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EAN : 9782264045973
182 pages
10-18 (01/03/2007)
3.88/5   200 notes
Résumé :
Quatrième de couverture

Peu de mondes semblent aussi éloignés l'un de l'autre que ceux de Somerset Maugham et de George Orwell. On découvre pourtant avec surprise dans un essai de l'auteur de 1984, qu'il admirait «immensément.»
Maugham, pour son «talent à raconter une histoire sans la moindre fioriture.»
Au lecteur de se laisser séduire par une invraisemblable histoire d'amour dans le Hong Kong de la grande époque coloniale anglaise avec... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
3,88

sur 200 notes
A l'époque coloniale anglaise, vraisemblablement au 19ème siècle, une jolie et insouciante jeune fille de la bonne société londonienne accepte d'épouser sans amour, sous la pression familiale, un homme dont elle ne connaît rien, sinon qu'elle devra le suivre à Hong Kong, où il occupe un poste de médecin-biologiste. Là-bas, elle ne tarde pas à devenir la maîtresse du sous-secrétaire colonial, éblouie par la séduction et l'aisance mondaine de cet homme marié, qui contrastent tant avec ce qui lui paraît la terne et ennuyeuse austérité de son mari. La liaison découverte, abandonnée par son amant, Kitty se retrouve contrainte de suivre son glaçant époux dans une région chinoise dévastée par le choléra : une épreuve à hauts risques, au cours de laquelle Kitty va subitement mûrir et découvrir qui ils sont vraiment, elle et son mari.


Exotique à souhait, cette histoire nous plonge un siècle et demi en arrière, dans le monde étriqué et replié sur lui-même de la colonie occidentale totalement étrangère à la vie et à la culture locales : à Hong-Kong, les Britanniques de l'époque recréent leur société en miniature, hiérarchisée et corsetée, sûre de sa supériorité sur la « sauvagerie » locale. Lorsque Kitty débarque du haut de ses vingt-cinq printemps, seulement soucieuse de son apparence et de ses amusements, supposée jouer son rôle d'épouse auquel rien ne l'a préparée, sa naïveté est la proie facile et rêvée du premier séducteur aux apparences flatteuses. La désillusion sera amère, mais le drame aura tôt fait de lui apprendre brutalement les réalités de la vie.


Tout met en lumière le décalage des personnages vis-à-vis de la réalité, qu'il s'agisse des colons, littéralement « repiqués » sur cette terre étrangère, et surtout de Kitty, frivole oie blanche propulsée sans préambule de la protection paternelle à celle de son mari. Les deux seuls protagonistes réellement ouverts au mode de vie local sont contraints de s'en cacher : Walter, le mari, se retranche derrière sa réserve, et le seul occidental à avoir une épouse chinoise vit caché.


Somerset Maugham nous dépeint par ailleurs un tableau peu flatteur du mariage dans la bonne société de l'époque : unions arrangées, au mieux heureuses en intérêts, elles sont surtout un carcan insupportable, où seuls les veufs se retrouvent heureux et soulagés de leur liberté. Les femmes en sont à la fois victimes et responsables : écartées du monde durant leur éducation et réduites aux soins de leur apparence, puis de leur mari, et enfin de leurs enfants, elles s'ennuient, se compromettent comme Kitty, ou s'aigrissent comme sa mère. Kitty, au moins, parviendra peut-être à reprendre son destin en main et à devenir elle-même, au prix d'un apprentissage dramatique et douloureux qui aura fait tomber les façades et les faux-semblants.


Avec ce qui m'a semblé une fin plutôt abrupte, cette histoire assez courte m'a presque plus fait l'effet d'une longue nouvelle que d'un roman. L'écriture est belle, sobre et classique, les personnages et les ambiances rendus avec une grande justesse et de manière très visuelle, pour une peinture douce-amère du mirage des conventions sociales d'une époque.

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Sublime, poignant, destructeur, entêtant...Magnifique !!

La passe dangereuse retrace avec brio et sensibilité l'histoire d'une reconquête amoureuse, sous le Soleil de l'Orient et la menace du choléra. Cette épopée romanesque analyse avec finesse la psychologie et les rapports d'un jeune couple anglais totalement dépareillé qui, plongé au coeur d'une région ravagée par l'épidémie, va peu à peu apprendre à se connaître et à s'estimer...

