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ISBN : 2264045973
Éditeur : 10-18 (01/03/2007)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 115 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture

Peu de mondes semblent aussi éloignés l'un de l'autre que ceux de Somerset Maugham et de George Orwell. On découvre pourtant avec surprise dans un essai de l'auteur de 1984, qu'il admirait «immensément.»
Maugham, pour son «talent à raconter une histoire sans la moindre fioriture.»
Au lecteur de se laisser séduire par une invraisemblable histoire d'amour dans le Hong Kong de la grande époque coloniale anglaise avec... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
darkmoon
  21 août 2013
Sublime, poignant, destructeur, entêtant...Magnifique !!
La passe dangereuse retrace avec brio et sensibilité l'histoire d'une reconquête amoureuse, sous le Soleil de l'Orient et la menace du choléra. Cette épopée romanesque analyse avec finesse la psychologie et les rapports d'un jeune couple anglais totalement dépareillé qui, plongé au coeur d'une région ravagée par l'épidémie, va peu à peu apprendre à se connaître et à s'estimer...
La belle Kitty s'est mariée avec Walter, médecin-bactériologue, pour la simple raison qu'elle ne supportait plus sa mère ni l'idée de voir sa soeur cadette mariée avant elle. Elle vit désormais en Chine et elle s'ennuie, méprise son mari parce qu'il ne lui apporte même pas de renommée au sein de la société coloniale, et pense qu'elle mériterait mieux. Elle prend un amant, un homme athlétique, séduisant, que tout le monde admire… mais il est marié. Néanmoins elle reporte sur lui tous ses espoirs : lui seul est digne d'elle, lui seul peut lui garantir un avenir plus reluisant.
Mais Walter découvre cette liaison et met son épouse écervelée devant ses responsabilités : ou elle l'accompagne à Mei-Tan-Fu pour affronter une épidémie de choléra et une mort certaine, ou ils divorcent et sa réputation de femme sera à jamais ternie. Devant la cruelle déception de voir son amant se défiler, Kitty n'a d'autre choix que de suivre Walter, mais reste insensible, aveugle à la détresse de ce mari blessé.
Drame, mais également peinture, à travers cette histoire d'amour contrariée on découvre l'époque, les questions de colonisation, de culture, de religion auxquelles sont confrontées les protagonistes. Alternant les moments contemplatifs et les conflits internes et externes, on se prend d'affection pour ce médecin amoureux d'une femme à laquelle il s'est marié trop vite, et cette femme, amoureuse déçue, déracinée et inutile dans un environnement hostile où la solitude et l'inactivité sont ses pires travers. En elle-même, c'est une romance magique, menée par deux personnages se laissant guider par la fragilité que le monde, dans ses réalités pragmatiques, les force à observer. L'histoire de ces deux êtres voués à se haïr m'a beaucoup touchée car elle s'éloigne subtilement des sentiers battus de l'amour pathétique dont je ne suis absolument pas partisane...
A lire et à déguster, c'est un roman assez court mais il faut vivre pleinement chaque émotion pour en comprendre le message... Walter est subtil, touchant et empreint d'une force mentale extraordinaire. Sa compagne représente avec brio la jeune londonienne blasée dont le bonheur n'est que reporté, jamais atteint, par des agissements plus sordides les uns que les autres. Elle est ingrate, naïve et égoïste. Cette timidité, cette haine injuste, ce fardeau de fausses responsabilités qui en condamne d'autres véritables. le monde se voit bercé d'illusion, tandis que certaines réalités, pour ne pas prendre âme en une tragédie implacable, ne demande qu'à être jugées. Comme des pages, les lettres qui formaient l'amour disparaissent. Ici en revanche, l'amour reste, demeure enfoui, et enfin se libère par un simple progrès de la compréhension et de l'écoute d'autrui. Alors si tout n'est qu'affaire de réalité intelligible, rationnelle, trop dénuée de sentiments spontanés, cette passe dangereuse est une oeuvre incroyablement optimiste. En entendant bien ce qu'autrui nous offre à écouter, simple pour l'amour son chemin sera à trouver.
