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Jacques Chessex (Autre)Louis Forestier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253006777
Éditeur : Le Livre de Poche (01/07/1979)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 1033 notes)
Résumé :
Des récits pour les soirées de chasse, après les longues marches, l'attente et la fatigue du jour.Histoires de la campagne, cette Normandie natale que l'auteur évoque avec une tendresse narquoise et la hantise du plaisir vif

Paysans rusés, fermiers misérables, chasseurs bons vivants, à travers cette galerie de personnages solidement campés, ces contes du terroir normand disent un réel saisissant d'humanité, en mêlant tous les registres, du comique au ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  10 septembre 2012
Progéniture vicieuse, pingrerie, cruauté, couardise, adultère, fanfaronnade et autres qualités humaines...
Guy de Maupassant n'est décidément jamais tendre avec le genre humain. Au fil de ces contes, présentés à la manières d'histoires qu'on se raconterait le soir autour d'un repas plantureux et d'une bonne bouteille (ainsi "La bécasse" qui ouvre le recueil est plus une introduction qu'une nouvelle), vous lirez les mille petits vices, cachés ou ostensibles dont l'auteur aimait à allonger la liste et à brosser le portrait.
Balourdise, jeu de dupe, et aventures galantes dans "Ce cochon de Morin"; douleur, cruauté et dommage de guerre collatéral dans "La folle"; avarice maladive et mesquinerie dans "Pierrot"; nostalgie dans "Menuet"; angoisse dans "La peur"; mauvais goût et orgueil mal placé dans "Farce normande"; naïveté et abus de pouvoir dans "Les sabots"; snobisme, mépris, égoïsme et fidélité tellement poignante qu'elle en devient maladive dans "La rempailleuse"; rudesse, avarice et insensibilité dans "En mer"; insolite exploitation de la crédulité dans "Un normand"; règlement de comptes posthumes dans "Le testament"; pauvreté, mesquinerie et immoralité dans "Aux champs"; manipulation et pêché d'orgueil dans "Un coq chanta"; adultère et conséquences dans "Un fils"; mépris et dommage de guerre collatéral dans "Saint-Antoine" et enfin, toute l'ironie et le caustique dont est capable Maupassant pour dénoncer la couardise dans "L'aventure de Walter Schnaffs".
Si je devais vous en conseiller certaines, mes faveurs iraient à "Pierrot", "La rempailleuse", "En mer", "Aux champs" et "Saint-Antoine" mais c'est bien sûr très subjectif.
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scarlett12
  27 novembre 2017
Avec une ironie mordante, Maupassant nous décrit en 17 nouvelles les travers de la société normande pourtant si chère à son coeur.
Tout y passe avec un humour noir, acide, sous l'oeil acéré de l'écrivain : la cupidité, l'avarice, l'orgueil, la bêtise, la débauche, l'ingratitude, la vantardise.
Et règne en maître la cruauté et l'injustice.
Sous ses dehors sardoniques, Maupassant juge durement ses contemporains et nous dévoile leurs aspects les plus sombres.
J'ai apprécié qu'il mette dans la bouche des paysans le jargon savoureux de ceux-ci. Exemple : " Ca s'rait p't-etre bon,c'te place chez maitr' Omont, vu que le v'là veuf, que sa bru l'aime pas, qu'il est seul et qu'il a d'quoi. J'ferions p't-être ben d'y envoyer Adélaïde" ( Les sabots)
Il n'empêche que cette cruauté , cette lâcheté sont parfois difficile à supporter.
Les nouvelles qui m'ont le plus touchée sont "la folle", une pauvre femme qui a perdu, en un seul mois, son père, son mari et son enfant nouveau-né.
Foudroyée par le chagrin, elle s'alite, muette, et refuse désormais de se lever jusqu'à ce que les Prussiens la jettent sur son matelas, dans la neige des bois où les loups la dévoreront. "Pierrot est une des plus tristes et sinistres de ce recueil. Une femme avare, lasse de dépenser ses sous à nourrir son chien, le précipite dans une marnière où la pauvre bête va mourir de faim puis dévorée par un autre chien plus fort que lui. Et puis "la rempailleuse", l'histoire d'un amour fou de cette femme pour un homme qui ne l'aime pas mais profite d'elle qui lui donne puis lui lègue tout son argent.
Fou, Maupassant ? Pas tant que ça mais lucide et pessimiste assurément !