La belle Kitty s'est mariée avec Walter, médecin-bactériologue, pour la simple raison qu'elle ne supportait plus sa mère ni l'idée de voir sa soeur cadette mariée avant elle. Elle vit désormais en Chine et elle s'ennuie, méprise son mari parce qu'il ne lui apporte même pas de renommée au sein de la société coloniale, et pense qu'elle mériterait mieux. Elle prend un amant, un homme athlétique, séduisant, que tout le monde admire… mais il est marié. Néanmoins elle reporte sur lui tous ses espoirs : lui seul est digne d'elle, lui seul peut lui garantir un avenir plus reluisant.
Mais Walter découvre cette liaison et met son épouse écervelée devant ses responsabilités : ou elle l'accompagne à Mei-Tan-Fu pour affronter une épidémie de choléra et une mort certaine, ou ils divorcent et sa réputation de femme sera à jamais ternie. Devant la cruelle déception de voir son amant se défiler, Kitty n'a d'autre choix que de suivre Walter, mais reste insensible, aveugle à la détresse de ce mari blessé.

Drame, mais également peinture, à travers cette histoire d'amour contrariée on découvre l'époque, les questions de colonisation, de culture, de religion auxquelles sont confrontées les protagonistes. Alternant les moments contemplatifs et les conflits internes et externes, on se prend d'affection pour ce médecin amoureux d'une femme à laquelle il s'est marié trop vite, et cette femme, amoureuse déçue, déracinée et inutile dans un environnement hostile où la solitude et l'inactivité sont ses pires travers. En elle-même, c'est une romance magique, menée par deux personnages se laissant guider par la fragilité que le monde, dans ses réalités pragmatiques, les force à observer. L'histoire de ces deux êtres voués à se haïr m'a beaucoup touchée car elle s'éloigne subtilement des sentiers battus de l'amour pathétique dont je ne suis absolument pas partisane...

A lire et à déguster, c'est un roman assez court mais il faut vivre pleinement chaque émotion pour en comprendre le message... Walter est subtil, touchant et empreint d'une force mentale extraordinaire. Sa compagne représente avec brio la jeune londonienne blasée dont le bonheur n'est que reporté, jamais atteint, par des agissements plus sordides les uns que les autres. Elle est ingrate, naïve et égoïste. Cette timidité, cette haine injuste, ce fardeau de fausses responsabilités qui en condamne d'autres véritables. le monde se voit bercé d'illusion, tandis que certaines réalités, pour ne pas prendre âme en une tragédie implacable, ne demande qu'à être jugées. Comme des pages, les lettres qui formaient l'amour disparaissent. Ici en revanche, l'amour reste, demeure enfoui, et enfin se libère par un simple progrès de la compréhension et de l'écoute d'autrui. Alors si tout n'est qu'affaire de réalité intelligible, rationnelle, trop dénuée de sentiments spontanés, cette passe dangereuse est une oeuvre incroyablement optimiste. En entendant bien ce qu'autrui nous offre à écouter, simple pour l'amour son chemin sera à trouver.

La passe dangereuse ; c'est un périple où les hommes se cherchent, se perdent et se retrouvent, dans l'ironie et la beauté de la vie.
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Certains écrivains, c'est bien connu, furent totalement snobés par leurs contemporains et connurent une grande gloire posthume. Mais il y en a d'autres pour qui ce fut totalement l'inverse : riches et honorés de leur vivant, totalement oubliés quelques décennies plus tard. Somerset Maugham n'en est pas encore là, mais il est certain que la notoriété de celui qui fut l'un des écrivains les plus lus de l'entre-deux-guerres décline lentement et sûrement. C'est d'ailleurs par pure hasard que je suis tombé sur ‘La passe dangereuse'.

Nous sommes dans la concession britannique de Hong-Kong, aux alentours de 1920. Kitty Fane, jeune et très jolie femme fraichement débarquée d'Angleterre, y a suivi son mari récemment épousé. Elle ne l'aime pas, ce Walter Fane, et elle ne l'a jamais aimé. Il est bactériologiste – peu importe en quoi ça consiste, visiblement ce n'est pas très prestigieux. Il danse mal, sa conversation est ennuyeuse, il ne pratique pas le polo ; bref il est épouvantablement rasoir. Mais voilà, elle vieillissait – 25 ans déjà ! – et sa petite soeur, pourtant beaucoup moins jolie et spirituelle, venait tout juste de se caser avec le fils d'un baronnet. Alors quand ce bonnet de nuit lui a soudain déclaré sa flamme, ma fois elle n'a pas fait la fine bouche.

