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ISBN : 2070140822
Éditeur : Gallimard (26/02/2015)

Note moyenne : 3.05/5 (sur 11 notes)
Résumé :
À Tcheremochné, dans cette région bousculée par l’histoire que l’on appelle Bucovine, vit Daroussia. Tout le monde se moque d’elle dans le village, de son mutisme, de son prétendu handicap mental. On la dit folle mais Daroussia sait qu’elle n’est pas simple d’esprit. Si elle ne parle jamais aux autres ses pensées fusent sans retenue, et il n’y a qu’au cimetière, seule près de la tombe de son père, que Daroussia la Douce parvient à converser à voix haute.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
traversay
  11 mars 2015
Alors que l'Ukraine est hélas toujours sous les feux de l'actualité, la traduction de Daroussia la douce, livre de Maria Matios, l'une des représentantes les plus éminentes de la littérature du pays, apporte un éclairage nouveau sur son destin mouvementé tout au long du XXe siècle. La première partie de Daroussia la douce se lit comme un conte naïf. L'histoire d'une jeune femme muette que beaucoup considèrent comme simple d'esprit mais qui n'est que discrète et renfermée jusqu'au jour où elle rencontre un homme étrange avec qui elle pourrait enfin couler des jours heureux, mais le conditionnel est de rigueur. Dans un deuxième temps, le roman bascule une trentaine d'années en arrière, soit au début de la seconde guerre mondiale. le ton se fait alors plus dramatique alors que la Bucovine, région ouest de l'Ukraine, voit défiler des occupants divers : allemands, roumains, soviétiques. Et ainsi se dévoile l'origine du mutisme de l'héroïne du livre, traumatisée par un souvenir d'enfance. le roman fait une large place aux commentaires des voisines de Daroussia, véritables commères, comparables à un choeur antique. Assez décousu dans un premier temps, le roman, à mesure qu'il devient plus grave, acquiert une véritable force et se révèle une chronique singulière, originale et prenante de ce coin d'Ukraine que L Histoire a sérieusement malmené.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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Slava
  31 janvier 2016
Dans un village en Ukraine, vit une jeune fille du nom de Daroussia. Elle est surnommée Daroussia la Douce car elle serait une folle : elle ne parle jamais à personnes, sauf au cimetière devant la tombe de son père, adore plonger dans le lac glacé où s'enterrer a moitié, et la mention de bonbons lui donne des malaises. Pourtant, Daroussia comprends le monde une fois chez elle.
Un jour, arrive Ivan Tsvytchok, un excentrique personnage, vagabond simple, qui excelle dans la guimbarde, un instrument singulier. Il rencontre Daroussia et s'installe avec elle. Tout semble bien se dérouler à merveille puisqu'ils s'entendent bien. Mais une nuit, lorsqu'il revient chez lui, vêtu comme un soldat soviétique, Daroussia craque...
Le titre m'avait interpellé ainsi que la couverture très belle et l'étrange résumé. Verdict ? J'ai plutôt bien aimé, même si je m'attendais plus.
L'écriture est très déstabilisant, poétique mais parfois aussi un peu haché, il faut s'habituer. C'est peut-être aussi la traduction qui tente de retranscrire l'écriture singulière.
Encore plus surprenante : il y a plusieurs voix pour le livre, avec la présence d'un choeur de commères où la voix de Maria, une voisine bienveillante de Daroussia, nous rappelant les choeurs tragiques.
Ce qui fait la force du roman, c'est que on est plongé dans l'univers des villages ukrainiens, avec leurs traditions, leurs superstitions surprenantes, leurs folklores mais aussi aux commères malveillantes, aux jalousies, aux jacasseries bêtes et futiles. le jugement est plus vite donné dans les campagnes.
Mais l'Histoire, la terrible Histoire, est là malheureusement. Car le décor est une région ayant été sans cesse meurtrie par des occupations et des exactions de leurs occupants, les plus terribles étant ceux des Soviétiques. La vie y est bouleversée et parfois brisée comme celui du passé de Daroussia. Une fois qu'on découvre l'histoire de ses parents et surtout de la raison sur les maux de Daroussia, on ne peut être qu'horrifier et compatir douloureusement pour elle. On dénonce aussi la jalousie destructrice et à quel point les ragots peuvent faire mal.
En revanche, il y a des longueurs mais trop de longueurs, souvent le récit s'eternise avant la dernière partie dévoilant le secret de Daroussia. Ceux qui veulent tout de suite de grands actions, renoncez, il n'y en a guère.