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sabine59
  08 décembre 2016
Installons-nous avec le vieux baron Des Ravots à sa table, réunissant les chasseurs, et écoutons les " contes", histoires bien réalistes ( quoique pas toujours), de ses convives, désignés par le bec pointu de la bécasse...
Toute l'âme paysanne normande du 19ème siècle, faite de roublardise, de bon sens, d'âpreté au gain et de gourmandise de la vie s'épanouissent, dans un grand nombre de ces contes, pour notre bonheur de lecteur.
Désirez-vous un peu de gaillardise et d'inattendu ? Lisez donc " Ce cochon de Morin" !
Quelques facéties normandes un peu grasses ? " Farce normande" et " Un normand" vous satisferont.
L'avarice poussée à l'extrême ? Rencontrez Madame Lefèvre, qui veut bien nourrir un " quin" mais pas payer l'impôt .Le pauvre " Pierrot" sera la victime de ce défaut...
L'adoption et ses ambivalences ? " Aux champs" l'illustrera.
Dans ce recueil de nouvelles se retrouvent par ailleurs des thèmes assez obsessionnels de l'auteur, qu'il développera ensuite dans ses romans: celui notamment de l'enfant illégitime , qui sera exploité dans " Pierre et Jean". Et on voit poindre, à travers des récits pourtant bien ancrés dans la réalité campagnarde de l'époque, l'attirance De Maupassant pour l'irrationnel, le fantastique.Je pense en particulier à " La Peur" et " La Tentation de Saint-Antoine".
En tout cas, on peut dire que les noirceurs des âmes sont bien mises en relief, Maupassant est pessimiste dans la peinture de ses semblables.
Le ton est tour à tour humoristique, caustique, dramatique,inquiétant.La verve d'écriture est réjouissante, l'emploi du patois normand donne une saveur indéniable aux histoires racontées.
Ma préférence va à " La rempailleuse", triste passion amoureuse d'une vie et " La Peur", aux ombres hallucinatoires fascinantes.
Ce livre est pour moi intemporel, car tellement révélateur , au-delà du contexte d'une période historique et d'une région, des comportements humains, analysés avec une grande finesse d'observation , des drames qui jalonnent la vie, des passions et des vices de chacun.
Des contes qui comptent et compteront toujours, à coup sûr!
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Tatooa
  19 juillet 2016
J'adore Maupassant pour ses personnages. Ma fille me disait "j'aime pas trop, ses nouvelles, il n'y a pas de morale, rien, juste une histoire, triste, souvent". Et je lui ai répondu : "c'est comme la vie, donc".
Comme la vie. Comme les gens. J'ai lu ce livre pour l'item "conte" du multi-défi, mais il aurait bien trouvé sa place dans les péchés capitaux, aussi. Ils y sont tous ! Ce bougre De Maupassant est sans concession, sans fard et sans illusions sur ses contemporains.
Cela se lit sans aucune difficulté, facilement, et laisse une impression d'ironie féroce, mais parfois aussi d'amertume profonde d'un homme sensible devant l'idiotie banale des gens dits "normaux. Il nous décrit la folie quotidienne des hommes, quoi... C'est amusant, j'ai eu une discussion sur le sujet pas plus tard qu'hier avec une amie psy, avec laquelle nous parlions de ces "fous" officiels (inadaptés), qui ne sont que les victimes hypersensibles et détruites, de ceux qui sont bien adaptés à la société et passent inaperçus, en faisant des ravages...
J'aime beaucoup Maupassant, car il fait résonance en moi, et j'ai trouvé ces petits "contes" (fort noirs et fort glauques) tous aussi bons les uns que les autres.
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rabanne
  25 mars 2017
Dix-sept nouvelles réalistes, teintées de cruauté et d'ironie. Une satire sociale sur la bourgeoisie et le monde paysan au coeur de la Normandie du 19ème siècle.
Des portraits grinçants et saisissants, des situations souvent dramatiques, où aucun personnage n'est épargné par Maupassant...
Un recueil qui se lit vite. Très plaisant !
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Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
TatooaTatooa   17 juillet 2016
Ma mère, Mme de Courlis, était une pauvre petite femme timide, que son mari avait épousé pour sa fortune. Toute sa vie fut un martyre. D'âme aimante, craintive, délicate, elle fut rudoyée sans répit par celui qui aurait du être mon père, un de ces rustres qu'on appelle des gentilshommes campagnards.
