AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782253009665
156 pages
Le Livre de Poche (30/11/-1)
3.75/5   187 notes
Résumé :
«Je n'ai pas voulu donner dans La Fin de la nuit une suite à Thérèse Desqueyroux, mais le portrait d'une femme à son déclin, que j'avais peinte déjà du temps de sa jeunesse criminelle. Il n'est aucunement nécessaire d'avoir connu la première Thérèse pour s'intéresser à celle dont je raconte ici le dernier amour. » - François Mauriac.

La Fin de la Nuit (Grasset 1935)
"Dans son appartement parisien, Thérèse Desqueyroux s'apprête à affronter la so... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
3,75

sur 187 notes
5
7 avis
4
9 avis
3
2 avis
2
1 avis
1
0 avis

Cath36
  29 octobre 2011
Thérèse Desqueyroux, comme les trois mousquetaires, vingt ans après....
Plaisanterie à part, si Mauriac ne parvenait pas à faire mourir son héroïne (il y eut d'autres nouvelles : "Thérèse chez le docteur", "Thérèse à l'hôtel", assez décevantes au demeurant), c'est dans ce livre que Thérèse prend toute sa profondeur, dans cette "nuit" qui est la sienne après le rejet de sa famille (suite à sa tentative d'empoisonner son mari). Ce drame qui est le sien (je sais bien que Mauriac n'aimait pas ce mot, sans doute trop connoté bourgeois, mais comment dire autrement ?) , le fait d'être différente, plus intelligente, plus manipulatrice, ce drame prend ici une profondeur vertigineuse. La solitude de Thérèse renforce la cruauté impitoyable de l'analyse de Mauriac : jouant sur les oppositions conflictuelles entre les intelligents et les imbéciles, les sensibles et les indifférents, ceux qui doutent et ceux qui, sachant toujours tout, sont en permanence sûrs d'eux-mêmes, le romancier détache la grande ombre de Thérèse sur fond de banalités, de mesquineries et de quotidien, comme reflétant la part maudite de solitude et de désespoir que chacun d'entre nous porte en soi. Qui peut détester Thérèse ? Elle nous fascine, nous subjugue, nous fait peur quelquefois, mais comment pourrait-elle nous laisser indifférente ? Je pense qu'elle m'accompagnera longtemps encore, comme une amie redoutable qui ne m'eut rien laissé passer, et qui serait en quelque sorte mon "ange noir", celui qui met à nu sous son regard lucide ce que l'on souhaite cacher de soi-même et peut-être aussi se cacher à soi-même, tout en sachant que c'est le fait de connaître ses faiblesses qui permet d'aller plus loin. C'est le propre des grandes intelligences que de nous aider à nous éveiller à nous-mêmes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
Caro29
  10 juillet 2021
Je me souviens qu'à la fin de Thérèse Desqueyroux, j'avais très envie de savoir ce qu'était devenu le personnage éponyme après que son mari Bernard l'avait laissée sur ce trottoir de Paris, seule face à sa nouvelle vie, loin des Landes. Je ne savais pas que j'allais la retrouver, quinze ans plus tard, « vieille femme » (ce sont les mots de Mauriac) de 45 ans, toujours seule, malade, au bord de la folie, s'enfonçant inexorablement dans la « nuit ». Je ne savais pas, à ce moment-là, que cette « suite » existait, j'ai donc été agréablement surprise de la découvrir il y a quelques mois.
En lisant La Fin de la nuit, je me suis souvenue du personnage de Thérèse, cette femme qualifiée de « monstre » en raison de son crime froid, sans passion, indifférent. Elle donnait l'impression d'être spectatrice de sa propre vie, au moins pendant la première partie de Thérèse Desqueyroux. Dans La Fin de la nuit, Thérèse est plus actrice que spectatrice, même si elle observe froidement les conséquences de ses actes. Elle reste ce personnage sec, indifférent et si difficile à cerner. C'est une femme cynique, qui ne se fait plus aucune illusion (s'en est-elle jamais fait ?) et se considère elle-même comme une « bête puante » (chapitre 9) parce qu'elle ne peut s'empêcher d'empoisonner (au sens figuré cette fois) ceux qui évoluent autour d'elle.
