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ISBN : 2809425965
Éditeur : Panini France (15/06/2012)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
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  22 mai 2016
Il s'agit d'une histoire complète en 5 épisodes initialement parus en 2011 qui forment une histoire complète. le scénario est Kelly Sue DeConnick, les dessins d'Emma Rios, avec l'aide de Becky Cloonan pour l'épisode 5. le premier épisode se termine avec 7 pages consacrées à June Covington, écrites par Warren Ellis, dessinées et encrées par Jamie McKelvie.
En 2008, à l'issue de Secret Invasion, Norman Osborn est adulé comme un héros ayant sauvé la Terre des Skrulls. Ses anciens crimes sont pardonnés et il devient le responsable de la sécurité intérieure des États-Unis, à la tête de l'organisation HAMMER (qui a remplacé le SHIELD) et d'une nouvelle équipe d'Avengers (les Les vengeurs noirs). En 2010, tant de pouvoir a fini par avoir raison de la santé mentale de Norman Osborn et il a commis une boulette au cours de Siège. Au début de cette histoire, il est incarcéré dans la prison haute sécurité réservée aux supercriminels "The Raft", dans l'attente d'un procès qui tarde à venir.
Dans sa prison, Norman Osborn contemple le travail d'une araignée en train de tisser sa toile. Dans les bureaux du journal de Ben Urich "Front line", Norah Winters déprime parce qu'elle a cédé au chantage d'Osborn. Elle invite Peter Parker à manger pour qu'il lui remonte le moral. À Washington, la juge Sondra Muffoletto, les sénateurs Kohut et Bill Morrison, et le colonel Coppeland essayent de déterminer quoi faire du prisonnier embarrassant qu'est Norman Osborn : un procès (trop médiatisé, éclaboussant trop de monde), un internement (une porte de sortie trop facile pour Osborn), autre chose. Faute de solution vraiment satisfaisante, ils décident de l'escamoter de la vue du public en le confinant dans une prison secrète gérée par une entreprise privée. Dans ce site, Peter Martin remplit les fonctions d'aumônier de prison auprès d'une population dont personne ne veut entendre parler, composée des pires criminels dont certains dotés de superpouvoirs, comme Kingmaker (Pryor Cashman), Xirdal (extraterrestre reptilien), Ai Apaec (divinité chimèrique sud américaine) et June Covington (Toxie Doxie). Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ?
Il s'agit d'une des premières histoires complètes écrites par Kelly Sue DeConnick (après un récit pour la série "30 days of night"). Depuis elle a écrit la série Captain Marvel (à commencer par In pursuit of flight en VO), elle a repris la série "Avengers assemble" à la suite de Brian Michael Bendis. Pour l'éditeur Dark Horse Comics, elle a également lancé une nouvelle série du personnage Ghost (à commencer par In the smoke and din en VO). Pour un premier récit d'envergure, DeConnick n'a pas choisi la facilité. Son intrigue s'inscrit dans le genre "récit de prison", assez codifié et macho, avec la tâche ardue de faire d'un criminel avec un lourd passif (Norman Osborn), le personnage principal sans le diluer, ni le rendre ridicule. Loin de renâcler devant l'obstacle, elle n'hésite pas à incorporer de nouveaux personnages tels qu'Ai Apaec et Toxie Doxie.
En termes de composition de son récit, DeConnick tient le lecteur en haleine avec habilité. le titre de l'histoire indique que Norman Osborn sera le personnage principal, ce qui est bien le cas, sans qu'il monopolise pour autant chaque page. Dès le départ, DeConnick montre en quoi l'incarcération d'Orborn est un enjeu pour plusieurs autres personnes à titre personnel. Ainsi Norah Winters se retrouve impliquée de manière organique et sa personnalité transparaît à chacune de ses apparitions, à la fois fonceuse et pleine de convictions. de manière plus surprenante, DeConnick s'attache également à la juge Sondra Muffoletto lui accordant plusieurs scènes pour en faire un personnage étoffé. D'un côté, c'est surprenant parce qu'un autre s'en serait servi comme simple dispositif narratif sans épaisseur. D'un autre côté, c'est tout à l'honneur de DeConnick d'en avoir fait un personnage abouti qui enrichit d'autant l'intrigue. de prime abord la séquence au cours de laquelle Muffoletto explique les 4 qualités d'un bon chef (en mordant dans un hamburger) semble un peu gratuite, une liberté que la scénariste s'accorde parce qu'elle dispose d'assez de pages. Par la suite, cette séquence va légitimer le comportement de la juge, tout en la rendant crédible en tant que professionnelle. Par ces séquences, DeConnick fait exister les personnages et donne une saveur unique à son intrigue.
