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EAN : 9782844181626
320 pages
Éditeur : La Part Commune (20/05/2009)
4/5   9 notes
Résumé :
Cette correspondance demeure un modèle de filiation littéraire entre Flaubert qui est déjà célèbre et Maupassant qui ne le deviendra qu'à la mort de Flaubert avec « Boule de suif ». Cette correspondance croisée entre les deux écrivains montre un Flaubert dont l'oeuvre est déjà accomplie, mais encore en plein travail sur Bouvard et Pécuchet et Maupassant en devenir, accompagné par celui qu'il appelle « maître ».
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
CorinneCo
  02 mars 2014
Pas question De Maupassant dans cet ouvrage. A part une lettre que Zola lui écrit. C'est tout.
Zola l'italien, Zola le passionné, Zola le généreux, le romantique tombé dans le chaudron du naturalisme et en avalant la potion. Cette correspondance éclaire la personnalité de Zola, son travail. Bien sûr ce sont des lettres choisies. Oui Zola est un enflammé, un garçon du Sud de la France qui monte à Paris pour "réussir". Il doute, il rame, ce grand garçon de 20 ans qui selon son propre aveu "ne connaît pas bien le français", il se trouve disons-le "nul", sans inspiration, tâcheron, laborieux, un avenir fermé comme la ligne d'horizon qu'il voit de sa fenêtre sous les toits. Il habite un taudis, il n'a pas le sou. C'est "la bohême". Et que fait-il ce grand garçon pas encore naturalisé français ? Il arpente Paris en long en large et en travers. Il marche, il marche... Il regarde, il absorbe, l'atmosphère, les gens, le peuple, la campagne. Il boit et il danse avec ses amis aussi fauchés que lui. Et il le reconnaît dans ses lettres, il a de grands découragements et de grands moment de flemme, il faut bien le dire. Dès ses lettres de jeunesse, on sent que Zola est un chercheur de l'âme, un lyrique, un sanguin. Attiré par la modernité, par les sciences, il veut donner un grand coup de pied dans l'angélisme aliénant de la bourgeoisie, dans l'académisme des arts et la conscience conservatrice qui englue tout. Mais comment faire ? A force de persévérance et d'une chance certaine (quand même) il devient journaliste. Et il devient polémiste. Plus à l'aise financièrement, le monde des lettres s'ouvrant peu à peu à lui, aiguisant sa plume à écrire des articles sans arrêt, Zola échafaude son mythe littéraire : les Rougon-Macquart. Il veut tout mettre dans cette saga, parler de tout et de tous, toutes les classes sociales, tous les sujets. Lentement le monde mute et Zola veut y mettre sa pierre. Premières publications, premières critiques, premiers ennemis, premiers admirateurs. Zola ne laisse pas indifférent. le premier coup de boutoir est donné avec "l'Assommoir". Jusque là 'Thérèse Raquin", et autres oeuvres (pièces ou nouvelles) ont fait grincer les dents. Mais L'Assommoir sidère. La bonne conscience et les bonnes moeurs françaises s'étouffent à sa lecture, "ordurier, choquant, dégoutant, avilissant, bestial," bref.... les critiques s'enflamment, les académies des lettres, les responsables politiques et institutionnels s'emportent. Qu'est-ce donc cette ignominie ? Ca n'existe pas ! Attaqué (il se sera toute sa vie) Zola répond peu aux critiques et aux insultes. Dans le désordre, "La Conquête de Plassans, L'Argent, L'Assommoir, Nana, La curée, la Fortune des Rougon, ...." tous ses livres feront polémique. Car Zola outre d'être une plume libre, est une plume qui sonne la charge. Lucques le représentera en mineur. Oui, Zola est le mineur du roman français de cette fin du 19e siècle. Ca creuse, ça sonde, ça cogne, ça extrait. Il creuse la veine du réalisme et du naturalisme. Tout ceci enrobé de burlesque et de tragique. Profondément républicain, Zola se fait le radiographe d'une France qui peine à se défaire de son passé pour entrer de plein pied dans la modernité et dans la conscience sociale. Germinal balaye tout. Germinal est le séisme. Si l'on en croit certains critiques de l'époque, Germinal est le tournant. Car ce n'est plus le peuple ordurier, alcoolique, violent et dépravé de l'Assommoir", c'est le peuple qui revendique, qui se soulève, qui réclame la justice sociale, le peuple qui secoue son joug. C'est le "best-seller" de Zola. On ne peut parler de cette correspondance sans parler des