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EAN : 9782234071155
480 pages
Stock (22/08/2012)
3.12/5   16 notes
Résumé :
«Nous étions trois dans la baraque : mon grand frère, ma grande sœur et moi, “el bint”, l’enfant, la fille, éternelle troisième personne du singulier.»

Une famille, une maison au milieu du désert israélien. La mère : une femme d’origine égyptienne qui parle un mélange d’arabe et de français et veut tenir sa «baraque» coûte que coûte. «L’enfant» qui n’a pas de prénom.
Elle est cet être qui erre dans la baraque, dont la mère n’a peut-être jamais... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique

"Le bruit de nos pas"est une histoire israélienne, avec une écriture trés spéciale, très exigente,et une excellente traduction de Rosie Pinhas-Delpuech ,traductrice de nombreux grands écrivains israéliens.

C'est l'histoire d'une famille juive séfarade, émigrée d'Egypte, qui vit dans "une baraque"dans un quartier pauvre des faubourgs de Petah Yikvah, aux environs de Tel-Aviv. L'histoire s'articule autour d'une cellule matriarcale composée de deux femmes, la mére et la grand-mére. Le pére est absent , mais omniprésent, et il y a les trois enfants, le fils ainé Sami, la fille cadette Corinne et "l'Enfant",la petite derniére, qui en faite est l'écrivaine elle-meme, qui écoute, observe. C'est un roman puzzle, qui raconte plusieurs histoires, formidable d'acuité et de drolerie,profondément mélancoliques. C'est un récit largement autobiographique. D'ailleurs, tous les chapitres "Les papiers" sont en faites des extraits du journal du pére de R.Matalon, qui etait aussi engagé politiquement.

Je compare ce livre à une oeuvre d'art contemporaine, avec ses collages(Manuel de jardinage,extraits d'un roman d'Alexandre Dumas,retranscriptions du journal du pére,tout est recyclé...), ses courts chapitres qui s'enchainent , la plupart du temps sur un dernier mot du chapitre précédent.

Il faut patienter les premiers 50-60 pages de lecture, car on n'y plonge pas facilement, après c'est merveilleux, on n'a plus envie d'en sortir. C'est un livre magnifique, profond, sur l'exil.

Ronit Matalon est une écrivaine trés connue en Israel, c'est son septiéme livre, mais le premier a être traduit en français. C'est un grand livre hors des sentiers battus.

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Ce matin je vous ai parlé sur mon blog des 4 romans que je devais lire très sérieusement dans le cadre de mon jury des grands lecteurs, et bien ne tardons pas plus longtemps pour vous délivrer, une de ces chroniques de ces romans en question... Chronique forcément un peu plus courte que d'habitude, puisque comme je vous le disais, il faut que je sois le plus court et le plus concis possible, et ne pas se perdre en disgression inutiles....

Ce deuxième roman que j'ai lu dans le cadre de ce jury, c'était donc le Bruit de nos pas, sorti en septembre dernier, et qui est écrit par une romancière israélienne visiblement très connue dans son pays, mais dont je n'avais jamais entendu parler (j'ai quand même bien plus de carences en littérature qu'en cinéma, et c'est pour cela que je suis quand même bien plus à l'aise dans un jury de films), Ronit Matalon.

Avec le bruit de nos pas, la romancière israélienne Ronit Matalon nous plonge dans les souvenirs d'une famille installée dans une maison, " la baraque" , située en plein désert israelien. Personnage central du livre, la mère émigrée d'Egypte, a une personnalité détonnante mais un peu borderline.

Autour d'elle vont graviter les autres membres de cette famille , le père absent, fantasque et baroque, la grand mère chaleureuse et aimante, le fils Sami, gamin handicapé, Corinne, coiffeuse pour qui l'image que l'on renvoie et primordiale ; et enfin le personnage à travers lequel le roman est raconté, « l'enfant », une petite fille dont on ne saura jamais le nom.

