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Julius Corentin Acquefacques, pr... tome 1 sur 7
EAN : 9782906187795
42 pages
Delcourt (01/01/2004)
4.38/5   164 notes
Résumé :
Et si le monde de Julius Corentin Acquefacques n'était qu'une bande-dessinée ? Inquiétante perspective. Pourtant Julius n'a aucune raison de s'inquiéter en tombant du lit ce matin-là. C'est en arrivant à son bureau, au ministère de l'humour, où il est chargé de mettre à jour le grand glossaire des blagues et incongruités, que les choses commencent à devenir étrange. Car une enveloppe l'attend. U... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Un monde fou fou fou !!!

Julius Corentin Acquefacques travaille au ministère de l'humour. Lourde tâche : mettre à jour le glossaire des blagues et incongruités, qui demande le plus grand sérieux.
Mais le voilà sujet à... à quoi d'ailleurs ? Des hallucinations ? Un rêve ? Un trou de matière ? Une anti-case ?
Rien, il n'y comprend plus rien. Son monde, surpeuplé et soumis à la crise du logement, se dédouble : ce qu'il lui arrive lui est expliqué, et envoyé anonymement, sur des pages arrachées d'un album de bande dessinée et transmises avant que ça ait lieu ! Impossible ! Ou alors ne serait-il qu'un personnage fictif ?

Marc-Antoine Mathieu est un trublion de la bande dessinée. Je vous rappelle que c'est lui qui a commis une bande dessinée aux cases noires « Deep me » dont je vous ai parlé récemment ! Rien n'est simple dans ses histoires. Il a une imagination débordante, foisonnante et entraîne son lecteur dans des dimensions insoupçonnées. Qui sommes-nous ? Où sommes-nous ? Quel est le but de notre existence ? Des questions existentielles, métaphysiques soulevées par son personnage de petit fonctionnaire qui voit sa routine bien déstabilisée.

Si je n'ai pas été particulièrement séduite par le dessin (noir et blanc, personnages plutôt esquissés que travaillés), je dois cependant reconnaître qu'il a parfaitement réussi à m'étouffer tant la surpopulation atteint des degrés paroxysmiques : de l'air, de l'air. Et puis, je n'oublie pas de mentionner non plus l'humour grinçant et absurde qui règne tout au long de cette histoire très très originale.

Mon libraire avait bien raison : Marc-Antoine Mathieu est un bedeiste hors norme ; il trifouille, malaxe, exploite la BD comme jamais elle ne l'a été. Il s'amuse avec les codes et c'est un vrai bonheur de découvrir le résultat de ses explorations !
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Jamais lu un truc pareil, plus qu'une BD, plus qu'un livre, un objet troué – j'ai bien écrit troué-, de dimension 2, une création quasi métaphysique, un chamboulement logique, et à la fin un : « quoi, ce serait donc ça la vie ! » Allez savoir ?
Une expérience à lire que je vous invite vraiment à… vivre.

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On se croirait chez Kafka. L'ambiance visuelle semble presque plagier l'auteur et pourtant, Kafka n'a jamais accompagné ses livres d'illustrations. Peut-être alors pense-t-on plutôt à l'adaptation cinématographique du « Procès » réalisé par Orson Welles…


Malgré ces ressemblances, le personnage de l'Origine ne se prénomme pas K. mais Julius Corentin Acquefacques. Il n'est pas non plus comptable –bien qu'il travaille dans l'administration et que son rôle ne soit pas des moindres. Au Ministère de l'Humour, il est chargé de mettre à jour le glossaire des blagues et des incongruités tandis que dans d'autres recoins du Ministère de l'Humour, une assemblée d'employés se réunit quotidiennement pour voter l'ajout et le retrait de certaines blagues de ce glossaire.


Un matin, Julius Corentin Acquefacques reçoit un pli contenant une planche de bande dessinée. Rien que de très banal ? A s'y pencher de plus près, cette planche représente en fait la scène que vient de vivre Julius, pensées comprises ! Et surtout, elle porte un titre mystérieux… l'Origine. Dans le monde bidimensionnel de la bande dessinée, ce terme n'existe pas et Julius Corentin Acquefacques va potasser plusieurs dictionnaires et rencontrer plusieurs spécialistes avant de comprendre la signification de ce mot. Entre temps, les planches qu'il reçoit continuent à se succéder au cours de la journée dans des situations plus incongrues les unes que les autres –surpassant parfois Kafka dans l'absurde d'un univers dépersonnalisé, fourmillant, labyrinthique : en un mot angoissant. Ces planches ne se contentent plus désormais de représenter des situations passées mais se font le plaisir de représenter l'avenir, emportant dans leur sillage ces fameuses impressions de déjà-vu que tout le monde connaît.

