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ISBN : 1141008351
Éditeur : Nabu Press (09/01/2010)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 8 notes)
Résumé :
« Comme le temps était fort beau, les gens de la ferme avaient dîné plus vite que de coutume et s’en étaient allés dans les champs.
Rose, la servante, demeura toute seule au milieu de la vaste cuisine où un reste de feu s’éteignait dans l’âtre sous la marmite pleine d’eau chaude. Elle puisait à cette eau par moment et lavait lentement sa vaisselle, s’interrompant pour regarder deux carrés lumineux que le soleil, à travers la fenêtre, plaquait sur la longue ta... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Gonavon
  20 décembre 2019
Mon respect et mon appréciation envers Maupassant ne font que grandir. Ceci est son deuxième texte que je lis après le Horla, et je dois dire que je suis toujours autant impressionné par ses talents de raconteur et l'efficacité parfois trompeuse de sa prose élégante et simple qui a vieilli comme du vin.
LE LIVRE :
Je l'ai lu dans un petit livre de rien, fait pour un contexte scolaire et venant avec toutes sortes de notes, explications, essais et paragraphes de contexte. Un Coeur simple de Flaubert est aussi joint à ce livre de Modulo. le livre en soi est bien fait, robuste. Rien d'extraordinaire, un livre de qualité, tout ce qu'il y a de plus banal. Je dois faire la mention, cependant, des notes de bas de page.
La plupart sont plus ou moins raisonnables, surtout si on prend en compte que cette édition est faite avec les établissements scolaires à l'esprit. Mais quand les notes de bas de pages font quasiment la moitié de la maudite page, je ne les aime plus. Sinon, la couverture est plutôt attrayante, l'image est belle et colorée. le titre est mal placé et mis dans un gros carré rose-rouge hideux, par contre. Ça passe inaperçu sur la bibliothèque.
LE TEXTE :
Il s'inscrit dans le courant du réalisme, et comme je l'ai vu avec Flaubert, il décrit la vie de paysans normands. C'est pareil à Coeur simple, au sens où il n'y a pas vraiment de leçons ou d'histoire en trois actes, c'est juste une parcelle de vie, un petit morceau coupé du gâteau auquel on a droit. La tranche de gâteau de Coeur simple m'avait laissé ambivalent, autant je l'avais trouvé charmant et plutôt plaisant à lire, rien dans ce récit ne m'avait vraiment soulevé, rien ne m'avait capturé et emporté dans ce monde.
J'en étais ressorti pareil, qu'un tantinet ému par l'accolade entre Félicité et Aubain, avec un arrière-goût qui est vite parti. Cette histoire était passée aussi rapide qu'elle était venue, sans vraiment laisser de trace, illustrant mais aucunement ne commentant, n'édifiant que par la sincérité des personnages qui vivent leur déboire. C'était un genre que j'étais prêt à délaisser (et que je vais sans doute délaisser) car il me semble fondamentalement peu intéressant, ayant comme seule valeur la capacité de plonger son lecteur à une autre époque – mais une romance ou une aventure historique le font tout aussi bien et en plus nous accordent une bonne dose de tension et d'adrénaline. Ici l'idée ne semble être que préserver tout, la vie autant monotone qu'excitante, et c'est une faille majeure dans l'idée de l'Art : cet Art est peu intéressant si c'est surtout monotone, donc a moins de valeur, et donc je ne suis pas surpris que le mouvement réaliste n'ait pas de héraut moderne et populaire qui dise fièrement l'écrire. Il n'y a pas beaucoup de valeur à un courant artistique qui émeuve peu, même s'il nait pour combattre le sentimentalisme dit frivole du Romantique: nulle besoin d'un mouvement et d'une telle prétention pour illustrer des vies ordinaires et modernes sous une lentille captivante et, j'ose le dire, émouvante - émouvante autant qu'une grande aventure sentimentale.
La vie des petites gens peut être intéressante, oui, mais ce sont les plus grands faits et les plus hauts gestes qui donnent lieu aux récits les plus mémorables. Il y a des exceptions à la règle, bien sûr, et Maupassant en est une. En vingt pages et me détaillant une vie banale sur papier, il a capturé mon attention et m'en a fait plus ressentir que Flaubert avec plus de pages et couvrant la vie entière de Félicité. Rose ici vit bien moins de péripéties qui s'apparenteraient à un récit classique, c'est beaucoup plus calme et prévisible, et pourtant, que ce soit grâce à sa prose, ses talents de raconteur ou sa bonne compréhension de la psychologie humaine, il livre une histoire qui est absolument envoûtante, bien plus que celle d'Un Coeur simple.
Son petit talent refait surface, des phrases et figures de styles se démarquent et brillent parmi le reste. Sa plume est toujours juste et concise, et quand il lui vient un soudain élan de verve, elle brille de mille feux. Coeur Simple est le plus élaboré et technique des deux textes, mais c'est dans sa simplicité que celui De Maupassant brille. Les scènes sont bien moins détaillées, il penche plus du côté « tell » que « show ». Gardant en tête l'époque et les façons d'écrire des histoires qui venaient avec, je vais faire la mention de la fameuse règle « show; don't tell », parce qu'il me semble approprié de la porter sur ce récit.
Cette règle vise en fait les débutants, parce qu'en commençant à écrire il est toujours plus facile de dire que de montrer. Puis on atteint un certain faîte, un moment où l'écrivain réalise pour lui-même que, non, ce n'est pas toujours le cas, et que dépendant du contexte il vaut soit mieux de dire ou de montrer; les deux sont égaux, certains marchent mieux que d'autres dans certaines scènes. Et ici, même si c'est une nouvelle venue avant la popularisation de cette règle, c'est apte de l'appliquer pour démontrer l'expertise De Maupassant.
