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Paul Couturiau (Traducteur)
ISBN : 2253932264
Éditeur : Le Livre de Poche (01/11/1994)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 55 notes)
Résumé :
C'est la fin du 19e siècle et le règne de Victoria est à sa fin. C'est aussi la fin d'une époque, mais personne ne sait. Les propriétaires terriens, si peu de temps à perdre leur pouvoir, sont les derniers à soupçonner. Bertha Ley est la maîtresse de la Cour Ley, une plus grande répartition des terres. Elle épouse Edward Craddock, un homme sous son poste, mais tout à fait l'essence de la nouvelle ordonnance. Un gentleman-farmer, il est stable et un acteur qui se tou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
AgatheDumaurier
  29 janvier 2016
L'anti "Loin de la foule déchainée" ! Soit une héritière fantasque et cultivée, et un métayer plus frustre, loyal, moral, vertueux, très Gabriel Oaks...Mais à l'inverse du roman de Thomas Hardy, qui m'horripile par sa mièvrerie et son machisme, la jeune héritière tombe immédiatement amoureuse de son vacher, de ses mains viriles, de ses grandes bottes. Elle l'aime avec passion, lui est plus raisonnable, et continue de bien apprécier ses poules, ses vaches, ses chiens. Elle l'épouse contre l'avis des notables conservateurs, de la petite aristocratie locale dont elle est l'une des fleurs ...Et d'une façon inattendue-car l'homme a de puissantes qualités sociales, le voilà bientôt comme un poisson dans l'eau dans son rôle de châtelain, et accepté par tous !
Cependant ce n'est pas le coeur de l'histoire. Ce n'est pas en effet l'histoire d'une réussite, mais celle d'un lent et cruel désenchantement, celui de Bertha tandis que les voiles idylliques dont elle avait paré Edward se défont inexorablement.
Elle rêve de passion, d'union des corps et des âmes, de communion mystique et charnelle, or Eddie est bien incapable de ressentir ces délicatesses et de les partager. Est-ce d'ailleurs possible ? Dans un roman plus tardif, Somerset Maugham montrera combien la passion est une affaire personnelle de soi-même avec soi-même, où l'objet fantasmé est tout tandis que l'être réel de l'idolatré ne compte pas... Et c'est déjà ce qui arrive à Bertha. Elle accuse Edward d'égoïsme, de froideur, car il n'est pas comme dans son rêve, mais elle-même ne s'interroge jamais sur lui, sur ce qu'il est. Qui est en effet réellement Edward ? Aime-t-il sa femme ? Les passages-clés sont ambigus. Fait-il preuve de sang-froid lors de son accouchement, ou d'une incroyable indifférence ? Lorsqu'il ne vient pas la chercher au train, il prétexte une soirée chez un lord. N'est-ce pas essentiel pour lui de se faire accepter ? Ne le fait-il pas en réalité pour sa femme, pour se hisser à sa hauteur ? L'affaire semble à celle-ci anecdotique, c'est que ce lord est son égal. Mais pour Edward, cette soirée n'est-elle pas un enjeu vital ? Elle lui a laissé toute la responsabilité de son domaine, avec un dédain très aristocratique pour sa mise en valeur. Mais lui, bon fermier, bon travailleur, ne peut pas appréhender ainsi cette terre ancestrale qu'on lui a confiée.
C'est donc l'histoire d'un mariage, d'un grand malentendu. Un naufrage pour elle, et pour lui ...On ne sait pas. Elle a décidé qu'il ne pensait pas, et donc nous n'en saurons pas plus.
Avec une habileté diabolique, Somerset Maugham nous fait pencher tantôt d'un côté, puis de l'autre. A peine avions-nous accepté qu'Edward était un grand bénêt absolument sans intérêt que la belle Bertha s'éprend ridiculement d'un jeune homme très glamour, aux grands yeux verts et frisés comme un chérubin, qu'on lui a pourtant décrit comme un piège à filles, et la voilà repartie dans ses grands délires d'union mystique et charnelle ...Au point d'envisager de s'enfuir avec lui en Floride. Heureusement pour elle, ses yeux se décilleront au dernier moment.
C'est l'histoire d'un grand aveuglement, d'une absence universelle de sagesse, de l' impossiblité entre les êtres à communiquer, à sortir d'eux-mêmes et à se comprendre, c'est cynique et désenchanté, méchant comme une teigne, mais diable que c'est bon à lire et instructif !
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summerday
  20 avril 2011
"Entre deux amants il y a toujours un qui aime et un qui se laisse aimer."
Cette maxime De La Rochefoucauld, l'héroïne de Somerset Maugham se l'approprie bien malgré elle. Bertha Ley est une jeune rentière anglaise qui possède une belle propriété. Elle tombe amoureuse d'Edward Craddock, l'un de ses métayers et décide de l'épouser au mépris de l'opinion de son entourage. Elle tombe sous le charme de cet homme robuste et un peu rustre, et défaillit presque en apercevant ses lourdes bottes ou en sentant son parfum de ferme. La lune de miel est idyllique mais le retour du couple bien plus compliqué car Edward fait ses débuts dans la haute société et reçoit les moqueries des amis de Bertha. Celle-ci s'extasie devant les qualités de son époux et fait tout pour qu'il soit accepté. Et c'est ce qui se déroulera. Au fil du temps Mr Craddock va faire ses preuves à la tête de la propriété mais aussi dans le village.
