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Philippe Paringaux (Traducteur)
EAN : 9782020603867
104 pages
Éditeur : Seuil (14/01/2004)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 25 notes)
Résumé :

91 Enfant caché de Matt Groening et de Robert Crumb, Joe Matt est le chef de file de la nouvelle école autobiographique anglo-saxonne. Un mâle trentenaire occidental dans toute sa splendeur : égocentrique, maniaque et obsédé sexuel. À travers son journal dessiné, le dessinateur évoque sans complaisance ses multiples travers, avec force maestria graphique et narrative. Depuis sa radinerie désormais lég... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Foxfire
  17 août 2020
Le système d'emprunt à la médiathèque étant un peu compliqué et pas très pratique en ce moment (la faute à ce foutu corona), me voilà à fouiner dans mes cartons de B.D. Et il y a de quoi faire ! Même s'il y a encore pas mal de B.D non lues dans mes cartons, je retombe aussi sur des titres déjà lus que j'ai immédiatement envie de relire. C'est le cas de « Strip tease » de Joe Matt. Je l'avais lu il y a près de 15 ans et pourtant je me suis rendue compte que je me souvenais de pas mal de choses, ce qui ne m'a pas empêchée de me régaler lors de cette relecture.
Joe Matt est un des grands noms de la B.D indépendante intimiste. Mais attention, intimiste ne veut pas dire chiant tout comme minimaliste ne rime pas forcément avec simpliste.
« Strip-tease » est une B.D autobiographique et a donc, à ce titre, un aspect très égocentré. Tout au long des quelques 90 planches qui composent l'album, Joe Matt ne cesse de se regarder le nombril. Il est le seul et unique sujet de sa B.D. Dit comme ça, ce ne semble pas folichon. Oui mais voilà, Matt est un auteur de grand talent. Tout d'abord, grâce à son humour et à son esprit, il élève au rang d'art l'auto dénigrement. Matt ne se donne vraiment pas le beau rôle. Il dévoile tout de ses travers et n'hésite pas à se montrer sous un mauvais jour. Il ne cherche pas à gagner l'approbation du lecteur. le ton est souvent cru, parfois scato et pourtant l'ensemble est toujours assez rafraichissant. Il y a une forme de candeur là-dedans. Sans doute parce qu'une telle mise à nu, sans fards, sans fausse pudeur et surtout sans vanité, rend attachant celui qui ose se livrer de cette façon.
Par ailleurs, s'il se raconte tout au long de sa B.D, l'auteur ne se contente pas de cela. Il va plus loin qu'un banal récit autobiographique et c'est ce registre même de l'autofiction qu'il questionne à travers des planches inventives et audacieuses, que ce soit narrativement ou visuellement. Les mises en abymes sont fréquentes et sont parfois même assez vertigineuses, les personnages parlant parfois de la planche même dans laquelle ils sont en train d'évoluer. Sur certaines planches, Matt joue avec la mise en page et fait preuve de beaucoup de créativité.
Dans cette veine autobiographique, je crois que Joe Matt est celui qui me fait le plus rire. Bon, il faudrait que je relise Chester Brown pour me prononcer définitivement.
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Presence
  30 décembre 2014
Ce tome est l'oeuvre de Joe Matt (scénario, et illustrations en noir & blanc). Il regroupe des histoires (pour la majeure partie en 1 page) publiées entre 1987 et 1991. Comme son titre l'indique, il s'agit du journal autobiographique de Joe Matt, dessinateur de comics et névrosé.
La première page de ce journal porte déjà toutes les caractéristiques de ces entrées très personnelles. Elle s'intitule "ce que vous devez d'abord savoir sur Joe Matt". Elle comporte 32 cases dépourvues de décors avec des fonds noirs. Chaque case comporte une courte phrase avec l'illustration permettant au lecteur de déterminer l'interprétation qu'il doit en faire. Par exemple la deuxième chose que doit savoir le lecteur est "Voici comment il (Joe Matt) se comporte", et le dessin représente un jeun enfant (2 ans) avec sa couche en train d'agiter la main. La narration est donc portée par les brefs textes et les dialogues qui dictent la nature des dessins. Au fil des entrées, le lecteur découvrira également des trames narratives plus traditionnelles dans lesquelles Joe Matt raconte un événement particulier dans une narration séquentielle avec écoulement du temps et décors situant l'action. Cette première page permet également de découvrir que ce journal a pour personnage principal son auteur (ce n'est pas une surprise), mais qu'il ne sera pas un héros. Matt indique qu'il souffre d'un sentiment de culpabilité lié à son éducation religieuse, qu'il est pingre; que sa mère est folle (au sens clinique du terme de son point de vue), qu'il a horreur du sport, qu'il a un égo surdimensionné, qu'il est indécis, etc. La page du 24 février 1988 expose son addiction à la pornographie. Et les pages 22 et 47 ajoutent quelques informations supplémentaires telles qu'il ne repasse jamais ses vêtements et qu'il mange ses crottes de nez.