Aussi, en arrivant à Hong-Kong, Kitty ne s'est pas franchement sentie coupable de commencer à tromper son terne mari avec le jeune et bel adjoint du chef de la légation, promis à un grand avenir, toujours vêtu avec élégance et à la moustache impeccable. Tout s'effondre le jour où son époux les surprend. Il lui offre alors un marché en apparence honnête : soi elle convainc son amant de divorcer pour l'épouser, soi elle retourne chez sa mère divorcée et humiliée… Soi elle l'accompagne dans une ville chinoise où le choléra fait des ravages et où il vient de demander de partir en tant que médecin.

Derrière ce canevas un peu vaudevillesque, le grand talent de Somerset Maugham consiste à nous plonger totalement dans la tête de Kitty, puis de même dans celle de Walter. On voit le monde à travers leurs yeux, on comprend leur logique et leur façon de fonctionner, en fonction de leurs éducations et de leurs expériences. de même il nous immerge dans cette Chine qui n'est pas vraiment une colonie, pas vraiment un état souverain, archaïque ou intemporel, on ne sait pas trop. Une poignée d'Européen s'y décarcasse pour sauver des vies, pendant que les légations mènent leur petite vie de mondanités et de parties de polo.

Beaucoup de psychologie dans ce livre, et une impressionnante analyse sociale. Une excellente surprise, et un écrivain dont je compte bien approfondir ma connaissance.
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En ces temps-là le mariage, pour une jeune fille, était une obligation. Alors quand sa jeune soeur décide de convoler, Kitty prend un mari un peu au hasard, elle ne l'aime pas mais avec le temps ? Lui n'est pas forcément beau, il est bactériologue et son métier les entraîne en Chine. L'ennui et la distance qui désunissent ce couple feront prendre un amant à Kitty, un beau parleur bien fait de sa personne, que les dames anglaises du coin s'arrachent. Mais son mari s'en apercevra et pour lui faire prendre conscience du peu de sérieux de son amant, lui proposera un marché : soit elle se marie avec lui, soit elle part au fin fond de la Chine, son mari ayant accepté un poste de médecin pour soigner des victimes du choléra. Là-bas Kitty se découvrira une autre personnalité.
Parfois de simples événements vous transforment et Somerset Maughan nous en décrit les mécanismes dans ce roman bourré d'humanité. Il nous révèle les dessous de la Chine des années vingt, la vie rude des peuples et celle qui les un peu moins pour ceux qui les exploitent. le sacrifice des soignants que rien n'arrête pour le bien de tous les peuples. Un roman tout en douceur avec une écriture presque féminine, faite d'émotion et de sensibilité.
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J'aime beaucoup Somerset Maugham.
La raison en est d'une part à l'ambiguïté de son prénom : est-ce un homme ? est-une femme ? ... et à la prononciation de son nom (que de meilleurs anglophones que moi prononcent "moooooooo" dans un long beuglement assez dissonant)
Après avoir vu "Le voile des illusions" avec Naomi Watts et Edward Norton, j'ai voulu lire le court roman ont il avait été tiré.
Roman ô combien exotique dont l'action se passe à Hong Kong dans les années 20. Kitty et Walter Lane y forment un couple mal assortie : lui est un austère médecin colonial, elle est une jeune femme frivole. Elle le trompe avec un beau diplomate moustachu. Moitié par vengeance, moitié par mortification, son mari décide d'accepter une mission dangereuse au coeur de la Chine dans une région infestée par le choléra. Il y perdra la vie mais il y sauvera son couple.
« la passe dangereuse est l'histoire d'une métamorphose » : celle de Kitty, jeune fille indolente, vite et mal unie à un homme dont elle accepte la demande en mariage pour échapper à sa famille, victime consentante du charme donjuanesque d'un amant de pacotille. Son départ avec son mari en voyage à l'intérieur de la Chine a des airs d'enterrement. Mais il y découvrira à la fois l'abnégation d'un homme qu'elle avait sous-estimé et aussi, et surtout, ses propres ressources intérieures insoupçonnées.
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
"Sans un geste, le visage toujours impénétrable, il écoutait avec attention. Rien dans sa physionomie ne révélait qu'il fut touché par les paroles de sa femme.