Mais très vite Bertha, qui est d'un tempérament fantasque, se sent délaissée par son mari qui passe bien plus de temps en compagnie de ses vaches laitières qu'à la maison. Elle l'accuse d'être froid et de ne jamais prendre ses désirs en considération. Ce qui apparaissait dès les premières pages comme un caractère exubérant et romantique souvent risible se meut chez cette femme en paranoïa tragique. Les moindres anecdotes prennent des dimensions dramatiques pour Bertha : une partie de tennis peut gâcher tout un week-end et un baiser oublié avant le moment du coucher l'empêchera de dormir toute la nuit. Elle se persuade qu'Edward ne l'aime pas de la même force qu'elle et la déception la ronge.
Plusieurs évênements vont endolorir sa fierté et une simple histoire d'arbres la poussera à fuir et relativiser son mariage. Les différences qui ne gênaient pas Bertha au début deviennent insupportables. Edward est un patriote qui se contente de lire le journal et ne comprend pas le goût de la littérature de Bertha, encore moins son amour pour la musique classique ou les voyages, quand lui se contente de Londres et des opérettes.
Mrs Craddock est un roman de désillusions. D'autant plus cruel que l'héroïne de Maugham possède une imagination débordante et s'émeut très facilement. Son romantisme absolu apparaît grotesque et bien que que son époux ne soit pas dénué de défauts tout aussi dénonçables, j'ai trouvé que sa rencontre avec Gerald démontrait l'égocentrisme du personnage qui était en quête d'attention et de louanges. Son époux est décrit par ses voisins comme un être bon et raisonnable et elle comme un femme méchante. Tragédienne dans l'âme, le portrait de Bertha est d'autant moins sympathique que l'auteur n'en fait pas sa narratrice mais choisit une narration à la troisième personne qui permet une ambiguïté du ton. Il est ainsi difficile de savoir si l'ironie que l'on décèle est véritablement moqueuse ou si elle ne fait que raconter.
C'est ce ton faussement détaché et en même temps au plus près des sentiments de Bertha qui font de ces quatre cent pages sur le bonheur domestique une lecture savoureuse. le lecteur est facilement enclin à moquer ces personnages, bien qu'il les prenne aussi en pitié par moment. La grossesse de Bertha est un moment clef de l'histoire qui brouille et renversera les perceptions.
Comme l'écrit le romancier le livre de l'amour d'un couple peut s'écrire en majuscules pour l'un et en minuscules pour l'autre... Bertha aurait-elle été plus heureuse avec un homme de son rang ou est-elle responsable de son propre malheur pour d'autres raisons? On ne le saura pas vraiment. C'est au lecteur de décider.
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Folfaerie
  23 janvier 2010
J'ai découvert cet auteur anglais assez tardivement, avec ses nouvelles, et depuis, enchantée par mes lectures, j'explore ses romans. En fait, Maugham figurait sur ma liste de classiques à lire mais il était toujours sacrifié au profit d'autres auteurs. Deux petites choses m'ont poussée à le lire plus tôt que prévu : son nom est mentionné au détour d'une chanson d'Alain Souchon, l'un de mes rares chanteurs français préférés, et j'avais vu l'adaptation de l'une de ses oeuvres, Il suffit d'une nuit, avec Sean Penn et Kristin Scot Thomas. Cela a servi de déclic...
Ce roman ci a été écrit en 1902.
Mrs Craddock, au début, pourrait immanquablement évoquer l'univers de Jane Austen, au moins dans la peinture de l'aristocratie de province, mais les relations hommes-femmes sont ô combien plus perverses et féroces que chez Jane Austen.
C'est la passion qui pousse la jeune et belle Bertha Ley, issue de l'aristocratie, à épouser son métayer, Edouard Craddock, bravant les conventions et la désapprobation générale, et dont l'image forte et virile ne cesse de la hanter. Il n'est pas de son niveau social, et elle le sait, et ni de son niveau intellectuel, et cela, elle le découvrira à ses dépens. Contrairement à ce qu'elle redoutait, Edouard devient la coqueluche du voisinage, sa bonhommie joviale et son heureux caractère lui valant l'amitié de tous, tandis que sa jeune épouse est jugée hautaine et orgueilleuse. Hélas, Edouard Craddock s'inquiète plus du confort de ses vaches laitières que de sa ravissante épouse, préfère les opérettes à Mozart, ne lit que le journal local alors que Bertha est férue de littérature, et surtout, oppose son pragmatisme et son bon sens terrien au caractère fantasque et romantique de la jeune femme. Il faudra plusieurs années, et quelques drames pour que Bertha réalise toute l'étendue de son erreur. Je vous laisse découvrir les déconvenues, drames et incompréhensions qui ponctuent leur vie de couple. L'écrivain appuie là où ça fait mal, tout en finesse.