Si les bruits de nos pas semblent être sur le papier une chronique familiale comme il en fleurit tant dans la production littéraire contemporaine, Ronit Matalon aimerait s'y démarquer par une plume très élaborée, et surtout une narration inhabituelle qui se veut plus parcellaire que linéaire( chaque chapitre s'enchaîne par le mot qui clôt le précédent, ou bien certains chapitres semblent être des disgressions complétement déconnectées du reste de l'intrigue).

Hélas, j'ai eu beau sentir l'originalité de l'écriture, je suis resté comme devant un mur trop haut que l'on essaye d'escalader mais devant lequel on retombe à chaque fois. Ce roman m'a semblé symptomatique d'une oeuvre qui fait primer le fond sur la forme : le huis clos devient vite étouffant, et on a le sentiment qu'il n'y a aucune évolution narrative, tout ne reste qu'au simple rang de l'anecdotique et du superficiel, et les personnages manquent d'épaisseur , la mère évidemment à part, tant son personnage a une résonnance particulière dans cette famille et dans cette maison.

Du coup, ces bruits de nos pas apparaissent vite comme un exercice de style, certes brillant, mais malheureusement vain et vite agaçant.

Bon, comme je vais devoir rencontrer l'auteur et l'interroger sur son roman, on va quand même essayer de trouver le positif et rentrer mes vilains penchants !!!

Bref, je n'ai jamais réussi à trouver les clés pour entrer dans cette baraque israélienne. Dommage!!!


Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Je dois dire, immédiatement, que j'ai été emballé par ce roman, qui sera probablement un des grands romans étrangers de la rentrée littéraire 2012. En 460 pages, d'une grande beauté, d'une poésie débordante, le lecteur est entraîné dans les souvenirs d'une famille installée dans une maison, " la baraque "au milieu du désert israélien. La mère est le personnage central du livre, émigrée d'Egypte, elle parle, à la fois l'arabe, l'hébreu, et est éprise du français, elle lutte pour tenir sa maison, travaille beaucoup, assure la cohésion de " son monde ", elle veut en faire des " êtres humains ". Elle paraît dure, insensible, mais une phrase, page 280, la résume bien " La mère attendait sur la terrasse, mais faisait semblant que non ". Son mari, Maurice, souvent absent , militant, qui écrit des papiers pour une organisation pacifiste, (passionnant, les extraits des articles) ne lui apporte pas de soutien. Elle cultive les rosiers, lit des polars, et relit indéfiniment " le même livre " , La Dame aux camélias. Autour de cette mère, magnifique, il y a les enfants, Samy, l'aîné, le serrurier presque aveugle, Corinne, l'excentrique, qui traîne beaucoup, puis se marie à dix-sept ans avec Mermel, et " l'enfant " la petite dernière, pas vraiment désiré, son prénom Toni n'est nommé qu'une fois, elle est la spectatrice, au coeur de la vie de " la baraque ", aimée de tous, et la préférée de sa grand-mère, Nona qui vit dans un quart de baraque attenante à celle de la famille. Ronit Matalon nous montre comment naissent " l'émotion et la nostalgie ",(page 111), comment combler " les trous du temps " (page 226), en nous racontant l'histoire de cette famille, à l'aide de chapitres courts qui sont liés entre-eux par les derniers mots du précédent, dont les titres sont souvent des trouvailles (Par la suite - Un regard particulier - était..). Elle nous fait entendre les bruits, les plus discrets, tel que " le bruit des pas de la mère qui rentre du travail ", mais aussi ceux de " la guerre de Six jours ", nous fait sentir les odeurs, nous décrit les vieilles photos, les gestes, les objets de leur vie quotidienne, (les cuvettes, les chemises de nuit etc...), nous fait participer aux travaux de déménagements, de jardinage, de construction de l'atelier de Samy, nous montre leur passion pour " la baraque ", cette maison posée sur les sables, au milieu " du monde ",dans laquelle une reproduction du tableau de Manet "le balcon " est le joyau. Par touches successives , par exemple " le dos de sa main ", à travers un kaléidoscope de souvenirs, pleins de poésie, d'une écriture à couper le souffle, elle nous dévoile ses personnages, leurs sentiments, leurs vies autour de cette mère disparue. Pour moi, c'est un très grand roman! Une fois refermé, j'essayais, vainement, d'écouter le bruit de mes pas, alors que Ronit Matalon a réussi à me faire entendre le bruit de ceux de ses personnages.

