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Marie-Claire Bancquart (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070402311
218 pages
Éditeur : Gallimard (24/06/1999)
3.9/5   65 notes
Résumé :
La majeure partie de l'humanité utilisant de préférence la main droite les fantaisies du langage familier ont fait de la gauche un symbole de ce qui sort de l'ordinaire et, partant, de l'irrégu1ier . Point n'est d'expliquer à personne que les mariés de la main gauche se sont passées de cérémonie.
Ces couples-là valent d'ailleurs bien les autres. A peine si le hasard joue un plus grand rôle dans leur réunion, vent de sable qui. pousse Allouma vers le bordj de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Nastasia-B
  24 juin 2015
Voici un très, très bon recueil (sûrement l'un de mes préférés) datant de la maturité De Maupassant. le seul (à ma connaissance, avec Contes du Jour Et de la Nuit), à ne pas porter le nom d'une des nouvelles qui le constitue.
La Main Gauche : voilà forcément un titre qui interpelle. Pourquoi la main gauche ? Je n'ai pas d'explication fiable ni vérifiée, juste un sentiment. Selon moi, cela fait référence, d'une part, à la main à laquelle on portait l'alliance, signe ostensible de disponibilité ou non, qu'on prenait sur soi d'outrepasser ou pas.
Il sera donc question, de façon quasi omniprésente, d'adultère ou de relations doubles (Allouma, Hautot Père Et Fils, L'Ordonnance, le Lapin, Un Soir, Les Épingles, le Rendez-Vous, La Morte) mais aussi de l'impossibilité de passer l'anneau à la main gauche, notamment pour cause de racisme (Boitelle).
Il est difficile cependant de ne pas voir aussi dans cette main gauche une allusion à la " sinistra ", par opposition à la " dextra ", main qui porte le sceau de la fatalité et du malheur comme dans Duchoux, le Port, Hautot Père Et Fils, L'Ordonnance ou La Morte.
Onze nouvelles donc, probablement moins originales que dans des recueils précédents (quoique...) mais parfaitement travaillées — ciselées pourrait-on dire — marque nette de la maturité de l'auteur et aussi probablement, en raison de la reconnaissance, d'une moins grande nécessité de produire beaucoup et vite comme ce fut parfois le cas au début de sa carrière.
J'en terminerai en vous livrant mes favorites, la première de toutes, La Morte, une nouvelle mi-réelle, mi-fantastique, un peu à la Gogol (voir Nouvelles de Petersbourg) brève mais édifiante. Ensuite je vous conseille bien volontiers Hautot Père Et Fils & Boitelle, deux belles nouvelles, bien écrites et plus consistantes. Il y a encore la désillusionnée Duchoux et enfin la succulente verve normande dans le Lapin.
Mais vous aurez compris que cette sélection ne révèle qu'un avis gauche et une main tremblotante, c'est-à-dire, pas grand chose.
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ATOS
  18 mai 2017

Je ne suis pas adepte des vide-greniers. Pourtant parfois chemin venant, je me retrouve parfois à fouiller dans des caisses de livres comme une enfant penchée sur des malles recelant des trésors oubliés. Trésors qui sont bien rares, mais quelques lectures que j'avais innocemment négligées viennent d'un passé me confier certaines pensées.
Guy de Maupassant, du collège au lycée il fait classiquement partie de notre héritage...
…. « Select-collection » , 1 franc 75, 26 rue Racine E.Flammarion.
Les pages craquent, s'effritent déjà, une odeur de papier asséché laisse l'empreinte d'une époque qu'aucun maître d'école n'est jamais venu me raconter.
« La main gauche », le titre sous lequel sont regroupées plusieurs nouvelles m'avait intrigué. Convenons en, il faut pour entendre une époque ouvrir les livres qu'elle a pu engendrer.
J'étais loin d'imaginer qu'une des nouvelles, « Allouma », pour la citer, allait provoquer un tel rejet, disons le mon effroi.
