AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2352041600
Éditeur : Les Arènes (05/11/2014)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 36 notes)
Résumé :
« Mon fils était à l'école. Je suis sortie en laissant la maison ouverte. Abandonner son fils : peut-on faire pire ? J'ai fait cela. Je savais où j'allais. Partir, repartir à zéro. Être prête à tout... »
Chaque année, quelque 100 000 japonais s'évaporent sans laisser de traces.
Débarrassés de leur passé, ils tentent de refaire leur vie en passagers clandestins de l'archipel.
Lié à la honte et au déshonneur, le phénomène est au coeur de la cultur... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  22 juillet 2015
Les disparitions volontaires ou évaporations est un phénomène qui a toujours existé au Japon mais il s’est accéléré autour des années 2000 avec l’éclatement de la bulle financière et la crise économique qui a suivi. La journaliste et le photographe Léna Mauger et Stéphane Remael ont enquêté sur place pour comprendre pourquoi des hommes, des femmes et même des familles entières disparaissent pour devenir des clandestins dans leur pays, abandonnant leur identité et exerçant des petits boulots pour survivre.
Les deux journalistes ont réussi, à travers de rares témoignages illustrés de très belles photos, à nous faire ressentir toute la déchéance et la tristesse de ces hommes honteux et déshonorés. La difficulté principale a été pour les auteurs de rencontrer des témoins qui les conduisent à ces évaporés, car tous respectent leur volonté de ne pas être retrouvés et savent que l’Etat japonais préfère taire l’existence de cette main-d’œuvre exécutant, souvent pour les Yakusas de la Mafia japonaise, des travaux que personne ne veut faire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
soltan
  28 novembre 2014
Les évaporés du Japon est un reportage sur un phénomène social propre au Japon : "l'évaporation" ou disparition totale d'environ 100 000 japonais par an. Léna Mauger, à l'écriture, et Stéphane Remael, photographe, ont retrouvé la trace de certaines de ces personnes disparues volontairement.
Mais ils sont également allés au-delà : en décrivant les conditions de travail et de vie des employés de Toyota, en se penchant sur un stage imposé à des cadres en baisse de régime afin de les remettre dans le droit chemin, etc., ils ont tenté d'expliquer ce processus.
Car l'Etat nippon n'a mis en place aucune structure pour parer ce phénomène : ni centre d'aide, ni études, rien. le sujet reste d'ailleurs hautement tabou, aussi bien en ce qui concerne les familles des disparus que pour ces derniers. Majoritairement, il s'agit d'hommes, souvent à la suite d'un licenciement. Mais pas uniquement : des familles entièrement se sont évaporées, notamment au cours des années de crises financières depuis la décennie de 1990.
Des entreprises de "déménagement " sont d'ailleurs spécialisées dans la disparition en pleine nuit de ces individus. On découvre également que des particuliers sont à l'origine d'associations visant à aider les familles à retrouver leurs proches. Car la police ne mène pas d'enquête pour retrouver une personne majeure et qui semble avoir disparu volontairement. La grande majorité de ces enquêtes n'aboutissent pas et les familles resteront sans nouvelles. A moins que l'évaporé ne reprenne contact, parfois des décennies plus tard...
Ces personnes, après leur disparition, vivent pour la plupart sous une fausse identité, sans couverture sociale, de petits boulots, souvent journaliers. Et c'est là que réside une des clés pour comprendre le fait que rien n'ait encore été fait pour limiter le phénomène : ces disparus servent l'économie du pays. On les retrouvera notamment sur les sites radioactifs suite à l'accident nucléaire de Fukushima, engagés afin de nettoyer les lieux... D'autre part, les pressions sociales subies au cours des études, dans la vie professionnelle ou même intime et qui sont les fondements de la société japonaise et de son économie expliquent le choix fait par ces personnes. Avouer leur existence reviendrait donc à reconnaître les limites de la société japonaise et ses effets néfastes sur ses membres.
