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EAN : 9782253009665
156 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 152 notes)
Résumé :
«Je n'ai pas voulu donner dans La Fin de la nuit une suite à Thérèse Desqueyroux, mais le portrait d'une femme à son déclin, que j'avais peinte déjà du temps de sa jeunesse criminelle. Il n'est aucunement nécessaire d'avoir connu la première Thérèse pour s'intéresser à celle dont je raconte ici le dernier amour. » - François Mauriac.

La Fin de la Nuit (Grasset 1935)
"Dans son appartement parisien, Thérèse Desqueyroux s'apprête à affronter la so... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Cath36
  29 octobre 2011
Thérèse Desqueyroux, comme les trois mousquetaires, vingt ans après....
Plaisanterie à part, si Mauriac ne parvenait pas à faire mourir son héroïne (il y eut d'autres nouvelles : "Thérèse chez le docteur", "Thérèse à l'hôtel", assez décevantes au demeurant), c'est dans ce livre que Thérèse prend toute sa profondeur, dans cette "nuit" qui est la sienne après le rejet de sa famille (suite à sa tentative d'empoisonner son mari). Ce drame qui est le sien (je sais bien que Mauriac n'aimait pas ce mot, sans doute trop connoté bourgeois, mais comment dire autrement ?) , le fait d'être différente, plus intelligente, plus manipulatrice, ce drame prend ici une profondeur vertigineuse. La solitude de Thérèse renforce la cruauté impitoyable de l'analyse de Mauriac : jouant sur les oppositions conflictuelles entre les intelligents et les imbéciles, les sensibles et les indifférents, ceux qui doutent et ceux qui, sachant toujours tout, sont en permanence sûrs d'eux-mêmes, le romancier détache la grande ombre de Thérèse sur fond de banalités, de mesquineries et de quotidien, comme reflétant la part maudite de solitude et de désespoir que chacun d'entre nous porte en soi. Qui peut détester Thérèse ? Elle nous fascine, nous subjugue, nous fait peur quelquefois, mais comment pourrait-elle nous laisser indifférente ? Je pense qu'elle m'accompagnera longtemps encore, comme une amie redoutable qui ne m'eut rien laissé passer, et qui serait en quelque sorte mon "ange noir", celui qui met à nu sous son regard lucide ce que l'on souhaite cacher de soi-même et peut-être aussi se cacher à soi-même, tout en sachant que c'est le fait de connaître ses faiblesses qui permet d'aller plus loin. C'est le propre des grandes intelligences que de nous aider à nous éveiller à nous-mêmes.
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Peteplume
  15 décembre 2017
Si Emma Bovary était Flaubert, j'ai tendance à penser que Thérèse Desqueyroux est un peu Mauriac. Sinon, comment aurait-il pu analyser aussi finement les joies de la manipulation, les remords qui s'ensuivent et les affres de la solitude d'un esprit supérieurement intelligent frôlé par la paranoïa? Des oeuvres de Mauriac, je n'avais aimé jusqu'à présent que Thérèse Desqueyroux. Mes incursions vers d'autres romans (dont je n'ai pas gardé de souvenir précis) m'avaient convaincue de me tenir loin de cet auteur dont je jugeais les écrits tourmentés et sans grand intérêt pour moi. Le hasard des rencontres m'a incitée à le « revisiter » en ouvrant La fin de la nuit et je n'ai pas été déçue de ma lecture. Ce roman m'a paru aussi bon, si ce n'est meilleur, que Thérèse Desqueyroux. Je me suis replongée avec délices dans l'ambiance du début du siècle dernier où les voitures étaient encore presque toutes hippomobiles, où la bourgeoisie provinciale se pensait immuablement servie par des domestiques relégués à l'office et où les femmes de 45 ans au front ravagé mourraient de façon inéluctable d'une pathologie cardiaque pourtant bien diagnostiquée…
Je recommande donc cette lecture à tous, amateurs ou non de Mauriac, avec ou sans la lecture préalable de cet autre chef-d'oeuvre qu'est Thérèse Desqueyroux.
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legoergosum
  15 août 2016
François Mauriac a choisi, 8 ans après "Thérèse Desqueyroux", de donner une suite et une fin à l'histoire de son héroïne fétiche.
Thérèse vit seule à Paris, loin des Landes où elle a commis un acte criminel , resté impuni, mais qui la poursuit sans cesse et pèse comme un fardeau sur sa vie et sur celle de Marie, sa fille.
Car toutes les relations que Thérèse entretient avec son entourage - sa fille, le fiancé de celle-ci, Anna, la domestique qui veille sur la santé fragile de Thérèse - doivent composer avec son lourd passé qui vient inéluctablement fragiliser les liens.
Entre refoulement et remords, l'héroïne joue avec les sentiments des autres, elle est tour à tour perverse, cruelle, aimante, amoureuse...
