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Critiques sur La terre qui penche (169)
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myriampele
  08 mars 2016
Après "Le coeur cousu", puis "Du domaine des Murmures", j'étais impatiente d'ouvrir et de dévorer celui-là...Mais je l'ai savouré, pour une fois j'ai pris un temps infini à lire, relire et même encore une fois la magnifique prose de Carole Martinez. Ah ! ça vaut bien tous les poèmes du monde. Inutile ici de dévoiler l'intrigue, que je vous laisse découvrir. Blanche est morte en 1361 à l'âge de douze ans... La suite est une merveille de littérature!
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SophieLesBasBleus
  11 octobre 2015
Lorsqu'à 11 ans Blanche pénètre dans le Domaine des Murmures, elle ignore tout des existences qui ont précédé la sienne. Que reste-t-il d'Esclarmonde, l'emmurée, et de Bérangère, l'amoureuse, si ce n'est le bruissement de leurs voix que la rivière porte inlassablement ? Que reste-t-il de la jeunesse de Martin, le si beau seigneur, dans ce père qu'elle déteste et méprise pour sa violence et son impossibilité à aimer ? Et que reste-t-il, aujourd'hui, de cette petite fille contrainte au mariage par son père tout-puissant alors qu'elle ne rêvait que d'apprendre à écrire son prénom ? Ecrire son prénom pour affirmer sa présence au monde et pour arracher le droit de vivre sa propre existence. Inexorablement entraînée par cette "terre qui penche", la petite fille est morte et, de son tombeau sans sépulture, elle fait le récit de son histoire à mesure qu'elle la vit. Comme la Loue charrie pierres et cadavres, son récit nous emporte dans un flux qui a l'impétuosité de la fin de l'enfance. Sa vieille âme peut bien tenter de l'ériger en victime et se lamenter, au passé, sur le temps de la vie perdue et de l'enfance morte, Blanche va son chemin, semé de découvertes à la beauté cruelle. Aidée de Bouc, son cheval, substitut du père, d'Aymon, son fiancé à l'enfance éternelle et d'Eloi, l'ami solide et pur, Blanche prend place peu à peu dans la part féminine du monde.

Là où Esclarmonde s'entourait de murs pour échapper aux contraintes masculines, Blanche fait front avec les armes que lui tend la trame immémoriale des contes et des mythes. Car "La terre qui penche" est une splendide chambre de résonance de tout ce que construit l'imaginaire et de tout ce qu'il permet. Les évènements du monde réel sont décryptés par l'irruption du merveilleux qui transcende la réalité afin de mieux l'appréhender. le pouvoir initiatique des contes est convoqué pour faire refluer le chagrin, pour supporter l'insupportable et pour suggérer une explication à l'incompréhensible : l'absence inexorable, la dualité des êtres, l'étrange cruauté des humains et leur inépuisable compassion. En jouant avec les fonctions des personnages typiques des contes - ogre, sorcière, vouivre - Carole Martinez nous rappelle toute la complexité de l'univers des adultes et toute la douleur de grandir. En quête de reconnaissance et d'une identité qui lui soit propre, en quête d'une filiation, Blanche apprend à se situer dans sa propre histoire, intimement reliée à celles de ses parents et à toutes celles, vraies ou légendaires, qui ont précédé la sienne.

Roman initiatique, roman de passage, "La terre qui penche" est nourri de ce patrimoine intemporel, où s'abreuvent notre culture et notre imaginaire. Cette intertextualité, centrée sur l'enfance, incite le lecteur à convoquer ses souvenirs et à se replonger dans les terreurs enfantines. Comme les cailloux du Petit Poucet, des signes, des indices, semés tout au long du texte, jalonnent et stimulent la lecture, nous conduisant toujours plus loin dans la forêt inextricable des interprétations. L'écriture de Carole Martinez épouse la Loue, rivière symbolique du mitan de la vie. Elle en a la fluidité, les infinis miroitements et les reflets mystérieux. Poétique et charnelle, sensuelle et cruelle, elle est mouvante, enveloppante et aussi insoumise que les âmes qu'elle dépeint.