Au 26 novembre 1987, il explique que sa vie n'a rien d'extraordinaire et que les faits saillants sont finalement très banals. Et pourtant "Peep show" est une bande dessinée que je relis régulièrement et qui me fait toujours autant rire à chaque lecture. Joe Matt a pris le parti de se moquer de lui-même et de faire rire à ses dépends de tous ses défauts, de toutes ses mésaventures. Il utilise un style graphique simplifié, un peu élastique, aux expressions faciales caricaturales. Effectivement pour chaque individu, sa propre vie n'a rien d'extraordinaire, puisqu'il s'agit de son quotidien. Toutefois la verve comique de Joe Matt rend même ses séjours aux toilettes (oui, il y a une page entière qui est consacrée à comment couler un bronze en étant le plus discret possible, page 65) devient un spectacle drôle et irrésistible. Dans la mesure où il décrit sa vie, le lecteur découvre également sa recherche artistique pour trouver un mode d'expression adapté à son projet autobiographique, ses essais pour améliorer son art, et il explique quelques unes des techniques qu'il emploie. le constat est que Joe Matt a un sens inné de la mise en scène, de la concision et du minutage pour tout transformer en spectacle. Et puis sa vie, toute ordinaire qu'elle soit, permet au lecteur de découvrir sa famille dans la banlieue de Philadelphie, son quotidien à Montréal, puis à Toronto, son amitié avec Matt Wagner (Grendel, Mage), Bernie Mireault (illustrateur de The Devil inside), Seth (George Sprott) et Chester Brown (Le petit homme, Vingt-trois prostituées). du coup il y a quand même un aspect exotique (ou au moins touristique), ainsi que des détails intéressants sur la vie de ces autres artistes.
Et la vie quotidienne d'artiste fauché de Joe Matt présente des particularités très exotiques pour le commun des mortels. Au fil des pages, il est possible de découvrir comment il fait pour vivre sans revenu régulier, sa déclaration de revenu pour l'année se montant à 700$ (avec la réaction ahurie de son frère). Mais le plaisir de lecture ne s'arrête pas à un humour politiquement incorrect et une forme d'exotisme social, ou à l'intimité sordide d'un individu pathétique. Joe Matt dispose d'une capacité surnaturelle à faire émerger les aspects les moins reluisants de la condition humaine, et à transcrire les relations interpersonnelles. À la fois il apparaît comme un individu unique et particulier ; à la fois ses petites névroses, ses insécurités et ses défauts sont celles de tout être humain. Et il peut aussi bien passer de blagues potaches sur les odeurs corporelles, qu'à la réaction des individus face à la mort, ou la complexité de la vie de couple (entre mesquineries manipulatrices quotidiennes, et chaleur de la relation). Or comme Seth et Chester Brown, Joe Matt construit ses entrées de journal sur le sujet, sans jamais utiliser la psychanalyse. Il illustre également l'incidence de la foi catholique de sa mère sur la façon dont il a été élevé, ce qu'il est devenu et le poids de la culpabilité inhérente à la religion (avec une page très drôle sur les différentes façons de faire passer le temps lors de la messe, page 41).
Au fur et à mesure des pages, Joe Matt s'interroge également sur son art ; il explique que dessiner est sa vocation, qu'il ne sait faire que ça et que seule l'autobiographie l'intéresse. Certaines planches servent à mettre en abyme son interrogation sur la nature même de son activité. Il se dessine en train d'essayer de réaliser une nouvelle planche, sans aucune inspiration, ayant épuisé toutes ses anecdotes. Au 15 septembre 1988, il met en scène un critique d'art fictif lui rendant visite et mettant en évidence l'influence (et la source d'inspiration) majeure de Joe Matt : Robert Crumb. Contrairement à la règle de base du prestidigitateur, Joe Matt n'hésite pas à montrer l'envers du décor, à expliquer comment il construit ses pages autobiographiques. À la fois il explicite le fait que chaque page est une construction artificielle d'un moment de sa vie ; à la fois il met en évidence sa maîtrise des techniques narratives. À la fois il met en scène son manque d'aspiration ; à la fois il décrit au lecteur son processus créatif. Or à chaque page, le lecteur est pleinement absorbé par ce que raconte Joe Matt au point d'en oublier la forme. Mais quand Matt pointe du doigt une de ses techniques, le lecteur se rend compte qu'il vient de terminer une page remplie de petites cases qui lui donne l'impression d'avoir lu une nouvelle. le summum de cette technique est atteint page 39 où Joe Matt utilise une mise en page comprenant 12 lignes de 8 cases chacune, soit un total de 96 cases en une page (= l'équivalent d'une histoire normale de 12 pages).
