AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2757837001
Éditeur : Points (03/10/2013)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 14 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Seuil, Fiction Cie - 01/1997)


« Je marchais dans le quartier turc de Veliko Tirnovo la bulgare, je parlais à des Serbes de Kumanovo la macédonienne, à des Alba-nais du Kosovo yougoslave, et l'interrogation était là, lancinante : est-il possible que "ça" arrive aussi ici ? Et dans ce cas, croyez-moi : "ça" arrivera bien aussi un jour chez nous... »

Cinq ans de périples dans les Balkan... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
miriam
  01 juin 2012
D'emblée, l'auteur se présente "Portrait de l'auteur en Européen" , puzzle d'une Europe rencontrée en un temps où existait encore la Prusse orientale, bien différente de la Communauté des 27 états actuels. Aujourd'hui, quand l'idée européenne vacille sous les buttoirs des financiers, triples A et dettes, et sous les discours souverainistes, lire le livre d'un Européen me fait chaud au coeur.
En compagnie du photographe dromomane, polyglotte et slovène Klavdij Sluban, il a parcouru les Balkans, de Durrës en Albanie à Sofia et Bucarest jusqu'à la Mer Noire. Balkans-Transit n'est pas le carnet d'un voyage, plutôt la somme de cinq ans de périples, de retours, de rencontres, de lectures aussi dans des Balkans secoués par l'implosion de la Yougoslavie et la chute du communisme.
Cet ouvrage fait découvrir des pays méconnus, l'Albanie, Pays des Aigles, et la Macédoine, pays dont même le nom est sujet de conflit. Très loin du voyage touristique, l'auteur ne s'attarde pas sur la description des ruines antiques. En revanche il plonge dans l'histoire de toutes les nations qui composent la mosaïques balkanique.
En Albanie, il raconte Skanderbeg, le héros national contre la progression ottomane (1443-1478), le roi Zog(1924-1939) mais aussi Byron 1823 et ses fidèles Souliotes, palikares et armatoles qui le suivirent dans la guerre d'Indépendance Grecque. Sur la route de Gjirokaster, ville de Kadaré, ils passeront près du Mont Grammos, frontière entre l'Albanie, la Grèce et la Macédoine où se déroulèrent les batailles de l'ELAS (1949), entre les andartes partisans communistes et les troupes gouvernementales soutenues par les Britanniques évocation de la dictature de Metaxas et du commandant Markos. histoire récente de la Grèce que j'avais oubliée. Dans ces territoires toutes les histoires se chevauchent comme toutes les littératures. Je ne connaissais pas Faik Konika, ami d'Apollinaire...Palimpseste de poésie, de batailles, d'histoire....
Balkans-Transit se lit aussi comme un roman d'aventure quand leur autobus branlant prend en chasse un automobiliste "psychopathe" ou quand les chauffeurs de taxi grecs refusent de les charger...
C'est surtout un récit de rencontres. Rencontres avec des chauffeurs de taxi, des universitaires, des gens ordinaires dans des cafés qui livrent des histoires extraordinaires. Est-il grec ou macédonien le chauffeur de taxi de Florina? Les gens ne livrent pas forcément leurs origines. Origines souvent mêlées. Hellinisations forcées d'Albanais ou de Macédoniens, purification ethniques, serbes ou bosniaques. le choix d'une langue pour communiquer va induire des rapports différents. le photographe slovène polyglotte maîtrise le Serbo-croate que tous comprennent mais qui peut aussi être source de conflits...
En Macédonie, le puzzle se complique encore. qui sont donc ces Macédoniens qui ont volé le soleil d'Alexandre aux Grecs? Grecs, Slaves, Turcs, Bulgares, Aroumains, Albanais, Roms, Juifs ont coexisté ou vivent encore ensemble. Baïram à Skopje, ou rencontre avec les moines de Prilep. Au hasard d'un carrefour de Prilep, le bust de Zamenhof "Autor dus Esperanto 1859-1919"....
la Bulgarie est qualifiée de Pays Sans Sourire et pourtant toute la partie du livre qui lui est consacrée contredit ce titre péremptoire, rencontres chaleureuses à Sofia avec une Arménienne (encore une autre ethnie) . L'histoire raconté est un peu différente, guerre de Crimée, insurrection contre les Turcs de 1877, Alliance balkanique 1912, les combattants prennent nom de comitadjis. Alliances hasardeuses du petit Tsar Boris III rencontré par Albert Londres....Et, bien sûr la période communiste Dimitrov, homme lige de Staline. Il passe aussi à Ruse, le Roustchouk d'Elias Canetti où l'on parlait espagnol depuis le 15ème siècle...
Passant le Pont de l'Amitié sur le Danube il termine le voyage en Roumanie, commençant le chapitre par une citation de Panaït Istrati. Bucarest, ville Lumière de l'Est mais aussi celle de Ceauscescu..
Je ne veux pas raconter ici tout le livre, seulement donner un aperçu de la richesse des références et de la mosaïque des populations balkaniques.
Maspero raconte son expérience dans Sarajevo assiégée, il fait l'impasse sur le Kosovo, où il n'a pu se rendre
"La guerre, elle a hanté mes voyages, elle hante ce livre. Les guerres du passé, avec la résurgence des obsessions nationalistes que le désespoir et la misère alimentent toujours"
écrit-il dans la postface de 1999.
"De ces voyages, je suis sorti, moi qui aime profondément ma patrie, renforcé dans un sentiment : la haine des nationalismes"
Est la dernière phrase du livre.
Depuis que je l'ai refermé, un mot me vient, fraternité.

