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Jacques Dupont (III) (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070386161
224 pages
Gallimard (13/01/1993)
4.07/5   117 notes
Résumé :
Il y a peu de grands livres consacrés à la navigation de plaisance. Sur l'eau (1888) relate une croisière de Maupassant en Méditerranée, à bord de son yacht Bel-Ami. Ce n'est pas seulement un récit de voyage, une description des paysages saisis dans leur authenticité de jadis, une peinture de la vie maritime, mais aussi une confession. Maupassant nous parle de la vie littéraire, de ses tourments intimes, de la société, des femmes, de la politique, autant que de la m... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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michfred
  25 juin 2015
A ne pas confondre avec la nouvelle du même nom -une des meilleurs nouvelles De Maupassant, macabre et angoissante à souhait- "Sur l'eau" est un aimable journal de bord, une dérive de pensées au fil de l'eau à bord du Bel-Ami, avec deux marins taiseux pour toute compagnie.
Maupassant se laisse aller à ses réflexions amusées, tristes ou ironiques. le couple, la mort, la compagnie des hommes, le travail de bureau, la place de l'écrivain, la société mondaine cannoise, l'îlot de Paganini, les phtisiques de la French Riviera, la côte dentelée et rose de l'Estérel, et surtout le vent, capricieux,tour à tour fraternel et dangereux et la mer, étincelante, diaprée, creusée...
Un bien joli voyage. Paré à virer? Un pur délice stylistique!
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beauscoop
  05 octobre 2019
Sur l'eau n'est qu'en partie vrai car l'auteur nous raconte plus souvent ses escales à St Trop, St Raphael, Cannes lorsqu'il fait une petite croisière le long de la côte d'azur. de plus, la nouvelle est aussi un prétexte pour Maupassant de nous décrire ses états d'âme et d'exposer ses réflexions sur la société et les hommes. Peu de lignes donc sur la mer, ce qui est dommage car celles écrites le sont magnifiquement.
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badpx
  16 octobre 2017
J'ai adoré.
Et j'ai un peu de mal à dire pourquoi. Évidemment c'est magnifiquement écrit, c'est simple, c'est fluide.... et pourtant ce n'était pas destiné à être imprimé.
J'ai beaucoup aimé ces digressions sur des sujets divers et variés qui n'ont pas forcément de lien direct avec le récit de voyage même. Et finalement c'est toujours aussi amusant de se rendre compte que les commentaires sur la société du XIXème siècle sont toujours d'actualité.
J'ai aimé ces petites anecdotes sur les personnages emblématiques de certains lieus.
Et surtout, ne connaissant pas du tout la région au large de laquelle se faisait cette croisière, je me suis rapidement retrouvé face à google Map pour comprendre et "visualiser" le voyage.
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JMLire17
  16 juin 2021
Ce récit de voyage, publié en 1888, cinq ans avant le décès à 43 ans de Guy de Maupassant est constitué de diverses chroniques publiées séparément et intégrées au récit de plusieurs voyages que l'auteur a fait sur son voilier le Bel Ami en méditerranée entre Cannes, Saint Raphaël et Saint Tropez. C'est plus qu'un récit de voyage, bien sûr Maupassant décrit la mer, le vent, la météo, le travail des deux matelots Bernard et Raymond qui ne sont jamais d'accord sur les prévisions météo et la direction des vents, il décrit la beauté de la côte, le golfe de Grimaud, Saint Tropez, Cannes, Nice, mais cela va bien au-delà. Lorsqu'il passe à côté du rocher de Saint Féréol il raconte l'histoire du violoniste Paganini qui fut inhumé là pendant 5 ans car il était mort du choléra. Lorsqu'il entend sur la côte la fusillade d'entraînement du régiment d'Antibes, il écrit 4 pages sur les hommes de guerre et sur sa détestation de la guerre. Lorsqu'il arrive à Cannes qui était la ville de la noblesse, il se lance dans une description pleine d'humour sur le comportement de cette société qui se bat pour avoir à sa table des princes et des personnes de haut rang, ainsi que des gens de l'art, peintres et surtout écrivains, il détaille les prouesses des maîtresses de maison pour obtenir la présence d'un écrivain ou d'un poète. Plus loin il consacre des lignes à parler de son travail, comment il capte dans la société de quoi faire vivre ses personnages. Plus loin encore, il décrit à la perfection le comportement des hommes dans une foule, les réactions de la foule, et les paroles qu'il faut tenir pour ce faire accepter par elle. Ensuite, il parle des femmes, évoque les prémices de leur émancipation, décrit ce qu'est à ses yeux la galanterie, il dresse un portrait élogieux de la gente féminine ; Il prend également la défense des employés dont il ne faut pas d'après lui, négliger l'importance pour la société autant que la rudesse de la tâche (avec un peu d'humour). Il accorde quelques pages pour rappeler les bons mots de l'histoire de France, et les paroles devenues célèbres des Rois. A l'occasion d'une visite à la Chartreuse de Verne (une ruine à son époque) il nous conte une merveilleuse histoire d'amour. L'écriture était géniale, on sent le 19ème siècle vivre dans ces pages. J'ai eu beaucoup de plaisir à cette lecture.