La passe dangereuse ; c'est un périple où les hommes se cherchent, se perdent et se retrouvent, dans l'ironie et la beauté de la vie.
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andreas50
  13 juin 2018
Désemparée à l'idée de devenir vieille fille, Kitty, à peine plus âgée de 25 ans, épouse par dépit Walter Lane, médecin bactériologue basé en Chine. A Hong-Kong, elle se rend compte qu'ils n'ont rien en commun. Après deux ans de mariage, elle devient la maîtresse de Charles Towsend, sous-secrétaire colonial, fat et mondain, joueur et sportif, à la moustache enjôleuse, mais marié de son côté.
Pour éviter le scandale qui ruinerait leur réputation à tous,Kitty accepte de suivre Walter dans une province éloignée où sévit le choléra. C'est l'histoire d'une passion charnelle qui s'achève en illumination spirituelle abordée avec un concept minimaliste : après avoir trompé son mari, une femme tente de se racheter, mais son repentir n'aura pas les effets escomptés.
Somerset Maugham nous offre un roman au réalisme intégral, partagé entre naturalisme et exotisme.
Il utilise les conventions du mélodrame avec une sobriété de style et une inspiration aiguisée. Les phrases sont concises, dépouillées. L'intrigue est parfaitement calibrée : simplicité, raffinement et humour.
L'auteur aborde les sujets qui lui sont chers : le sens de l'existence, son absurdité face au destin inéluctable. S'y ajoutent des considérations sur l'art, la philosophie et la religion. le choix de la Chine comme décor, cette Chine pleine d'insondables mystères lui révélera peut-être des énigmes irrésolues et validera ainsi sa quête existentielle.
Somerset Maugham est semblable à une plaque photographique qui envoie dans ses textes le reflet de la réalité. le portrait de ses protagonistes est fouillé, crédible, harmonieux.
Dans la Passe Dangereuse, l'auteur est au sommet de son art.
Un écrivain peut-être un peu délaissé, mais franchement, à mon avis, il gagne à être découvert, lu, relu.
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nadiouchka
  31 mai 2018
De temps en temps je regarde mes bibliothèques et je me dis : « Tiens, il y a longtemps que j'ai lu ce livre-ci mais pas chroniqué.  Dommage. »
Alors je prends ma plume (pas la plus belle je le sais) et le livre nominé cette fois est : « La Passe dangereuse » de William Somerset Maugham. Un petit livre, c'est vrai, mais d'un écrivain britannique de culture française et cela ne pouvait qu'être un bon choix. J'ai d'ailleurs, tout récemment, publié une petite liste de ses ouvrages. de plus « La Passe dangereuse » a été adapté au cinéma. Un livre relu avec bonheur.
Pendant les années vingt, Kitty est mariée à Walter Lane (mais elle ne l'aime pas. Pire, elle le méprise). Ils se trouvent à Hong Kong et Kitty qui s'ennuie, fait la connaissance d'un certain Charlie, un fonctionnaire britannique, mais qui est marié. Pour donner un peu de piment à sa vie, Kitty va devenir la maîtresse du bellâtre.
Mais Walter va découvrir cette liaison et se montrer glacial. Par contre il noie son chagrin dans son travail de médecin-bactériologue.
Si l'auteur nous décrit une Kitty pas très attachante, on voit un Walter impitoyable : divorcer ou se rendre avec lui à Mei-tan-Fu car il y a une épidémie de choléra ; il va y être vénéré et Kitty se sent honteuse.
Tout au long du livre on ressent la souffrance – on voit comment l'héroïne insouciante va passer de l'égoïsme au dévouement envers des enfants abandonnés dans un orphelinat :
« Les larmes inondaient les joues de Kitty, et elle regardait, les mains jointes, haletante, les lèvres entrouvertes. Jamais elle ne s'était senti le coeur plus léger, il lui semblait que son âme s'évadait de la matière et que seule son enveloppe charnelle demeurait sur la terre.
Elle découvrait la beauté. " (p.73).