Lien : http://miriampanigel.blog.le..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Perlaa
  26 novembre 2018
Au lendemain de l'effondrement des démocraties populaires en l'Europe de l'Est, entre 1992 et 1994, François Maspero part à la rencontre des pays du Sud de l'Europe orientale, de l'Albanie aux confins de l'Ukraine en passant par la Macédoine récemment indépendante selon un trajet prédéterminé.
Il part sans idée derrière la tête à plusieurs reprises, avec un compagnon slovène photographe et le désir de rencontrer les habitants des pays traversés.
Pour situer dans le temps les lieux traversés il lui est nécessaire de faire un point sur l'histoire car les Balkans qui « souffrent d'un trop-plein d'histoire» ne se laissent pas appréhender facilement. Maspero lui-même évoque, et ses interlocuteurs lui font régulièrement sentir, la part de subjectivité de cette histoire. Histoire que chacun n'interprète pas, ne voit pas du même oeil mais dont la vision influence encore les peuples autochtones et permet de comprendre un peu mieux les tensions entre ces peuples.
Une constante frappe après la chute du communisme, c'est la triste réalité des pays se paupérisant, la vie si banale avec, comme préoccupation, la survie quotidienne, l'ennui aussi. Des ruines décrépies de la Mitteleuropa en passant par la présence toujours prégnante de l'occupation ottomane et de ses vétustes tcharchia , l'époque communiste aura durablement dégradé l'environnement. Au-delà de l'aspect humain de ce récit ce que l'on retient ce sont les descriptions saisissantes. Des complexes industriels en déshérence, de grands hôtels en décrépitude, des villes à l'abandon, des gares désaffectées, de grands ensembles sordides omniprésents aux périphéries des villes, les moments de transit entre deux villes où le voyageur immergé au milieu de la population locale ressent les difficultés des déplacements et enfin les passages de frontière souvent tendus. En revanche selon les pays il mettra en avant la différence d'attitude quasi philosophique face à la réalité.
Sur le plan formel ce long récit se lit facilement. de nombreuses anecdotes personnelles sont rapportées le rendent vivant et parfois drôle. Il est enrichi de belles photographies en noir et blanc et d'extraits d'oeuvres de grands écrivains balkaniques ou de récits historiques.
Parfois Maspero s'interroge « Y-a-t-il rien à noter ou y-avait-il trop à noter ? »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PerlaaPerlaa   26 novembre 2018
En gare de Rusé au sud de Bucarest :

