AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782253002925
125 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 239 notes)
Résumé :
Mathilde Cazenave morte, sa belle-mère jubile: elle va pouvoir reconquérir totalement son fils bien-aimé. Félicité a tort de se réjouir trop vite, car, sur le visage apaisé de la jeune morte, Fernand entrevoit ce qu'aurait pu être le bonheur avec Mathilde. Qui l'a empêché de s'entendre avec elle, sinon sa mère? Vieil enfant égoïste et gâté, il se retourne alors contre cette "Génitrix" coupable de l'avoir trop choyé. Défaite temporaire dont François Mauriac analyse l... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
andreas50
  10 janvier 2019
Félicie Cazenave l'avait annoncé dans "Le Baiser au Lépreux " : « si mon fils se marie, ma bru mourra. »
Elle espère que son fils, la cinquantaine, persévérera dans le célibat.
Contre toute attente, Fernand se marie, et c'est à l'agonie de sa jeune femme, mourante d'une fausse couche,que sont consacrées les premières pages.
Mal soignée, elle est abandonnée dans une pièce reculée de la vaste demeure campagnarde de Langon dans les Landes. Mathilde malade, Fernand est retourné dans sa chambre d'adolescent attenante à celle de sa mère.
Solitude poignante que celle de la jeune femme par son mari délaissée mais qu'elle préfère à l'indifférence de ce dernier, à la cruauté et l' hypocrisie de sa belle-mère.
Cette mourante, que nul n'assiste, fait le bilan de sa vie. Elle revoit son existence d'enseignante subalterne qui la blessait profondément comme l'avait blessé tout ce qu'elle avait connu du monde.
La mort ferme à jamais la porte des souvenirs.
Le reste de cette histoire lamentable sera livré par bribesau cours des réflexions du veuf , seul dans la chambre de la défunte, de ses entretiens avec sa mère.
On sait ainsi que Fernand sut imposer sa volonté pour le mariage et ne fit rien pour défendre sa femme contre l'hostilité de sa mère.
Sa bru ensevelie, Félicité triomphe. Tout va redevenir comme avant et à tout jamais. Mis il faudra déchanter, car Mathilde disparue, Fernand manifeste des regrets inattendus, une tristesse qui afflige et désoriente sa mère. La morte se venge en occupant le coeur sur lequel la vivante n'a pas su régner.
Des propos violents s'engagent entre mère et fils. La tragédie est à son apogée.
Tant de disputes, de feintes, de calculs, d'intentions empoisonnées emplissent le roman d'une sourde fièvre, d'une rancoeur presqu' insoutenable.
Si l'agonie de Mathilde, solitaire, ne fut qu'un glissement consenti sans heurt, la vie de ses bourreaux n'est que le début d'affrontements, de chocs, de transes.
François Mauriac offre au lecteur un drame, un duel à huis-clos, chef d'oeuvre d'âpreté, de cruauté où se juxtaposent des pages d'une saveur paysanne authentique d'un pittoresque évident, mais qui ne rentrent pas dans le caractère de l'oeuvre.
L'auteur, en fin psychologue, fouille les âmes, noires, torturées de ses personnages, tisse et détisse les relations filiales et l'amour inconditionnel presque incestueux du couple mère-fils.
C'est aussi une peinture sans concessions d'une bourgeoisie rurale, empesée,isolée du monde et de la société, enfermée dans un conservatisme familial séculaire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          390
valleg
  29 janvier 2014
Dans la demeure des Cazeneuve, Mathilde, la bru se meurt. Derrière la porte, sa belle-mère Félicité jubile, certaine de retrouver, une fois l'intruse disparue, la relation fusionnelle qui l'unit depuis cinquante ans à son « bien aimé », son fils Fernand. Mais la Mathilde morte semble avoir plus d'emprise sur Fernand qu'elle n'en avait de son vivant. Et la mère toute puissante comprend « que les absents ont toujours raison : ils sont ceux qui ne contrarient pas le travail de l'amour. »
Le décor est planté pour un huis-clos mère/fils fait de feintes, de disputes, de silence, de renoncement. Mauriac analyse avec une grande acuité et sans complaisance les différentes phases que traversent les deux protagonistes ; l'une pour tenter de reconquérir l'amour filial, l'autre pour s'en délivrer. Mais peut-on jamais se libérer d'un amour vorace lorsqu'on l'adule malgré tout?
On pense à Vipère au poing dans l'image de la toute-puissance maternelle, mais Fernand n'est pas Brasse-Bouillon, il lui manque la haine salvatrice et l'issue est tout autre.
J'ai été fascinée par la noirceur qui se dégage de ce court récit. Et qui tient autant à la dureté du propos qu'à l'atmosphère confinée de cette petite bourgeoisie terrienne qui vit comme recluse, tournée vers le passé dans « ces domaines ceints de murs et enserrés si étroitement d'arbres, qu'il semble que les êtres qui vivent là n'aient aucune autre communication qu'entre eux ou avec le ciel ».