Ce serait trop dommage d'en dévoiler plus mais le livre porte bien son titre : c'est en effet une réelle « passe dangereuse » et tout le talent de l'auteur agit dans l'histoire avec une belle écriture, du Somerset Maugham qui ne déroge pas à sa réputation.
D'ailleurs, la critique de « ELLE «  est tout à fait justifiée : « Hong Kong sous la domination britannique : amours, mystères et drames. Un écrivain à l'extraordinaire puissance évocatrice ».
Dans ce roman, on trouve de l'exotisme (avec ce pays lointain qu'est la Chine) – la douleur – la misère – la maladie – la mort – la cruauté d'un amour non partagé – l'espoir d'une rédemption et plus encore.
Au final, un petit livre certes, mais tellement beau et émouvant qu'on aurait bien aimé en lire encore un peu plus. Mais le clap de fin a été donné et il ne reste plus qu'à passer à un autre ouvrage de ce talentueux écrivain.
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YvesParis
  10 avril 2013
J'aime beaucoup Somerset Maugham.
La raison en est d'une part à l'ambiguïté de son prénom : est-ce un homme ? est-une femme ? ... et à la prononciation de son nom (que de meilleurs anglophones que moi prononcent "moooooooo" dans un long beuglement assez dissonant)
Après avoir vu "Le voile des illusions" avec Naomi Watts et Edward Norton, j'ai voulu lire le court roman ont il avait été tiré.
Roman ô combien exotique dont l'action se passe à Hong Kong dans les années 20. Kitty et Walter Lane y forment un couple mal assortie : lui est un austère médecin colonial, elle est une jeune femme frivole. Elle le trompe avec un beau diplomate moustachu. Moitié par vengeance, moitié par mortification, son mari décide d'accepter une mission dangereuse au coeur de la Chine dans une région infestée par le choléra. Il y perdra la vie mais il y sauvera son couple.
« la passe dangereuse est l'histoire d'une métamorphose » : celle de Kitty, jeune fille indolente, vite et mal unie à un homme dont elle accepte la demande en mariage pour échapper à sa famille, victime consentante du charme donjuanesque d'un amant de pacotille. Son départ avec son mari en voyage à l'intérieur de la Chine a des airs d'enterrement. Mais il y découvrira à la fois l'abnégation d'un homme qu'elle avait sous-estimé et aussi, et surtout, ses propres ressources intérieures insoupçonnées.
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domisylzen
  20 octobre 2016
En ces temps-là le mariage, pour une jeune fille, était une obligation. Alors quand sa jeune soeur décide de convoler, Kitty prend un mari un peu au hasard, elle ne l'aime pas mais avec le temps ? Lui n'est pas forcément beau, il est bactériologue et son métier les entraîne en Chine. L'ennui et la distance qui désunissent ce couple feront prendre un amant à Kitty, un beau parleur bien fait de sa personne, que les dames anglaises du coin s'arrachent. Mais son mari s'en apercevra et pour lui faire prendre conscience du peu de sérieux de son amant, lui proposera un marché : soit elle se marie avec lui, soit elle part au fin fond de la Chine, son mari ayant accepté un poste de médecin pour soigner des victimes du choléra. Là-bas Kitty se découvrira une autre personnalité.
Parfois de simples événements vous transforment et Somerset Maughan nous en décrit les mécanismes dans ce roman bourré d'humanité. Il nous révèle les dessous de la Chine des années vingt, la vie rude des peuples et celle qui les un peu moins pour ceux qui les exploitent. le sacrifice des soignants que rien n'arrête pour le bien de tous les peuples. Un roman tout en douceur avec une écriture presque féminine, faite d'émotion et de sensibilité.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
keishakeisha   10 décembre 2008
"Sans un geste, le visage toujours impénétrable, il écoutait avec attention. Rien dans sa physionomie ne révélait qu'il fut touché par les paroles de sa femme.
- Savez-vous pourquoi je vous ai épousé?
- Pour être mariée avant votre soeur Doris.
C'était exact. Mais Kitty reçut un choc en découvrant qu'il ne l'ignorait pas. A sa peur et à sa fureur se mêla une pitié inattendue. Walter souriait faiblement.
