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ISBN : 2840554100
Éditeur : Delcourt (01/01/2004)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Dans une cité aux dimensions infinies, l'information en temps réel et l'image sont reines. Un ordinateur, le ROM, recueille les faits et gestes de chacun et les mémorisent, déchargeant ainsi la population d'un effort pourtant salutaire. En effet, les habitants de cette cité ne recherchent plus que l'immédiat. En rétrécissant leur espace temporel, ils se créent de nouvelles frontières, symbolisées par ces murs qui peu à peu asphyxient la ville. De plus, à toujours vi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
jamiK
  20 avril 2017
Il y a une cité immense, tous les immeubles se ressemblent, hausmaniens, et la société est sclérosée, immuable, la bureaucratie favorise l'inertie. C'est une société kafkaïenne. Et dans cette cité, des murs apparaissent, morcellant la ville, coupant les relations entre les gens. Puis ces murs deviennent abstraits, le langage commence à disparaître. Les humains perdent le contrôle de la connaissance qu'ils ont confié au ROM, sorte de super ordinateur. Ce livre est une parabole sur le monde de l'information, de la société internet. le dessin est froid, noir et blanc sans nuances, et l'ambiance fait aussi bien penser à Kafka, Orwell, qu'à Brazil de Terry Gilliam.
C'est un livre qu'on ferme un peu dubitatif, qu'on croit ne pas avoir compris, et qui laisse une forte impression, le propos s'éclaircit quelques temps après la lecture... et ça j'adore !
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svecs
  09 décembre 2015

La sagesse a été remplacée par la connaissance. la connaissance a été remplacée par l'information. Cette phrase, que j'ai lu dernièrement, illustre parfaitement le propos que développe Marc-Antoine Mathieu dans "Mémoire Morte".
En effet, nous vivons dans la société dite "de l'information". Les "autoroutes de l'information" enserrent le monde en un filet invisible. On invoque sans cesse le droit à l'information, l'élevant quasiment au rang de religion. Mais n'est-ce pas oublier que l'information n'est qu'un moyen, et pas une finalité ?
Marc-Antoine Mathieu imagine une Cité tentaculaire, où tout est contrôlé, mesuré, audité, classé, archivé. En ouverture, deux hommes échafaudent des théories stériles sur la forme de la Cité, tandis que Firmin Houffe, fonctionnaire, construit un château de cartes, édifice fragile s'il en est. Un souffle suffit a l'abattre. A l'instar d'un château de carte, l'équilibre de la Cité repose sur son absolue régularité. Sa gestion repose sur l'analyse scientifique. Toute décision se doit d'être mûrement réfléchie, étayée par de nombreuses études et observations. Mais une nuit, un mur surgit dans la ville, sans doute érigé suite à des problèmes de voisinage. Ce mur échappe à toute classification, il ne sert a rien. Au contraire, il représente une entrave au bon fonctionnement de la ville. Une décision doit être prise, mais le gouvernement s'en révèle incapable, préférant mandater une commission d'observateurs. Mais tandis que les rouages de l'administration se mettent lentement en mouvement, un nouveau mur est érigé, suivi d'un autre... Chaque matin, la Cité apparaît plus cloisonnée. Les rues deviennent impasses, les impasses, des cours intérieures. Et tandis que la ville se sclérose, les gens perdent progressivement la mémoire.
MAM construit son récit comme un compte-a-rebours, ce qui renforce l'inexorabilité de sa fable. L'excès d'information tue l'imagination. Dénuée de toute interprétation, elle mène à l'abrutissement et au repli sur soi. le propos de MAM est très sombre et ne laisse guère de place à l'optimisme. Même si la démonstration parait parfois trop édifiante, elle force à la réflexion.