J'ai moins apprécié cette Thérèse que la première, même si j'ai été touchée par ce « portrait d'une femme à son déclin ». En fait, c'est surtout l'écriture de François Mauriac que j'ai trouvée sublime, ainsi que la justesse des mots utilisés pour parler de Thérèse et de sa « nuit ». Et comme pour Thérèse Desqueyroux, la préface de la Fin de la nuit, courte mais efficace, écrite par Mauriac lui-même, met parfaitement en lumière le travail et le dessein de l'auteur. Une belle oeuvre à lire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
CelineTH7854
  16 décembre 2020
Suite et fin de Thérèse Desqueyroux, que l'on retrouve malade et vieillie, à 45 ans seulement. Lorsque sa fille débarque chez elle à Paris à l'improviste, sa fille qu'elle n'a quasiment jamais vue et qui a déjà 17 ans, Thérèse, du fond de sa "prison" personnelle et familiale, retrouve un semblant de vie et des sentiments qu'elle croyait ne plus devoir éprouver, de même que sa lucidité, sa terrible clairvoyance vis-à-vis des êtres qui l'entourent. Elle y redécouvre sa capacité à les amener toujours là où elle l'entend, entraînant chez elle tour à tour une certaine jouissance et une profonde culpabilité, qui dépasse celle liée à la tentative d'empoisonnement de son mari, 15 ans auparavant.
Commenter  J’apprécie          280
legoergosum
  15 août 2016
François Mauriac a choisi, 8 ans après "Thérèse Desqueyroux", de donner une suite et une fin à l'histoire de son héroïne fétiche.
Thérèse vit seule à Paris, loin des Landes où elle a commis un acte criminel , resté impuni, mais qui la poursuit sans cesse et pèse comme un fardeau sur sa vie et sur celle de Marie, sa fille.
Car toutes les relations que Thérèse entretient avec son entourage - sa fille, le fiancé de celle-ci, Anna, la domestique qui veille sur la santé fragile de Thérèse - doivent composer avec son lourd passé qui vient inéluctablement fragiliser les liens.
Entre refoulement et remords, l'héroïne joue avec les sentiments des autres, elle est tour à tour perverse, cruelle, aimante, amoureuse...
Le fervent catholique qu'est François Mauriac a parsemé d'épines le chemin qui doit conduire son héroïne à la rédemption. Et le lecteur comprend que, après des années de souffrances physiques et morales, Thérèse ne trouvera le repos que dans la mort. "...la fin de la vie, la fin de la nuit " sont les derniers mots de ce roman, austère comme son personnage .
J'ai rarement rencontré des êtres à la psychologie aussi complexe faire l'objet d'une analyse aussi précise de la part d'un auteur, c'est, selon moi, le principal intérêt de ce roman. Mauriac excelle à sonder les âmes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
Peteplume
  15 décembre 2017
Si Emma Bovary était Flaubert, j'ai tendance à penser que Thérèse Desqueyroux est un peu Mauriac. Sinon, comment aurait-il pu analyser aussi finement les joies de la manipulation, les remords qui s'ensuivent et les affres de la solitude d'un esprit supérieurement intelligent frôlé par la paranoïa? Des oeuvres de Mauriac, je n'avais aimé jusqu'à présent que Thérèse Desqueyroux. Mes incursions vers d'autres romans (dont je n'ai pas gardé de souvenir précis) m'avaient convaincue de me tenir loin de cet auteur dont je jugeais les écrits tourmentés et sans grand intérêt pour moi. Le hasard des rencontres m'a incitée à le « revisiter » en ouvrant La fin de la nuit et je n'ai pas été déçue de ma lecture. Ce roman m'a paru aussi bon, si ce n'est meilleur, que Thérèse Desqueyroux. Je me suis replongée avec délices dans l'ambiance du début du siècle dernier où les voitures étaient encore presque toutes hippomobiles, où la bourgeoisie provinciale se pensait immuablement servie par des domestiques relégués à l'office et où les femmes de 45 ans au front ravagé mourraient de façon inéluctable d'une pathologie cardiaque pourtant bien diagnostiquée…
Je recommande donc cette lecture à tous, amateurs ou non de Mauriac, avec ou sans la lecture préalable de cet autre chef-d'oeuvre qu'est Thérèse Desqueyroux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220

Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
TheAustenGirl33364TheAustenGirl33364   24 décembre 2013
A mesure qu'elle parlait, Thérèse faisait exprès de rejeter les cheveux qui ombrageaient son front trop vaste ; elle découvrait ses oreilles ; et ce geste accompli avec négligence, mais qui lui coûtait un effort héroïque, elle s'étonnait de ne pas en voir tout de suite l'effet, _ tant nous avons peine à comprendre que souvent l'amour ne tient aucun compte des apparences, que cette mèche blanche que nous souhaitons de lui cacher l'attendrirait, bien loin de lui déplaire, s'il la voyait ; mais il ne la voit pas. Non, ce n'était pas une femme à demi détruite que Georges dévorait des yeux, mais un être invisible qui s'exprimait dans un regard, dans cette voix un peu rauque et dont la plus simple parole avait pour lui une valeur, une importance démesurée. En vain Thérèse montrait-elle à cet enfant son front dévasté, il détenait le privilège de la contempler en dehors du temps, désincarnée.C'est toujours le mystère d'une âme que la passion, même coupable, nous découvre ; et toute une vie de souillures n'altère pas cette splendeur d'un être tel que nous le livre l'amour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
cocacoca   03 octobre 2014
Il faudrait que la vie avec la créature que nous aimons fût une longue sieste au soleil, un repos sans fin, une quiétude animale... cette certitude qu'un être est là, à portée de notre main, accordé, soumis, comblé ; et que pas plus que nous-même il ne saurait désirer d'être ailleurs.Il faudrait à l'entour une telle torpeur que la pensée fût engourdie, afin de rendre impossible même en esprit tout trahison...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Caro29Caro29   28 juin 2021
Il y avait eu la veille quinze ans que Thérèse, escortée de son avocat, était sortie du tribunal de la sous-préfecture, avait traversé la petite place déserte en répétant à mi-voix : “ Non-lieu ! non-lieu ! ” Libre enfin avait-elle cru… Comme s’il appartenait aux hommes de décider qu’un crime n’a pas été accompli, lorsqu’il l’a été en effet ! Elle ne s’était pas doutée, ce soir-là, qu’elle entrait dans une prison pire que le plus étroit sépulcre : dans la prison de son acte et qu’elle ne s’en évaderait jamais.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
cocacoca   29 septembre 2014
Il y avait eu la veille quinze ans que Thérèse, escortée de son avocat, était sortie du tribunal de la sous-préfecture, avait traversé la petite place déserte en répétant à mi-voix : "Non-lieu ! non-lieu !" Libre enfin avait-elle cru... Comme s'il appartenait aux hommes de décider qu'un crime n'a pas été accompli, lorsqu'il l'a été en effet ! Elle ne s'était pas doutée, ce soir-là, qu'elle entrait dans une prison pire que le plus étroit sépulcre : dans la prison de son acte et qu'elle ne s'en évaderait jamais.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Cath36Cath36   29 octobre 2011
Que lui dirait-il ? Qu'elle pouvait s'endormir sans inquiétude à son sujet ; qu'elle ne lui avait fait aucun mal, qu'elle n'avait fait de mal à personne ; que c'était sa mission d'entrer profondément dans les coeurs à demi morts, pour les bouleverser ; qu'elle mordait à même, jusqu'au tuf d'un être, et qu'alors il était assuré de donner son fruit... C'était de cette source que Thérèse avait fait sourdre en lui, qu'il devait partir... Oui, de cette douleur, de cet élan toujours rompu vers une passion infinie. Il ne serait plus jamais content de lui-même, plus jamais satisfait
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80

Videos de François Mauriac (102) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Mauriac
Philippe Dazet-Brun vous présente ses ouvrages "Mauriac dans l'Église catholique, ou la fidélité aux aguets " aux éditions du Cerf et "Prier 15 jours…avec François Mauriac (parcours spirituel d'un grand écrivain français)" aux éditions Nouvelle Cité. Entretien avec frère Joël Boudaroua.
Retrouvez les livres :
- "Mauriac dans l'Église catholique, ou la fidélité aux aguets" : https://www.mollat.com/livres/2573574/philippe-dazet-brun-mauriac-dans-l-eglise-ou-la-fidelite-aux-aguets
- "Prier 15 jours…avec François Mauriac (parcours spirituel d'un grand écrivain français)" : https://www.mollat.com/livres/2614500/philippe-dazet-brun-prier-15-jours-avec-francois-mauriac Note de musique : © mollat
Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat
+ Lire la suite
autres livres classés : romanVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus





Quiz Voir plus

François Mauriac

Né à Bordeaux en ?

1885
1895
1905
1915

12 questions
81 lecteurs ont répondu
Thème : François MauriacCréer un quiz sur ce livre