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Louis Forestier (Préfacier, etc.)Francis Marcoin (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253046547
186 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1988)
4.03/5   634 notes
Résumé :
Ces contes dosent en un mélange harmonieusement équilibré toutes les composantes de l'art de Guy de Maupassant. Ce sont d'abord les petites et grandes misères des humbles, à la ville ou à la campagne, contées sur le monde mineur, que nuance un sourire, parfois un rire moqueur, souvent un ricanement féroce. Ce sont aussi et surtout les récits qui tiennent en haleine le lecteur, ouvrant sous ses pas un gouffre insoupçonné. La Mort est présente, invisible parfois, mais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
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sur 634 notes
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Nastasia-B
  14 juillet 2013
Il n'est jamais aussi bon, ce diable De Maupassant, que quand il jette son dévolu sur les déshérités, les petites gens mesquines ou les pauvres bougres pitoyables.
Comme son nom l'indique, ce recueil explore des directions contradictoires, pas toujours avec le même bonheur, mais il s'agit, à n'en pas douter d'un des bons recueils de l'auteur.
La nouvelle la plus connue du recueil est probablement La Parure, sorte de descente aux enfers d'une brave et belle jeune femme par péché d'orgueil et de paraître, mais ce n'est pas celle qui me plaît le plus dans ce livre.
J'ai mieux aimé les coins glauques que nous dépeint l'auteur, notamment dans L'Ivrogne ou le Gueux, ou bien encore l'absence de sens moral paysan dans le Vieux.
J'élève sans peur ces trois nouvelles en mon panthéon personnel des nouvelles De Maupassant.
Vous y trouverez encore mille ravages des comportements adultérins comme dans le Père, L'Aveu, le Petit, certains souvenirs coloniaux issus des voyages ou rencontres de voyages de l'auteur comme La main ou Tombouctou, les dénonciations de la cruauté infligée aux animaux comme dans Coco ou La Roche Aux Guillemots, mais aussi les jalousies et les souffrances des écorchés de la vie comme dans le Bonheur, Histoire Vraie, La Confession ou Un Lâche, les angoisses du temps qui passe comme dans Souvenir ou Adieu, les vengeances meurtrières comme dans Une Vendetta ou Un Parricide.
Bref, du Maupassant pur jus, qui ne s'intéresse guère qu'aux côtés obscurs qui siègent en chacun de nous.
Le recueil contient au total vingt et une nouvelles et donc en plus des nouvelles sus-mentionnée, vous trouverez également dans ce recueil : le Crime Au Père Boniface, gentille farce sur la naïveté d'un facteur et Rose, une femme de chambre au-dessus de tous soupçons... vraiment tous ?
S'il me faut me prononcer, je considère qu'il s'agit d'un bon recueil mais pas le meilleur de son auteur.
Mais une fois encore, tout ceci, n'est bien sûr que mon avis, c'est à dire, pas grand-chose.
N. B. : il n'est pas impossible que la nouvelle intitulée Histoire Vraie ait fortement inspiré la célèbre chanson "Mirza" de Nino Ferrer, car jugez plutôt :
"Toutes les fois que j'y pense, ça me rappelle Mirza, ma chienne, que j'avais vendue au comte d'Haussonnel et qui revenait tous les jours, dès qu'on la lâchait, tant elle ne pouvait me quitter. À la fin je m'suis fâché et j'ai prié l'comte de la tenir à la chaîne."
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berni_29
  04 juillet 2020
Contes du jour et de la nuit est un recueil de nouvelles écrites par Guy de Maupassant. Comme il est évoqué dans le titre, ces nouvelles qui relatent des épisodes de la vie quotidienne, sont contrastées, passant du jour à la nuit, du clair à l'obscur. Ce sont parfois des scènes de la vie de tous les jours ou bien des faits divers, de petits tableaux saisis dans le vif où s'agitent des personnages ordinaires ou extraordinaires, tendres ou sordides, mesquins ou généreux, cruels ou malheureux, victimes ou bourreaux... Même les paysages qui accueillent ces courts récits sont baignés de ce contraste. Il y a parfois la lumière berçant le paysage, qui n'est toutefois pas la même lorsqu'il s'agit du Pays de Caux ou bien d'Ajaccio. La mer pareillement, celle de la Manche ou de la Méditerranée, n'a pas les mêmes reflets ici ou là. Et puis parfois la lumière se retire comme une vague, laissant le paysage plongé dans les ténèbres. Même la nature a dans ces contes une manière de vous séduire puis de vous abandonner à votre propre sort, tandis que les coeurs aussi se plongent parfois dans des ténèbres abyssales.
