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Critique de leschroniquesdeminuit


leschroniquesdeminuit
  30 avril 2019
« Je me suis libérée disait-elle. Libérée de tout besoin physique. Tout ce qui me retient sur cette terre c'est mon corps, et je vais le manger. » p. 202

J'avais des envies de littérature horrifique…
Ça me défoule en période de grande tension. Et je me suis souvenue des conseils de ma copine Nabila, une professionnelle de l'hémoglobine, dézingueuse de zombies de la première heure avec un goût très sûr en la matière. J'ai donc missionné mon homme pour écumer le fond « Masterton » de la médiathèque, et il est revenu avec un bouquin. le livre a vécu, ça se voit à sa couverture toute gondolée, il a voyagé, essuyé des centaines d'heures de consultation. Il est lourd, avec des pages bien épaisses et a une magnifique couverture ornée de crochets de bouchers… Ok…

C'est donc dans cette ambiance déjà chargée que je débute ma lecture…
Quelques jours plus tard, je suis toujours là et je rassemble mes quelques forces restantes pour vous parler de Rituel de chair, un des ouvrages du célébrissime « Master of Horror » Graham Masterton.

« Tout le monde les appelait les Célestins. Mais ce mot n'a pas qu'une seule signification. Il désigne aussi cette société gastronomique secrète et, que les rumeurs à leur sujet soient fondées ou non, le nom de Célestins désigne une personne qui mange ce qu'elle n'est pas censée manger » p. 145

Ça envoie quand même comme citation, ça met dans l'ambiance, non?
L'histoire que je vais évoquer parle de nourriture parce qu'elle commence au cours d'un voyage de Charlie McLean, critique gastronomique du renommé guide MARIA. Celui-ci est parti pour deux semaines dans le nord-ouest des États-Unis afin de visiter des hôtels restaurants en vue de prochaines chroniques. Il est accompagné de son fils Martin, 15 ans, avec qui il est en conflit car celui-ci ne lui pardonne pas ses fréquentes absences et la séparation d'avec sa mère. L'adolescent est fragile et le père désarmé face à cette colère latente. C'est dans ce climat tendu qu'ils font halte au Chaudron de Fer, une table du Connecticut où l'antipathique patronne leur parle d'un lieu très particulier, le Reposoir, dans la bourgade d'Allen's Corner. Ce lieu très sellect, tenu par des français, se veut officier une gastronomie réservée seulement à des initiés triés sur le volet. L'amour propre de Charlie est piqué, il doit absolument découvrir ce mystérieux endroit dont il se fait éconduire fermement dès sa première visite. Il décide donc de rester quelques jours dans les parages afin d'obtenir la recommandation d'un notable local, sésame pour une dégustation tant espérée.

« le Bonhomme-la-Mort s'approche. le vieux Baron Samedi, c'est comme ça que ma mère l'appelait ». p. 384

Seulement ces quelques jours qui devaient avoir l'allure de vacances ne se déroulent pas comme envisagé par McLean. Les locaux ne sont pas avares d'histoires et bientôt, notre héros se rend compte que des disparitions se multiplient dans les parages. Une mystérieuse épidémie de fugues semble mettre à mal la population, chaque famille est dans l'attente du retour d'un proche évanoui brusquement dans la nature. Martin qui semble très mal à l'aise mène la vie de plus en plus dure à son père, l'explosion est imminente entre père et fils, ce qui entraine une immense culpabilité chez Charlie le matin où il découvre la disparition de Martin. Prêt à tout pour retrouver son enfant, l'homme se lance sur les traces d'un groupuscule se faisant appeler les Célestins dont les pratiques cultuelles sont à rendre fous les esprits sensibles…

« Car qu'a-t-Il dit lors de son Dernier Souper? Il a dit « Ceci est Mon corps donné pour vous. Faites ceci en mémoire de Moi » et Il a dit « Cette coupe est la nouvelle alliance en Mon sang versé pour vous. » p.295

Tu veux du roman « terrific », tiens, prends donc ça!

Après une mise en place un peu lente mais essentielle sur la première centaine de pages, l'histoire finit par prendre un rythme beaucoup plus soutenu, ce qui m'a amené à lire les 350 pages suivantes sur les chapeaux de roues. Les thèmes abordés par Masterton dans son roman sont passionnants, il s'agit d'une course contre la montre d'un père pour sauver la vie de son fils aux prises avec une secte jouant à la perfection avec cultes chrétiens, rites vaudous, anthropophagie, embrigadement, manipulation… L'intrigue et les intentions des personnages sont très bien amenées, le lecteur rencontre une pléiade de « seconds rôles » qui ont chacun une place importante dans le récit. Les décors sont impeccablement décrits, notamment quelques scènes dans le Carré Français et dans le bayou de la Nouvelle-Orléans, ambiance cajun, un régal. Tout le monde devrait y trouver son compte, les amateurs d'histoire, d'action, d'émotions fortes. Je mets tout de même en avant un avertissement, certains passages peuvent être choquants, il faut quand même être un lecteur averti…

« le bonheur, le nirvana, un cerveau vide. le Ciel n'appartient qu'à ceux qui renoncent à toute volonté de vivre » p. 459

L'écriture simple et efficace de Graham Masterton a été une excellente découverte pour moi. Ce roman a plus de 30 ans mais est d'une grande modernité et je vais continuer à explorer son oeuvre dès que je déniche un exemplaire du « Diable en Gris » qui, selon mes sources, est un bijou.
Un grand merci à celle qui m'a mise sur la piste de Rituel de chair, je vais le recommander à plus d'un.
Lien : https://leschroniquesdeminui..
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