C'est un roman magique qui me tient encore dans son labyrinthe de sortilèges ! Un roman-monde qui n'en finit pas de dérouler ses entrelacs d'images, de sensations et d'émotions. le lire. le relire. Encore et encore. Pour m'immerger à nouveau dans cet univers aux frontières poreuses entre réalisme et merveilleux, entre hier et toujours. Pour continuer à tisser cette étoffe chatoyante dont Carole Martinez nous fait l'inestimable cadeau : l'étoffe de nos rêves.
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NathalieBC
  02 septembre 2017
Qu'il est difficile de de peindre l'amour sans sombrer dans la mièvrerie gluante et ridicule ! Qu'il est difficile de peindre le quatorzième siècle sans sombrer dans les clichés des chevaliers et gentes dames ! Carole Martinez s'en sort à merveille. Alors certes, nous avons un château (le château de la Terre qui penche),des chevaliers valeureux arborant bannières et roses brodées, des joutes sanglantes ,la male peste qu'il faut tenir à distance, les dictons qui disent le monde, les chansons des enfants morts, les gueux, vilains dans tous les sens du terme, les créatures magiques de la forêt et la Loue, cette rivière franc-comtoise, personnage principal de cette terre qui penche. Ces clichés médiévaux pourraient rebuter. On pourrait penser que trop c'est trop mais là est le talent fou de Carole Martinez: mêler dans une langue fabuleuse le vrai et le faux, l'histoire et la magie, L Histoire et la poésie.
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MissSherlock
  29 novembre 2015
Aujourd'hui je vous emmène - ou plutôt Carole Martinez vous emmène - dans la France du XIVe siècle.
Nous sommes en 1361, Blanche a douze ans. C'est une petite fille chétive aux cheveux rouges. Elle vit avec son père sur leur domaine et sa vie n'est pas simple. Sa mère est morte, elle ne l'a jamais connue, et son père est un homme violent qui voit le diable partout et qui punit Blanche à coup de badine. Un jour son père emmène Blanche pour un long voyage dont la petite ne connaît pas la destination. Son père va-t-il la livrer au diable filou pour que la misère cesse ou pour que la pestilence qui a emporté jeunes comme vieux ne revienne pas ?

Blanche est morte à douze ans. Dans sa tombe cohabitent son enfance qui raconte encore et toujours sa courte vie et sa vieille âme qui a presque tout oublié, même la façon dont elle est morte. C'est de la tombe que la petite fille et la vieille âme nous content les derniers mois de leur vie.

LA TERRE QUI PENCHE est le premier roman de Carole Martinez que je lis. Je suis très triste parce que je l'ai déjà fini. Et pourtant j'ai pris mon temps, j'ai fait durer le plaisir. Ce roman a été une de mes plus belles surprises littéraires de l'année.

Au début, j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. le style m'a un peu décontenancée tout comme l'alternance des récits puis, rapidement, j'ai pris un plaisir immense.
Carole Martinez a un style percutant, parfois brutal et le vocabulaire est riche (sans être pédant). Elle fait naître un monde où la poésie se dispute la cruauté. Les éléments fantastiques qui émaillent le texte nous plongent dans un monde mythique où les rivières sont des amantes, où les petites filles ne meurent pas tout à fait et où les chevaux se transforment en terre légère.

De la poésie, oui, mais l'auteur ne mâche pas ses mots et cela va bien avec le récit et avec l'époque où il se situe. Carole Martinez ne s'embarrasse pas de fioriture mais sait se montrer sensible et son histoire m'a beaucoup émue. J'ai même eu les larmes aux yeux à de nombreuses reprises.

Le texte est tellement vivant que j'ai eu l'impression de sentir la fraîcheur de la rivière, l'odeur des chevaux, la douceur de la peau d'Aymon, le goût des châtaignes, la chaleur de la chaumière de Guillemette. Je me suis perdue dans ce récit : j'étais avec Blanche, j'avais peur pour elle, je ne voulais pas qu'elle meure.