- Je n'avais pas d'illusion, reprit-il. Je vous savais frivole, sotte et superficielle. mais je vous aimais. Je savais la mesquinerie de vos visées et la médiocrité de votre idéal. Mais je vous aimais. Je faisais un effort grotesque pour prendre plaisir aux choses qui vous amusaient et pour vous dissimuler que je n'étais ni ignorant, ni vulgaire, ni médisant , ni bête. Je connaissais votre répulsion pour l'intelligence et je tâchais d'égaler à vos yeux la nullité de vos amis. je savais que vous m'aviez épousé par raison. Cela m'était égal, je vous aimais tant ! La plupart des êtres se sentent lésés quand ils aiment sans réciprocité. Ils en nourrissent de l'amertume et de l'aigreur. Ce n'était pas mon cas. Je n'ai jamais espéré être aimé de vous. Comment m'y serais-je attendu? Je ne me suis jamais trouvé séduisant. J'étais reconnaissant d'être autorisé à vous aimer."
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andreas50andreas50   15 juin 2018
Quelle erreur, en somme, de ne pas avoir dit à Walter que l'enfant était de lui, mensonge si facile pour elle, si bienfaisant pour lui, et qui n'en était peut-être pas un. Un excès de conscience l'avait empêchée de profiter du doute. Comme les hommes sont bêtes ! Leur part dans la procréation est si minime : c'est en la femme que se forme l'enfant pendant de longs mois de malaise et d'ennui. L'homme prétend cependant que sa brève collaboration lui confère des droits prépondérants. En quoi, vraiment le sentiment paternel peut-il en dépendre ?
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darkmoondarkmoon   10 août 2013
C’est la Voie et le Passant. La route sans fin où marchent tous les êtres; mais personne ne l’a créée, car elle est la vie. Tout et rien. Tout en sort, tout s’y adapte; pour finir, tout y retourne. C’est un carré sans angles, un son que l’oreille ne perçoit pas, une image sans forme, un vaste filet dont les mailles aussi larges que la mer ne laissent rien passer. C’est le sanctuaire, l’universel refuge. Il n’est nulle part, mais, sans chercher au-dehors, vous pouvez le découvrir. Il enseigne le secret de ne pas désirer le désir, de laisser les événements suivre leur cours. Qui s’humilie sera exalté. Qui s’abaisse sera élevé. La faillite est dans l’essence du succès, et le succès est la trêve de la faillite; mais qui peut prédire le moment du revirement? L’être torturé par l’amour peut retrouver la sérénité d’un petit enfant. Le charme donne la victoire à celui qui attaque et assure le salut de celui qui se défend. Pour être fort, il faut d’abord savoir se dominer.
+ Lire la suite
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andreas50andreas50   11 juin 2018
« Supposons qu'il n'y ai pas de vie éternelle, et si la mort était la fin de tout, un passeport pour le néant, ne serait-ce pas une duperie pendable pour tous ceux qui lui ont consacré leur existence ? »
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MarielinoMarielino   04 octobre 2010
[Le Tao,] c’est la Voie et le Passant. La route sans fin où marchent tous les êtres; mais personne ne l’a créée, car elle est la vie. Tout et rien. Tout en sort, tout s’y adapte; pour finir, tout y retourne. C’est un carré sans angles, un son que l’oreille ne perçoit pas, une image sans forme, un vaste filet dont les mailles aussi larges que la mer ne laissent rien passer. C’est le sanctuaire, l’universel refuge. Il n’est nulle part, mais, sans chercher au-dehors, vous pouvez le découvrir. Il enseigne le secret de ne pas désirer le désir, de laisser les évènements suivre leur cours. Qui s’humilie sera exalté. Qui s’abaisse sera élevé. La faillite est dans l’essence du succès, et le succès est la trêve de la faillite; mais qui peut prédire le moment du revirement? L’être torturé par l’amour peut retrouver la sérénité d’un petit enfant. Le charme donne la victoire à celui qui attaque et assure le salut de celui qui se défend. Pour être fort, il faut d’abord savoir se dominer.
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