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EAN : 9782757837009
470 pages
Éditeur : Points (03/10/2013)
4.12/5   25 notes
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Seuil, Fiction Cie - 01/1997)


« Je marchais dans le quartier turc de Veliko Tirnovo la bulgare, je parlais à des Serbes de Kumanovo la macédonienne, à des Alba-nais du Kosovo yougoslave, et l'interrogation était là, lancinante : est-il possible que "ça" arrive aussi ici ? Et dans ce cas, croyez-moi : "ça" arrivera bien aussi un jour chez nous... »

Cinq ans de périples dans les Balkan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
A_fleur_de_mots
  13 novembre 2020
Avant de lire ce récit de voyage, je ne connaissais ni l'auteur ni le photographe. Je fus attirée par cette photo en couverture énigmatique, ce visage hermétique et sévère, d'où on sent poindre un peu de douceur pourtant, de cette femme sans âge, faisant écho à une autre célébre photo du temps de la Grande Depression.
Et puis ce titre, Balkans-Transit, d'une simplicité déconcertante pour une région qui ne l'est pas. Au fil du récit, nous suivons son auteur, qui se décrit lui-même comme un européen convaincu, citoyen du monde, qui bien qu'ayant souffert de la Seconde Guerre Mondiale, est un profond humaniste qui croit fondamentalement en la fraternité des peuples européens. Beau programme, me direz-vous, mais François Maspero eut au moins le mérite d'essayer d'être cohérent dans ses luttes et actions.
Juste après la terrible guerre en ex-Yougoslavie, il décida d'entreprendre un voyage de la Mer Adriatique jusqu'à la Mer Noire en traversant l'Albanie, la Macédoine du Nord, la Bulgarie et la Roumanie au printemps de 1995. Il avait déjà auparavant, dans une vie antérieure de journaliste engagé, découvert la Yougoslavie et les républiques soviétiques mais décida de revenir dans ces pays en essayant de comprendre le pourquoi de cette guerre fratricide, à la recherche d'une réponse cohérente, après la Seconde Guerre Mondiale, à cette question lancinante: est-ce que ÇA peut se répéter en Europe, de nouveau? Ne nous étions-nous pas promis ”PLUS JAMAIS”?
Ancien sympathisant des voix discordantes du communisme auxquelles il donna écho dans sa maison d'édition et ses différents journaux/magasines, ce voyage fut aussi l'occasion pour lui de se confronter à ces pays quelques années après la chute du communisme et l'entrée “triomphante” dans l'économie de marché.
Dès son point de départ, il rencontra un photographe indépendant, franco-slovène Klavdij Skuban, qui se joigna à lui et dont la connaissance du serbo-croate lui sera d'une aide précieuse pour comprendre certaines réalités des pays traversés.
Ce récit de voyage est particulièrement intéressant de part la culture européenne de son auteur. François Maspero est un humaniste particulièrement cultivé et au fait de l'histoire et la politique de cette région fascinante du monde. Bien que pêchant parfois d'une certaine condescendance toute française, il n'en reste pas moins lucide, et bien qu'ayant un profond respect - et une certaine tendresse- pour les pays visités, les peuples et leur histoire, ancienne comme moderne, il reste un critique implacable sur leur situation actuelle et leurs défauts. Il jette un regard bienveillant mais à la fois acerbe et éclaire d'une façon très pédagogique le lecteur sur les raisons historiques, politiques, sociales et économiques de la situation des Balkans de l'époque.
Pourtant, sous cet aspect académique, le récit n'en reste pas moins profondément humain, essayant par son témoignage de rendre ses impressions de voyage aussi justes et sincères que possible et de nous faire partager sa grande admiration et profonde empathie pour les épreuves passées et présentes des peuples de cette région européenne. Pour autant, ce récit, bien que très bien écrit et agréable à lire, n'est pas plaisant. Nous traversons des terres ensanglantées par des luttes centenaires entre peuples voisins qui, exangues et n'offrant plus rien à ses habitants, sont désertées et laissées à l'abandon. Tout ça pour cela, quelle ironie du sort!