Avec LA TERRE QUI PENCHE Carole Martinez signe un conte pour adulte aussi émouvant que palpitant où les femmes sont des chevaliers.
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Lagagne
  17 juillet 2017
Carole Martinez nous entraîne dans ce roman dans un dialogue entre une jeune fille, fille d'un seigneur au Moyen-âge, et de son âme, des siècle plus tard. La vieille âme apporte ainsi un regard avec du recul sur l'histoire que nous raconte la jeune fille.
C'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé la Franche-Comté dans ce livre. La Loue, source intarissable de légendes, la nature partout présente, le relief, l'isolement, la vouivre... C'est une peinture qui rend hommage à cette région que l'auteure doit beaucoup apprécier, au regard du portrait qu'elle en dresse.
J'ai parfois été gênée par la violence présente dans ce texte, pourtant très poétique. Mais cette violence est justifiée, tellement elle est une composante importante de l'époque. On s'attache à notre petite héroïne, a son caractère libre qui s'affirme, si proche de la nature dans laquelle elle évolue.
Encore un beau portrait de femme de la part de Carole Martinez.
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Latornadeblonde
  19 janvier 2016
Que dire de ce roman sinon qu'il m'a enchanté. C'est même mon coup de coeur de la rentrée littéraire. Une écriture fine, ciselée et poétique qui nous emmène au Moyen âge sur la terre qui penche, "les Murmures".
Blanche, toute fragile est rejetée par son père qui se débarrasse d'elle à l'âge de 12 ans en l'offrant en mariage à Aymon, fils du seigneur du domaine voisin.
Les légendes y côtoient souvent la réalité comme cette femme verte, la vouivre, qui hante la rivière "La Loue" une rivière au caractère trempé, tout autant calme que déchaînée suivant son humeur, capable de noyer un homme alors que les femmes sont épargnées.
Il y a Aymon, futur mari de Blanche, enfant feu follet, simple d'esprit qui se prend tantôt pour un oiseau, tantôt pour un poisson, puis Eloi vers qui Blanche se sent attirée, jeune homme travaillant le bois et qui a sauvé Aymon de la noyade au point que ce dernier le voit comme un Dieu.
Et tous les autres protagonistes comme Bouc, cheval de guerre mais qui s'est attaché à Blanche, doté d'une forte personnalité et au mauvais caractère.

Nous voilà donc plongé au Moyen âge, au milieu des vignes, et dans lequel, la Loue, rivière capricieuse et impétueuse impose son rythme aux hommes au milieu de la forêt, des serfs, des seigneurs et leur cour, ses disettes, ses tournois et ses épisodes de peste.
Carole Martinez nous conte ici une magnifique histoire, avec une écriture dont on se régale à chaque page.
Pour finir, deux mots : lisez-le !!

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Wanda50
  02 novembre 2015
Un magnifique roman d'amour raconté en alternance par Blanche une petite fille de 8 ans l'héroïne et la vielle âme qu'elle est devenue. Carole MARTINEZ nous entraîne encore une fois dans son univers fantasmagorique poétique cruel qu'elle situe au MÂ, revenant dans le domaine des Murmures cadre de son précédent roman.
Elle dit : « mon roman se construit autour du lit de la Loue (la rivière) et du pouvoir poétique qu'a une petite fille de métamorphoser les souvenirs mauvais. Blanche transforme le monde qui l'entoure et ses douleurs, elle change un homme en cheval, puis ce cheval en terre, pour continuer de marcher sur son chemin…. »
Si vous aimez la magie des contes laissez-vous emporter par Blanche dans la quête de ses origines et sa détermination à gagner sa liberté.
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Galounette
  27 janvier 2016
J'ai retrouvé avec plaisir la plume féminine et un brin fantastique de Carole Martinez dans cette terre qui penche.
Le conte médiéval se déroule tel la rivière qui s'entrelace dans la vie de Blanche, petite fille frustrée par sa condition de Minute, de presque rien du tout.
La vieille âme en elle se raconte à côté de la jeune, et ce double récit enrichit le coeur de la balade de Blanche.
J'ai été fascinée une fois de plus par le talent de l'auteure pour les mots, pour les images, pour dépeindre ce monde de la Femme dans tous ses états, et pour sa connaissance de l'Histoire.
Toutefois, la Dame de la rivière ne m'a pas emportée, j'ai trouvé le rythme trop lent, à chaque fois que je quittais mon livre, j'avais beaucoup de mal à y revenir, comme un conte dont on connait la fin trop tard.
Malgré cela, La terre qui penche reste à mes yeux une très belle lecture; confirmant l'immense talent de Carole Martinez.
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Kevinaaaa
  11 décembre 2015
Voici un livre que j'ai a-do-ré !
Bon déjà l'arrière plan historique Moyen-Age, peste noire, c'est une période que j'aime assez. Et quoique peu documenté dans ce livre-là il contient suffisament de magie propre à cette époque pour que je sois complètement sous le charme !