Maupassant n'a pas son pareil pour nous prendre la main et venir nous entraîner dans la réalité crue où la nature humaine peut dévoiler parfois le meilleur comme le pire. Ici, avouons-le d'emblée, c'est tout de même le pire qui domine dans ces nouvelles.
Maupassant est un magnifique peintre de l'âme humaine. En fin observateur et chroniqueur, il nous restitue les personnages de ces nouvelles dans une authenticité saisissante. J'y ai découvert un réalisme cynique qui fait parfois froid dans le dos. L'auteur ne juge pas, il révèle, dévoile ces êtres avides, méchants, idiots, lâches, naïfs, cupides, fragiles, pervers, infidèles, ivrognes, goujats, bon j'arrête là le florilège de qualités ! mais en tous cas ce sont là quelques caractères tels qu'ils sont dans l'ironie de leurs destins... Dans ce désastre, j'ai pensé à cette citation célèbre : « L'homme est un loup pour l'homme ».
Les a-t-il connus, tous ces personnages dépeints ici, ou peut-être du moins celles et ceux qui les ont inspirés ? J'en serai à peine étonné. Certes il y a l'imaginaire de l'écrivain, mais Maupassant a un partis pris, celui d'aller chercher la part sombre du genre humain, gratter là où ça n'est pas beau, là où ça fait mal, là où c'est sombre et glauque...
Un facteur un peu naïf s'agissant des affaires de l'amour, un enfant cruel avec un vieux cheval usé, un vieux qui n'en finit pas de mourir, un enfant abandonné qui demande réparation, un ivrogne qui rentre chez lui, un homme et une femme qui décident de s'aimer contre la destinée qui n'était pas la leur... Parfois on effleure dans ces contes la folie ordinaire.
Dans cette ironie du sort qui fonde bon nombre de ces nouvelles, on pourrait se demander : qui du destin ou de celui qui raconte l'histoire est le plus cruel ?
Autre contraste aussi pertinent que celui du jour et de la nuit : l'illusion de l'instant et les outrages du temps. Terriblement cruel !
Sous les mots et la peinture De Maupassant, connaissant un peu l'auteur, j'ai pensé qu'il n'est pas étonnant de voir les personnages féminins naître, tenter quelques escapades vers un bonheur furtif, croire en l'amour, même s'il est vain, se perdre et s'abimer dans un quotidien qui détruira leurs dernières illusions.
Passés le désir et les premiers émois amoureux, les désillusions viennent vite... « Il n'y a pas d'amour heureux », disait Aragon.
Le bonheur entrevu un soir est-il un mirage, un cauchemar, quelque chose d'éphémère ?
Dans ces contes, l'amour devient vite une pulsion destructrice, éros et thanatos sont ici au rendez-vous.
Parfois le fantastique n'est jamais loin, ou du moins l'inexplicable, aime à préciser un des personnages de cette saisissante nouvelle qu'est La Main.
Parfois je me suis demandé si ces personnages n'étaient pas des marionnettes qui s'agitent dans les mains diaboliques De Maupassant pour son plus grand plaisir tant il m'a semblé sentir presque une jubilation de l'auteur face à la vacuité de l'humanité...
Parfois il confie la narration à d'autres personnages , on sait ce procédé de narration très efficace et ici il fait mouche à plusieurs reprises.
J'ai imaginé Maupassant chasseur de faits divers dans la presse locale. C'est un conteur hors pair, talentueux dans la manière de décrire, autant la beauté et la force de la nature et des paysages que l'insignifiance des personnages qui les habitent.
À la fin de cette lecture, je me suis demandé ce que serait Maupassant de nos jours, quel regard il porterait sur nos faits divers, sur notre humanité ordinaire, quelle serait sa manière de s'en emparer et de les retourner vers nous comme de cruels miroirs...
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peloignon
  26 février 2013
Les personnages des Maupassant sont des êtres creux, insipides et fragiles, comme des coquilles d'oeuf se tenant sur une pointe d'épingle. Un petit rien, l'équilibre est rompu et le tout est redevenu poussière.
Malgré cela, on finit toujours par se laisser gagner car il ne nous les impose que l'instant de quelques phrases, toutes pleines d'un style à couper le souffle. Car tout est là, chez Maupassant, dans ce style, et, si les personnages ne sont rien, ils ne comptent plus pour nous non plus, car leur être devient ce style même et plus rien d'autre.