Ouvrir et plonger dans "Strip-Tease", c'est découvrir un auteur à l'humour décapant, découvrir un individu minable et mesquin, découvrir un être humain qui ressemble au lecteur. Joe Matt a réalisé 3 autres albums après "Striptease" : Les Kids, le pauvre type et Épuisé.
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Vexiana
  17 janvier 2021
Depuis quelques temps, je puise régulièrement dans mes vieilles BD et je redécouvre pas mal de choses. Certaines relectures sont décevantes et d'autres sont de bonnes surprises.
Strip-tease fait partie de cette seconde catégorie même si il faut bien vite ajouter qu'il ne faut absolument pas la laisser entre toutes les mains.
Joe Matt ne parle que d'une chose dans cette BD : lui même. Et il est loin de vouloir nous montrer une image idéalisée de sa personne, au contraire, j'aimerais croire qu'il a accentué ses défauts...mais j'en doute.
Vous aurez donc droit à ses défauts et ses vilaines habitudes, à ses doutes et à ses choix le tout répartis par histoires d'une planche (parfois un peu plus) qui peuvent compter d'une vingtaine à une (petite) centaine de cases.
Et des défauts et des vilaines habitudes, Joe Matt en a! Des tas! Il est accro au porno, à la masturbation, il est pingre à l'extrême, geignard, nombriliste....j'en passe et des meilleures.
Il nous raconte aussi les grands chapitres de son vie avec beaucoup d'autodérision et d'humour.
Finalement, Joe Matt est ici tout de même attachant même si on sent que ce fil est mince et qu'il ne faudrait pas qu'il abuse trop pour qu'il ne se rompe et que le personnage ne devienne plus que pathétique...Et, si je me souviens bien, cette rupture s'est faite pour moi avec son recueil suivant. Peep Show.
JE vais le relire et voir si c'est toujours le cas. A suivre, donc
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chartel
  04 juillet 2010
J'ai pouffé comme un imbécile heureux devant la désinvolture et l'audace crumbesque de "Pauvre type" et c'est donc dans l'attente d'une nouvelle franche rigolade que j'ouvrais "Strip-Tease, le journal dessiné de Joe Matt". Bien que souvent amusé par les autoportraits grotesques et ridicules de l'auteur, je me suis un peu lassé de ses retours scabreux trop faciles. Comme on pourrait le reprocher aux auteurs de l'émission de Canal+ Groland, la surenchère sur le pipi-caca laisse de marbre après le premier coup hilarant de la surprise iconoclaste. Mais il y a tout de même de bons moments de lecture et un parti pris graphique (pas de couleurs, dessins blancs sur fond noir) qui m'a embarqué dans le quotidien torturé et déjanté de Joe Matt, entre boulimie pornographique, excitation masturbatoire, pause culpabilisante, scène de ménage, et réconciliation amoureuse. Notre quotidien quoi ?
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
KakinoKakino   10 décembre 2012
- T-Trish ?? J'y crois pas que tu veuilles rompre !
- Eh bien crois-y ! Tu pourras en faire une BD ! Ce serait pas super ? (clic)
- J'y crois pas qu'elle m'ait fait ça ! Je vais devenir quoi ?!
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GregorGregor   04 septembre 2011
- Je fais de ma vie un enfer rien que pour mes BD !
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Video de Joe Matt (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joe Matt
À l'occasion de l'invitation du Canada sur le SoBD 2019, Seth et Chester Brown étaient présent sur le salon. L'occasion était rêvée d'inviter également Joe Matt et de permettre au célèbre trio d'amis de se retrouver au c?ur de Paris. On sait que Seth, Chester et Joe se sont connus à Toronto, qu'ils ont tous trois pratiqué l'autobiographie, de manière assez différentes, et qu'ils se représentent les uns les autres dans leurs livres respectifs. Ainsi, chacun montre des deux autres la façon dont il les voit, et tous s'accordent en amitié alors pourtant que leurs caractères et l'apparence qu'ils donnent à voir d'eux-mêmes diffèrent grandement. le SoBD les avait rassemblé tous trois pour une conversation animée par Jean-Paul Jennequin, assisté de Marguerite Capelle pour l'interprétariat vers l'anglais. Une table ronde en anglais, filmée et sous-titrée, que vous pouvez revoir ici-même.
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