Nous rencontrons des personnes honnêtes et bienvaillantes, mais épuisées mentalement, physiquement et économiquement par l'absurdité des rancoeurs traditionnelles et l'effondrement de la société yougoslave et/ou communiste. Nous terminons ce voyage avec la même lassitude que l'auteur et son acolyte photographe, lessivés par la fatigue émotionnelle et avec une énorme sensation d'un immense gâchis, sans bien comprendre le pourquoi de tout cela mais en ne sachant qu'une chose : les Balkans ne sont pas une anomalie européenne mais sont l'Europe à part entière.
Un récit de voyage réussit pour découvrir une région européenne exceptionnelle.
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miriam
  01 juin 2012
D'emblée, l'auteur se présente "Portrait de l'auteur en Européen" , puzzle d'une Europe rencontrée en un temps où existait encore la Prusse orientale, bien différente de la Communauté des 27 états actuels. Aujourd'hui, quand l'idée européenne vacille sous les buttoirs des financiers, triples A et dettes, et sous les discours souverainistes, lire le livre d'un Européen me fait chaud au coeur.
En compagnie du photographe dromomane, polyglotte et slovène Klavdij Sluban, il a parcouru les Balkans, de Durrës en Albanie à Sofia et Bucarest jusqu'à la Mer Noire. Balkans-Transit n'est pas le carnet d'un voyage, plutôt la somme de cinq ans de périples, de retours, de rencontres, de lectures aussi dans des Balkans secoués par l'implosion de la Yougoslavie et la chute du communisme.
Cet ouvrage fait découvrir des pays méconnus, l'Albanie, Pays des Aigles, et la Macédoine, pays dont même le nom est sujet de conflit. Très loin du voyage touristique, l'auteur ne s'attarde pas sur la description des ruines antiques. En revanche il plonge dans l'histoire de toutes les nations qui composent la mosaïques balkanique.
En Albanie, il raconte Skanderbeg, le héros national contre la progression ottomane (1443-1478), le roi Zog(1924-1939) mais aussi Byron 1823 et ses fidèles Souliotes, palikares et armatoles qui le suivirent dans la guerre d'Indépendance Grecque. Sur la route de Gjirokaster, ville de Kadaré, ils passeront près du Mont Grammos, frontière entre l'Albanie, la Grèce et la Macédoine où se déroulèrent les batailles de l'ELAS (1949), entre les andartes partisans communistes et les troupes gouvernementales soutenues par les Britanniques évocation de la dictature de Metaxas et du commandant Markos. histoire récente de la Grèce que j'avais oubliée. Dans ces territoires toutes les histoires se chevauchent comme toutes les littératures. Je ne connaissais pas Faik Konika, ami d'Apollinaire...Palimpseste de poésie, de batailles, d'histoire....
Balkans-Transit se lit aussi comme un roman d'aventure quand leur autobus branlant prend en chasse un automobiliste "psychopathe" ou quand les chauffeurs de taxi grecs refusent de les charger...
C'est surtout un récit de rencontres. Rencontres avec des chauffeurs de taxi, des universitaires, des gens ordinaires dans des cafés qui livrent des histoires extraordinaires. Est-il grec ou macédonien le chauffeur de taxi de Florina? Les gens ne livrent pas forcément leurs origines. Origines souvent mêlées. Hellinisations forcées d'Albanais ou de Macédoniens, purification ethniques, serbes ou bosniaques. le choix d'une langue pour communiquer va induire des rapports différents. le photographe slovène polyglotte maîtrise le Serbo-croate que tous comprennent mais qui peut aussi être source de conflits...