Maugham a trempé sa plume dans l'acide, certes, mais c'est avec sensibilité qu'il nous dépeint les illusions du mariage, et sa cruauté est toujours teintée d'un humour typiquement Brittish. Pour ma part, j'ai vraiment aimé ce roman, non seulement pour le sujet mais aussi pour l'écriture. Dans la plupart des oeuvres de Somerset Maugham, les hommes ont presque invariablement le mauvais rôle. Et l'auteur s'identifie volontiers à la tante, Miss Ley, femme riche et intelligente, dotée d'un jugement sûr et jamais avare de remarques acerbes et piquantes sur les relations humaines.
Un beau personnage de femme en tout cas, et un excellent roman que je conseille vivement.
Lien : http://lectures-au-coin-du-f..
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boubile
  26 juin 2018
Somerset Maugham fait partie de ces auteurs classiques de la littérature anglaise que je n'avais pas encore découvert.
Bertha est une jeune femme passionnée, un peu rebelle, qui décide de vivre sa passion pour Edward sans se laisser freiner par les conventions. Edward est un simple métayer, et leur mariage n'est pas vu d'un très bon oeil. Notamment par la tante de Bertha, même si elle se garde bien de faire le moindre commentaire.
La situation se renverse très vite, puisque finalement Edward fait rapidement l'unanimité auprès tous les protagonistes de cette histoire…. Sauf Bertha. Et oui, parce que Bertha se lasse finalement très vite de cet époux modèle, trop parfait, mais sans passion aucune. Un roman sur la passion, ou comment la passion dégringole en désillusion.
J'ai aimé le style de l'auteur, son écriture plus moderne que la plupart de ses « collègues » de l'époque. Autant je me suis perdue dans les livres de Jane Austeen, trop longs avec beaucoup trop de descriptions pour moi, autant j'ai adhéré à ce style, que je rapprocherai par moments de Daphné du Maurier.
Une belle découverte, qui me donne envie d'en lire plus de cet auteur.

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Vermeer
  09 mai 2016
Roman sur les désillusions d'une femme. Bertha, une riche héritière, tombe follement amoureuse de son métayer et décide de l'épouser malgré l'opposition de sa famille. le désenchantement arrive vite. Elle découvre rapidement qu'il est trop pragmatique, terre à terre, qu'il est incapable de tendresse, de répondre à ses sentiments. Il est vertueux, sage mais manque d'intelligence et de culture, ne lit que le journal local, ne désire pas voyager et manque au goût de son épouse d'ouverture d'esprit. Après avoir mis au monde un enfant mort-né suite à un accouchement épouvantable, elle décide de partir en Italie. A son retour, elle constate que son mari a perdu toute sa beauté (à moins qu'elle ne la voie plus), qu'il est borné et stupide. Son amour se transforme en haine. Bertha est en outre isolée car son mari, sociable, bénéficie de la sympathie du voisinage. Elle tombe un temps amoureuse d'un jeune homme puis sa haine pour son mari se transforme en indifférence. Elle compare ses rêves de jeunesse à la réalité et ne peut que constater que la vie est loin d'être aussi pleine de promesses qu'elle l'imaginait.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ignatus-reillyignatus-reilly   01 janvier 2012
Cette région est une sorte de miroir pour ses habitants : parfois les couleurs sombres et la mer silencieuse n'expriment rien d'autre que la sérénité et la paix, parfois les brises glacées accélèrent le débit du sang dans les veines, et des joues rougies et un pas rythmé traduisent les joies de la vie ; mais il arrive que la solitude réponde à la mélancolie la plus profonde ou un ciel désolé à une misère plus terrible que la mort.
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MeduzanticMeduzantic   10 juin 2011
Les vivants, quand ils se trouvent confrontés à la mort, ont l'impression que l'air environnant est empli d'une présence nouvelle et terrible.
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ignatus-reillyignatus-reilly   01 janvier 2012
Elle connaissait l'angoisse terrible de s'éveiller la matin avec l'idée qu'il fallait encore qu'un jour se passe. Elle connaissait le soulagement de se coucher le soir en sachant qu'elle profiterait de quelques heures d'inconscience.
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ignatus-reillyignatus-reilly   01 janvier 2012
Les hommes, fort heureusement, n'ont aucune conscience de leur stupidité, sans quoi la moitié de l'humanité se suiciderait.
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SeirenSeiren   15 juin 2014
Le savoir est un feu follet qui danse sur le bord du chemin, toujours hors de portée du voyageur ; et il convient de parcourir une route épuisante avant d'avoir la chance d'en apercevoir un.
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Videos de W. Somerset Maugham (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de W. Somerset Maugham

José Rodrigues dos Santos présente William Somerset Maugham
Maugham W. Somerset, "Of Human Bondage", Random House Digital - Of Human Bondage is the first and most autobiographical of Maugham's masterpieces. It is the story of Philip Carey, an orphan...
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