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Critique de M_a_r_c


M_a_r_c
  11 janvier 2018
Le Sertao, au Brésil. Une région aride, surnommée au XIXe siècle la « terre du chien » par Antônio Conselheiro. Une terre où trois destins que rien ne prédestinait pourtant à la rencontre vont se croiser.

Il y a tout d'abord Antoine Delacourt. Informaticien de profession, sans famille ni attaches, Antoine parcourt le globe de contrats en contrats. Comme pour fuir quelque chose. Jusqu'à l'effondrement du Ran Plaza, à Dacca, la capitale du Bangladesh. Des centaines de morts. Et quelques miraculés. Dont Antoine. Mais depuis qu'il a échappé à la catastrophe, rien ne va plus pour lui. Les images des cadavres tout autour de lui le poursuivent nuit et jour. Antoine est rattrapé par son passé, qu'il essaie de fuir, en s'exilant au Brésil. En vain.

Ensuite, Louise Fabre, une pianiste française vivant à Sao Paulo avec son mari Adrien et leur fils Luca. Un fils qui lui a été imposé par Adrien et que Louise ne parvient pas à assumer, envers lequel elle ne se sent pas mère. Alors Louise fuit, elle aussi. En couchant avec des inconnus qu'elle ne revoit jamais. Et chez Margaret, son professeur de piano devenue son amie. Pour essayer de se perdre ou de retrouver ses repères. Là aussi sans succès.

Et pour finir, il y a Everton Dos Santos, qui a voulu, pour échapper avec sa femme et son enfant à la misère, se lancer dans l'élevage des crevettes. Mais qui, de complications en tracasseries administratives, est en train de perdre le peu qu'il avait.

Ces trois vies vont se rejoindre pour une aventure qui leur fera traverser les paysages arides du Nordeste brésilien mais aussi leurs propres vies, à la rencontre de leurs fantômes et de leurs démons.

L'écriture de Jean-Luc Marty est particulière. Saccadée. Faite de brusques arrêts. de redémarrages aussi soudains. Hachée aussi, le réel et les pensées des protagonistes se mêlant sans crier gare d'un paragraphe à l'autre. Un peu alambiquée enfin, avec des phrases s'arrêtant brusquement, parfois amputées de leur sujet ou de leur verbe. Un style qui ne complique pas nécessairement la lecture, mais qui ne la simplifie pas non plus et qui semble surtout affecté, manquant un peu de naturel.

Avec comme conséquence que le lecteur, s'il se laisse dans les premières pages prendre au récit un peu mystérieux de ces trois destinées, s'en détache assez rapidement, ne parvient pas à se laisser longtemps porter par la plume de Jean-Luc Marty, sent l'émotion toute proche mais n'arrive pas à la ressentir.

Alors pourtant que le titre du roman était plein de belles promesses, promesses qui semblaient vouloir se concrétiser dans les premiers chapitres, j'ai finalement eu l'impression de passer à côté de l'histoire. Ou plus exactement j'ai eu le sentiment que l'auteur, en voulant peut-être trop en faire, passait à côté de son sujet et échouait à faire partager au lecteur le ressenti des personnages et leur cheminement tant intérieur qu'extérieur.

Etre, Tellement n'est pas une déception. Plutôt un livre en demi-teinte. Plein de promesses mais au final un peu froid, un peu creux.

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
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