romans de Zola, de sa passion pour son travail, pour les autres, de sa passion pour la vérité, pour la justice. Tout est imbriqué, sa vie, son oeuvre, son époque. Cette correspondance montre aussi ses obsessions, ses doutes quand il écrit, cette impression de passer toujours à côté de ce qu'il veut dire, cette insatisfaction permanente de son travail. Et toujours dans ses lettres à ses amis, cette prévenance, cette sentimentalité touchante presque enfantine. Un autre tournant est bien sur "l'Affaire Dreyfus". Même ses amis s'effraient de sa charge contre le gouvernement de sa lettre ouverte à Clémenceau "J'accuse". Pour beaucoup il va trop loin. Zola accuse la France de bassesse, d''infamie, d'injustice, ce sont ses propres mots, il pleure la France pays des droits de l'homme, la France phare des nations, rayonnante par son savoir et sa renommée. Il crie au scandale et à la honte. Il s'agite tant et si bien qu'à l'issue de son procès il est condamné à un an de prison ferme et une forte amende. Il fuit. C'est l'exil en Angleterre. Les précautions prises pour sa correspondance avec les rares amis qui lui restent, sa femme, sa maitresse et ses enfants, sont dignes d'un roman d'espionnage. Faux nom, fausses adresses, postées à telle heure, à tel endroit. Zola protège les siens. Zola se protège mais continue à oeuvrer pour la vérité. Il écrit, il écrit, il écrit. L'épopée des Rougon Macquart est terminée depuis longtemps, son cycle des trois villes aussi ; il entame son cycle dit "des Quatres Evangiles". Il travaille et il se sent seul, terriblement seul. Haï, insulté, cloué au pilori, Zola endure tout sans broncher. Ce défenseur de juif est bon pour l'abattoir. Mais comme il l'écrivait lui-même "la vérité est en marche". Zola rentrera après un long, long exil, sans rien renié et toujours combatif. Cette correspondance s'achève sur une lettre à Alfred Bruneau le priant de venir le voir chez lui. Deux jour après Zola décède. Les mineurs l'accompagnent au cimetière Montmartre au cri de "Germinal, Germinal" sa disparition soudaine provoque une profond émoi en France et à l'étranger et soulève quelques questions vite écartées. Zola l'humaniste, le documentaliste d'une nation. L'écrivain boulimique et exalté. L'écriture de Zola m'a toujours fait penser au "Sacre du printemps" de Stravinsky, cette musique brute, primaire, presque dissonante parfois, arrachée aux tripes, au coeur, qu'on accusa aussi de bestialité. Zola l'instinctif, l'émotif, le sensitif, était un "infrarouge gras" pour reprendre une expression de René Char.
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Albina
  16 novembre 2020
Je n'avais apprécié ni le romancier ni son style que je trouvais trop sec parce qu'à mon sens il sentait un peu trop la sueur et, à la première lecture, la Bovary m'était apparue un brun bécasse et peu sympathique. Je ne comprenais ni le procès retentissant qui a suivi sa parution ni le succès dont il a joui par la suite. Je suis tombée sur cette correspondance par hasard (à la faveur d'un don) et là, j'avoue qu'à mon grand étonnement j'ai été captivée. Il y a encore Flaubert, le poseur : certaines lettres adressées à Gorges Sand, à la princesse Mathilde ou à d'autres gens de renom n'y échappent pas, mais il y a beaucoup plus de spontanéité. On y voit se dérouler la vie d'un homme qui, après des soucis de santé (épilepsie), choisit de se créer une tour d'ivoire où il vivra en ermite en se consacrant exclusivement à son art ; c'est dire que cela sera sa raison de vivre. C'est un bourgeois qui vit dans son temps avec un regard caustique et sans concession. Il est à la marge, mais il ne prend aucun parti en étant faussement fier de cette spécificité. Elle lui donne l'opportunité de se placer au-dessus de la mêlée, à la place de Dieu et d'éviter ainsi les tourments du pourquoi pour se contenter du comment. de là son étiquette de romancier réaliste qui d'ailleurs est peut-être un leurre. Qui peut se targuer d'être objectif et d'échapper à sa condition sociale ? Peu importe, c'est ce qu'il vise tout en continuant à entretenir des liens avec les puissants et à mépriser la république et la démocratie avec une morgue rarement atteinte parce que, avec une certaine lucidité, il en en voit les contradictions et les limites.
