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Marie-Christine Blanchet (Traducteur)
EAN : 9782264014184
554 pages
Éditeur : 10-18 (12/09/1999)
4.28/5   59 notes
Résumé :
Voici le Bildungsroman de Somerset Maugham par lequel il s'est imposé en 1915 et qui reste incontestablement l'un des grands romans anglais de ce siècle. C'est toute l'histoire d'un homme vite éloigné des joies et des certitudes de l'enfance, tôt confronté aux questionnements de l'existence comme à ses incohérences et qui à toute force veut donner un sens à sa vie. Contraint de renoncer à la peinture où il a cru un moment trouver son salut, il deviendra médecin malg... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
karmax211
  09 janvier 2021
Je connaissais très, très bien ( je l'aime beaucoup ) le film de Ken Hughes - L'ange pervers - tiré du roman de Somerset Maugham, adapté très librement, avec comme acteurs principaux Laurence Harvey et la sublime Kim Novak. Mais je n'avais pas lu ce roman-fleuve de 700 pages, roman d'apprentissage ou initiatique ( Bildungsroman, genre littéraire romanesque né en Allemagne au XVIIIème siècle ), dont le thème est " le cheminement d'un héros, souvent jeune, qui atteint progressivement l'idéal de l'Homme accompli et cultivé en faisant l'expérience des grands événements de l'existence : la mort, l'amour, la haine, l'altérité, etc. Il va ainsi se forger progressivement sa conception de la vie."
- Servitude humaine - est la parfaite illustration de ce genre, l'une de ses quintessences les plus abouties et les plus illustres.
Précisons avant d'en faire un bref résumé que beaucoup des éléments de cette histoire ont pour origine quelques-uns de ceux de la vie de l'auteur.
Philip, jeune enfant âgé d'à peine neuf ans perd sa mère qui meurt en donnant naissance à un enfant mort-né ( Maughan avait huit ans lorsque sa mère mourut en couches de la tuberculose ), et son père chirurgien dans la foulée.
Philip est alors confié à la garde du frère de sa mère, un pasteur anglican austère, rapiat, sans démonstration(s) affective(s) pour le jeune orphelin, et à sa petite femme, Tante Maria, qui vit dans l'ombre de " l'omnipotent prélat".
Il joue seul dans la cuisine jusqu'au jour où il découvre la bibliothèque de son oncle, riche de plusieurs milliers de livres, tous achetés "au rabais", dans lesquels il s'immerge avec passion et émerveillement.
Intelligent, curieux, sensible, instable, cette passion de la lecture associée à celle de l'Art, deviendra l'une des grandes affaires de sa vie.
Outre le fait d'être orphelin, Philip souffre d'une infirmité... un pied bot, lequel jusqu'à la mort de sa mère n'avait handicapé ni son esprit ni sa vie, mais va devenir ( comme le bégaiement sévère de Maugham )après la disparition de celle-ci, son point faible, son abcès de fixation.
Jusqu'alors protégé par la présence rassurante de sa mère, puis par les murs du presbytère, le collège va le livrer à la pâture de ses jeunes "camarades".
Élève brillant, encouragé par le directeur de l'établissement qui lui prédit un bel avenir universitaire, une bourse, et une vocation pastorale, Philip mu par sa quête initiatrice va refuser ses lauriers desséchés et leur préférer l'étude des langues pendant une année à Heidelberg.
Puis ce sera l'appel de Paris et sa vie de bohème... le jeune homme a un joli coup de crayon... avant de réaliser que son talent n'est que médiocre.
Retour en Angleterre où son pasteur d'oncle ne sait plus où donner de la tête.
Il tente de devenir expert comptable puis se tourne presque par défaut vers la médecine... qui va devenir, à son corps défendant ( pas de jeu de mots ), sa vocation.
C'est là que surgit une jeune serveuse d'un tearoom, Mildred... " l'ange pervers", dont il va devenir fou amoureux et laquelle va lui faire visiter toutes les strates des Enfers.
Philip va connaître l'humiliation, la souffrance, la pauvreté.
Il devra, pour survivre, travailler pendant deux ans comme employé subalterne dans un grand magasin ( référence à Zola ), aidé en cela par l'amitié authentique et indéfectible d'une famille.
La mort de son oncle et un petit héritage lui permettront de terminer ses études de médecin, de commencer à exercer chez un vieux praticien ronchon qui... à sa grande surprise, lui proposera au terme d'un remplacement d'un mois, une association et un rachat de clientèle.
Mais Philip, comme Marius, rêve en contemplant la mer, d'horizons lointains et de pays exotiques.
Mais c'est un autre voyage qui l'attend, une Fanny anglaise prénommée Sally...
Après bien des pérégrinations chaotiques et tumultueuses, après avoir essuyé tant de tempêtes, Philip va s'installer dans "une vie que les vents vont ramener fourbu mais conscient de la part que lui réserve le destin commun à la glu du rivage."
C'est dense, riche, vivant, intelligent, captivant, émouvant, brillant.