En Macédonie, le puzzle se complique encore. qui sont donc ces Macédoniens qui ont volé le soleil d'Alexandre aux Grecs? Grecs, Slaves, Turcs, Bulgares, Aroumains, Albanais, Roms, Juifs ont coexisté ou vivent encore ensemble. Baïram à Skopje, ou rencontre avec les moines de Prilep. Au hasard d'un carrefour de Prilep, le bust de Zamenhof "Autor dus Esperanto 1859-1919"....
la Bulgarie est qualifiée de Pays Sans Sourire et pourtant toute la partie du livre qui lui est consacrée contredit ce titre péremptoire, rencontres chaleureuses à Sofia avec une Arménienne (encore une autre ethnie) . L'histoire raconté est un peu différente, guerre de Crimée, insurrection contre les Turcs de 1877, Alliance balkanique 1912, les combattants prennent nom de comitadjis. Alliances hasardeuses du petit Tsar Boris III rencontré par Albert Londres....Et, bien sûr la période communiste Dimitrov, homme lige de Staline. Il passe aussi à Ruse, le Roustchouk d'Elias Canetti où l'on parlait espagnol depuis le 15ème siècle...
Passant le Pont de l'Amitié sur le Danube il termine le voyage en Roumanie, commençant le chapitre par une citation de Panaït Istrati. Bucarest, ville Lumière de l'Est mais aussi celle de Ceauscescu..
Je ne veux pas raconter ici tout le livre, seulement donner un aperçu de la richesse des références et de la mosaïque des populations balkaniques.
Maspero raconte son expérience dans Sarajevo assiégée, il fait l'impasse sur le Kosovo, où il n'a pu se rendre
"La guerre, elle a hanté mes voyages, elle hante ce livre. Les guerres du passé, avec la résurgence des obsessions nationalistes que le désespoir et la misère alimentent toujours"
écrit-il dans la postface de 1999.
"De ces voyages, je suis sorti, moi qui aime profondément ma patrie, renforcé dans un sentiment : la haine des nationalismes"
Est la dernière phrase du livre.
Depuis que je l'ai refermé, un mot me vient, fraternité.

Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Perlaa
  26 novembre 2018
Au lendemain de l'effondrement des démocraties populaires en l'Europe de l'Est, entre 1992 et 1994, François Maspero part à la rencontre des pays du Sud de l'Europe orientale, de l'Albanie aux confins de l'Ukraine en passant par la Macédoine récemment indépendante selon un trajet prédéterminé.
Il part sans idée derrière la tête à plusieurs reprises, avec un compagnon slovène photographe et le désir de rencontrer les habitants des pays traversés.
Pour situer dans le temps les lieux traversés il lui est nécessaire de faire un point sur l'histoire car les Balkans qui « souffrent d'un trop-plein d'histoire» ne se laissent pas appréhender facilement. Maspero lui-même évoque, et ses interlocuteurs lui font régulièrement sentir, la part de subjectivité de cette histoire. Histoire que chacun n'interprète pas, ne voit pas du même oeil mais dont la vision influence encore les peuples autochtones et permet de comprendre un peu mieux les tensions entre ces peuples.
Une constante frappe après la chute du communisme, c'est la triste réalité des pays se paupérisant, la vie si banale avec, comme préoccupation, la survie quotidienne, l'ennui aussi. Des ruines décrépies de la Mitteleuropa en passant par la présence toujours prégnante de l'occupation ottomane et de ses vétustes tcharchia , l'époque communiste aura durablement dégradé l'environnement. Au-delà de l'aspect humain de ce récit ce que l'on retient ce sont les descriptions saisissantes. Des complexes industriels en déshérence, de grands hôtels en décrépitude, des villes à l'abandon, des gares désaffectées, de grands ensembles sordides omniprésents aux périphéries des villes, les moments de transit entre deux villes où le voyageur immergé au milieu de la population locale ressent les difficultés des déplacements et enfin les passages de frontière souvent tendus. En revanche selon les pays il mettra en avant la différence d'attitude quasi philosophique face à la réalité.
Sur le plan formel ce long récit se lit facilement. de nombreuses anecdotes personnelles sont rapportées le rendent vivant et parfois drôle. Il est enrichi de belles photographies en noir et blanc et d'extraits d'oeuvres de grands écrivains balkaniques ou de récits historiques.