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Sejy
  03 juin 2010
Mémoire morte est, à mes yeux, l'oeuvre la plus accessible de l'auteur. Les métaphores sont limpides et le scénario, malgré de savoureux et traditionnels accents d'absurdité, est d'une logique implacable. Dépeignant une cité fantasmatique infinie au décorum à mi-chemin entre Kafka et Orwell, il nous entraîne dans une alléchante parabole sociotechnologique. Assimilable à un immense réseau (les plans aériens nous dévoilent d'ailleurs un trompe-l'oeil révélateur), la ville se comporte comme un système informationnel boulimique alimenté, bon gré, mal gré, par chacun de ses citoyens. Dépendants, incapables d'imaginer et privé de leur libre arbitre, ils se suffisent des déversements lénifiants du trop-plein de la « machine » pour régler facilement leurs problèmes existentiels ou plus prosaïques. Leur froide et sombre quiétude va vite être brisée par les apparitions arbitraires de murs qui, petit à petit, cloisonnent les rues et restreignent la liberté de mouvement jusqu'à l'immobilisme. Comme autant de symboles du dysfonctionnement de la communication, ces transformations urbaines s'accompagneront d'une épidémie d'amnésie chez la population et de la disparition progressive du langage. Paralysie physique, paralysie spirituelle. Firmin Houffe, le seul personnage qui affichera un semblant de volonté activiste (on pourrait même dire hacktiviste) dans une administration attentiste et fallacieuse, va incarner la dernière lueur d'espoir…
À l'ère contemporaine de l'électronique et de l'informatique où la célérité des ondes électromagnétiques dégomme les concepts d'espace et de temps, à l'heure des multimédias et d'un cyberespace dont les autoroutes de l'information nous abreuvent de leur flot incessant et immédiat, à l'orée du règne des télérencontres, de la télévente, du télétravail et bientôt du télétout, Marc Antoine Mathieu s'interroge et nous interpelle sur la dangerosité de cette interactivité devenue incontournable. Une amorce de réflexion talentueuse, quelque peu alarmiste, mais avant tout lucide : avant de fétichiser ce qui n'est encore qu'un outil et à l'aube d'une nouvelle réalité dont l'évolution reste conjecturale, il est urgent d'appréhender et d'apprivoiser le « monstre » avant qu'il nous dévore.
Sa vision réflexive évite le piège d'un abstrait trop rédhibitoire en se parant d'extravagance, d'onirisme et d'une beauté visuelle étourdissante (l'allégorie graphique finale est extraordinaire. Je vous invite à la découvrir). Plus je découvre le dessin de Marc Antoine Mathieu, plus je l'aime. Sa maîtrise de la lumière est exceptionnelle. Un clair-obscur qui sculpte littéralement les visages et surtout les architectures. Emprisonné dans un carcan d'horizontales et de verticales, étouffé par les foules ou pris de vertige devant la démesure de certains édifices, on éprouve entièrement toute l'oppression et l'angoisse que génèrent ses univers.
Une morale ? Bougez, rencontrez, parlez, écrivez, pensez !
Lien : http://www.bdtheque.com/main..
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raton-liseur
  11 mai 2015
Trop de communication tue-t-il la communication ? Trop de technologie tue-t-il l'imagination et la volonté propre ? Une lecture pas inintéressante, même si je dois avouer que je ne goûte pas ce genre de bande dessinée basée sur la métaphore. J'ai toujours l'impression de passer à côté et de ne comprendre que la superficialité de la pensée de l'auteur. Ici un peu pareil, mais c'est une BD intéressante malgré tout.
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bibliophage
  29 novembre 2010
Très sombre, très métaphorique (j'avoue, je n'ai pas tout compris, disons que ça m'a quand même fait un peu réfléchir sur l'importance de l'électronique et de la communication).
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur   11 mai 2015
Toute la cité était là, en train de parler, de rêver… Un monde virtuel était né. Un monde immatériel, constitué de communication pure, sans acte.
Réel ou irréel ? Il semblait bien exister pourtant. Comme si ce monde avait supplanté l’autre…
(p. 42, Chapitre 6, “Emmurés [00214]”).
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Vidéo de Marc-Antoine Mathieu
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