Mais j'ai tenu à la lire entièrement.
Tout en lisant je m'entendant penser «  ce n'est pas possible d'écrire cela », «  ce n'est pas possible de porter ces mots là ».
Mais que contient donc cette nouvelle ?
Du pur jus de la pensée colonialiste. Paternaliste, misogyne, raciste. Rien que cela.
Il est d'usage de parler de « littérature coloniale »….
Un regard méprisant, des termes redoutables, une vision épouvantable de l'autre .
Bien sure je ne mettrai pas d'extrait en ligne. Impossible. Alors je me suis un peu intéressée à la vision de ce monde que Maupassant décrit, écrit.
Oui, ce 19e siècle ,annonçait, portait une pensée qui explique bien des choses qui ont pu tranquillement se dérouler . Comme lentement on déroule des fils barbelés.
« Le temps des colonies », où l'on nomme étranger celui que l'on dépossède.
A voir la couverture de ce livret, et le quatrième de couverture, on sait que l'exposition coloniale de 1931 devait être l'enfant de ces visions. 
« Il n'y a pas de limite à la mélancolie humaine
Il y a toujours une pierre à placer sur la pyramide des larmes » écrivait Aragon dans son recueil « Persécuté Persécuteur ».
Je ne jette pas la pierre à Maupassant.
Il était homme de son temps…. Aragon également.
Voilà qui nous laisse méditer sur les grandes phrases qu'aujourd'hui on se voudrait utiliser.
Être de son temps... qu'est ce que cela veut dire si l'on a pas la capacité de se mettre hors champ de ce temps, si l'on en accepte l'air sans en dénoncé le caractère vicié, dégénéré.
Être de son temps ce n'est pas s'y soumettre, c'est être en capacité de le changer.
Je ne jette pas la pierre à Maupassant, mais je m'interroge. Je m'interroge sur le contenu des oeuvres que l'on demande à des millions d'élèves d'étudier. J'ai lu Maupassant, j'ai commenté, résumé, analysé bien des textes De Maupassant durant mon petit cursus scolaire. Mais force est de constater que l'on ne m'a pas présenté tout Maupassant. On ne m'a pas enseigné que son exotisme littéraire n'était que pure « littérature coloniale ».
Je pensai sagement ... « fermage normand », croyant entendre une France que l'on voudrait profonde.., profonde oui, profondément enracinée, plantée dans la chair d'un verbe comme une dague plantée au coeur des avenirs de notre humanité.
Je vais trop loin ?
Alors lisez « Allouma », vous la trouverez en ligne gratuitement, et dites moi si l'on peut être fier de cette littérature là.
Il décrivait me direz vous…
homme de son temps nous le faisons à présent témoin de son temps.
De quel réalisme, de quel naturalisme parle t on lorsqu'on ne tient compte que de sa propre fiction, que l'on décrit une terre, des hommes, et leurs usages en les méconnaissant totalement et que sur ce que l'on ne connaît pas on se permet d'accrocher de terribles fables ?

Alors non je ne suis pas fière de cette littérature qui porte en elle l'irresponsabilité de tout ce qu'elle ose laisser supposer.
On porte toujours la responsabilité de son écrit, même et surtout lorsqu'on a l'immense talent que possède Maupassant.

Astrid Shriqui Garain
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LiliGalipette
  18 mars 2013
Critique de LE LAPIN
Un matin, Maître Lecacheur apprend qu'un de ses lapins a disparu. Aucun doute, quelqu'un a volé ce lapin et ce n'est pas l'épouse Lecacheur qui dira le contraire ! « Sur sa maigre figure irritée, toute sa fureur paysanne, toute son avarice, toute sa rage de femme économe contre le valet toujours soupçonné, contre la servante toujours suspectée, apparaissaient dans la contraction de la bouche, dans les rides des joues et du front. » le premier suspect est Polyte, un homme à tout faire récemment renvoyé de la ferme. Pourquoi chercher plus loin alors qu'il semble si évident que c'est lui qui a dérobé le gros lapin gris ? Et voilà que l'affaire se corse puisque Polyte couche avec la femme d'un berger un peu simplet, Séverin, qui ne connaît rien au droit du mariage.