Parfois Maspero s'interroge « Y-a-t-il rien à noter ou y-avait-il trop à noter ? »
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DELEURMEA
  16 mars 2020
Ce livre est réellement des plus captivant lorsque comme l'auteur, on a parcouru une bonne partie de la région décrite dans son oeuvre. Je me suis saisi de Balkans Transit aux éditions de poche paru en 2000.
Fort de plus de 400 pages, le livre est illustré des photos de Klavdij Sluban, le photographe d'origine slovène qui avec François Maspéro a participé durant des mois au voyage dans les Balkans.
Les 400 pages du livre sont issues d'un voyage effectué plusieurs années avant sa publication, pendant le conflit Yougoslave. Les récits sont très intéressants puisque l'auteur aborde la vie des Yougoslaves, Bulgares, Roumains et Albanais durant la période ou l'URSS n'est plus qu'une CEE, que la République Populaire d'Albanie n'est plus sous le règne de Hoxha, où Ceaucescu vient de disparaître du paysage politique roumain.
Partant de la région Albanaise via Durrës, les deux camarades de voyage traversent l'Albanie, passent par le Nord de la Grèce, la Macédoine, puis la Bulgarie et remontent vers la Roumanie avant d'arriver au bord de la Mer Noire.
La lecture n'aura pas été vaine, quelques éléments et extraits m'ont particulièrement interpellé:
- Par exemple, dans ses récits il fait référence à JC Guillebaud qui conclue que le libéralisme entraîne insécurité, vols, angoisse et abattement.
- L'urbanisme de Bucarest est analysé dans l'ouvrage "Bucarestul disparut" de G.Leahu.
- L'ouvrage "Les chiens de Mort" de V.Ierunca pour une littérature concentrationnaire vécue en Roumanie en relation à la torture et la prison de Pitesti.
Egalement, des analyses et conclusions émergent de cette lecture très enrichissante car documentée. Maspéro parle de guerres balkaniques qui ont tout éclacté car soutenues par un nationalisme récent qui n'a vocation que de profiter à quelques-uns. Je vous laisse imaginer lesquels...
-Le communisme s'écroule mais ses cadres reprennent le contrôle pour continuer à profiter, à cela s'ajoute la hausse des inégalités et de l'insécurité.
-Les nationalismes confronteraient les peuples, les sépareraient et briseraient la tolérance de l'un envers l'autre, d'une langue envers l'autre.
-Les pays d'occident décident de l'avenir des peuples et des pays qui devraient avoir la main mise sur leur destin. La lutte d'intérêts se fait au profit des plus forts.
Egalement, je retrouve malgré ces 10 années passées les populations spontanées, naturelles, dévouées et ouvertes aux occidentaux, serviables, chargées d'histoire et de vie.
Lien : http://deleurme.blogspot.com..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
miriammiriam   29 mai 2012
." La plus belle récompense d'un voyage extraordinaire est bien de rencontrer des gens ordinaires, disons, comme vous et moi. Des gens qui ont traversé comme ils l'ont pu, sans faire d'histoires et sans forcément faire l'histoire, des évènements pas ordinaires. Qui nous rappellent que ces évènements-là auraient pu aussi bien arriver à nous, en leur lieu et place. Et, vraiment, avant toute chose, on ferait bien de se demander ce qu'on aurait fait en leur lieu et place. Le sentiment de se retrouver partout au milieu de la grande famille de l'espèce humaine n'a pas de prix - ne serait-ce que parce qu'il confirme que celle-ci existe. Ce n'est pas toujours évident.

C'est peut-être cela, le pari du voyage : au-delà de tous les dépaysements, des émerveillements ou des angoisses de l'inconnu, au-delà de toutes les différences, retrouver soudain, chez certains, le sentiment d'être de la même famille. D'être les uns et les autres des êtres humains. parfois, ça rate. parfois même, ça tourne mal. mais le pari vaut d'être fait, non?..."