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Warrenbismuth
  06 août 2022
Ce livre n'est pas à confondre avec la nouvelle éponyme écrite auparavant. Ici il s'agit bien d'un récit de voyage de 1888, ou plutôt d'un recueil de chroniques de divers voyages maritimes effectués par MAUPASSANT entre 1881 et 1887, près de Cannes, Antibes, Saint Tropez, dans cette région alors fraîchement appelée Côte d'Azur (en 1887 justement !).
Ne vous attendez pas à un récit maritime au long cours dans ce recueil, mais bien plutôt de réflexions sur les abords de la Méditerranée. Comme tout bon écrivain, de surcroît doté d'un certain talent, MAUPASSANT, fin observateur, prend des notes qu'il rédige ensuite. Sa « croisière » n'en est pas tout à fait une malgré la volonté de l'auteur d'y présenter une suite logique. Ces brefs voyages ne se sont pas effectués en une fois, ni même sur un temps court.
Ce qui frappe dans ce livre, c'est cet éloge de la solitude, que MAUPASSANT recherchait contre vents et marées, et paradoxalement un étouffement par la foule dès qu'il pose le pied à terre. Car ce recueil n'est pas fait d'un bloc : si l'auteur aime à décrire ce qu'il voit en mer à la façon d'un peintre impressionniste, il digresse longuement sur des idées, des réflexions captées sur la terre ferme. Il semble fatigué de l'humain et n'hésite pas à égratigner ses semblables, notamment ceux de la bourgeoisie ou de l'aristocratie, ou encore les courtisans, pullulant en ces lieux (voir aussi quelques pages d'anthologie dans « Les dimanches d'un bourgeois de Paris »). Bien que la Côte d'Azur ne soit pas encore le vacarme touristique qu'elle deviendra, on y trouve déjà l'aisance dans la représentation de classe. de passage à Cannes, il note « Et je pensais que dans toutes ces villas, dans tous ces hôtels, des gens, ce soir, se sont réunis, comme ils ont fait hier, comme ils le feront demain et qu'ils causent. Ils causent ! de quoi ? des princes ! du temps !... Et puis ?... du temps !... des princes !... et puis ?... de rien ! ».
C'est un MAUPSSASANT plutôt misanthrope qui s'exprime en ces pages, mais apaisé alors qu'il retrouve la mer sur son yacht le « Bel-Ami » ou même sur une simple barque. Il nous entretient de la pêche, des paysages qu'il aperçoit au loin, mais sait se faire virulent, non seulement pour l'espèce humaine, mais pour ce qu'elle produit, la littérature notamment, qui n'est à ses yeux qu'hypocrisie. Puis il se fait contemplatif, mais toujours saignant : « Et partout, le long de ce rivage démesuré, les villes au bord de l'eau, les villages accrochés plus haut au flanc des monts, les innombrables villas semées dans la verdure ont l'air d'oeufs blancs pondus sur les sables, pondus sur les rocs, pondus dans les forêts de pins par des oiseaux monstrueux venus pendant la nuit du pays des neiges qu'on aperçoit là-haut ».
Et puis le calme revient. MAUPASSANT s'ébahit devant la lune, confie des éléments géographiques, enrichit sa trame de faits divers, notamment celui de l'encombrant cadavre du musicien italien Niccolò PAGANINI, mort à Nice, mais aussi de l'évasion du général BAZAINE du Fort royal de l'île Sainte-Marguerite, tout près de Cannes en 1874. de passage à Monaco, il se remémore ce fait divers d'un homme condamné à mort par la justice, mais ne pouvant être exécuté en l'absence de guillotine sur le territoire monégasque. D'ailleurs, MAUPASSANT écrit sur les prisons, mais aussi sur le prolétariat ou la dangerosité de la routine et fait part de certains incidents de ses voyages.
Piètre poète, MAUPASSANT réussit pourtant dans ce récit à poétiser les paysages en de fines allégories, il nous embarque à bord de son yacht pour mieux nous faire sentir les embruns. Ce livre est tout d'abord sorti en 1888, MAUPASSANT traversait déjà des crises de semi démence ajoutées à des accès de mélancolie profonde, nous retrouvons cet état de fait dans certaines des chroniques ici présentes. Il a rédigé d'autres récits de voyages, comme « Au soleil » ou « La vie errante », et il n'est pas du tout impossible que je revienne vous en causer d'un pied alerte et marin dans les prochains mois.
https://deslivresrances.blogspot.com

