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EAN : 9782351780718
313 pages
Éditeur : Gallmeister (02/01/2014)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 413 notes)
Résumé :
Gare de Philadelphie, 1923. La jeune Hattie arrive de Géorgie en compagnie de sa mère et de ses soeurs pour fuir le Sud rural et la ségrégation. Aspirant à une vie nouvelle, forte de l'énergie de ses seize ans, Hattie épouse August. Au fil des années, cinq fils, six filles et une petite-fille naîtront de ce mariage. Douze enfants, douze tribus qui égrèneront leur parcours au fil de l'histoire américaine du XXe siècle. Cette famille se dévoile peu à peu à travers l'e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (109) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  04 décembre 2017
Philadelphie, 1923. À tout juste 15 ans, Hattie a fui le Sud rural et ségrégationniste de la Géorgie, en compagnie de sa mère et de ses deux soeurs, pour s'installer à Philadelphie. Peu de temps après, elle fait la rencontre d'August qu'elle épouse très vite. de leur union naissent des jumeaux qui, malheureusement, ne survivront pas à la rudesse de l'hiver. Une mort qui marquera à tout jamais la jeune Hattie. Et pourtant, au fil des années, et malgré l'inconstance et la légèreté d'August, d'autres enfants naîtront. Cinq fils et six filles qui, chacun leur tour, jalonneront l'histoire américaine...
Ayana Mathis dépeint, avec force et intensité, une galerie de personnages marquante et attachante, sur fond historique passionnant. Allant de 1925, soit deux ans après l'exode de la famille d'Hattie vers le Nord, à 1980, l'auteur consacre quasiment un chapitre pour chacun des enfants et ce, à un certain pan de leur vie. Des enfants devenus narrateurs, marqués, chacun à leur manière, par leur mère, Hattie, un personnage profond, complexe, malheureux, mystérieux et froid. Un personnage qui se dessine à travers le regard de ses fils et de ses filles. Il se dégage beaucoup de force et d'humanité dans ce roman choral où s'entremêlent désillusions, secrets, labeur, espoirs et où il est question d'homosexualité, de guerre du Vietnam, de maternité, de racisme, de maladie, de la condition des femmes... Un premier roman bouleversant, ambitieux et maîtrisé. Une plume dense et lyrique. Un portrait de femme saisissant dans une Amérique en devenir...
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latina
  27 avril 2020
Quelle vie a-t-elle eue, cette Hattie, femme noire, femme forte, volontaire, dure.
Une matriarche ! Ah ça oui, quel caractère ! Il est vrai qu'avec ses onze enfants et un mari inconstant, faible et alcoolique, elle a dû trouver en elle de fameuses ressources, alors qu'elle pensait qu'en émigrant à 16 ans dans le Nord, à Philadelphie, la vie allait être plus douce.
Hattie nous est révélée « en creux », à travers la focalisation sur chacun de ses enfants, entre 1925 et 1980. Quasi un chapitre par enfant ou par deux enfants, selon que ceux-ci ont connu un moment fort ensemble. Un moment fort, effectivement, car ce ne sont pas une série d'anecdotes anodines qui nous sont contées, mais des évènements durs, impitoyables. Folie, harcèlement, violence, maladie grave, mort, et j'en passe… L'Amérique du 20e siècle n'est pas tendre avec la communauté noire, et je vous assure que cette auteure l'a bien compris, l'a bien fait passer.
Ce roman très humain est un véritable tableau de l'Amérique à travers les Noirs ; nous traversons les époques, les coutumes, mais l'amour maternel, même s'il parait retenu, transparait.
Hattie est le symbole de ces femmes noires qui portent un fardeau et qui, malgré tout, restent debout et affrontent la tempête de la vie.
Elles ont toute mon admiration.
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tynn
  30 juillet 2014
On dit communément que les gens heureux n'ont pas d'histoire.
Que se faire conter les malheurs d'autrui est bien plus vendeur, alors que le bonheur est d'une grande banalité.
Cela explique peut-être l'addiction de lecture que ce livre tristement émouvant procure.
Hattie a eu des enfants et petits-enfants. Ils sont ses tribus, issus de la Grande Migration vers un rêve américain possible.
Dès le premier chapitre d'une puissance dramatique à vous donner un uppercut, Hattie apparait telle la mère nourricière, éreintée mais férocement responsable de ses maternités à répétition.
Sur plus de cinquante ans, les histoires personnelles des descendants vont se décliner en s'emboitant, dans un florilège de déveines et de crises personnelles qui laisse pantois.
Les hommes y sont irresponsables, fainéants, menteurs, joueurs, alcooliques, violents. Les femmes isolées, trompées, abandonnées, sans le sou pour nourrir, habiller, éduquer.
