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Marie-Claire Bancquart (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070400393
242 pages
Gallimard (16/06/1998)
3.95/5   79 notes
Résumé :
Edition enrichie de Marie-Claire Bancquart comprenant une préface et un dossier sur le roman."Moi aussi, je sais une chose étrange, tellement étrange, qu'elle a été l'obsession de ma vie. Voici maintenant cinquante-six ans que cette aventure m'est arrivée, et il ne se passe pas un mois sans que je la revoie en rêve. Il m'est demeuré de ce jour-là une marque, une empreinte de peur, me comprenez-vous ? Oui, j'ai subi l'horrible épouvante, pendant dix minutes, d'une t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Ce serait probablement mentir que de prétexter que ce recueil est un très bon cru de l'auteur, mais même quand on puise dans son second choix, Maupassant reste souvent au-dessus du panier.

Comme il est d'usage dans les recueils de l'auteur, on y discerne des nouvelles assez hétéroclites ; certaines fort plaisantes, d'autres très quelconques. Sur les 17 nouvelles du recueil, seules quatre ou cinq ont attiré mon attention très favorablement, mais ces quelques-là valent vraiment le détour.

Il s'agit de : L'Enfant, émouvante nouvelle où un mari, naguère volage, apprend que son ex-maîtresse expire en lui laissant un enfant. La réaction, tant du mari que de son épouse, est poignante.

La Reine Hortense revisite un thème déjà abordé par Guy de Maupassant, (notamment dans le vieux inclus dans le recueil Contes du Jour et de la Nuit), où il est question de l'indécence des vivants face au mourant pas encore trépassé.

Le Pardon développe un autre thème cher à l'auteur abordé dans son roman Une Vie, où une femme droite, honnête et quelque peu naïve ouvre soudain les yeux sur la conduite de son époux.

Les Bijoux pourrait presque être le pendant masculin de la crédulité face aux richesses engrangées par sa femme (cela rappelle un peu aussi en inversé la nouvelle La Parure publiée également dans le recueil Contes du Jour et de la Nuit).

Et enfin, la dernière de mes nouvelles favorites de ce volume, Moiron, un instituteur vertueux devenu meurtrier par chagrin et qui est brillant de Machiavélisme...

Pour le reste, je trouve ce recueil très proche de certains tableaux évoqués dans le cycle des Rougon-Macquart d'Émile Zola. Par exemple, la nouvelle titre Clair de Lune me rappelle un peu le frère Archangias dans La Faute de L'Abbé Mouret ; Un Coup D'État m'évoque La Fortune Des Rougon ou encore La Nuit me fait penser au livre le Ventre de Paris.

Bien sûr, toutes ces considérations ne sont bien évidemment que mon avis, un très mince croissant de lune bataillant avec de très gros nuages noirs, autant dire, pas grand-chose.
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Ce recueil renferme des textes très brefs que j'ai globalement appréciés pour la qualité de la plume bien plus que pour la passion des sujets. Je me répète sûrement mais l'écriture de Guy de Maupassant est irréprochable, simple tout en dégageant un charme qui donne irrésistiblement envie de relire une seconde fois certaines phrases si pleines de notre belle langue !

C'est un abbé avec sa foi absolue qui hante le premier texte au sujet plein de charme. Celui-ci est bien persuadé que son Dieu a tout fait avec une logique que l'on ne peut remettre en doute. Tous les éléments de la nature ont leurs raisons d'être. Excepté peut-être la femme que l'abbé haïssait car elle est, selon lui, un danger et un piège pour l'homme de par son caractère aimant. Mais il suffit de la splendeur d'un clair de lune, caché habituellement à l'homme qui dort, pour l'émerveiller au point de ne plus trouver la réponse à cette question « Pourquoi Dieu avait-il fait cela ? Puisque la nuit est destinée au sommeil, à l'inconscience, au repos, à l'oubli de tout, pourquoi la rendre plus charmante que le jour, plus douce que les aurores et que les soirs, et pourquoi cet astre lent et séduisant, plus poétique que le soleil et qui semble destiné, tant il est discret, à éclairer des choses trop délicates et mystérieuses pour la lumière, s'en venait-il faire si transparentes les ténèbres ? »

On trouve de l'ironie en allant dans un bourg normand où un médecin s'exalte tout seul de la proclamation de la République puis de l'émotion en lisant la toute dernière phrase de la nouvelle L'Enfant.