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papillon_livres30
  20 septembre 2020
Parmi ses correspondants on croise Louise Colet, Baudelaire, Victor Hugo, Théophile Gautier, etc.
Des réflexions intéressantes sur l'ennui, sur la solitude, sur le bonheur.
Flaubert raconte aussi ses voyages en Orient, ses chantiers littéraires.
Des pages parfois enthousiastes, parfois mélancoliques.
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Lavieestunlongfleuvetranquille
  23 novembre 2014
Un conte qui reflète la philosophie De Maupassant : nihiliste et pessimiste.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   02 janvier 2014
Une loi philosophique inflexible nous apprend que nous ne pouvons rien imaginer en dehors de ce qui tombe sous nos sens ; et la preuve de cette impuissance, c'est la stupidité des conceptions dites idéales, des paradis inventés par toutes les religions. Nous avons donc ce seul objectif : l'Être et la Vie, qu'il faut savoir comprendre et interpréter en artiste. Si on n'en donne pas l'expression à la fois exacte et artistiquement supérieure, c'est qu'on n'a pas assez de talent.

GUY DE MAUPASSANT, Le Gaulois, 17 avril 1880.
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GeorwellGeorwell   30 décembre 2016
Lorsqu'on juge un homme, on doit nécessairement avoir égard à l'époque sous laquelle il vit, aux idées qui l'ont accueilli au sortir du berceau.

Lettre à Jean-Baptistin Baille, 2 juin 1860.
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ivredelivresivredelivres   25 juin 2011
Gustave Flaubert à Guy de Maupassant
Enfin, mon cher ami, vous m’avez l’air bien embêté et votre ennui m’afflige, car vous pourriez employer plus agréablement votre temps. Il faut, entendez-vous, jeune homme, il faut travailler plus que ça. J’arrive à vous soupçonner d’être légèrement caleux.
Trop de putains, trop de canotage, trop d’exercice !
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ivredelivresivredelivres   25 juin 2011
Guy de Maupassant à Gustave Flaubert
Mon cher Maître, j’ai vu Zola hier soir et il m’a dit que vous ne viendriez pas cet hiver ! Cette nouvelle m’a tellement étonné et désolé que je vous prie de me dire tout de suite si elle est vraie. Passer l’hiver sans vous voir ne me paraît pas possible ; c’est mon plus grand plaisir de l’année d’aller causer avec vous chaque dimanche pendant trois ou quatre mois.
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ivredelivresivredelivres   25 juin 2011
Gustave Flaubert à Guy de Maupassant
Mais il me tarde de vous dire que je considère Boule de Suif comme un Chef d’oeuvre ! Oui jeune homme ! Ni plus, ni moins, cela est d’un maître. C’est bien original de conception, entièrement bien compris et d’un excellent style. Le paysage, les personnages se voient et la psychologie est forte. Bref je suis ravi.
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Vidéo de Guy de Maupassant
Elle vous avait manqué ? La Dictée géante est de retour cette semaine. Pour la reprise, Rachid Santaki vous propose un extrait de "La Vie errante" de Guy de Maupassant, un récit de voyages publié en 1890. À vous de tenter le sans faute ! On attend vos résultats en commentaire
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