Hattie, froide et distante, tente de garder la tête hors de l'eau, en dépit d'années de vie d'épouse sans bonheur. "Elle est robuste comme un cheval de labour". Sa seule volonté est de garder vivants les enfants qui lui restent, ne pas leur offrir de tendresse pour les armer pour les difficultés de la vie.
Sa rage silencieuse est le seul geste d'amour maternel qu'elle est capable de montrer.
Voici donc le monde sans joie d'Hattie, mère douloureuse de la communauté noire américaine, dont la famille participe à l'histoire de ce pays: sud raciste et ségrégationniste, tentes de prédicateurs, essor de la middle-class noire citadine, bars enfumés et salles de jeux, complexité des relations interraciales, guerre du Vietnam.
On y évoque l'adultère, l'homosexualité, la religion, les pulsions interdites, l'abandon, l'adoption, la maladie et la guerre.
Un livre sombre, très ambitieux pour un premier roman, qui dégage une force dramatique parfois excessive mais assumée, portée par une aisance sans artifice dans l'écriture.
Un livre difficile et éprouvant, riche d'émotions, qui trouble autant qu'il fascine.
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Under_the_Moon
  04 mai 2014
Les douze tribus d'Hattie , c'est peut-être un premier roman, mais quel roman !!
Ayana Mathis signe un roman qui s'ancre parfaitement dans la tradition littéraire afro-américaine. On sent les influences qu'elle a pu avoir, mais de là à dire que c'est une nouvelle Toni Morrison, ou voir Toni Morrison dans son récit, ce serait ne pas rendre justice à cette auteure qui a tout de même créé un style qui lui est propre.
L'auteur nous fait le portrait minutieux de plusieurs moments de vie (ou de morts) significatifs des 10 enfants d'Hattie, et de sa petite fille. Cette histoire est présentée avec une écriture très limpide, un ton juste et des analyses parfois très fortes et sans concession.
Le tour de force d'Ayana Mathis vient entre autre du fait que le personnage éponyme de son roman est vu, la plupart du temps, à travers les yeux de ses enfants. Heureusement, le narrateur omniscient permet d'équilibrer des visions un peu tronquées de certains personnages.
Avec ce roman, Ayana Mathis peut directement prétendre à jouer dans la cour de ses pairs car avec les personnages complexes et réalistes qu'elle a créés, elle inscrit les Noirs dans L Histoire des Etats-Unis, de la ségrégation (avec ses conséquences) aux années 1980, en passant par la guerre du Viet Nam. Toutefois, c'est quelque peu malhonnête de dire une telle chose, car ce roman a une portée bien plus grande. S'il est vrai qu'elle analyse avec beaucoup de minutie les spirales d'échecs et les raisons qui ont fait que certains Noirs n'ont pas réussi à se sortir de leur condition, le propos de l'auteur a aussi une dimension universelle dans la mesure où ce roman nous parle de transgressions. Et le plus souvent, de transgressions qui tournent mal…
Hattie Shepherd brise plusieurs codes de la littérature "mainstream" américaine : c'est une figure du sacrifice de soi, une Mère Courage qui se bat pour la survie de ses enfants et ne se laisse guider que par cela même si pour cela elle doit s'oublier. Mais avec ce portrait maternel, on est bien loin de la Vierge tenant l'enfant Jésus dans ses bras, débordante d'amour et de tendresse. Non, Hattie n'est pas une mère parfaite. Les enfants Shepherd craignent leur mère. Quant au père, disons-le clairement, c'est un minable, incapable de prendre en charge sa famille et de subvenir à ses besoins, préférant de loin les soirées entre amis qui finissent dans le lit d'une inconnue.
C'est donc Hattie le "berger" (shepherd) qui guide cette famille tant bien que mal et se bat pour la survie de chacun avec les armes qu'elle possède, contre leur plus grand ennemi : la misère. Hattie n'est donc pas une victime, bien que le fait d'être une femme noire l'exclu doublement de la société où elle vit - et si vraiment le lecteur voulait faire d'elle une victime, elle ne l'est que de ses choix ; mais elle affronte les conséquences avec tant de dignité...
Et comme les 12 tribus formée par les enfants de Jacob, les 12 tribus d'Hattie créeront la société moderne.
Petite anecdote pour finir : j'ai eu "la flemme" comme on dit, de lire le roman en anglais, et en terminant la lecture : je m'aperçois que ce livre a été traduit par un prof que j'ai eu la fac ! Un très bon prof, très calé , très exigeant et pointilleux ; avec des allures peut-être un peu bourrues parfois, mais c'est l'un des rares qui en dehors des salles de cours doit être quelqu'un de fréquentable car il n'avait pas la grosse tête. Je pensais que ça valait la peine de le signaler étant donner le peu d'estime que j'ai pour cette institution ( façon française) - la preuve qu'il ne faut jamais mettre tout le monde dans le même sac !