Au bout d'un mois de mariage, il vivait avec une servante. Il eut en outre pour maîtresses les femmes et filles de ses fermiers ; ce qui ne l'empêcha point d'avoir deux enfants de sa femme ; on devrait compter trois, en me comprenant. Ma mère ne disait rien ; elle vivait dans cette maison toujours bruyante comme ces petites souris qui glissent sous les meubles. Effacée, disparue, frémissante, elle regardait les gens de ses yeux inquiets et clairs, toujours mobiles, des yeux d'être effaré que la peur ne quitte pas.
(Dans "Le testament")
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Nastasia-BNastasia-B   13 juillet 2012
La nuit vint deux heures plus tôt, tant le ciel était sombre. J’avais pour guide un paysan qui marchait à mon côté, par un tout petit chemin, sous une voûte de sapins dont le vent déchaîné tirait des hurlements. Entre les cimes, je voyais courir les nuages en déroute, des nuages éperdus qui semblaient fuir devant une épouvante. Parfois, sous une immense rafale, toute la forêt s’inclinait dans le même sens avec un gémissement de souffrance ; et le froid m’envahissait, malgré mon pas rapide et mon lourd vêtement. Mon guide, par moments, levait les yeux et murmurait : « Triste temps ! » Les ténèbres étaient profondes. Je ne voyais rien autour de moi et toutes les branches entrechoquées emplissaient la nuit d’une rumeur incessante.
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ElGatoMaloElGatoMalo   18 février 2015
... le père, un vieux petit paysan sec et ridé, s'assit devant la table, pendant que sa femme décrochait la marmite et que sa fille Adélaïde prenait dans le buffet les verres et les assiettes, et il dit : « Ça s'rait p'têtre bon, c'te place chez maîtr' Omont, vu que le v'là veuf, que sa bru l'aime pas, qu'il est seul et qu'il a d'quoi. J'ferions p'têtre ben d'y envoyer Adélaïde. »
[...]
L'homme reprit : « Il a d'quoi, pour sûr. Mais qu'il faudrait être dégourdi et qu'Adélaïde l'est pas un brin. »
La femme alors articula : « J'pourrions voir tout d'même. » Puis, se tournant vers sa fille, une gaillarde à l'air niais, aux cheveux jaunes, aux grosses joues rouges comme la peau des pommes, elle cria : « T'entends, grande bête. T'iras chez maît' Omont t'proposer comme servante, et tu f'ras tout c'qu'il te commandera. »
La fille se mit à rire sottement sans répondre. Puis tous trois commencèrent à manger.
Au bout de dix minutes, le père reprit : « Écoute un mot, la fille, et tâche d'n' point te mettre en défaut sur ce que j'vas te dire... »
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scarlett12scarlett12   27 novembre 2017
Elles allaient à grands pas, comme des maraudeuses, à travers la plaine. Bientôt elles aperçurent la marnière et l'atteignirent, Mme Lefèvre se pencha pour écouter si aucune bête ne gémissait. - Non - il n'y en avait pas; Pierrot serait seul. Alors Rose qui pleurait, l'embrassa, puis le lança dans le trou; et elles se penchèrent toutes deux, l'oreille tendue.
Elles entendirent d'abord un bruit sourd; puis la plainte aiguë, déchirante, d'une bête blessée, puis une succession de petits cris de douleur, puis des appels désespérés, des supplications de chien qui implorait, la tête levée vers l'ouverture.
Il jappait, oh ! il jappait !
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Nastasia-BNastasia-B   21 août 2012
L’automne, l’automne merveilleux, mêlait son or et sa pourpre aux dernières verdures restées vives, comme si des gouttes de soleil fondu avaient coulé du ciel dans l’épaisseur des bois. Au lieu de continuer tout droit, mon ami tourna vers la gauche, et, prenant un chemin de traverse, s’enfonça dans le taillis. Et bientôt, au sommet d’une grande côte nous découvrions la magnifique vallée et le fleuve tortueux s’allongeant à nos pieds. Sur la droite, un tout petit bâtiment couvert d’ardoises et surmonté d’un clocher haut comme une ombrelle s’adossait contre une jolie maison aux persiennes vertes, toute vêtue de chèvrefeuilles et de rosiers.
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