Dans cette nouvelle bouffonne, l'auteur se moque sans vergogne de la bêtise avare des paysans, de la bêtise administrative des gendarmes et de la bêtise niaise des bergers. Tout le monde en prend pour son grade et tout ça pour un lapin passé à la casserole ! Selon le narrateur, « les maris trompés [sont] toujours plaisants », mais ils le sont surtout quand ils s'ingénient à prouver combien ils sont crétins et comment leur sied l'uniforme de cocu. Dans nombre de ses nouvelles paysannes, Maupassant met en scène des personnages un peu archétypaux qui, comme dans la Commedia dell'arte, remplissent à merveille le rôle que l'attend d'eux, au grand plaisir du lecteur !
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Allantvers
  19 décembre 2019
Cela faisait longtemps que je n'avais pas savouré un recueil de nouvelles De Maupassant!
Celui-ci est particulièrement goutu, mais pour une fois je ne filerai pas la métaphore du paquet de bonbons dans lequel on vient piocher au hasard du sucré, du corsé , du poivré ou du salace car on est ici dans quelque chose de plus... mature ? sophistiqué ? qu'un assortiment de douceurs.
S'il y résonne ici et là l'accent rocailleux du bocage normand que je retrouve avec bonheur, il est surtout question ici de femmes, et de toutes les sortes de sentiments qu'elles inspirent aux hommes. Comme c'est la plupart du temps eux qui parlent et que nous sommes quand même encore en 1886, mieux vaut éviter de mettre ces nouvelles dans les mains de #metoo et autres #balancetonMaupassant, on risquerait l'émeute.
Toujours est-il que la plume est particulièrement ciselée, la construction des textes brillante et redoutablement efficace, et notre Maupassant au sommet de son art tant pour parler amour et volupté que pour croquer avec sarcasme et tendresse les petites et grandes bassesses qui régissent les relations entre les deux sexes.
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Doubleplusgood
  24 avril 2021
C'est toujours un plaisir pour moi de trouver des nouvelles De Maupassant qu je ne connais pas encore. C'est le cas avec ce recueil de nouvelles, grivoises à l'époque, mais somme toutes bien innocentes aujourd'hui. Il y est essentiellement question d'infidélités et d'amours contrariées, certaines ( Duchoux) sont très bonnes, d'autres beaucoup moins, quand Maupassant se laisse aller à la misogynie ambiante de l'époque et rend les femmes responsables de tous ces malheurs qui accablent les pauvres messieurs de ses nouvelles (je l'avais déjà noté dans le verrou, je ne vais pas y revenir). Dans tous les cas, Maupassant reste un de mes auteurs favoris, je ne m'en lasse pas....
Challenge Solidaire 2021
Challenge 50 objets 2021-2022
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Virgule-MagazineVirgule-Magazine   03 avril 2018
– Je l’tiens ! Je l’tiens 
Le brigadier Sénateur se pencha sur son homme : 
– Qué que tu tiens, le lapin ? 
– Non, l’voleux !
– L’voleux ! Amène, amène ! 
Les deux bras du gendarme allongés sous le lit avaient appréhendé quelque chose, et il tirait de toute sa force. Un pied, chaussé d’un gros soulier, parut enfin, qu’il tenait de sa main droite. 
Le brigadier le saisit : 
– Hardi ! hardi ! tire ! […]
La figure parut enfin, la figure furieuse et consternée de Polyte dont les bras demeuraient étendus sous le lit. 
– Tire ! criait toujours le brigadier. 