Un médecin de campagne nous raconte un miracle de Noël autour d'une femme possédée et loin d'adhérer à l'histoire abracadabrante j'ai néanmoins pu déguster la beauté de la campagne immobile et silencieuse ensevelie sous un manteau de neige si parfaitement décrite par l'auteur.

Plusieurs textes parlent de l'instabilité des coeurs avec l'amour bien souvent lié à la mort. Ils sont également nombreux à exploiter le fait que, naïvement ou aveuglément, l'on ne connaît jamais réellement les personnes avec lesquelles on vit.

La plus poignante nouvelle est peut-être celle s'attardant sur le portrait d'une veille fille appelée la Reine Hortense. Elle livre une scène d'une agonisante entourée par l'égoïsme non dissimulé et absolument abject de la famille venue assister à ces dernières heures.
La plus tragique prête à un instituteur qui a perdu ses enfants la dénonciation de tous les meurtres commis par Dieu, l'accusant de massacreur…
La plus triste s'attache à un ancien cocher qui finit ses jours dans un asile parce qu'il s'était laissé attendrir par une chienne abandonnée, un « squelette de bête. » le ton est tout d'abord burlesque en relatant le trop grand besoin d'amour de cette chienne qui rameute tous les chiens à des kilomètres à la ronde mais tout se termine enseveli sous une grande tristesse.

J'ai bien aimé La nuit, un texte très efficace qui montre un Paris sous les lueurs des becs de gaz puis sous les angoissantes ténèbres. Une belle passion de la nuit, terriblement bien exprimée, qui vire au cauchemar.

Ces toutes petites nouvelles se lisent très vite, l'une nous porte immédiatement vers la suivante même si j'ai jugé que la moitié des histoires ne représentaient pas un réel intérêt. Je les ai lues en tournant délicatement les pages d'un vieux livre qui va bientôt fêter son siècle puisqu'il a été imprimé à Évreux en juillet 1926, une collection de l'auteur héritée de mon arrière-grand-père. Pour cela, elles ont cette saveur particulière des vielles choses et des vieux écrits qui réussissent à traverser les décennies qui nous séparent et nous unissent simultanément.
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J'ai coutume de dire que les recueils de nouvelles De Maupassant sont comme des paquets de friandise dans lesquels on vient piocher par gourmandise et qui offrent toujours la surprise d'un parfum différent.
Ce «paquet»-là est assez fourni avec ses 17 nouvelles, et je dois avouer ne pas avoir fait bonne pioche à chaque coup, certains « bonbons » m'ayant paru plus fades que d'autres.
On y trouve quand même quelques pépites dans ces contes que l'on peut prétendre reliés par le clair obscur lunaire, tantôt fantasques, tantôt sombres.
C'est le cas de « La nuit Cauchemar », ballade hallucinée d'un amateur de nuit dans un Paris qui sombre dans une effrayante obscurité.
Cest le cas également de « L'enfant » (celui du chapitre 18, deux nouvelles portant le même nom) dans lequel Maupassant se fait l'avocat, à travers un récit plutôt gore, des individus gouvernés par leurs sens.
Ou encore « Moiron » qui explore la face obscure de la croyance en une entité divine avec un homme qui sur son lit de mort fait, après une vie de meurtres, le procès de Dieu.
Une petite dernière, plus légère pour vous donner envie : « Les bijoux » qui est en effet un petit bijou d'ironie, avec cette jeune épouse provinciale qui avait l'air si sage et économe, ne s'offrant pour seul luxe que quelques bijoux de pacotille… pacotille, vraiment ?
Je retire ce que j'ai dit plus haut : les 7 nouvelles que j'ai trouvées savoureuses, piquantes et poivrées, auront finalement bien suffi à relever le goût et le plaisir de l'ensemble.
Bon appétit !

