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ISBN : 2253009016
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1984)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 225 notes)
Résumé :
La terre ne trembla pas ; il n'y eut pas de signe dans le ciel, le jour où Jean Péloueyre, "le grillon", "pauvre figure de Landais chafouin, triste corps en qui l'adolescence n'avait su accomplir son miracle habituel", épousa Noémi d'Artailh. "On ne refuse pas le fils Péloueyre", des métairies, des troupeaux, lorsqu'on a pour tout bien dix-sept ans, "des yeux pareils à des fleurs noires, ... une tête brune et bouclée d'ange espagnol", les promesses rêvées d'un "beau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  18 juin 2016
« le baiser au lépreux », court roman, longue nouvelle ? Peu importe : c'est dense…
Nous sommes fin XIXème, début XXème… Peu importe, également… Une maison dans un village de la lande girondine. Là vivent Jérôme Péloueyre , le père plus ou moins hypocondriaque et son fils, Jean, orphelin de mère dont la laideur n'échappe à personne ; pas même à lui : « tout son être était construit pour la défaite », nous dit François Mauriac.
Les Péloueyre sont riches et pratiquants et Jérôme voit d'un mauvais oeil sa succession arriver dans la besace de ces mécréants de Cazenave, oncle et tante de Jean. Par l'entremise du curé, on propose à Jean d'épouser la belle Noémi d'Artailh, qui, malgré la laideur de Jean est quand même prête à l'épouser… le mariage sera célébré en septembre, mais Jean ne tardera pas à se rendre compte qu'il n'inspire que répulsion à sa jeune et gironde épouse qui ne tarde pas à dépérir…
Qui n'a jamais entendu le grondement sourd de l'océan qui s'acharne sur la dune ? Qui n'a jamais senti l'odeur d'une pinède après l'orage, l'odeur de cèpes d'un sous-bois l'automne venu, ou celle, capiteuse du seringat en fin d'une chaude journée d'été ? Si c'est votre cas, lisez ce « baiser au lépreux », car en marge du drame qui se joue dans la maison des Péloueyre, François Mauriac n'a pas son pareil pour nous faire sentir ces choses- là ; comme Maupassant en Normandie et Genevoix en Sologne.
Parlons du style : c'est du lourd, comme dirait Lucchini… François Mauriac est un maître dans l'art de ciseler une belle phrase… Jusqu'au vocabulaire, précis, rare… local, même : brande, alios...
Un premier grand succès pour François Mauriac, malgré (ou à cause, allez savoir) le scandale provoqué à sa sortie en 1922. On croise ici la maladie… Et un jeune médecin venu du bourg voisin qui ne semble pas insensible aux charmes de la gironde mais pieuse Noémi…
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Bigmammy
  05 octobre 2012
Premier succès littéraire de François Mauriac, cette longue nouvelle nous ramène dans un grand domaine des Landes, au sein de la famille très dévote de Jean Péloueyre, (23 ans) et de son père Jérôme, hypocondriaque. Jean est très laid, et il le sait. Il fuit les regards, craint les moqueries des filles, parle tout seul entre deux tics. Son seul loisir est la chasse aux pies, courir dans la lande …
Jean pense qu'il ne se mariera jamais. Cependant, son père et le curé du village vont lui présenter une jeune fille ravissante qui l'acceptera, car « On ne refuse pas un fils Péloueyre. » et que l'héritage du père ne saurait tomber entre les mains impies des Cazenave, l'oncle et la tante de Jean.
Jean se rend compte très vite qu'il fait horreur à Noémi, qui se laisse posséder comme une morte, et dépérit à mesure que les nuits conjugales s'avancent. Noémi est une fille simple, qui connaît et accepte les obligations et les rigueurs d'un mariage arrangé. Pour la délivrer de sa présence, Jean va à Paris quelques mois, où il n'éprouvera aucune expérience positive puis en reviendra terriblement affaibli. Noémi, pendant son absence, se porte en revanche très bien : elle s'occupe de son impérieux beau-père, gère les métairies, occupe son temps à des oeuvres de charité. Son coeur battra un peu plus fort pour le jeune médecin du bourg, mais elle saura le désespérer. La seule façon de la délivrer de lui, pense Jean, est de hâter sa propre mort. Aussi se rend-il chaque jour au chevet d'un ami poitrinaire, et contracte naturellement sa maladie, puis meurt.