Lien : https://deslivresrances.blog..
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
MaymMaym   25 novembre 2022
Maintenant, toute la chaîne des Alpes apparaît, vague monstrueuse qui menace la mer, vague de granit couronnée de neige dont tous les sommets pointus semblent des jaillissements d'écume immobile et figée. Et le soleil se lève derrière ces glaces, sur qui sa lumière tombe en coulée d'argent.
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sagesse66sagesse66   14 mai 2022
"J'aime cette heure froide et légère du matin, lorsque l'homme dort encore et que s'éveille la terre.
L'air est plein de frissons mystérieux que ne connaissent point les attardés du lit.
On aspire, on boit, on voit la vie qui renaît, la vie matérielle du monde, la vie qui parcourt les astres et dont le secret est notre immense tourment"...
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PilingPiling   06 mai 2010
Si on pouvait ouvrir les esprits comme on lève le couvercle d'une casserole, on trouverait des chiffres dans la tête d'un mathématicien, des silhouettes d'acteurs gesticulant et déclamant dans la tête d'un dramaturge, la figure d'une femme dans la tête d'un amoureux, des images paillardes dans celle d'un débauché, des vers dans la cervelle d'un poète, mais dans le crâne des gens qui viennent à Cannes on trouverait des couronnes de tous les modèles, nageant comme les pâtes dans un potage.