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A_fleur_de_motsA_fleur_de_mots   07 novembre 2020
Auparavant, de la frontière grecque à Tirana, nous étions descendus des montagnes à la plaine côtière en coup de vent. Pas question de flâner: la frontière franchie à huit heures du matin, un rendez-vous nous attendait à quinze heures dans la capitale. Notre entrée dans le pays des Aigles avait eu quelque chose de l’arrivée de Dante aux portes de l’Enfer -je le dis, et mon compagnon l’écrivit dans son article. Au sommet du col, un énorme portail en fer cadenassé, surveillé par une sorte de tour de contrôle d’aéroport, barrait la superbe route grecque. De part et d’autre, des barbelés se perdaient dans la montagne. De l’autre côté du portail, des grappes humaines se cramponnaient aux barreaux. De temps en temps, un policier grec tournait la clef, entrouvrait un battant et laissait passer une voiture bondée et chargée de ballots informes, rarement un piéton. Dans son article, mon compagnon parla avec émotion de ce portail, symbole de la paranoïa d’un dictateur qui avait, près de cinquante ans durant, retenu tout un peuple sous les verrous. Pourtant le portail était neuf, et il était grec, mais nous avions les esprits brouillés par le choc ressenti et nous l’avions vu albanais. Il était bien là pour tenir un peuple prisonnier, mais les geôliers, grecs aussi, avaient pour mission, au nom de la Grèce et de l’Union européenne, de contenir un déferlement d’indésirables.
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A_fleur_de_motsA_fleur_de_mots   08 novembre 2020
Récits de siège: impossibilité de raconter, de dire. Quand Nermina, ou d’autres, me parle de cela, de cette espèce de piège psychologique où elle se débat, je suis ramené à mon adolescence: quand j’étais seul face à ma mère qui revenait de Ravensbrück, pratiquement seul en charge d’elle, et quand je l’entendais raconter aux autres. Elle racontait, encore et toujours, dans le vide. Personne ne pouvait comprendre et elle-même s’épuisait parce que les mots n’étaient que des mots. J’étais le seul, probablement, à l’écouter, mais que pouvais-je moi-même comprendre, à quatorze ans, de ce poids monstrueux qui s’abattait sur moi? Nermina est comme ces déportés, personne ne peut vraiment comprendre ce qu’elle raconte, et cela ajoute à l’état de siège dans lequel elle continue à vivre. Sauf que pour elle, ça n’est pas fini, et elle a peur, maintenant, que ça ne finisse jamais. Et aussi, contrairement à ce qui s’est passé au retour des déportés (on a du mal à imaginer aujourd’hui, dans quelle indifférence il s’est fait, je me souviens...), il y a toutes les bonnes âmes qui viennent déverser sur Sarajevo, et donc sur elle, leur immense bonne volonté et leur trop-plein de “compréhension “.
Le Bosniaque traité comme un corp souffrant et non comme esprit libre. La psychologue belge a donné à Nermina le nom médical du syndrome dont elle souffre. Nermina s’en étouffe encore de rage.
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PerlaaPerlaa   24 novembre 2018
- Qui habite là, aujourd’hui ?
- Des Italiens, des Allemands. Ils viennent l’été.
Tristes ironies de l’histoire ; ce territoire tant convoité au cours des guerres balkaniques de 1912 et 1913, ce territoire où avait coulé tant de sang au cours de la Première puis de la Deuxième Guerre mondiale, où s’étaient succédé tant de massacres, d’expulsions, d’assimilations forcées, comme si chaque parcelle du sol méritait son poids de chair et de souffrances humaines, ce territoire-là était aujourd’hui aux normes des campagnes européennes : désertifié …Tout ce mal pour le purifier ethniquement et, en fin de compte, aboutir à en faire un pays mort, un pays de vacances pour des intrus définitivement étrangers, des étrangers venus de loin, ceux-là, pas des voisins haïs, mais des touristes indifférents ; et pourtant bel et bien les mêmes, ou leurs enfants, que les envahisseurs des années 39-44.