In other words : cela ne se lit pas, mais se regarde, sauf si l'on y correspond dans son être même…
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Allantvers
  01 juillet 2016
Il y a quelque chose du paquet de bonbons colorés et délicieusement acidulés dans les recueils de nouvelles De Maupassant : quand on en a gouté une, on a du mal à s'arrêter de piocher dans la diversité des parfums et saveurs de ces textes. C'est d'autant plus vrai avec ces « Contes du jour et de la nuit » car chacune de la vingtaine de nouvelles que compte ce recueil ne faisant qu'une dizaine de pages, on se dit qu'une de plus ne peut faire de tort à sa ligne.
De ce bouquet de saveurs, je retiens le souvenir rémanent de celles qui chatouillent la gorge (dont la joyeuse bouffonnerie « Crime au père Boniface » et la grinçante « le lâche »), celles qui la piquent (« Parricide » ou la vengeance d'un enfant abandonné, ou encore « le vieux » qui n'en finit pas de mourir), celles qui font pleurer les yeux (le renoncement à la richesse pour « le bonheur », la détresse misérable du « Gueux »), celles qui restent coincées dans les dents (comme cette « Rose » qui s'avère l'être bien moins qu'elle n'en a l'air), et plus encore celle qui fait tout cela à la fois (« Adieu ») en traversant le gosier comme l'inexorable passage du temps.
Tant de vie en si peu de lignes, tant de drames en si peu de prose, tant de caractères en si peu de pages, pourquoi se priver ?
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Nadael
  19 avril 2012
Maupassant est décidemment le maître de la nouvelle, il manie ce genre avec art. En peu de pages, il réussit un tour de force. Aux premiers mots, le lecteur se sent happé par l'histoire qu'il nous raconte : il plante le paysage, fixe l'ambiance, nous dévoile ses personnages avec lenteur en gardant leur part de mystère pour la toute fin. On sent que quelque chose se trame, mais rares sont ceux qui en connaissent la teneur. La lecture est souvent oppressante, la tension monte crescendo. Et c'est la chute. Surprenante, toujours.
Des histoires en clair-obscur qui débutent, pour la plupart, par une belle description de la nature environnante souvent lumineuse, et s'assombrissent au fur et à mesure de la lecture. Maupassant y parle des hommes et des femmes de toutes origines ; des paysans de Normandies aux bourgeois de la Riviera, la misère des uns, la fortune des autres, les gens des villes et ceux de la terre.
Il évoque tour à tour l'amour souvent contrarié, la mort indicible mais inévitable, les enfants illégitimes, l'adultère, la jeunesse qu'il confronte fréquemment à la vieillesse – la fuite du temps, incontrôlable – , les apparences trompeuses , l'envie, l'étrangeté, la cupidité... Chez Maupassant, il y a du Baudelaire, du Edgar Alan Poe, du Flaubert, bien sûr. Il rend compte de la bêtise des hommes et de l'horreur qu'elle peut engendrer parfois, si on n'y prend pas garde.
Lire des contes De Maupassant procure une sorte de vertige car si certaines histoires font sourire, d'autres mettent mal à l'aise. Et ces dernières sont enveloppées d'un style incroyable ; des descriptions sublimes et oniriques des paysages à la beauté des femmes, de la tristesse des hommes à leur brutalité... Les Fleurs du Mal résonne sans cesse autour de ces contes. L'écriture romanesque est alerte et belle, tantôt légère, tantôt lourde, entrelaçant le parler pâtois du monde paysan et le phasé pompeux des bourgeois. A travers ses mots, l'auteur nous livre finalement le reflet d'une époque désenchantée.
le recueil compte vingt nouvelles, voici quelques mots sur quatre d'entre elles :
Dans La parure, on sent qu'Emma Bovary n'est pas loin. Une jeune femme envie tant les dames de la bonne société qu'elle se fait prêter par l'une d'elles une ravissante parure pour un soir. Malencontreusement, ce bijou disparaît. Elle et son mari passeront une bonne partie de leur vie à rembourser l'objet. Son rêve qui lui était si cher finit par la ruiner... jusqu'au dernier coup de théâtre qui la détruit totalement.
le vieux se meurt auprès de sa famille. Ses jours sont comptés désormais. Ses proches par soucis d'organisation anticipent les choses en invitant les amis et voisins à venir veiller le vieux. Mais, ce dernier tarde à mourir.
Rose est la nouvelle femme de chambre d'une bourgeoise qui ne tarit pas d'éloges pour elle. Mais, les apparences sont parfois trompeuses !
Dans un parricide, le lecteur suit le supplice d'un enfant illégitime, lâchement abandonné par ses parents dont il deviendra l'assassin.

Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   27 septembre 2012
Le boulevard, ce fleuve de vie, grouillait dans la poudre d’or du soleil couchant. Tout le ciel était rouge, aveuglant ; et une immense nuée flamboyante jetait dans toute la longue avenue une oblique averse de feu, vibrante comme une vapeur de brasier. La foule gaie, palpitante, allait sous cette brume enflammée et semblait dans une apothéose. Les visages étaient dorés ; les chapeaux noirs et les habits avaient des reflets de pourpre ; le vernis des chaussures jetait des flammes sur l’asphalte des trottoirs. Devant les cafés, un peuple d’hommes buvait des boissons brillantes et colorées qu’on aurait prises pour des pierres précieuses fondues dans le cristal.
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Nastasia-BNastasia-B   27 septembre 2012
Le vent du nord soufflait, d’énormes nuages, lourds et noirs, jetaient en passant des averses furieuses. La mer démontée mugissait et secouait la côte, précipitant sur le rivage des vagues énormes, qui s’en venaient l’une après l’autre, hautes comme des montagnes, éparpillant dans l’air, sous les rafales, l’écume blanche de leurs têtes. L’ouragan s’engouffrait dans le petit vallon, arrachant les ardoises des toits, brisant les auvents, abattant les cheminées. On ne pouvait marcher qu’en se tenant aux murs, et les enfants eussent été enlevés comme des feuilles et jetés par-dessus les maisons. On avait hâlé les barques de pêche par crainte de la mer qui allait balayer la plage et quelques matelots regardaient le fracas des éléments en furie.
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patrick75patrick75   08 mai 2012
L'Italie, ou chaque palais, plein de chefs-d'oeuvre, est un chef-d'oeuvre lui même, ou le marbre, le bois, le bronze, le fer, les métaux et les pierres attestent le génie de l'homme, ou les plus petits objets anciens qui traînent dans les vieilles maisons révèlent ce divins souci de la grâce, est pour nous tous la patrie sacrée que l'on aime parce qu' elle nous montre et nous prouve l'effort, la grandeur, la puissance et le triomphe de l'intelligence créatrice.
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berni_29berni_29   28 juin 2020
Une cloche d'église sonnait au loin.
Et, tout doucement, ils s'embrassèrent, puis s'etreignirent, étendus dans l'herbe, sans conscience de rien que de leur baiser. Elle avait fermé les yeux et le tenait à pleins bras, le serrant éperdument, sans une pensée, la raison perdue, engourdie de la tête aux pieds dans une attente passionnée. Et elle se donna tout entière sans savoir ce qu'elle faisait, sans comprendre même qu'elle s'était livrée à lui.
Elle se réveilla dans l'affolement des grands malheurs et elle se mit à pleurer, gémissant de douleur, la figure cachée sous ses mains.
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CielvariableCielvariable   11 mai 2013
Un tiède soleil d’automne tombait dans la cour de ferme, par−dessus les grands hêtres des fossés. Sous le gazon tondu par les vaches, la terre, imprégnée de pluie récente, était moite, enfonçait sous les pieds avec un bruit d’eau ; et les pommiers chargés de pommes semaient leurs fruits d’un vert pâle, dans le vert foncé de l’herbage. Quatre jeunes génisses paissaient, attachées en ligne, meuglaient par moments vers la maison ; les volailles mettaient un mouvement coloré sur le fumier, devant l’étable, et grattaient, remuaient, caquetaient, tandis que les deux coqs chantaient sans cesse, cherchaient des vers pour leurs poules qu’ils appelaient d’un gloussement vif. La barrière de bois s’ouvrit ; un homme entra, âgé de quarante ans peut−être, mais qui semblait vieux de soixante, ridé, tordu, marchant à grands pas lents, alourdis par le poids de lourds sabots plein de paille. Ses bras longs pendaient des deux côtés du corps. Quand il approcha de la ferme, un roquet jaune, attaché au pied d’un énorme poirier, à côté d’un baril qui lui servait de niche, remua la queue, puis se mit à japper en signe de joie. L’homme cria : − A bas, Finot ! Le chien se tut. Une paysanne sortit de la maison. Son corps osseux, large et plat, se dessinait sous un caraco de laine qui serrait la taille. Une jupe grise, trop courte, tombait jusqu’à la moitié des jambes, cachées en des bas bleus, et elle portait aussi des sabots pleins de paille. Un bonnet blanc, devenu jaune, couvrait quelques cheveux collés au crâne, et sa figure brune, maigre, laide, édentée, montrait cette physionomie sauvage et brute qu’ont souvent les faces des paysans.
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Flaubert : itinéraire d'un écrivain normand Stéphanie Dord-Crouslé Éditions Gallimard Collection Découvertes Gallimard Hors série mars 2021
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