Challenge XIXème siècle édition 2018
Challenge Multi-défis 2018

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Ce recueil regroupe 17 nouvelles. La plupart ont été publiées dans les journaux en 1882 et 1883 mais certaines dates de 1887-1888.
Il est difficile de trouver un point commun entre elles, ce ne sont pas des histoires normandes ou du moins pas exclusivement. Il y est tout de même assez souvent question de mariage et/ou d'amour : Clair de l'une, L'enfant, le pardon, Une veuve, Les bijoux, La porte, le père, Nos lettres.
Parmi mes préférées figure la Reine Hortense. le sujet n'est pas nouveau, l'indifférence des héritiers à la mort d'une parente. La légende du Mont Saint Michel raconte la lutte de Saint Michel et du diable vue par un paysan normand. Savoureux. Un coup d'état met en scène un médecin qui s'enflamme à la nouvelle du désastre de Sedan, et de la proclamation de la République tandis que le maire monarchiste s'est enfermé dans la mairie sous les yeux des administrés qui restent de marbre.
On retrouve souvent après un récit assez émouvant une réflexion terre à terre d'un auditeur (Une veuve) ou d'un protagoniste (la Reine Hortense).
Beaucoup m'ont évoqué, parfois en négatif, une autre nouvelle comme La Parure à propos de Les bijoux.
Lire Maupassant n'est de toute façon jamais une déception.

Lu dans le cadre du challenge XIXè siècle 2015
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Cela faisait un long moment que je n'avais pas lu un texte écrit par Guy de Maupassant.
Une chouette nouvelle sur la vendetta corse, déposée comme un bonbon à la fin de Colomba, m'a rappelé combien j'aimais cet auteur au sortir du lycée.

Je me suis donc procuré Clair de lune. C'est un recueil d'une quinzaine de nouvelles qui m'a permis de replonger plus profondément au coeur des atmosphères si chères à l'auteur que j'ai vénéré jadis.

Et bien, la magie opère toujours !

Chacune de ces courtes histoires, quand bien même certaines sont moins évocatrices que d'autres, bénéficie du talent incroyable De Maupassant à plonger instantanément ses lecteurs dans une atmosphère précise, à côtoyer des personnages dont on aurait presque l'impression de les avoir connu ou d'avoir entendu parler d'eux. Les descriptions sont magistrales, le style incisif, et les thématiques variées.

Clair de lune est un recueil qui rappelle également combien Maupassant avait cette faculté inouïe de toucher l'âme de l'humain, d'évoquer ses faiblesses, la noirceur de certains de ses penchants, mais aussi de décrire la sagesse toute simple de certains personnages, la vertu inattendue de certains autres.

Maupassant savait en tout cas donner à ses paysages une force peu commune, à ses protagonistes un réalisme saisissant, aux situations les plus banales une intrigante profondeur.

Par ailleurs un certain penchant pour le registre de l'angoisse, du surnaturel, se retrouve également dans quelques-uns des textes ici présents.

Un beau recueil, dont je n'avais jamais entendu parler auparavant, qui m'a totalement séduit.
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
C’était la fille d’un percepteur de province, mort depuis plusieurs années. Elle était venue ensuite à Paris avec sa mère, qui fréquentait quelques familles bourgeoises de son quartier dans l’espoir de marier la jeune personne. Elles étaient pauvres et honorables, tranquilles et douces. La jeune fille semblait le type absolu de l’honnête femme à laquelle le jeune homme sage rêve de confier sa vie. Sa beauté modeste avait un charme de pudeur angélique, et l’imperceptible sourire qui ne quittait point ses lèvres semblait un reflet de son cœur.
Tout le monde chantait ses louanges ; tous ceux qui la connaissaient répétaient sans fin : « Heureux celui qui la prendra. On ne pourrait trouver mieux. »
M. Lantin, alors commis municipal au ministère de l’intérieur, aux appointements annuels de trois mille cinq cents francs, la demanda en mariage et l’épousa.
Il fut avec elle invraisemblablement heureux. Elle gouverna sa maison avec une économie si adroite qu’ils semblaient vivre dans le luxe. Il n’était point d’attentions, de délicatesses, de chatteries qu’elle n’eût pour son mari ; et la séduction de sa personne était si grande que, six ans après leur rencontre, il l’aimait plus encore qu’aux premiers jours.
Il ne blâmait en elle que deux goûts, celui du théâtre et celui des bijouteries fausses.