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J'ai découvert Ronit Matalon dans le livre de Benny Ziffer.

C'est l'histoire d'une famille de juifs égyptiens, près de Petah Tikva : la mère, Lucette (Levana), Sami, serrurier, le fils, Corinne la grande soeur mariée à Memel, la grand-mère, la Nonna Esther, et l'enfant, la narratrice dont on ne donne pas le prénom. Ils habitent une baraque à géométrie variable, dont la mère réorganise la distribution des pièces.

« pas un instant, elle ne cessait d'être la sentinelle de la baraque, de la vie qu'était la baraque »

Avec acharnement, la mère fait vivre la famille, essaie de fleurir le jardin de rosiers, cumule les emplois de femme de ménage, avec une énergie elle mène la famille presque avec violence, cassant de la vaisselle, » avec ses mains d'ouvrier, pas d'ouvrière ». le père Maurice est absent, il fait des apparitions, puis disparait. C'est un personnage assez énigmatique. Leur parler mélange l'hébreu, l'arabe et le français. Famille atypique peu intégrée dans le moule israélien « bengourionniste ».

« Quelque chose d'énorme, dont la perte terrible, avait été perdu selon elle sur l'itinéraire de l'émigration »

La construction du roman en courts chapitres autour d'un sujet plus général est assez éclatée. Livre puzzle, livre kaléidoscope. Pas de chronologie. On a du mal à se repérer dans le temps comme dans l'espace. Quel âge a l'»Enfant », petite fille ou adolescente. Et le bébé de Corinne, on ne le voit pas grandir ? Peut être finalement le récit se déroule-t-il dans une période de temps réduite ? Un peu avant la Guerre des Six jours, un peu après. Et ce voyage en Egypte, s'est-il déroulé plus tard après le voyage de Sadate ? On n'en parle pas. Les absences de Maurice, le père, ont-elles duré des semaines ou des mois ?

Je suis perdue. J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire. Je me suis carrément forcée pendant la moitié du livre. Puis on s'attache aux personnages. Celui de la Nonna aurait dû être plus développé. Celui du père – intellectuel -révolté – révolutionnaire – est intéressant. Il livre une critique

« il apportait les autres idées et disait : »on doit toujours écouter les autres idées, ne pas les accepter, mais écouter » et en disant « on doit » il regardait la mère… »

La critique de l'idéologie « bengourioniste » , du socialisme israélien ashkénaze est originale.

« Cette doctrine que j'appelle le bengourionisme n'est ni du capitalisme bourgeois, ni du socialisme ouvrier, elle n'est ni de droite ni de gauche, ni au centre ni extrémiste, elle est conformiste et fidèle aux idées d'un seul homme. Cet homme a été défini par le Pr Yeshayahou Leibovitz : « David Ben Gourion est la catastrophe qui s'est abattue sur le peuple juif dès le jour de sa fondation » Nous savons que cette doctrine est ouvertement anti-séfarade dans les faits et dans les actes. Et, en tant que telle, néo-raciste, néo-antisémiste dans son esprit et ses objectifs »

La critique de Maurice est aussi très forte en ce qui concerne la politique vis-à-vis des Arabes :

« Ils montrent les soldats égyptiens en déroute qui s'enfuient pied nus sans leurs chaussures< ; ils le montrent sans cesse et humilient le vaincu, ils ne pensent pas au lendemain, au jour où il faudra perler avec ceux qu'on a humiliés. Les dirigeants aussi. «

Et là, il se fait rabrouer par Corinne et chasser de la baraque.

