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Grégoire Chamayou (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782755500202
124 pages
1001 Nuits (30/04/2007)
4.15/5   13 notes
Résumé :
Dans les derniers jours de mai 1871, les troupes d'Adolphe Thiers écrasent la Commune. De Londres, où il est exilé, Karl Marx a suivi la période révolutionnaire qui, depuis le 26 mars 1871, a vu le prolétariat parisien prendre le pouvoir dans la capitale assiégée par les Prussiens : c'est que, pour la première fois, a été mise en place une forme autonome de gouvernement ouvrier. Il ne croyait pas à la possibilité de la révolution. Il a été impressionné par l'héroïsm... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
CarlmariaB
  13 avril 2021
Même si en 1945 le plan Morgenthau n'a pas été mis à exécution (transformer l'Allemagne en un grand champ de blé, voire de betteraves pour la fantaisie), la Prusse a quand même bien ramassé : un bout en Pologne, un bout en Russie, le reste entre les länder de Brandenbourg et de Mecklembourg, preuve qu'on avait quand même fini par bien identifier où nichait l'aigle noir militariste qui avait rempli nos cimetières. La Loi no46 du 25 février 1947 le désigne: « L'État de Prusse, qui a été depuis les temps anciens le berceau du militarisme et de la réaction en Allemagne a cessé d'exister ». Youpi.
Depuis le 18 mars, et jusqu'au 28 mai, on célèbre l'anniversaire de l'un des épisodes de notre relation sanglante avec la Prusse. Ce 13 avril, il y a cent cinquante ans, tandis que l'armée prussienne sous les ordres du comte von Moltke resserrait le blocus sur la Seine, perquisitionnait les maisons et recevait tous pouvoirs de police et de justice, la barricade de la rue de Rivoli -photographiée par Braquehais – grandissait, grandissait et Gustave Courbet créait la Fédération des artistes de Paris pour que l'art s'exprime librement « dégagé de toute tutelle gouvernementale ». J'aime l'humanité, celle qui a retenu Courbet et oublié von Moltke, ou ses complices Français, comme Jules « Il faut châtier Paris ! » Favre. Marx l'allemand ne portait guère les Prussiens dans son coeur et rappelait une de leurs spécialités:
« les Prussiens, en France, avaient rétabli l'usage de prendre des otages, gens innocents qui avaient à répondre au prix de leur vie des actes des autres. ». Il rappelle aussi que Bismarck haïssait les villes, où grandissait le SPD, parmi les ouvriers, à ses yeux des menteurs tout entier dédiés à tromper les paysans (refrain connu et repris, la terre, elle, ne ment pas). Il rappelle enfin que les traîtres, prêts à pactiser avec l'envahisseur se trouvaient au sommet de l'Etat.
« Bismarck contemple avec satisfaction les cadavres du prolétariat de Paris, où il voit le premier acompte de cette destruction générale des grandes villes qu'il appelait de ses voeux alors qu'il était encore un simple rural dans la Chambre introuvable de la Prusse de 1849. Il contemple avec satisfaction les cadavres du prolétariat de Paris. Pour lui, ce n'est pas seulement l'extermination de la révolution, mais l'extermination de la France, maintenant décapitée, et par le gouvernement français lui-même. ».
C'est écrit dans le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, « tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois ». Mais dans le cas de la Prusse, l'exception confirme la règle : la première fois comme tragédie, la seconde fois aussi.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
stekasteka   21 octobre 2013
Dans une brève esquisse d'organisation nationale que la Commune n'eut pas le temps de développer, il est dit expressément que la Commune devait être la forme politique même des plus petits hameaux de campagne et que dans les régions rurales l'armée permanente devait être remplacée par une milice populaire à temps de service extrêmement court. Les communes rurales de chaque département devaient administrer leurs affaires communes par une assemblée de délégués au chef-lieu du département, et ces assemblées de département devaient à leur tour envoyer des députés à la délégation nationale à Paris; les délégués devaient être à tout moment révocables et liés par le mandat impératif de leurs électeurs.
L'unité de la nation ne devait pas être brisée, mais au contraire organisée par la Constitution communale; elle devait devenir une réalité par la destruction du pouvoir d’État qui prétendait être l'incarnation de cette unité, mais se voulait indépendant de la nation même, et supérieur à elle, alors qu'il n'en était qu'une excroissance parasitaire.
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stekasteka   21 octobre 2013
...le régime parlementaire, seul régime sous lequel un pur parasite d’État comme Thiers, un pur bavard, peut jouer un rôle politique. Dernière chose, et non des moindres, Thiers, ayant été le cireur de bottes historique de Napoléon, avait si longtemps décrit ses faits et gestes qu'il s'imaginait les avoir accomplis lui-même. La caricature légitime de Napoléon Ier était à ses yeux non point Napoléon-le--petit, mais le petit Thiers. En outre, de toutes les infamies commises par Louis Bonaparte, il n'en était pas une que Thiers n'eût appuyé, depuis l'occupation de Rome par les troupes françaises jusqu'à la guerre contre la Prusse.
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stekasteka   07 février 2021
Ce ne fut donc pas une révolution contre telle ou telle forme de pouvoir d’État (...). Ce fut une révolution contre l’État lui-même, cet avorton surnaturel de la société; ce fut la reprise par le peuple et pour le peuple de sa propre vie sociale. Ce ne fut pas une révolution faite pour transférer ce pouvoir d'une fraction des classes dominantes à une autre, mais une révolution pour briser cet horrible appareil même de la domination de classe.
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LeScribouillardLeScribouillard   21 juin 2021
C'est précisément en Amérique que nous pouvons le mieux voir comment le pouvoir d'État devient indépendant vis-à-vis de la société, dont, à l'origine, il ne devait être que le simple instrument.
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stekasteka   06 septembre 2013
La plus grande mesure sociale de la Commune était sa propre existence en actes.
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