Des homme se réunissent dans les tripots parce qu'ils aiment les cartes, d'autres dans les champs de courses parce qu'ils aiment les chevaux. On se réunit à Cannes parce qu'on aime les Altesses Impériales et Royales.

Elles y sont chez elles, y règnent paisiblement dans les salons fidèles à défaut des royaumes dont on les a privées.

On en rencontre de grandes et de petites, de pauvres et de riches, de tristes et de gaies, pour tous les goûts. En général elles sont modestes, cherchent à plaire et apportent dans leurs relations avec les humbles mortels une délicatesse et une affabilité qu'on ne retrouve presque jamais chez nos députés, ces princes du pot aux votes.

Mais si les princes, les pauvres princes errants, sans budgets ni sujets, qui viennent vivre en bourgeois dans cette ville élégante et fleurie, s'y montrent simples et ne donnent point à rire, même aux irrespectueux, il n'en est pas de même des amateurs d'Altesses.

Ceux-là tournent autour de leurs idoles avec un empressement religieux et comique, et, dès qu'ils sont privés d'une, se mettent à la recherche d'une autre, comme si leur bouche ne pouvait s'ouvrir que pour prononcer "Monseigneur" ou "Madame" à la troisième personne.
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PilingPiling   06 mai 2010
Mais de temps en temps on rencontre un pauvre être décharné qui se traîne d'un pas accablé, appuyé au bras d'une mère, d'un frère ou d'une sœur. Ils toussent et halètent ces misérables, enveloppés de châles malgré la chaleur, et nous regardent passer avec des yeux profonds, désespérés et méchants.

Ils souffrent, ils meurent, car ce pays ravissant et tiède, c'est aussi l'hôpital du monde et le cimetière fleuri de l'Europe aristocrate.

L'affreux mal qui ne pardonne guère et qu'on nomme aujourd'hui la tuberculose, le mal qui ronge, brûle et détruit par milliers les hommes, semble avoir choisi cette côte pour y achever ses victimes.

Comme de tous les coins du monde on doit la maudire, cette terre charmante et redoutable, antichambre de la mort, parfumée et douce, où tant de familles humbles et royales, princières et bourgeoises ont laissé quelqu'un, presque toutes un enfant en qui germaient leurs espérances et s'épanouissaient leurs tendresses.

Je me rappelle Menton, la plus chaude, la plus saine de ces villes d'hiver. De même que dans les cités guerrières on voit les forteresses debout sur les hauteurs environnantes, ainsi de cette plage d'agonisants on aperçoit le cimetière, au sommet d'un monticule.

Quel lieu ce serait pour vivre, ce jardin où dorment les morts ! Des roses, des roses, partout des roses. Elles sont sanglantes, ou pâles, ou blanches, ou veinées de filets écarlates. Les tombes, les allées, les places vides encore et remplies demain, tout en est couvert. Leur parfum violent étourdit, fait vaciller les têtes et les jambes.

Et tous ceux qui sont couchés là avaient seize ans, dix-huit ans, vingt ans.
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RusenRusen   10 juin 2016
C’est le calme, le calme doux et chaud d’un matin de printemps dans le midi ; et déjà, il me semble que j’ai quitté depuis des semaines, depuis des mois, depuis des années les gens qui parlent et qui s’agitent ; je sens entrer en moi l’ivresse d’être seul, l’ivresse douce du repos que rien ne troublera, ni la lettre blanche, ni la dépêche bleue, ni le timbre de ma porte, ni l’aboiement de mon chien. On ne peut m’appeler, m’inviter, m’emmener, m’opprimer avec des sourires, me harceler de politesses. Je suis seul, vraiment seul, vraiment libre. Elle court, la fumée du train sur le rivage ! Moi je flotte dans un logis ailé qui se balance, joli comme un oiseau, petit comme un nid, plus doux qu’un hamac et qui erre sur l’eau, au gré du vent, sans tenir à rien. J’ai pour me servir et me promener deux matelots qui m’obéissent, quelques livres à lire et des vivres pour quinze jours. Quinze jours sans parler, quelle joie !
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Portrait de Guy de Maupassant
L'auteur du Horla demeure véritable une énigme pour l'histoire littéraire, ne serait-ce que par la profusion d'une carrière bâtie en une décennie, de la publication en 1880 de Boule de Suif à l'écriture de l'Angélus, qu'il n'achèvera jamais, en 1891. Au versant de l'écrivain limpide se trouve un homme insaisissable et paradoxal, un bourgeois proche des humbles, mais hostile aux idées révolutionnaires, un pacifiste, un ami, un tendre, un cynique, un sensuel…
Celui qui se disait “entré dans la vie comme un météore” s'est imposé comme l'un des écrivains les plus lus en France et dans le monde entier, avec des romans comme Une vie (1883), Bel-Ami (1885) ou Pierre et Jean (1887). Fils spirituel de Flaubert, génie littéraire qui sombra dans la folie, voici le portrait de Guy de Maupassant.
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