On l'aura compris, il s'agit là d'un reportage extrêmement puissant, intelligent, très bien écrit et sublimé par les photographies présentes tout au long du livre. Il s'en dégage un fort sentiment de mélancolie. Incontournable pour qui s'intéresse au Japon ou aux phénomènes de société.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Lagagne
  27 septembre 2015
Ce qu'on lit ici est une enquête sur un phénomène particulier au Japon : les "évaporations". Je ne connaissais pas ce phénomène avant de tomber sur le titre d'un roman qui le prenait comme sujet. Mais j'ai préféré lire un documentaire plutôt que de la fiction.
Chaque année, des milliers de japonais décident de "disparaître", de quitter parents/femme/mari/enfants et surtout travail, du jour au lendemain, dans l'anonymat total. Les auteurs partent à la recherche de ses disparus, et en rencontrent quelques uns, ou des proches, des "professionnels". J'ai eu du mal avec ses témoignages, du mal à comprendre qu'on puisse quitter sa famille sans explication, sans nouvelles. Partir en laissant son fils derrière soi parce qu'on aime pas son mari ? partir en laissant sa famille criblée de dettes ? Je trouvais ça lâche. Comme un suicide, mais presque pire : avec le suicide au moins la famille sait ce qu'est devenu le disparu. Et beaucoup de témoignages manquent de sentiments, d'émotions.
Mais les auteurs de cette véritable enquête ne se limitent pas à ces témoignages. Ils décrivent la pression présente dans les sociétés, le poids des convenances, les mariages sans amour, arrangés, l'obligation de réussite, la honte de l'échec... Les épisodes sur Toyota et le "camp de l'enfer" sont effrayantes. Je comprends mieux, je relativise mon impression de lâcheté. Cette société nippone a l'air tellement lourde !
Et que dire de la passivité des autorités ? là aussi les auteurs enquêtent (ou tentent).
Bref, un texte et des photos passionnantes et captivantes !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          141
myriampele
  14 septembre 2017
Après avoir lu le livre de Thomas B Reverdy sur le même thème, ces disparitions volontaires au Japon m'intriguaient. J'ai donc voulu approfondir le sujet avec cet ouvrage, pourtant bien illustré de photos, mais ai été assez déçue. C'est vraiment un documentaire, dans lequel les cas de disparitions sont froidement racontés, et je suis restée réellement sur ma faim. Dommage.
Commenter  J’apprécie          140
LightandSmell
  21 mai 2016
Les disparitions ne sont pas en soi un sujet typiquement japonais. Néanmoins, grâce à cet ouvrage, nous comprenons rapidement qu'il existe une exception japonaise aussi bien dans les méthodes mises en oeuvre pour s'évaporer que les raisons qui peuvent pousser les personnes à s'y résoudre.
Ainsi s'est développé au Japon, devant ce phénomène important « d'évaporation », un secteur à part entière de l'économie avec des sociétés de « déménagement » du soir permettant à un citoyen japonais lambda de simplement disparaître. Cette concrétisation économique d'un phénomène tabou semble au final assez paradoxal comme sait si bien l'être la société japonaise.
Quant aux raisons de ces disparitions volontaires, phénomène nippon revêtant une ampleur certaine, elles sont multiples : licenciement, dettes devenues trop lourdes, échec à un examen… Autant de raisons qui peuvent sembler, aux yeux d'un Occidental peu coutumier de l'archipel, insuffisantes pour expliquer ce désir d'abandonner famille, amis et biens matériels. Mais ce serait négliger le poids des traditions et l'importance de rester dans le rang. Ce qui est d'ailleurs frappant dans certains témoignages, c'est cette volonté farouche de disparaître afin d'éviter à ses proches l'humiliation qui résulterait de la découverte de comportements déviants.
En filigrane, tout au long du livre, on perçoit l'importance du respect au Japon : respect des normes, de la hiérarchie, de son entreprise, de son rôle au sein de la société, des traditions, de l'étiquette… Avant d'être un individu à part entière, un Japonais est un maillon de la chaîne ; l'individualité semblant alors s'effacer au profit la collectivité. le rejet de ces règles ou l'incapacité de les respecter étant synonyme d'humiliation autant pour soi que pour sa famille, s'évaporer finit par sembler inéluctable et d'une certaine manière, le symbole de la dignité japonaise.