Comme K., Julius Corentin Acquefacques est un solitaire que sa solitude ne dérange pas. Ce choix de vie s'avèrera finalement être moins anodin qu'il n'y paraît et en apprenant qu'il est le motif de la construction du monde dans lequel il vit –et que nous tenons entre nos mains-, Julius comprend que sa condition n'aurait pas pu s'accorder avec celle d'un autre personnage qui aurait fini par devenir aussi primordial que lui. Avec l'aide d'un scientifique éclairé, Julius Corentin Acquefacques s'initie aux subtilités du concept d''Origine, un mot qui n'a de sens que dans le monde tridimensionnel et qui est aussi obscur pour lui que les lois de la physique quantique le sont pour la plupart d'entre nous. Il découvre également l'anti-case, dont il peine à comprendre le fonctionnement, et pour en éclairer la pertinence lorsque nous nous élevons à un degré supérieur de la dimension, Marc-Antoine Mathieu la concrétise subtilement dans son album. On aurait envie de rire et de secouer Julius Corentin Acquefacques pour lui faire comprendre l'évidence de ce concept si nous n'étions pas nous-mêmes dépassés par d'autres phénomènes complexes de la science physique –antimatière en tête.

Marc-Antoine Mathieu nous démontre en quelques planches que l'incompréhension du monde que nous habitons consiste justement en ce que nous l'habitons. A l'image de Julius Corentin Acquefacques qui pense en deux dimensions, ce que nous ne comprenons pas est déterminé par notre vision du monde tridimensionnel. La mise en abyme est convaincante, loin d'être simpliste, et couronnée par l'humour glacial du personnage. Ne reste plus qu'à espérer que notre créateur soit aussi talentueux que Marc-Antoine Mathieu
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Ce bouquin donne une autre signification au mot "promiscuité".

A lire pour voir quel type de prouesses l'édition contemporaine est en mesure de produire pour permettre à nous autres, pauvres lecteurs mortels, d'expérimenter dans un jeu entre l'espace en 2D et celui en 3D, sans parler de la quatrième dimension, celle du temps, la réalité physique de l'anti-case. Un album digne de l'OUBAPO.

Je ne suis pas fol-dingo du style (il y a un peu de tout : le noir et le blanc façon Hugo Pratt, le dessin de nez à la Goossens en passant par les espaces délirants et absurdes qui avaient déjà été explorés par les petits bonhommes à lunettes rondes de Masse dans les années 70) mais il faut reconnaître que le scénario est d'une solidité à toutes épreuves. Je me tâte pour savoir si je vais me précipiter - ou pas - sur le tome suivant....
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Avis portant sur l'ensemble de la série

L'imaginaire débridé de Marc Antoine Mathieu ne semble pas avoir de limites. Son talent non plus d'ailleurs. Car s'il a des idées (et des idées originales, c'est le moins que l'on puisse dire), c'est avec maestria qu'il leur donne corps. Découvrez et savourez ses géniales élucubrations et son brin de folie dans cette oeuvre conceptuelle où les planches introspectives démantèlent les ressorts et rouages de la bande dessinée tout en faisant la part belle au rêve et à l'humour. Dévoilant une lecture à multiples dimensions, c'est une composition ambitieuse qui offre un plaisir éclectique intense et puise sa source dans une étrange scénographie.

Un monde paradoxal qui oscille entre un fantastique (voir fantasmatique) et une réalité dont la filiation à l'univers kafkaïen va bien plus loin que le nom du héros (relisez-le attentivement). Une société triste, dépersonnalisée, prisonnière du carcan d'un système bureaucratique jusqu'au-boutiste et de son décorum loufoque. En occultant l'individu (jusqu'à tenter de réfréner ses rêves), ce microcosme expose des accents totalitaires très terre-à-terre et, parallèlement, un surréalisme troublant quand il affiche la conscience de sa virtualité et de son éphémère. Un théâtre, dont on pourrait s'inquiéter qu'il soit obscur ou oppressant, mais qui s'avère en vérité intellectuellement et émotionnellement vivifiant, burlesque et avant tout ludique.