Noémi, en grand deuil, se réfugie alors dans la nourriture, et continue de s'occuper de son beau-père qui a testé en sa faveur à la condition qu'elle ne se remarie pas. Ainsi voit-elle sa jeunesse s'enfuir … tout en espérant à nouveau l'ultime délivrance, la mort du vieux Jérôme. Mais l'hypocondriaque se ménage et dure, dure …
Ici encore, le roman ne manque pas de références personnelles et d'introspection de la part de son auteur. On se souvient que la beauté de François Mauriac n'était pas sa principale qualité et toutes les réflexions de Jean furent sans doute, en sa jeunesse, les siennes. Toujours cette lucidité mordante, cette peinture sans concession des égoïsmes, des calculs patrimoniaux des plus vieux qui étouffent leurs propres enfants, sous le couvert de bons sentiments chrétiens et la crainte du qu'en dira-t-on.
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aouatef79
  23 novembre 2018
L' auteur , François Mauriac , est issu d'une famille bourgeoise et catholique .
Il est considéré comme un catholique de gauche et un progressiste . Vu ses convictions religieuses , on relève que tous ses livres sont imprégnés d'un souffle religieux .
" le baiser au lépreux " est le roman où l'auteur dénonce l'hypocrisie sociale et s'élève contre la société qui ne connaît que les intérêts matériels , le rang social et la fortune .Ces derniers sont les valeurs de cette société .
Dans ce roman les principaux protagonistes sont : Noémie d' Artiallh, une jeune fille de dix-sept ans , très belle et superbe . Elle est de condition sociale modeste
-Jérome Péloueyre ,personne malade ,possédant des métairies ,des troupeaux et des terres fertiles .Il a un fils , Jean .
-Jean Péloueyre est un jeune homme de vingt-trois ans . Ce dernier est laid , difforme et repoussant .
-le docteur Pieuchon , médecin de Jérome Péloueyre et ami de la famille .
-Le curé et d' autres protagonistes ;
le curé pensant faire du bien , conseille et propose à Jérome de faire marier son fils , Jean , avec la belle Noémie .Et , c'est lui qui va prendre l'affaire en main .Les parents de la jeune fille et cette dernière approuvent .
Au départ Jean est hésitant car il sait qu'aucune femme ne voudra de lui vu
son extrême laideur .
le mariage est régularisé et Jean a trouve chaussure à son pied .
Entre les époux , il n' y a qu ' incompatibilité ! Noémie n'éprouve que la répulsion pour Jean .A son contact et à sa vue , Noémie dépérit .Le curé conseilla au jeune homme un voyage à Paris et faire des études .
Durant l'absence de son mari , Noémie a pris des couleurs et se sent bien .Elle a pris goût à la vie .
A son retour , Jean remarque que sa femme a rechuté et dépérit .Alors ,il décide de s'occuper d' un malade et lui-même tombera malade et contracte la tuberculose . Jean ne se plaint jamais de son état et supporte avec un grand calme .
Noémie remarquant la noblesse d' âme et de coeur de son mari , est prise de remords et essaie de se rapprocher de Jean .
Ce dernier ne tardera pas et mourra .Noémie entra au couvant .
Certes Jean est laid mais quelle noblesse et grandeur d'âme ! J' ai apprécié .

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emi13
  05 septembre 2013
Jean Péloueyere, homme très laid mais aussi très riche. Sa timidité n'arrange rien, il n'ose regarder personne et encore moins leur parler. Il se voit proposer, par le curé du village, une jeune femme au doux nom de Noémi. Ce mariage un peu forcé n'est pas terrible car absolument pas assorti. le fait que Noémi est très belle comparée à son mari très laid, d'où un mariage assez bizarre d'un couple qui vit ensemble mais est en même temps séparé dans toutes les situations . Jean qui aime sa femme au plus profond de lui et qui pourtant la voit si malheureuse va essayer de trouver une solution à ce mariage vraiment pas ordinnaire. Très beau roman qui livre ici une souffrance entre la laideur, et la beauté, et l'amour.
