre, d’autres luttent pour s’imposer, pour rester vivantes, puissantes, effrayantes. Il arrive que des assoiffés de pouvoir dirigent des affamés de sens, leur tracent la voie à suivre, justifient la violence, se justifient par la violence, utilisent les plus sauvages pour régner sur les craintifs et terrasser les autres.
Car qui mieux que Dieu peut légitimer un pouvoir temporel ?
Que Dieu soit muet arrange bien les choses.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
CetsakCetsak   20 mai 2019
(...) quand j’ai vu ce tout petit être dans son berceau au plus près de l’âtre, quand nous nous sommes regardés pour la première fois, mon cœur a bondi dans ma poitrine et le sang m’est monté aux joues. J’ai promené mes énormes doigts rêches sur ton minuscule visage si bien dessiné, sur ta peau douce et claire de jeune pousse, puis j’ai glissé mon index dans ta main et tu l’as serré en souriant aux anges. Nos doigts ont conversé longtemps, ainsi que nos regards. Tu me disais « Je suis là » et je te répondais « Moi aussi ! » en pleurant d’émotion. (...)Tu m’as révélé à moi-même, mon fils. Grâce à toi, je me suis offert la joie d’être un homme imparfait et aimant. (...) Chacun de tes émerveillements m’a été un délice. Tu m’as permis de comprendre qu’on pouvait jouir du bonheur d’un autre. Ta joie découlait de ta façon de regarder le monde et de t’en imprégner. Oh oui, la joie m’est venue de toi, mon enfant, mon éternel enfant ! Tu es la feuille que tu contemples, l’oiseau que tu suis au ciel, tu ressens dans ton corps les maux de ceux qui souffrent, tu ris avec celui qui rit. Tu n’as pas de bornes et tu t’effaces pour devenir ce que tu regardes. Tu es au monde, tu es le monde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          133
CetsakCetsak   21 mai 2019
La mémoire est une alchimie merveilleuse, certains souvenirs nous donnent l’illusion du réel. Pourquoi retenons-nous cette minute plutôt qu’une autre ? Ce minuscule détail-là ? Cette légère brise agitant le voile bleu du lit ? Comment arrivons-nous à nouer plusieurs sensations les unes aux autres ?
Il ne faut pas tenter de fouiller l’éclat de ces réminiscences, car à y regarder de plus près, le souvenir délicieux, tellement tangible, n’est qu’un trompe-l’œil de fortune, bricolé à partir de lambeaux de sensations. Il nous fait croire que tout y est, mais nous ne saisissons la totalité de l’instant qu’à partir d’une trame élimée dont nous négligeons les trous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
CetsakCetsak   20 mai 2019
Les prés, les forêts, le monde du dehors ne me limitent pas comme ce misérable jardin de cire rouge où je dois dessiner mes barreaux en prenant garde aux vides. Si mes traits étaient plus espacés, je pourrais me faufiler, m’échapper entre les lettres, rêver en plein milieu d’un mot. Mais l’écriture que mon Maître m’enseigne est si serrée que l’air n’y entre pas. Il reste dans la marge, là où poussent les drôleries, l’herbe étoilée et les rinceaux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
CetsakCetsak   20 mai 2019
Maître Claude est chargé de mon éducation. Père dirait qu’il est de ces gens qu’on oublie, que l’on rencontre cent fois pour la première fois. Rien en lui n’accroche le regard. Sa taille est moyenne, sa carrure des plus courante. Il n’est ni chauve, ni barbu, ni brun, ni blond, ni vieux, ni rien de particulier. Son habit même pourrait être celui d’un autre, de n’importe qui, et quand je tente de me le figurer en pensée, je ne me souviens que du drap sombre dans lequel sa cotte est taillée, je ne vois de lui qu’une couverture noire, d’un noir mité de gris.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Carole Martinez (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carole Martinez
Le choix des libraires vous invite à la rencontre de Luc Widmaier, le propriétaire de la librairie Bisey à Mulhouse. Avec lui, partagez ses coups de c?ur et ses auteurs favoris comme Giambattista Basile, Gustave Flaubert ou encore Carole Martinez.
autres livres classés : moyen-âgeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

L'oeil du témoin

Comment se nommais la bibliothécaire ?

Mathilde
Marguerite
Nathalie

7 questions
11 lecteurs ont répondu
Thème : L'oeil du témoin de Carole MartinezCréer un quiz sur ce livre
.. ..