En effet, les méandres des escapades oniriques de Julius Corentin Acquefacques sont autant de prétextes pour jouer avec le média. En transgressant les codes et en aplatissant les conventions, l'auteur propose une exploration de l'art séquentiel qui suggère une vision au-delà des horizons (au propre comme au figuré). Par une mise en abîme permanente, riche d'étonnantes trouvailles narratives ou graphiques, il expérimente et manipule la forme, miroir sans tain qui tout en renvoyant l'image d'une histoire en train de se fabriquer laisse transparaître les coulisses de sa genèse. Une déconstruction de l'album, expérience intrigante et jubilatoire, qui s'autorise même quelques modulations mystiques. Par ce démontage du processus créatif, on pénètre un peu plus dans l'atelier et la pensée du « Créateur », excitante intrusion dans le domaine immatériel des « dieux ».

Tout cela paraît un peu compliqué. Mais rassurez-vous. Si, au-delà des protagonistes et des pérégrinations du personnage principal, c'est bien une réflexion d'envergure que l'on perçoit (chacun pouvant l'appréhender à sa manière), l'ensemble demeure ouvert et accessible. Pas de messages formatés ou de prises de tête. Les questionnements métaphysiques maquillés d'un absurde récurrent et les autres clins d'oeil scientifiques ne sont là que pour le ravissement de l'esprit et la détente des zygomatiques. Enfin s'il est difficile d'éprouver une réelle empathie pour ce bon Julius, on pourra néanmoins le gratifier de quelque sympathie ; il nous fait simplement, et si merveilleusement, rêver.

Un beau voyage spirituel en noir et blanc dont la ligne, géométrique, incisive et limpide ne s'encombre pas de fioritures. Froide et inexpressive, elle va droit au but, sa puissance évocatrice ne servant exclusivement que le récit. Cette colorisation manichéiste est également bénéfique dans le sens où elle ne parasite pas les perceptions. le lecteur peut ainsi remplir les éventuels « blancs » du propos par sa seule imagination et se métamorphoser en acteur à part entière.

Vous hésitez ? Devant de telles perspectives, point de fuite ! La seule ligne de conduite à suivre c'est de franchir le pas.
Lien : http://www.bdtheque.com/main..
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critiques presse (1)
Actualitte
13 août 2012
Marc-Antoine Mathieu est un joueur, au sens le plus noble du terme, un acrobate qui jongle avec les codes narratifs de la bande dessinée, un virtuose qui use de toutes les potentialités que contient ce médium. Arrêtez de me lire : lisez-le lui !
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
J’eus la sensation soudaine qu’il me fallait faire marche arrière sans réfléchir, fuir immédiatement pour détruire l’inexorable et stopper cette histoire, mais tous ces livres, ces mémoires entreposées firent germer en moi une interrogation étrange... étais-je, comme eux, écrit ?
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Statuons. Un homme d’un certain âge rencontre un enfant et lui demande : « Comment vas-tu, yau de poêle ? » L’enfant ne connaissant pas la personne, lui rétorque : « Et vous le matelas ? » (Je rappelle que le public doit se taire de façon à ne pas influencer le vote) 4 voix Pour, 16 Contre. Ce gag est donc rejeté. Messieurs, à vos bulletins !
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...tous ces livres, toutes ces mémoires entreposées firent germer en moi une interrogation étrange... étais-je, comme eux, écrit ?
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Peut-on développer sur le concept d’humour en tant que transition vers un stade qui dépasserait la question de la problématique humaine face à une nature indéchiffrable ? Et si oui, peut-on conclure sur la part de sublimation existant dans l’humour, sachant que l’humour pourrait entrer dans la catégorie de l’éthique ?
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Notre monde est le reflet, la projection émanant d’une entité vivant dans ce monde tridimensionnel. Certains grands penseurs affirment que toutes les recherches et découvertes que nous effectuons sont illusoires car elles-mêmes seraient prévues et feraient partie du projet… Projet voulu par cette « entité créatrice ».
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Videos de Marc-Antoine Mathieu (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marc-Antoine Mathieu
Après le grand Deuil, absolument tout ce qui répondait à la définition du "vivant" a disparu de la Terre... Adam, unique IA dotée d'une conscience, gardien de la totalité de la data générée par l'humanité, traverse l'infinité du temps au fond des océans avec pour seule compagnie un programme conversationnel. Là, il attend avec philosophie l'émergence des conditions propices au miracle de la vie...
Avec "Deep It", qui paraît chez Delcourt, le dessinateur et scénariste Marc-Antoine Mathieu complète le diptyque ouvert avec "Deep Me" et explore les thèmes de la conscience, de l'intelligence artificielle ou encore de l'après fin du monde. Il est l'invité de Géraldine Mosna-Savoye et Nicolas Herbeaux.
Visuel de la vignette : IA / Yuichiro Chino / Getty
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