C'est très bien écrit, éminemment bien pensé ; la structure narrative ne souffre d'aucun défaut, les personnages ont de la gueule.
C'est un chef d'oeuvre.
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Commenter  J’apprécie          454
tristantristan
  17 avril 2021
Considéré comme son oeuvre majeure, ce roman d'inspiration autobiographique est remarquablement écrit. L'auteur alterne humour, considérations philosophiques sur la nature humaine, le rapport à la religion, les relations sociales entre les individus de même sexe ou différent. Cependant, l'ouvrage me semble beaucoup trop long au jugé parce qu'il aurait tout aussi bien pu être trois ou quatre fois aussi volumineux. Enfin, l'écriture et l'ambiance (le XIXème siècle) me semblent datés.
Commenter  J’apprécie          230
stcyr04
  26 décembre 2016
Servitude humaine est le roman de formation ou d'apprentissage de William Somerset Maugham, oeuvre s'inscrivant dans une longue et prestigieuse lignée de romans dont l'origine se trouve en Allemagne avec le Bildungsroman apparu au XVIIIème siècle.
Philip est orphelin et vit au presbytère avec son oncle révérend et sa tante restés sans enfant; la vie y est bien austère. Il est envoyé dans un pensionnat religieux, il y fait l'apprentissage de la méchanceté de ses camarades d'école que lui attire son pied bot, des amitiés scolaires bien éphémères, du conformisme étouffant, des préjugés et de la servitude que les enseignants exigent comme un hommage à leur autorité. Élève doué et intelligent, il se refuse cependant à poursuivre des études à Oxford qui lui ouvriraient la carrière de pasteur qu'appellent de leur voeux ses tuteurs. C'est voir le monde qu'il veut et vivre sa vie. Ainsi il part en Allemagne dans une pension à Heidelberg, séjour important dans sa formation intellectuelle et éthique, il réalise, étonné, qu'il ne croit plus en Dieu. Revenu en Angleterre, il y éprouve ses premiers émois amoureux et se lance dans la mêlée à Londres où il déchante rapidement, la place d'apprenti dans un cabinet comptable et l'isolement de la banlieue ne lui conviennent guère. Se sentant des dispositions artistiques, c'est à Paris, malgré les réticences de son oncle qu'il se rend afin d'étudier la peinture. C'est dans une ville au fait de sa créativité et de son attractivité artistique qu'il arrive : Paris vit à l'heure des innovations des impressionnistes, Philip s'y sent transporté : enfin la grande vie, la liberté des rapins, il pense y pouvoir faire sa place. Les rencontres qu'il y fait parachèvent son éducation, il y gagnera la liberté de l'esprit, mais devra se résigner à l'évidence : il ne sera pas peintre. Il se résout à suivre l'exemple paternel et retourne à Londres pour étudier la médecine. Puis il s'éprend follement d'une serveuse de salon de thé d'un conformisme assez vulgaire qui n'a que faire de lui, cette attraction complexe faite de mépris et d'attrait sensuel, passion sans espoir dont les élans fougueux ne sont récompensés que par de plus viles ignominies est un autre aspect de ces asservissements dont il doit faire l'amère expérience,. Des placements hasardeux lui font faire la bascule et le contraignent à supporter le joug d'un emploi abrutissant et sans intérêt : calicot pour un magasin de nouveautés. Mais une amitié heureuse et saine s'offre à lui : un homme à l'abord jovial et au commerce agréable au sein de sa famille nombreuse lui apportera le réconfort de la famille qu'il n'a guère eu et finalement l'amour.
Les joies simples vite oubliées, le déniaisement progressif à force d'enthousiasmes trop vite refroidis, les déceptions amères, la découverte du décalage entre l'idéal et la réalité, la volonté de se donner une règle de vie et un sens à cette dernière pour s'apercevoir que tout est vanité, telles sont quelques unes des étapes obligées et douloureuses par lequel Philip doit passer pour arriver à sa pleine maturité. Ce roman au très fort contenu autobiographique, propose de belles pages sur l'art et le peinture, notamment concernant Le Greco; j'ai particulièrement apprécié le tableau qu'il y fait de la bohème de Paris, de la vie licencieuse et dure des apprentis peintres. Servitude humaine est un vrai classique au sens noble du terme : beau, dur, passionnant, on y plonge avidement pour en ressortir ému et quelque part transformé.
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Bigmammy
  09 novembre 2013
Ce très gros roman, paru en 1915, est passionnant et terrible. Il raconte les 25 premières années de la vie de Philip Carey, qui deviendra médecin, comme l'était son père qu'il n'a pas connu, et connaitra sans doute le bonheur conjugal, après être passé par un chapelet de souffrances.
Après avoir perdu sa mère à 8 ans (point commun avec Maugham), il est confié à son oncle pasteur anglican, modèle d'égoïsme, de suffisance et d'avarice ; dans une petite Public school religieuse, il va faire l'expérience de la cruauté de ses condisciples, d'autant plus qu'il a un pied bot. Méprisé, parce qu'il ne fait pas de sport dans un monde scolaire qui lui est entièrement dédié, il brille cependant dans les exercices intellectuels.