Le premier train semblait devoir se diriger vers le sud et le deuxième vers le nord, à l’opposé donc de ce qui était écrit. Pour une fois mon sens de l’orientation ne me trompait pas : il s’avéra que le train marqué Kiev allait à Sofia et que celui marqué Belgrade allait à Bucarest. Les boulons étaient trop grippés pour que l’on puisse chaque fois changer les pancartes .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
PerlaaPerlaa   25 novembre 2018
Côté grec l’autoroute filait parmi une profusion de panneaux publicitaires géants qui masquaient une plaine nue, sans arbres, un terre écorchée dont on voyait les os, trouée de carrières et jonchée de décharges. .. des rivières à sec débordant de sacs plastique : toute la déchéance du paradis capitaliste. Côté bulgare … la nature (re)disparaissait, tuée par des kilomètres d’installations industrielles dégradées. Les bennes en panne d’un transbordeur aux fils rompus oscillaient dangereusement dans le ciel, des wagons pourrissaient dans une gare de triage, des tronçons de routes inachevées s’arrêtaient au bord de la rivière planté de moignons de ponts. Toute la déglingue du paradis communiste…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
miriammiriam   29 mai 2012
." La plus belle récompense d'un voyage extraordinaire est bien de rencontrer des gens ordinaires, disons, comme vous et moi. Des gens qui ont traversé comme ils l'ont pu, sans faire d'histoires et sans forcément faire l'histoire, des évènements pas ordinaires. Qui nous rappellent que ces évènements-là auraient pu aussi bien arriver à nous, en leur lieu et place. Et, vraiment, avant toute chose, on ferait bien de se demander ce qu'on aurait fait en leur lieu et place. Le sentiment de se retrouver partout au milieu de la grande famille de l'espèce humaine n'a pas de prix - ne serait-ce que parce qu'il confirme que celle-ci existe. Ce n'est pas toujours évident.

C'est peut-être cela, le pari du voyage : au-delà de tous les dépaysements, des émerveillements ou des angoisses de l'inconnu, au-delà de toutes les différences, retrouver soudain, chez certains, le sentiment d'être de la même famille. D'être les uns et les autres des êtres humains. parfois, ça rate. parfois même, ça tourne mal. mais le pari vaut d'être fait, non?..."

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
PerlaaPerlaa   24 novembre 2018
- Qui habite là, aujourd’hui ?
- Des Italiens, des Allemands. Ils viennent l’été.
Tristes ironies de l’histoire ; ce territoire tant convoité au cours des guerres balkaniques de 1912 et 1913, ce territoire où avait coulé tant de sang au cours de la Première puis de la Deuxième Guerre mondiale, où s’étaient succédé tant de massacres, d’expulsions, d’assimilations forcées, comme si chaque parcelle du sol méritait son poids de chair et de souffrances humaines, ce territoire-là était aujourd’hui aux normes des campagnes européennes : désertifié …Tout ce mal pour le purifier ethniquement et, en fin de compte, aboutir à en faire un pays mort, un pays de vacances pour des intrus définitivement étrangers, des étrangers venus de loin, ceux-là, pas des voisins haïs, mais des touristes indifférents ; et pourtant bel et bien les mêmes, ou leurs enfants, que les envahisseurs des années 39-44.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
TandaricaTandarica   16 novembre 2015
[...] Tout était devenu lent, calme, comme la douceur du parler roumain. Quelque chose de souriant et de mélancolique sur les visages. Aucune gêne, de la simplicité chez tous les gens rencontrés.
Nous avions maintenu le cap vers les bouches du Danube, persistant à préférer aux châteaux de Dracula le bas pays des longues navigations et des vents maritimes qui ont, des siècles durant, accumulé les migrations.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Lire un extrait
Video de François Maspero (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Maspero
François Maspero : « Aller au-devant du monde » .François Maspero, écrivain, éditeur et libraire était l'invité de Mediapart.
autres livres classés : balkansVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Voyage en Italie

Stendhal a écrit "La Chartreuse de ..." ?

Pavie
Padoue
Parme
Piacenza

14 questions
376 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , voyages , voyage en italieCréer un quiz sur ce livre