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pyrouette
  21 décembre 2014
J'ai été bouleversée par l'histoire de cette femme. Elle fuit en compagnie de sa mère et de ses soeurs le sud pour gagner une terre de liberté. Pour elle, c'est certain elle ne retournera jamais dans sa région natale. A seize ans elle épouse August. Quelques mois plus tard elle met au monde ses jumeaux un garçon et une fille. Qu'y a t-il de pire pour une femme que de voir mourir ses deux bébés dans ses bras ? le premier chapitre donne le ton. La vie de cette jeune femme est une tragédie et une formidable leçon de résilience. Mais aucune femme ne pourrait sortir indemne d'un tel chagrin, d'une telle perte. Hattie fera face à sa vie, à son mari, à ses nombreux enfants, à sa petite fille. Fracassée à l'intérieur, elle renvoie aux autres une apparence froide, dure, glaciale. Ses enfants la surnomme le général, son mari, homme irresponsable, la trompe et dépense l'argent du ménage quand il daigne travailler. Elle veille sur ses enfants, se débrouille pour qu'ils ne manquent de rien, malgré la pauvreté. Une belle histoire d'amour lui rend espoir et rêve, et elle part avec sa dernière dans les bras rejoindre la douceur d'un amour partagé. La culpabilité et la pensée de laisser ses aînés avec son mari seront les plus forts, elle rentrera le lendemain de sa fugue. Chaque chapitre représente un enfant et quelques années de la vie d'Hattie. Je ne sais plus à quel moment et pour quel enfant les soeurs s'en mêlent en demandant à Hattie d'abandonner son dernier né pour que sa soeur stérile l'adopte et l'emmène dans le sud. La misère est tenace et colle à la peau. Une belle somme d'argent pour améliorer le quotidien des grands. le coeur d'Hattie sera broyé une seconde fois. Pour un enfant il est facile de juger ses parents et de détruire ainsi sa vie d'adulte en gémissant, se plaignant ou d'avancer coûte que coûte. Hattie a payé toute sa vie le prix de sa liberté. Elle trouvera un peu de paix en lâchant-prise et en tendant la main vers sa petite-fille qu'elle va devoir élever. Une histoire sans fin, bouleversante et pourtant magnifique.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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critiques presse (2)
Actualitte   01 octobre 2014
Le récit est puissant et captivant, chacun des chapitres conserve en trame de fond la figure de Hattie dont tous les enfants, qu'ils s'en éloignent ou s'en rapprochent, restent marqués par leur mère au plus profond d'eux-mêmes.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Telerama   29 janvier 2014
S'il n'échappe pas à quelques artifices, le roman est bouleversant, écrit rageusement, douloureusement. Comme une espèce d'opéra désespéré.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   04 décembre 2017
Je m'efforce de voir la beauté des choses. Parfois, elle me submerge. Il m'est arrivé d'avoir la sensation d'être une note de musique, une seule, un do élevé, sortant de la gorge d'une soprano, tout en éclats chatoyants, tel un battement d'ailes. C'est vraiment extraordinaire de sentir la musique comme si on était soi-même devenu musique. C'est une sensation que je n'éprouve plus souvent, mais je n'ai pas oublié cette extase.
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marina53marina53   05 décembre 2017
Hattie savait que ses enfants ne se considéraient pas comme quelqu'un de gentil, et peut-être ne l'était-elle pas, mais quand ils étaient petits, il n'y avait pas beaucoup de temps pour les sentiments. (...) Ils ne comprenaient pas que tout l'amour qu'elle avait en elle était accaparé par la nécessité de les nourrir, de les habiller et des préparer à affronter le monde . Le monde n'aurait pas d'amour à leur offrir, le monde ne serait pas gentil.
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marina53marina53   06 décembre 2017
Il y a un soleil d'après-midi très particulier qui n'existe qu'en automne. À cette heure-là, une lumière dorée baigne le monde. Elle tombe d'un ciel de fin de journée, délicate et ténue, comme une volute de fumée de cigarette portée par le vent, presque transparente. Si douce, cette lumière...
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   03 avril 2014
Peut-être, (…), n'y avait-il rien qui fût entièrement bon ou sacré. Peut-être le bien ne s'accomplissait-il que de manière indirecte et en empruntant des voies inattendues : de fausses guérisons, ou un endroit rempli d'hommes jaloux et coléreux agitant leur bible mais qui attiraient tout de même tous ces gens tristes et leur redonnaient le moral pour quelques jours.
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marina53marina53   05 décembre 2017
Les cubes de glace tinteraient dans les verres de cristal, tel des carillons éoliens, et la conversation tinterait de la même manière, délicate et frivole. Il y aurait dans l'air une odeur de caramel et d'algues en train de sécher, et ils s'habilleraient de blanc et il y aurait encore plus de bonheur.
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Vidéo de Ayana Mathis
Rencontre avec Ayana Mathis, auteur du roman Les Douze Tribus d'Hattie sorti en janvier 2014 aux Éditions Gallmeister.
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