Le fervent catholique qu'est François Mauriac a parsemé d'épines le chemin qui doit conduire son héroïne à la rédemption. Et le lecteur comprend que, après des années de souffrances physiques et morales, Thérèse ne trouvera le repos que dans la mort. "...la fin de la vie, la fin de la nuit " sont les derniers mots de ce roman, austère comme son personnage .
J'ai rarement rencontré des êtres à la psychologie aussi complexe faire l'objet d'une analyse aussi précise de la part d'un auteur, c'est, selon moi, le principal intérêt de ce roman. Mauriac excelle à sonder les âmes.
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luis1952
  15 mars 2016
Comme toujours chez François Mauriac, des personnages de grande envergure, des personnalités hors du commun. Que penser de Thérèse Desqueyroux en fin de vie ? Elle s'éteint mais garde son caractère, sa personnalité jusqu'au bout. Qui est vraiment cette femme ? Une victime, une malade mentale, une femme qui a souffert, qui aime sa fille, son futur gendre? Une personnalité complexe, si bien décrite dans ce roman.
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akhesa
  22 décembre 2014
Voila la fin tant attendue,par moi, de Therese Desqueyroux,livre ou l'on raconte une vie de bourgeoise tenue a l'ecart de la vie de sa fille,de son mari...suite a une tentative d'empoisonnement,et des non-dits par convenance
Je suis contente d'avoir pu lire cette suite,et j'ai apprecie l'ecriture,la tournure de style
A lire
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
TheAustenGirl33364TheAustenGirl33364   24 décembre 2013
A mesure qu'elle parlait, Thérèse faisait exprès de rejeter les cheveux qui ombrageaient son front trop vaste ; elle découvrait ses oreilles ; et ce geste accompli avec négligence, mais qui lui coûtait un effort héroïque, elle s'étonnait de ne pas en voir tout de suite l'effet, _ tant nous avons peine à comprendre que souvent l'amour ne tient aucun compte des apparences, que cette mèche blanche que nous souhaitons de lui cacher l'attendrirait, bien loin de lui déplaire, s'il la voyait ; mais il ne la voit pas. Non, ce n'était pas une femme à demi détruite que Georges dévorait des yeux, mais un être invisible qui s'exprimait dans un regard, dans cette voix un peu rauque et dont la plus simple parole avait pour lui une valeur, une importance démesurée. En vain Thérèse montrait-elle à cet enfant son front dévasté, il détenait le privilège de la contempler en dehors du temps, désincarnée.C'est toujours le mystère d'une âme que la passion, même coupable, nous découvre ; et toute une vie de souillures n'altère pas cette splendeur d'un être tel que nous le livre l'amour.
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cocacoca   03 octobre 2014
Il faudrait que la vie avec la créature que nous aimons fût une longue sieste au soleil, un repos sans fin, une quiétude animale... cette certitude qu'un être est là, à portée de notre main, accordé, soumis, comblé ; et que pas plus que nous-même il ne saurait désirer d'être ailleurs.Il faudrait à l'entour une telle torpeur que la pensée fût engourdie, afin de rendre impossible même en esprit tout trahison...
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cocacoca   29 septembre 2014
Il y avait eu la veille quinze ans que Thérèse, escortée de son avocat, était sortie du tribunal de la sous-préfecture, avait traversé la petite place déserte en répétant à mi-voix : "Non-lieu ! non-lieu !" Libre enfin avait-elle cru... Comme s'il appartenait aux hommes de décider qu'un crime n'a pas été accompli, lorsqu'il l'a été en effet ! Elle ne s'était pas doutée, ce soir-là, qu'elle entrait dans une prison pire que le plus étroit sépulcre : dans la prison de son acte et qu'elle ne s'en évaderait jamais.
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Cath36Cath36   29 octobre 2011
Que lui dirait-il ? Qu'elle pouvait s'endormir sans inquiétude à son sujet ; qu'elle ne lui avait fait aucun mal, qu'elle n'avait fait de mal à personne ; que c'était sa mission d'entrer profondément dans les coeurs à demi morts, pour les bouleverser ; qu'elle mordait à même, jusqu'au tuf d'un être, et qu'alors il était assuré de donner son fruit... C'était de cette source que Thérèse avait fait sourdre en lui, qu'il devait partir... Oui, de cette douleur, de cet élan toujours rompu vers une passion infinie. Il ne serait plus jamais content de lui-même, plus jamais satisfait
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Cath36Cath36   29 octobre 2011
Thérèse avait toujours détenu ce pouvoir de se représenter avec exactitude cette vie qu'elle ne posséderait jamais ; elle croyait que le sublime d'une destinée ordinaire échappe à ceux qui y sont plongés, et que le pain de chaque jour n'a plus de goût pour eux ; seuls les coeurs qui, comme elle, en seront éternellement frustrés, se repaissent de son intolérable absence.
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À l'occasion du 50e anniversaire de la mort de François Mauriac, rencontre avec Jean-Marie Planes.
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Notes de Musique : Szigeti Quartet Wolfgang Amadeus Mozart - Klarinet Quintet K.581 - I. Allegro. Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée)
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