Alors un bruit bizarre se fit entendre ; et comme les bras s’en venaient à la suite des épaules, les mains se montrèrent à la suite des bras et, dans les mains, la queue d’une casserole, et, au bout de la queue, la casserole elle-même, qui contenait un lapin sauté. 
– Nom de Dieu, de Dieu, de Dieu, de Dieu ! hurlait le brigadier fou de joie […]. 
Et la peau du lapin, preuve accablante, dernière et terrible pièce à conviction, fut découverte dans la paillasse. 
Alors les gendarmes rentrèrent en triomphe au village avec le prisonnier et leurs trouvailles.

(le Lapin)
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SZRAMOWOSZRAMOWO   14 octobre 2017
Un de mes amis m'avait dit : « Si tu passes par hasard aux environs de Bordj-Ebbaba, pendant ton voyage en Algérie, va donc voir mon ancien camarade Auballe, qui est colon là-bas. »
J'avais oublié le nom d'Auballe et le nom d'Ebbaba et je ne songeais guère à ce colon, quand j'arrivai chez lui, par pur hasard.
Depuis un mois je rôdais à pied par toute cette région magnifique qui s'étend d'Alger à Cherchell, Orléansville et Tiaret. Elle est en même temps boisée et nue, grande et intime. On rencontre, entre deux monts, des forêts de pins profondes en des vallées étroites où roulent des torrents en hiver. Des arbres énormes tombés sur le ravin servent de pont aux Arabes, et aussi aux lianes qui s'enroulent aux troncs morts et les parent d'une vie nouvelle. Il y a des creux, en des plis inconnus de montagne, d'une beauté terrifiante, et des bords de ruisselets, plats et couverts de lauriers-roses, d'une inimaginable grâce. Mais ce qui m'a laissé au cœur les plus chers souvenirs en cette excursion, ce sont les marches de l'après-midi le long des chemins un peu boisés sur ces ondulations des côtes d'où l'on domine un immense pays onduleux et roux depuis la mer bleuâtre jusqu'à la chaîne de l'Ouarsenis qui porte sur ses faîtes la forêt de cèdres de Teniet-el-Haad.
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oliviersavignatoliviersavignat   02 juillet 2020
Après quelque hésitation entre toutes les rues obscures qui descendent vers la mer comme des égouts et dont sortent des odeurs lourdes, une sorte d'haleine de bouges, Célestin se décida pour une espèce de couloir tortueux où brillaient, au-dessus des portes, des lanternes en saillie portant des numéros énormes sur leurs verre dépolis et colorés. Sous la voûte étroite des entrées, des femmes en tablier, pareilles à des bonnes, assises sur des chaises de paille, se levaient en les voyant venir, faisant trois pas jusqu'au ruisseau qui séparait la rue en deux et coupaient la route à cette file d'hommes qui s'avançaient lentement, en chantonnant et en ricanant, allumés déjà par le voisinage de ces prisons de prostituées.

Le port
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LiliGalipetteLiliGalipette   18 mars 2013
LE LAPIN :

« Sur sa maigre figure irritée, toute sa fureur paysanne, toute son avarice, toute sa rage de femme économe contre le valet toujours soupçonné, contre la servante toujours suspectée, apparaissaient dans la contraction de la bouche, dans les rides des joues et du front. »
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marina53marina53   09 avril 2012
Oui, il lui ressemblai de plus en plus, de seconde en seconde; il lui ressemblait par l'intonation, par le geste, par toute l'allure; il lui ressemblait comme un singe ressemble à l'homme; mais il était d'elle, il avait mille traits déformés, irrécusables, irritants, révoltants.
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Videos de Guy de Maupassant (58) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guy de Maupassant
Elle vous avait manqué ? La Dictée géante est de retour cette semaine. Pour la reprise, Rachid Santaki vous propose un extrait de "La Vie errante" de Guy de Maupassant, un récit de voyages publié en 1890. À vous de tenter le sans faute ! On attend vos résultats en commentaire
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