Sombre, sobre, intense : une très belle découverte.
Challenge Nobel 2013-2014
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
BrunoA
  25 mai 2013
Avec le noeud de vipères, Génitrix est un autre roman de François Mauriac magnifiquement écrit, mais qui laisse une sorte d'amertume tant les âmes sont noires et acerbes.
Ici, on assiste au triomphe d'une mère possessive devant la mort de sa belle-fille en même temps qu'à la prise de conscience du mari, fils de cette génitrix qui ouvre enfin les yeux sur la personnalité de sa mère.
Un tableau peu complaisant d'une époque, des relations difficiles au sein des familles et de la part d'ombre de nos âmes.
Commenter  J’apprécie          250
Malivriotheque
  06 mai 2014
Fernand Cazenave vient de perdre sa femme suite à une fausse couche. Sa mère Félicité se réjouit : elle n'aimait en aucun cas sa belle-fille, elle qui lui avait volé son cher et tendre enfant (de cinquante ans...). Mais tandis qu'elle jubile de récupérer son fils, celui-ci se met à vouer un culte à la morte alors même qu'il ne lui avait guère donné d'attention lors de son vivant. La mère Cazenave ne sait comment réagir avec la prunelle de ses yeux...
Sans être puissant, ce livre a quand même un fond marquant : la mère incapable de rompre le cordon ombilical avec son grand fils déjà quincagénaire, le fils qui se plaint de la présence envahissante de sa mère dans sa vie mais qui ne parvient lui-même à vivre loin d'elle, ou plutôt de sa protection maternelle qui le maintient toutes ces années dans l'état du capricieux bambin ; la mère menacée par l'arrivée d'une autre femme qui ne parvient pas à arriver à la cheville de la belle-mère qui a bien dressé sa progéniture, fruit de ses entrailles et seul bijou inestimable d'une vie entière qui ne saurait s'éloigner de son propriétaire ; la bru ne parvenant à gagner son combat contre la vieille seulement dans la mort, éloignant ainsi le rejeton de sa maman et la menant elle-même à la mort.
Un combat à une seule issue, qui mène au meurtre de l'ascendance, au meurtre de la génitrice à la fois de la vie, mais également de la mort d'une épouse délaissée et mal-aimée, ainsi que de la vie réprimée d'un fils.
C'est une histoire très intéressante et qui a plusieurs niveaux de lecture. L'on peut être gêné par le patois landais et les phrases parfois sans verbe ou alambiquées de Mauriac, il n'empêche que l'histoire montre combien l'attachement à un être peut être destructeur pour tout un cercle de personnes. La fin expose l'idée que nous sommes nos parents, ce qui en soi et dans certains cas peut être effrayant.
Pas forcément génialissime sur l'instant, mais extrêmement intéressant à commenter car nourrissant grandement quelques questions philosophiques, le livre de Mauriac mérite qu'on s'y attarde le temps d'une petite heure.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
mfrance
  05 novembre 2019
Une vraie bonne bouffée d'air rance et bien vicié, ça vous tente ? Si oui, aucune hésitation et laissez-vous tenter par Genitrix, un des premiers chefs d'oeuvre de François Mauriac.
D'une cruauté insupportable, ce huis-clos mère-fils vous emportera dans un univers de folie où Mauriac explore avec génie l'amour dévorateur d'une mère pour son fils, amour malsain dans lequel le fils, grosse larve sans volonté se coule avec délectation.
Tout lui est donné, sauf une épouse bien sûr.... et, vers la cinquantaine, voilà que Fernand Cazenave se laisse prendre aux charmes de Mathilde, une institutrice soucieuse de s'assurer un avenir confortable.
Mais ..."vous n'aurez pas mon fils, vous ne l'aurez jamais" clame Félicité, la mère en fureur.
Et Mathilde n'a carrément aucune chance face au couple mère-fils, pauvre petite mouche affolée prise dans la toile tissée chaque jour par l'araignée venimeuse.
Délaissée, elle va s'étioler et en mourir.
Alors Fernand va prendre la mesure de son malheur. On lui a cassé son jouet, et il le veut ce jouet, et qui est responsable de cette tragédie ? Sa mère, bien sûr. Et entre ces deux là va s'engager une lutte sordide, sans merci.
Effrayant, la manière qu'a Mauriac d'orchestrer ce corps à corps mortel entre ces deux êtres dégénérés. On aimerait être certain que cette relation ne saurait exister.
Certes, elle n'est pas la norme, mais des mères castratrices et des fils esclaves de leur génitrice... il y en a !
Mathilde ? Félicité ? Laquelle s'imposera dans le coeur du lamentable Fernand ?
Qui va gagner ce duel ? Qui a gagné ? ..... Elle, bien sûr !
Moralité : femme, n'enfantez point, et vous fils .... répudiez votre mère !
Quant à Mauriac, lisez-le et relisez-le !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          173

Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
SycoraxSycorax   14 août 2015
[...] sa vie était devant ses yeux, désert morne. Comment avait-il pu, sans mourir de soif, traverser tout ce sable ? Mais cette soif qu'il n'avait pas ressentie pendant des années, voici qu'il en découvrait la torture. Mathilde était morte avant de savoir qu'elle avait soif. Elle était morte, mais lui, vivait. Une source tarie, songeait-il, des milliers de sources inconnues bouillonnent : quoi de plus remplaçable qu'une Mathilde ? Aimant pour la première fois, il se révoltait contre ce mirage qui noie l'univers entier dans les tènèbres, afin que soit baigné de lumière un être unique. Vieil enfant pourri, accoutumé à se servir de tout pour son plaisir, à tirer parti de tout, il se répétait que Mathilde lui avait été l'occasion d'une découverte délicieuse dont il saurait tirer profit avec une autre...Quelle autre ? Dans le minuscule univers de sa bassesse, dans ce réseau, dans cette toile gluante que sa mère, pour le protéger, avait dévidée autour de lui pendant un demi-siècle, il se débattait, grosse mouche prise.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
BigmammyBigmammy   24 septembre 2012
Voici que l'incendie est éteint, ce brasier, qui le rendait furieux, soudain le laisse grelottant au milieu de cendres. Il existe des hommes qui ne sont capables d'aimer que contre quelqu'un. Ce qui les fouette en avant vers une autre, c'est le gémissement de celle qu'ils délaissent.
Commenter  J’apprécie          130
vallegvalleg   29 janvier 2014
Si sa mère avait voulu qu’il ne vécût que par elle et comme suspendu à son souffle ;si elle n’avait souffert la concurrence d’aucun travail, d’aucun divertissement, d’aucune espérance, d’aucun amour, elle pouvait du fond de ses ténèbres, se glorifier de l’œuvre accomplie : le soleil maternel à peine éteint, le fils tournait dans le vide, terre désorbitée.
Commenter  J’apprécie          100
SycoraxSycorax   14 août 2015
Elle commençait de savoir que les absents ont toujours raison : ils sont ceux qui ne contrarient pas le travail de l'amour. Si nous regardons notre vie, il semble que nous ayons toujours été séparés de ceux que nous aimions le plus : c'est peut-être parce qu'il a toujours suffi qu'un être adoré vive à nos côtés, pour qu'il nous devienne moins cher. Ce sont les présents qui ont tort.
Commenter  J’apprécie          80
AmbagesAmbages   16 octobre 2019
Un peu touché d'alcool, Fernand écoutait sourde en lui sa douleur ; il accueillait, enivré, cette inconnue. Un fleuve en lui se débarrassait des glaces d'un hiver démesuré. Il avait attendu sa cinquantième année pour souffrir à cause d'un autre être.
Commenter  J’apprécie          120

Videos de François Mauriac (91) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Mauriac
Le Bloc-notes. Volume 1, 1952-1962 François Mauriac Jean-Luc Barré, Jean Touzot Éditions R. Laffont Collection Bouquins
Des articles dans lesquels F. Mauriac aborde des sujets allant de l'actualité à la spiritualité, en passant par l'histoire de France. Souvent polémiques, ils illustrent les engagements de leur auteur, comme son soutien sans faille pour Charles de Gaulle ou son combat en faveur de la décolonisation. ©Electre 2020
https://www.laprocure.com/bloc-notes-volume-1952-1962-francois-mauriac/9782221249420.html
autres livres classés : relation mère-filsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

François Mauriac

Né à Bordeaux en ?

1885
1895
1905
1915

12 questions
72 lecteurs ont répondu
Thème : François MauriacCréer un quiz sur ce livre

.. ..