LES BIJOUX.
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Alors le docteur, éperdu d’orgueil, revint vers la foule. Dès qu’il fut assez près pour se faire entendre, il cria : « Hurrah ! hurrah ! La République triomphe sur toute la ligne. »
Aucune émotion ne se manifesta.
Le médecin reprit : « Le peuple est libre, vous êtes libres, indépendants. Soyez fiers ! »
Les villageois inertes le regardaient sans qu’aucune gloire illuminât leurs yeux.
À son tour, il les contempla, indigné de leur indifférence, cherchant ce qu’il pourrait dire, ce qu’il pourrait faire pour frapper un grand coup, électriser ce pays placide, remplir sa mission d’initiateur.
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C'est d'ailleurs une chose curieuse et intéressante à noter que la facilité des hommes, de tous les hommes, et même des femmes,d e toutes les femmes, à se laisser tromper. Nous sommes pris aux moindres ruses de tous ceux qui nous entourent, de nos enfants, de nos amis, de nos domestiques, de nos fournisseurs. L'humanité est cédule; et nous ne déployons point pour soupçonner, deviner et déjouer les adresses des autres le dixième de la finesse que nous employons quand nous voulons, à notre tour, tromper quelqu'un.
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Mais chez ceux-là que le hasard a fait passionnés, madame, les sens sont invincibles. Pouvez-vous arrêter le vent, pouvez-vous arrêter la mer démontée? Pouvez-vous entraver les forces de la nature? Non. Les sens aussi sont des forces de la nature, invincibles comme la mer et le vent. Ils soulèvent et entraînent l'homme et le jettent à la volupté sans qu'il puisse résister à la véhémence de son désir. Les femmes irréprochables sont les femmes sans tempérament.
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Je gagnai les Champs-Élysées où les cafés-concerts semblaient des foyers d’incendie dans les feuillages. Les marronniers frottés de lumière jaune avaient l’air peints, un air d’arbres phosphorescents. Et les globes électriques, pareils à des lunes éclatantes et pâles, à des œufs de lune tombés du ciel, à des perles monstrueuses, vivantes, faisaient pâlir sous leur clarté nacrée, mystérieuse et royale, les filets de gaz, de vilain gaz sale, et les guirlandes de verres de couleur.
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Videos de Guy de Maupassant (78) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guy de Maupassant
Paul fournel Imagine Claudine - éditions P.O.L -Où Paul Fournel tente de dire de quoi et comment est composé "Imagine Claudine" son nouveau recueil de nouvelles et où il est question de Claudine et de Chamoison, De Maupassant et Jean-Noël Blanc, du plaisir d'écrire des nouvelles et de la page blanche, à l'occasion de la parution d'"Imagine Claudine" aux éditions P.O.L à Paris le 29 avril 2024
"Le temps passe, le village change. La ville se rapproche et Claudine devient riche. En ville, être riche c'est aller au massage, se faire livrer à manger par de jeunes cyclistes, c'est faire les vitrines chaque jour, c'est porter une robe différente par semaine, c'est aller au restaurant quand ça vous chante, c'est arrêter un taxi d'un geste de la main. Au village, être riche consiste à cacher son argent et à s'arranger pour donner des imaginations, des envies et des jalousies sournoises à tout le monde. Entre les deux, Claudine hésite."
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