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Critique de Pecosa


Pecosa
  03 septembre 2018
Gonzalo Escondrillo, l'archiviste du marquis de Hornacho, a été assassiné. Or il n'y a eu aucune effraction. Comment le meurtrier a t-il pu pénétrer dans la propriété sans que les domestiques s'en aperçoivent? C'est le Mystère de la chambre jaune dans le Madrid de l'année 1614. L'homicidé suscite aussi bien des interrogations. En plus d'être le responsable de la très secrète Chambre des merveilles du marquis de Hornacho, objet de tous les fantasmes et des ragots populaires, il dissimulait sous un volumineux bonnet une déformation osseuse ayant la forme d'une corne. Isidoro Montemayor, que nous avions croisé dans Voleurs d'encre, est devenu depuis le secrétaire ( et l'amant) de la belle Micaela, comtesse de Cameros, nièce du marquis. Fini le temps des vaches maigres lorsqu'il s'occupait du tripot de Francisco Robles et corrigeait les épreuves à l'imprimerie de Juan de la Cuesta! Mais travailler pour les puissants a un prix, accepter de se plier à toutes leurs exigences. Isidoro va devoir mettre sa sagacité et sa culture au service de la vérité.

Dans ce second volet des aventures picaresques de Isidoro, nous retrouvons l'effervescence du Siècle d'Or, son apparat, ses fantaisies les plus étranges, non plus dans les rues de Madrid mais dans l'intérieur feutré des palais. L'intrigue se déroule dans un quasi huis-clos, entre les murs des cabinets de curiosité et des bibliothèques de l'aristocrate. Alfonso Mateo-Sagasta dépeint avec force anecdotes l'univers des nobles espagnols férus de mécénat, d'ouvrages venus de l'Europe entière, de peintures et de curiosités. « Erasme disait que le lieu idéal de l'honnête homme devait contenir une bibliothèque, des cartes et des mappemondes, des portraits de grands hommes qui l'inspirent et l'incitent à l'étude, une collection d'antiques, une galerie de portraits et une armurerie dans la mesure du possible. » On retrouve dans La chambre des merveilles le goût des grands d'Espagne pour les "monstres", dont les difformités fascinent. En les côtoyant au quotidien , ces serviteurs soulignaient ou magnifiaient la perfection des hôtes qu'ils servaient. Mateo-Sagasta ne faillit pas avec ce second volume. Comme dans un cabinet de curiosités, il entrepose avec humour et érudition des personnages rares et des faits singuliers, à la fois Naturalia, et Artificialia. Au lecteur comme à Isidoro le picaro de démêler le vrai du faux.
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