J'aurais tant voulu m'enthousiasmer par ce regard différent, être ravie d'avoir découvert une écrivaine israélienne. Je me suis intéressée. J'ai aimé suivre ces personnages mais j'ai peiné dans la lecture.


Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Dès le début c'est l'immersion dans la langue de Ronit Matalon grâce à une belle traduction de ce roman écrit en hébreu.

Le lecteur est plongé dans un discours très écrit où plutôt dans une pensée qui cherche ses mots, les essaye, les rectifie, les remplace, les répète plutôt trois fois qu'une.

C'est « l'enfant » qui parle, ainsi la désigne-t-on chez elle. L'enfant c'est la petite dernière, le bébé donné à Nonna la grand-mère, la fillette dont s'occupe le frère aîné Sami, le serrurier qui a horreur des vêtements propres. La petite soeur de la belle élégante Corinne.

Il n'est question que de la mère, même si l'on raconte autour de souvenirs, de sa maison : la baraque où ils vivent dans ce quartier d'immigrés à Tel-Aviv.

Il arrive que la baraque se transforme en « la baraque volante » et l'on pourrait se croire dans un tableau de Chagall.

Lucette, la mère, c'est le personnage tellement principal qu'il écrase toute la famille avec amour et responsabilité, elle élève ses enfants seule.

Maurice le père de la petite ne fait que passer dans la maison, la fillette ne comprend guère ses activités.

La mère fait des ménages. La famille était aisée lorsqu'elle vivait en Égypte, mais en Israël, elle doit s'humilier pour gagner sa vie.

Les époques se succèdent sans ordre. L'enfant est petite, adulte, au chevet de sa mère mourante, fillette, bébé.

Le roman est constitué de chapitres très courts, dont les titres se multiplient, se répètent.

Il me semble que le livre aurait gagné à être moins long. Il aurait fallu, comme le fait la mère, élaguer dans le jardin ou trier les armoires pour n'en garder qu'un tiers ; plus concentré, sa force aurait été plus belle. Car l'ennui gagne au fil de ces répétitions, même si la pensée de l'auteur se précise.

La famille vit repliée dans la baraque. On aurait aimé qu'elle s'intéresse à la situation de ce pays d'Israël, à la ville, aux voisins, que nous soit racontée la vie d'autrefois au Caire lorsque la grand-mère était jeune. Mais l'histoire tourne en rond dans les mêmes chapitres qui se dupliquent.

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critiques presse (1)
Lexpress
18 octobre 2012
Il est des romans qui vous réjouissent si bien que, au bout d'un moment, on ne sait même plus comment on y est entré. Quel personnage, quelle réplique, quelle idée ou encore quelle poésie nous a emportés. Le Bruit de nos pas est de ceux-là.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation

Les samedis pesaient comme une couverture opaque, le cyprès se figeait dans le bleu poussiéreux… tout est figé, disait la mère… ça vide l’âme lentement à la petite cuillère »

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La soirée était interminable, elle se déversait dans la nuit sans que nous le sentions, enchaînés à nos places non pas comme des prisonniers ou des malades, mais, fût-ce pour quelques heures, comme des convalescents de notre propre vie, la vie dont parlaient la mère et Sami, et parfois Corinne, pour dire : "La vie, la vie, la vie."

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Comme elle, je n'ai pas de lieux de nostalgie, et l'idée même ou la réalité du retour "là-bas" me dépriment et me paralysent. Je veux bien reconnaître un instant le visage de la nostalgie qui peut m'effleurer au passage, mais je ne veux pas y demeurer, m'y enraciner, autre image ou idée qui me plongent dans le désarroi.

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"Tu es de quel côté, du nôtre ou du leur? lui demanda-t-elle avec hostilité.

- Du côté de personne, je suis du côté de la justice et de la raison et contre les réjouissances de la victoire, voilà où je suis"

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Nous étions trois : mon grand frère, ma grande sœur et moi, « el bint », l’enfant, la fille, éternelle troisième personne du singulier. »

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Videos de Ronit Matalon (2) Voir plusAjouter une vidéo
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