Le début est un peu compliqué ! J'avoue que j'ai été obligée de lire la 4ème de couverture pour comprendre que le livre était en réalité un dialogue entre une petite fille morte à 13 ans il y a très longtemps (au Moyen Age donc) et son âme, "la vieille âme" qui prends parfois la parole, pour recueillir les souvenirs de ce qu'elle vit, les commenter leur apporter son éclairage millénaire.

J'ai tout aimé dans ce livre mais je ne peux pas trop en parler sous peine de vous dévoiler trop de choses. Mais j'ai aimé la force de cette petite fille, l'attachement à son double étonnant, son lien avec ce cheval fougueux et sa relation avec cette rivière impétueuse. J'ai aimé aussi la magie, présente en filigrane, entre deux mondes, qui nous surprend mais à laquelle j'adhère dans ce contexte Moyenâgeux.

La fin est chouette, et surprenante, pour ne rien gâcher !

J'ai déjà réserver deux autres livres que cet auteur a écrit !
Je suis faaaannnnnn !!
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Fleitour
  05 novembre 2015
Carole Martinez nous mène par les mots sur la Terre Qui Penche comme terre qui tourne autour de la lumière.
Voila un beau roman féminin écrit à trois voix, une très jeune fille 12ans et la vielle âme qui hante le domaine des murmures depuis le moyen âge et la Loue la rivière, qui se réveille pour raconter l'inavouable ou charrier nos désirs.
Oh quelles glissades ! Dans la Loue ou dans ses creux, on se laisse emporter par la faune ou la flore Chardon ou Bouc nous mènent vers des mystères foisonnants tels qu'on les percevaient en ces temps reculés.
Avec le malheur en toile de fonds, la peste fait des ravages qui replace la femme au coeur du devenir des hommes il faut repeupler, faire des enfants enfanter à tour de vie pour endiguer les morts et sauver les vivants.
Dans ce labyrinthe dont Carole Martinez est la seule a détenir l'issue, le lecteur se perd, les femmes se confondent, la singularité des personnages parfois vous échappe, cela prédispose aux rêves, le chant vient à votre secours dans le mitan du lit (terme ambiguë quand on vit avec la Loue).
C'est au fil de l'eau pour nous lecteur un beau roman du moyen âge, une Chanson de Geste
"Que demandez vous
puisque je suis à vous
je ne demande rien
si vous m'aimez bien..."P229
Ainsi va le livre des soupirs et le livre des murmures, on n'y rentre par une page on peut le quitter perdu 30 ou 50 pages plus loin, revenir en arrière, dépasser le mitan, la même fantaisie vous permettra de goûter au plaisir des mots et des assauts fougueux et furtifs.
Carole Martinez vous prendra par la main pour vous mener au plus loin de ses secrets.
Laissez vous guider par ce langage charnel, imagé et très sensuel.
Je ne me lasse pas de retrouver ces madrigaux de trouvères pleins de hardiesse et de sous entendus.
Ce livre sur la condition des femmes durant une période terrible de notre histoire est d'un ton plus léger que beaucoup d'autres sur ce thème ; mais c'est du Carole Martinez


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