Toutefois, ces séquences reposent sur de longs dialogues ou monologues, des exposés dont l'artificialité transparaît plus ou moins. Emma Rios traite ces séquences comme une forme de spectacle donné par le personnage en plan fixe, à grand renfort de gesticulation et de mimiques, parfois théâtrales. Cela permet d'insuffler beaucoup de vie à ces moments, même si le cadrage en plan fixe décontenance un peu. le style de Rios est très éloigné de l'ordinaire des superhéros, évoquant un peu celui de Gabriel Bá et Fabio Moon, avec un encrage plus appuyé qui induit une forme de menace latente à chaque image, ainsi qu'une légère sensation de confinement du fait de cases qui finissent par être chargées. Rios ne dessine pas pour faire joli ; de ce point de vue les visages ne sont pas très agréables à regarder. Elle dessine pour rendre compte de l'état d'esprit dans lequel se trouve chaque personnage. Il ne s'agit donc pas d'une approche photographique ou même réaliste, mais bien de transcrire des sensations, quitte à sacrifier un peu la précision des formes (en le masquant avec un encrage plus ou moins significatif). Globalement elle maîtrise bien cette technique, mais de temps à autre, le lecteur peut ressentir une sensation de flou d'un personnage secondaire à l'autre. Ce défaut est en majorité pallié par la mise en couleurs toujours très personnelle de José Villarrubia qui n'a pas son pareil pour créer et maintenir une ambiance par le jeu des couleurs.
Cette histoire constitue une lecture très originale adaptée à son sujet qui est un criminel encombrant dans les zones d'ombre du système judiciaire. DeConnick et Rios adoptent une approche qui relève plus du comics indépendant que de la production de masse de Marvel ou DC. le lecteur profite ainsi d'une lecture originale, prenante et inattendue. Il a parfois l'impression que l'amalgame n'est pas toujours réussi entre les différentes composantes (tant narratives que visuelles) ou que certaines séquences ont plus un caractère obligatoire que justifié par le récit. Par exemple la double page décrivant une bataille ouverte entre tous les prisonniers échappés de leur cellule relève plus du cliché que d'une logique narrative (pourquoi cette rixe démesurée, plutôt que des prisonniers essayant de quitter cette prison ?).
***
*** The prime of Miss June Covington (7 pages, scénario de Warren Ellis, dessins et encrage de Jamie McKelvie) - June Covington est face au lecteur et elle récapitule comment elle s'est retrouvée à porter la combinaison orange des prisonniers, après avoir été saquée de l'université par le professeur Edward Wynne.
Toxie Doxie est apparue dans l'équipe des Thunderbolts et dans les New Avengers (VO). Ça a été le coup de foudre immédiat pour ce personnage immoral, dérivatif, concept tellement débile et dégénéré qu'il en devient évident. Ici, Warren Ellis adopte une forme dans laquelle il excelle : le personnage papote et semble s'adresser au lecteur, en même temps qu'il commet des actes atroces. Professionnel jusqu'au bout des ongles, Ellis se fend d'un concept original et bien troussé pour les superpouvoirs de June Covington. Jamie McKelvie (dessinateur principal de la série Young Avengers, version Marvel NOW!) réalise des dessins délicats, propres sur eux et expressifs pour une comédie bien noire et une June Covington aussi pure d'apparence que noire d'âme. 5 étoiles pour une courte nouvelle enlevée et originale.
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