Le livre ne donne pourtant pas une image romantique de ces évaporations. Bien qu'elles puissent être parfois considérées comme un dernier sursaut de dignité, elles sont également d'une extrême violence pour les proches à l'instar de ce couple cherchant inlassablement leur fils âgé d'une vingtaine d'années au moment de sa disparition. Hiromi, la mère du disparu, assume parfaitement ses recherches alors que ce n'est pas forcément très bien vu dans la société japonaise :
« La plupart des gens qui recherchent des disparus le font en secret. Je sais que c'est mal vu, mais moi, j'ai dépassé ce cap. »
Certaines familles sont néanmoins plus chanceuses, leur « évaporé » finissant par reprendre contact. Mais cela ne signifie pas forcément un retour à une certaine normalité pour le « revenant ». Des pages se sont tournées, de nouvelles histoires se sont écrites sans que les évaporés n'y aient forcément leur place. D'autres évaporés finissent par purement et simplement disparaître en se donnant la mort…
J'ai beaucoup apprécié les photos de Stéphane Remael qui participent activement à l'atmosphère sombre et mystérieuse qui plane autour de ces évaporés. Loin des belles photos sur le Japon que l'on peut découvrir dans les guides touristiques, le photographe nous offre une vision plus rude et plus dure de la vie de tous ces laissés-pour-compte. Alors qu'ils sont un peu les fantômes de ce pays où la faiblesse et l'échec n'ont pas leur place, le photographe semble leur rendre, même si ce n'est que pour un instant, une réalité. Les émotions qui se dégagent de ses photos tirent peut-être un peu leur source dans l'expérience personnelle du photographe qui a également envisagé de s'évaporer.
En résumé, si vous désirez lire un livre reportage qui vous permet de découvrir une spécificité japonaise, Les évaporés du Japon devrait vous plaire. A travers l'enquête, les témoignages et les photos de Stéphane Remael, vous découvrirez ce phénomène si particulier des évaporés. Ce livre, bien sûr, ne vous permettra pas de saisir tous les tenants et aboutissants de ce phénomène (les Japonais eux-mêmes y arrivent-ils?) mais il vous offrira une approche passionnante et éclairée.

Lien : https://lightandsmell.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

critiques presse (1)
LeFigaro   24 novembre 2014
Chaque année, 100.000 Japonais organisent leur disparition. La journaliste Léna Mauger et le photographe Stéphane Remael se sont lançés à leur recherche et ont tenté de comprendre ce phénomène unique au monde.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
claudiechiappelloniclaudiechiappelloni   23 mars 2015
Le pic des évaporations a été atteint après l'explosion de la bulle financière, dans les années 1990. La crise économique de 2008 a entraîné une nouvelle vague de disparitions et de suicides.
Commenter  J’apprécie          50
claudiechiappelloniclaudiechiappelloni   23 mars 2015
"Les proches voient dans la fugue sociale une faute de parcours. Chez nous, l'échec est inacceptable. Il signifie que l'individu n'a pas honoré sa mission, son rôle dans la société". p152
Commenter  J’apprécie          30
benlebbenleb   16 mars 2015
"Vous voyez des gens dans la rue, mais ils n'existent déja plus. En fuyant la société, nous avons disparu une première fois. Ici, nous nous suicidons à petit feu."
Commenter  J’apprécie          20
juanajuana   05 janvier 2015
Dans un pays de froideur pudique, de distance polie, elle prend une main, une épaule, caresse un visage et atteint les cœurs. p. 200
Commenter  J’apprécie          20
juanajuana   05 janvier 2015
Arimura voit les évaporés comme cela : des hommes seuls, mais libres. La solitude pour rançon d'une liberté sauvage. p. 243
Commenter  J’apprécie          10
Video de Léna Mauger (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léna Mauger
Léna Mauger et Stéphane Remael - Les évaporés du Japon .A l'occasion du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre 2015, rencontre avec Léna Mauger et Stéphane Remael autour de leur ouvrage "Les évaporés du Japon" aux éditions Les Arènes. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/mauger-lena-les-evapores-japon-enquete-sur-phenomene-des-disparitions-volontaires-9782352041603.html Note de Musique : "Punch It" (by UncleBibby) - Free Music Archive. www.mollat.com Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : japonVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
244 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre
. .