Mais il rejette brutalement l'avenir ecclésiastique et petit-bourgeois que ses professeurs lui ont tracé : il part à Heidelberg, puis à Paris pour développer, parmi les rapins de Montparnasse, un talent de peintre pas très affirmé. Il comprend cependant que cette vie de « pierre qui roule » ne mène a rien ; il engage des études de médecine, en se débrouillant pour vivre dans les taudis londoniens, surtout quand une médiocre spéculation financière l'a privé de son modeste héritage.
Pendant tout ce temps il vit une histoire d'amour dévastatrice avec Mildred, une fille qui le méprise et le hait, mais dont il ne peut se passer. La relation amour-haine entre Philip et Mildred est peut être le « diamant noir » de ce roman. On appréciera aussi la description d'un grand magasin de Londres, qui doit beaucoup au Zola du « Bonheur des Dames ».
Une indication pratique : ce roman est difficile a trouver. Une réédition ne serait pas inutile !
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Anaellita
  23 février 2016
J'ai eu un mal de chien à trouver ce livre (merci LeBonCoin !) et je l'ai donc bien savouré....
C'est un petit pavé de 700 pages qui raconte la vie de Philip (plus ou moins tirée de celle de l'auteur) depuis son enfance difficile, jusqu'à l'âge adulte et son accomplissement en tant qu'homme.
On se prend vite d'affection pour ce petit gamin au pied bot, timide et complexé. Et petit à petit, ce garçonnet devient un jeune adulte qui cherche sa voie... Qui la cherche peut-être un peu trop d'ailleurs. Son indécision permanente et ses changements de carrière successifs peuvent parfois nous irriter.
Lorsque débute LA fameuse histoire "d'amour" avec Mildred, là clairement j'ai commencé à détester Philip. J'avais envie de le prendre, le taper contre un mur et de lui faire manger son pied bot ! Et en même temps, j'avais hâte à chaque page de voir jusqu'à quelle bassesse cette nana allait pouvoir le traîner !
Et puis finalement, je dirais que la morale de cette histoire, c'est qu'on peut guérir de tout : de sa timidité, de sa honte de l'infirmité, d'un amour destructeur, de la pauvreté, et de son orgueil ; et que le bonheur est parfois à portée de main !
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
CatoucatCatoucat   19 avril 2012
Alors,pourquoi lisez-vous?
Par goût d'abord,et puis parce que ça me manque autant de ne pas lire que de ne pas fumer,et aussi pour me connaître moi-même.Quand je lis, on dirait que seuls mes yeux suivent les lignes, mais, de temps à autre, je tombe sur un passage,quelque fois une simple phrase, qui m'offre une signification précise et qui devient partie intégrante de moi-même. J'ai tiré alors du livre tout ce qu'il peut me donner et je n'en sortirais pas davantage si je le lisais une douzaine de fois.Nous sommes comme un bouton de fleur; la plus grande partie de nos lectures glisse sur nous, mais certaines choses,au sens plus profond,ouvrent un pétale.Un à un , les pétales s'épanouissent,et, enfin, la fleur se forme.


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PiertyMPiertyM   13 décembre 2014
Peu à peu, il prenait l'habitude la plus exquise du monde, celle de la lecture. Sans le savoir, il se ménageait un refuge contre les tristesses de l'existence; mais il se créait aussi un monde irréel qui ferait pour lui de la réalité quotidienne une source d'amères désillusions.
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tristantristantristantristan   09 mars 2021
- Je vous hais. Je voudrais vous voir morte.
Mme Carey en perdit le souffle. (...) Dire qu'elle ne demandait qu'à aimer de tout son coeur le petit infirme abandonné! (...) Elle sortit son mouchoir et se mit à pleurer sans contrainte. Soudain, il comprit qu'elle sanglotait à cause de lui et eut du regret. Il s'approcha d'elle et l'embrassa. (...) Et la pauvre femme (...) prit le petit garçon sur ses genoux, l'entoura de ses bras et pleura comme si son coeur allait se fendre. Mais ses larmes étaient aussi des larmes de joie, car elle sentait que la glace était rompue entre eux. Elle l'aimait d'un nouvel amour, parce qu'il venait de la faire souffrir.
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FemiFemi   10 avril 2011
Peu à peu, il prenait l'habitude la plus exquise du monde, celle de la lecture. Sans le savoir, il se ménageait un refuge contre les tristesses de l'existence; mais il se créait aussi un monde irréel qui ferait pour lui de la réalité quotidienne une source d'amères désillusions.
Commenter  J’apprécie          100
stcyr04stcyr04   22 décembre 2016
L'avantage de vivre à l'étranger est qu'en observant du dehors les manières et les habitudes d'un milieu nouveau, on les juge avec détachement. Comment ne pas s'apercevoir que des principes, pour vous indiscutables, paraissent absurdes dans un autre pays?
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"Servitude humaine" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.
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