La vaste majorité du texte est dit et non montré. Sauf pour le tout début, qui nous accorde des descriptions concises et hautement immersives (qui m'ont fait jubiler, honnêtement; elles étaient si parfaites), et aussi pour quelques rares moments clefs, les scènes plus directes et les bribes des descriptions de Rose, ses réactions et ses gestes. Sinon, tout est dit, et en tirant comme ça et resserrant le récit, en mettant le bon mot, le bon passage et le bon adjectif au bon endroit, Maupassant fait rentrer le tout dans vingt pages et ne perd que quelques gouttes de sa potion magique – que quelques rares moments qui auraient bénéficié d'une ou deux phrases de plus pour mieux les décrire et les étoffer.
PLAISIR DE LECTURE :
J'ai lu d'une traite et j'en suis ressorti un peu plus édifié, je dirais, et un tantinet diverti au plus pur sens du terme. Ça remplit donc deux de mes critères, alors que Coeur simple m'avait surtout laissé indécis et froid, sans réelle opinion de ce que j'avais lu. J'ai ressenti plus avec moins, donc je lui accorde une note plus haute. Est-ce meilleur que Horla? Je ne saurais dire, ils sont trop différents pour être comparé. Horla est fait pour décontenancer le lecteur, et ce texte-ci est juste là pour vous occuper pendant quelques minutes et vous faire fondre le coeur quand la mère retrouve son enfant qu'elle a délaissé au loin, son enfant chétif avec qui elle joue dans les champs. J'étais mou de la voir succomber à ses instincts de mère et enfin interagir avec lui. Mou aux genoux et aux commissures de mes lèvres souriantes.
Il me faudra plus De Maupassant.
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diamantina
  20 janvier 2012
"Histoire d'une fille de ferme" est une nouvelle très courte de Guy de Maupassant, qui mérite le détours. On y rencontre Rose, une servante de ferme qui doit faire face à un sombre destin : le mariage forcé.
Il sagit là d'une courte histoire magnifiquement émouvante qui traite un sujet qui pourrait paraître bien banal et déjà vue : l'amour. Mais ce livre le traite sous un certain angle : l'enfant illigitime.
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samialebb
  06 novembre 2017
histoire d'une fillede ferme est une histoire qui m'a vraiment plus elle est excellente
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soya59
  11 janvier 2019
dans cette courte histoire nous allons suivre rose une servante de ferme qui va devoir affronter et faire face a un destin difficile.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
GonavonGonavon   20 décembre 2019
Parfois une jeune famille de lièvres folâtrait dans un champ; mais, quand approchait l'enragée coureuse, pareille à une Diane en délire, les bêtes craintives se débandaient: les petits et la mère disparaissaient blottis dans un sillon, tandis que le père déboulait à toutes pattes et, parfois, faisait passer son ombre bondissante, avec ses grandes oreilles dressées, sur la lune à son coucher, qui plongeait maintenant au bout du monde et éclairait la plaine de sa lumière oblique, comme une énorme lanterne posée par terre sur l'horizon.
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GonavonGonavon   20 décembre 2019
À l'église, elle se cachait derrière un pilier, et n'osait plus aller à confesse, redoutant beaucoup la rencontre du curé, à qui elle prêtait un pouvoir surhumain lui permettant de lire dans les consciences.
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GonavonGonavon   20 décembre 2019
Rose suffoqua, un flot de sang empourpra sa face; ses larmes tarirent tout à coup; elles se séchèrent sur ses joues comme des gouttes d'eau sur du fer rouge.
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SosobibliSosobibli   16 février 2015
Il faut se méfier de l'eau qui dort.
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Vidéo de Guy de Maupassant
L'émission complète : https://www.web-tv-culture.com//emission/victoria-mas-le-bal-des-folles-51653.html
Elle est l'une des révélations littéraires de cette fin d'année 2019. Avec son « Bal des folles », Victoria Mas a su se faire un prénom. Evoluant depuis sa naissance dans un univers artistique auprès de sa mère, la chanteuse Jeanne Mas, la jeune Victoria découvre la littérature à l'adolescence avec Maupassant puis Marguerite Duras. Son envie d'écrire la pousse à des études littéraires même si ses premiers pas professionnels seront dans le cinéma en tant qu'assistante de production. S'intéressant à la place de la femme et à l'évolution de la société à la fin du XIXème siècle, elle découvre ce fameux bal des folles que Jean-Martin Charcot avait instauré pour les femmes internées à l'hôpital de la Salpêtrière. Là, une fois par an, la bonne société parisienne venait danser avec ces démentes, costumées et grimées. Comble du voyeurisme mais aussi véritable exercice thérapeutique, ce bal était l'occasion pour ces pauvres femmes de sortir de leur isolement au cours d'une soirée mais aussi lors des semaines la précédant. Prenant prétexte de ce fait authentique, Victoria Mas a su plonger au coeur de la personnalité de ses personnages, se focalisant sur trois femmes, Eugénie, Louise et Geneviève, chacune avec son histoire, ses fragilités et ses résistances. S'appuyant sur une documentation sérieuse sans sacrifier à la qualité de l'écriture, la jeune primo-romancière nous offre un livre très abouti, qui résonne étrangement avec notre époque contemporaine. Dans ce Paris des années 1885 en pleine évolution, où les plus faibles sont laissés de côté, le roman interpelle sur la place des femmes et le rôle de la médecine, à une époque où les asiles étaient aussi la possibilité de se débarrasser de ceux que l'on jugeait différents. Un sujet passionnant et un livre très réussi. « Le bal des folles » de Victoria Mas est publié chez Albin Michel.
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