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A_fleur_de_motsA_fleur_de_mots   07 novembre 2020
Et la haine banalisée. La haine du voisin pour le voisin dont le langage est souvent commun et que l’on déclare soudain ne plus comprendre. La haine qui pousse à dénoncer, à saccager et à tuer.
Qu’on ne me parle pas d’une quelconque sauvagerie propre à je ne sais quelle particularité balkanique. Moi, c’est bien d’Europe et d’Européens que je parle. Sarajevo n’est pas différente de Skopje ou de Sofia, trois villes des Balkans, trois villes d’Europe: dans l’une on s’entretuait, dans les deux autres la vie était en apparence un long fleuve difficile mais paisible, qui les différenciait peu de Bruxelles ou d’Innsbruck. Mais jusqu’à quand? Srebenica avait été aussi douce à vivre que Bellac et Dubrovnik plus facile que Naples. Les Balkans n’étaient pas, ne sont pas, une parenthèse dans l’Europe et, s’il y a abcès, il n’est pas balkanique mais européen.
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Vidéo de François Maspero
François Maspero (1932-2015), passeur de présent : Une vie, une œuvre (France Culture). Diffusion sur France Culture le 23 avril 2016. Photographie : François Maspero, ici avec Marguerite Duras en 1970. (©UNIVERSAL PHOTO/SIPA). Libraire et éditeur, traducteur et écrivain, François Maspero est une figure emblématique du monde éditorial et politique. Rares sont les éditions dotées d’une identité si forte ; rares sont les éditeurs qui ont aussi créé une œuvre littéraire personnelle aussi intime que tournée vers le monde. Par Elise Gruau. Réalisation : Annabelle Brouard. Prise de son : Bernard Lagnel, Pierre Monteil, Julie Garraud, Yann Fressy. Mixage : Bernard Lagnel. Recherches INA : Nathalie Durand. Attachée de production : Claire Poinsignon. Avec la collaboration d'Annelise Signoret. François Maspero est mort le 12 avril 2015 à l’âge de 83 ans. De la seconde guerre mondiale où moururent son père et son frère, aux guerres coloniales que ses éditions ont invité à penser différemment, en passant par les débats d’une société en plein bouleversement, Maspero a tracé une voie nouvelle dans l’histoire du livre et de l’édition de sciences humaines et sociales. Sa librairie et ses éditions ont été un repère, un lieu de formation et d’échange pour toute une génération qui entrait en politique avec la guerre d’Algérie, les décolonisations et les mobilisations pour ouvrir la société. Et lorsque cette voie fut poursuivie par d’autres - dans les éditions La Découverte, créées en 1982 - Maspero a trouvé, toujours dans le compagnonnage des livres, sa propre « voix » d’auteur : écrivain toujours en mouvement, traducteur et extraordinaire conteur. Une vie d’engagement, pour et par le livre.
Extraits de textes lus :
“Les Abeilles et la guêpe” (Seuil, 2002) “Retour à Cuba”, 1999 (in Transit & Cie, 2004) “Balkans-Transit” (Seuil, 1999) “Poèmes humains”, de Cesar Vallejo (poème traduit par François Maspero) “Mauvais rêves”, de Raul Rivero (poème traduit par François Maspero)
Les extraits sont lus par : Michel Piccoli, Estelle Clément Bealem, Xavier Czapla.
Extraits de documents audiovisuels : “Les mots ont un sens”, de Chris Marker (1969, Iskra Prod) “La plage noire”, de Michel Piccoli, adapté du roman de François Maspero (2001). “François Maspero, les chemins de la liberté”, de Bruno Guichard, Yves Campagna et Jean-François Raynaud (2013, Les Films du zèbre).
Intervenants : François Gèze, ancien directeur des éditions La Découverte qui ont succédé aux éditions Maspero Julien Hage, historien de l’édition Annie Morvan, éditrice au Seuil Edwy Plenel, journaliste, ancien directeur de la rédaction du Monde, fondateur du site Mediapart Michel Piccoli, acteur et réalisateur Klavdij Sluban, photographe, ami de François Maspero, coauteur du livre “Balkans-Transit”
Source : France Culture
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