Mais c'est un livre à ne pas délaisser, car derrière le destin de la belle Daroussia, c'est celui d'une partie de l'Europe marquée par L Histoire. C'est aussi montrer la marque de l'Histoire sur l'existence humaine. Mais aussi que les fous ne sont pas toujours aussi fous...
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myriampele
  16 novembre 2016
L'histoire de Daroussia, dans ce roman, se conjugue en trois temps: le présent, cette jeune femme "muette" que les commères du village prennent pour simplette mais que l'on protège tout de même. Et puis sa rencontre avec Ivan, le fabricant de guimbarde, qui va en héros essayer de rendre sa voix à Daroussia tout en lui vouant un respect absolu. Enfin "son" histoire, liée au passé tragique de l'Ukraine, et c'est dans cette partie du livre que l'on découvre ce qui a marqué Daroussia au point de la rendre mutique.
Une écriture très belle , beaucoup de poésie. Des passages un peu confus à mon goût.
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syssylle
  11 octobre 2015
Un roman tout en délicatesse et pourtant dans un contexte extrêmement dur.L'écriture de Maria Matios est imagée, poétique .Ce livre est à découvrir d'urgence,on y voit l'histoire de ces Ukrainiens entre 1930 et 1970.
Daroussia vit à Tcheremochné, elle ne parle pas, on la dit muette et simple d'esprit . Elle est allergique aux sucreries, doit s'enterrer dans la boue ou dans l'eau pour cesser de souffrir terriblement.
Un jour, elle rencontre Ivan, qui fabrique de guimbardes.
On va découvrir son passé, difficile.
C'est une très belle histoire servie par une merveilleuse plume.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
SlavaSlava   31 janvier 2016
Elle ne se rend chez papa qu'en marchant au beau milieu de la rue. Les voitures passent, les carrioles défilent, les gens se pressent, mais Daroussia n'en a cure : elle va chez son papa en princesse. Les futurs mariés qui se rendent à l'église ou un défunt qu'on porte au cimetière ne céderont le moindre pas du milieu de la rue et personne ne viendra contredire cette tradition. Pourquoi Daroussia ne pourrait-elle pas faire de même ?
Elle avait même demandé autrefois à papa pourquoi la future mariée se rend à l'église comme si toute la rue appartenait à elle seule.
-Car avant le mariage, elle est une princesse, répondit papa.
-Et après le mariage? demanda Daroussia.
Le papa a soupiré on ne sait pourquoi : - Une femme malheureuse.
Tant que Daroussia ne sera pas devenue malheureuse, elle ira toujours chez papa en princesse. Et personne n'a le droit de l'en empêcher.
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SlavaSlava   31 janvier 2016
Elle n'allume jamais de cierge car il brûle toute présence humaine aux environs. La flamme ne fait pas que chasser les méchants esprits, mais aussi l'esprit de l'homme qui n'a pas toujours été mort. Et lorsque l'esprit s'évanouit, on languit de moins en moins de l'absence de la personne disparue, jusqu'à ce qu'on l'oublie définitivement.
C'est pourquoi Daruossia n'aime pas les gens qui brûlent des bougies sur les tombes. Ils cherchent à se débarrasser au plus vite de la douleur qui transpire de la triste glaise des tombes. Les gens cherchent à échapper la tristesse qui s'insinue dans les moindres recoins de l'âme dès l'instant où l’œil croise une croix. Les gens n'aiment pas la souffrance. Ils n'aiment rien, de toute façon.
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myriampelemyriampele   16 novembre 2016
Les brebis blanches paissent sur un lijnyk de verdure, faisant tinter leurs clochettes comme si elles envoyaient un signe depuis le paradis.
Les chevaux tricotent avec leurs oreilles et chassent les parasites.
Les faucons argentés au soleil sont suspendus au-dessus de sa tête.
Le vent agile berce les tiges.
Les monts et les plaines sont dominés par le silence de l'univers.
Une envie de mourir ou de chanter.
Une béatitude.
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SlavaSlava   31 janvier 2016
Il n'y a pire qu'un homme bon dont la raison se voile du soupçon d'infidélité. Ni le sang qui inonde le cerveau lors de la maladie, ni la douleur physique, ni la disparition d'une personne proche, ni la plus grande perte, ni le feu ni l'eau ne rongent un homme jaloux comme le fait une pensée, minuscule comme une puce et aiguë comme la pointe d'un poignard , qu'un autre homme -un étranger- connaisse sa femme.
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SlavaSlava   31 janvier 2016
La vie, sans doute, comme les hommes se vengent du bonheur.
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