- Savez-vous pourquoi je vous ai épousé?
- Pour être mariée avant votre soeur Doris.
C'était exact. Mais Kitty reçut un choc en découvrant qu'il ne l'ignorait pas. A sa peur et à sa fureur se mêla une pitié inattendue. Walter souriait faiblement.
- Je n'avais pas d'illusion, reprit-il. Je vous savais frivole, sotte et superficielle. mais je vous aimais. Je savais la mesquinerie de vos visées et la médiocrité de votre idéal. Mais je vous aimais. Je faisais un effort grotesque pour prendre plaisir aux choses qui vous amusaient et pour vous dissimuler que je n'étais ni ignorant, ni vulgaire, ni médisant , ni bête. Je connaissais votre répulsion pour l'intelligence et je tâchais d'égaler à vos yeux la nullité de vos amis. je savais que vous m'aviez épousé par raison. Cela m'était égal, je vous aimais tant ! La plupart des êtres se sentent lésés quand ils aiment sans réciprocité. Ils en nourrissent de l'amertume et de l'aigreur. Ce n'était pas mon cas. Je n'ai jamais espéré être aimé de vous. Comment m'y serais-je attendu? Je ne me suis jamais trouvé séduisant. J'étais reconnaissant d'être autorisé à vous aimer."
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C’est la Voie et le Passant. La route sans fin où marchent tous les êtres; mais personne ne l’a créée, car elle est la vie. Tout et rien. Tout en sort, tout s’y adapte; pour finir, tout y retourne. C’est un carré sans angles, un son que l’oreille ne perçoit pas, une image sans forme, un vaste filet dont les mailles aussi larges que la mer ne laissent rien passer. C’est le sanctuaire, l’universel refuge. Il n’est nulle part, mais, sans chercher au-dehors, vous pouvez le découvrir. Il enseigne le secret de ne pas désirer le désir, de laisser les événements suivre leur cours. Qui s’humilie sera exalté. Qui s’abaisse sera élevé. La faillite est dans l’essence du succès, et le succès est la trêve de la faillite; mais qui peut prédire le moment du revirement? L’être torturé par l’amour peut retrouver la sérénité d’un petit enfant. Le charme donne la victoire à celui qui attaque et assure le salut de celui qui se défend. Pour être fort, il faut d’abord savoir se dominer.
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Désertes à cette heure, les rues donnaient plus que jamais l'impression d'une cité morte. On eût pris les rares passants pour des fantômes. Dans un ciel sans nuages, le soleil levant répandait une divine douceur. Par ce frais et souriant matin, il paraissait incroyable que la ville suffoquât, comme l'homme qu'étranglent les mains d'un fou, sous la sombre étreinte du choléra. Comment la nature — le bleu du ciel était aussi limpide que le cœur d'un enfant — pouvait-elle demeurer indifférente, quand la mort triomphait des hommes terrifiés ?
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[Le Tao,] c’est la Voie et le Passant. La route sans fin où marchent tous les êtres; mais personne ne l’a créée, car elle est la vie. Tout et rien. Tout en sort, tout s’y adapte; pour finir, tout y retourne. C’est un carré sans angles, un son que l’oreille ne perçoit pas, une image sans forme, un vaste filet dont les mailles aussi larges que la mer ne laissent rien passer. C’est le sanctuaire, l’universel refuge. Il n’est nulle part, mais, sans chercher au-dehors, vous pouvez le découvrir. Il enseigne le secret de ne pas désirer le désir, de laisser les évènements suivre leur cours. Qui s’humilie sera exalté. Qui s’abaisse sera élevé. La faillite est dans l’essence du succès, et le succès est la trêve de la faillite; mais qui peut prédire le moment du revirement? L’être torturé par l’amour peut retrouver la sérénité d’un petit enfant. Le charme donne la victoire à celui qui attaque et assure le salut de celui qui se défend. Pour être fort, il faut d’abord savoir se dominer.
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Vous savez ma pauvre petite, ce n'est pas dans le travail ni dans le plaisir, dans le monde ou dans un couvent que l'on trouve la paix … c'est en soi.
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"Servitude humaine" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.
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