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Corboland78
  07 décembre 2018
François Mauriac (1885-1970), lauréat du Grand Prix du roman de l'Académie française (1926), membre de l'Académie française (1933) et lauréat du prix Nobel de littérature (1952) a été décoré de la Grand-croix de la Légion d'honneur en 1958. Sixième roman dans l'oeuvre de l'écrivain, le Baiser au lépreux (1922) est son premier succès littéraire, tant auprès du public que de la critique.
Jean Péloueyre, jeune homme très laid et donc fort complexé, fuit les femmes ayant perdu tout espoir d'en séduire une. Un jour son père, vieux veuf hypocondriaque, lui annonce qu'une initiative du curé du village va lui permettre d'épouser Noémi d'Artiailh, jeune fille gentiment tournée. Surprise et étonnement. Très vite après leur union, Jean très amoureux de Noémi, constate que sa présence physique n'inspire que répulsion à sa jeune épouse, lui gâchant sa santé. Par amour, il s'impose de rester le moins souvent à la maison en allant chasser toute la journée puis, toujours sur une idée du curé, il part à Paris pour faire des recherches bibliographiques dans le cadre d'un travail d'histoire locale resté en suspens depuis longtemps…
Jean aime Noémi, Noémi aimerait être agréable à son époux mais c'est au-dessus de ses forces, « En vain voulut-elle réagir contre cette répulsion de sa chair ». Toujours par amour, Jean va se sacrifier, au sens propre du terme ; d'abord en s'éloignant de son épouse mais constatant à son retour que Noémi dépérit à nouveau, il va se « suicider » inconsciemment ( ?) en veillant un ami mourant contagieux. Sa veuve, après un deuil de trois ans, se tournera délibérément vers la religion, ignorant la chaude attention que lui portait le jeune médecin en charge de son mari.
J'ai trouvé cette vieille édition du livre, dans une brocante. Elle sent le papier jauni par les ans, cette odeur enivrante des bouquins abandonnés et ça va parfaitement avec ce roman. Une écriture datée pour des personnages d'un autre temps, mais attention, si les attitudes des uns et des autres nous semblent passéistes, les sentiments humains eux sont intemporels. Derrière les mots, entre les lignes, le roman est chargé d'une lourde puissance érotique – écrit aujourd'hui, il donnerait des suées. Ce Jean, complexé et fuyant les femmes, c'est une version de l'écrivain homosexuel refoulé. Noémi, elle, ne sait rien des plaisirs du corps et ce n'est pas son livre de messe qui « l'aurait éclairée sur cette secrète exigence en elle », sensation inconnue qu'elle ressent quand elle croise le jeune docteur. Scène torride autant que chaste quand Jean sur son lit de mort, à demi conscient, voit le toubib s'approcher au plus de près de Noémi….
Le sexe mais aussi la cupidité, le mariage est arrangé pour éviter que la fortune du père ne tombe dans les mains d'une branche familiale par alliance, tout cela orchestré par le curé grand ordonnateur des destinées terrestres et au-delà.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
cocacoca   22 juillet 2014
Une heure sonnait - une heure de moins à trembler de dégoût dans la ténèbre de la chambre nuptiale, à épier les mouvements de l'affreux corps étendu contre le sien et qui, par pitié pour elle, feindrait de dormir. Parfois le contact d'une jambe la réveillait ; alors elle se coulait tout entière entre le mur et le lit ; ou un léger attouchement la faisait tressaillir : l'autre, la croyant endormie, osait une caresse furtive.
C'était au tour de Noémi de prendre l'aspect du sommeil, de peur que Jean Péloueyre fût tenté d'aller plus avant.
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luis1952luis1952   17 décembre 2011
Noémie, en sa longue chemise, récitait sa prière devant les étoiles. Ses orteils aimaient le froid carrelage ; elle offrait sa douce gorge à l'apitoiement de la nuit. Elle n'essuyait pas cette larme qui roulait à portée de sa langue mais la buvait. Le frémissement du tilleul et son odeur rejoignaient la voie lactée. Sur cette route du ciel, ses rêves un peu fous ne vagabondaient plus. Les grillons qui crépitaient au bord de leur trou, lui rappelaient son maître. Un soir, étendue sur ses draps et toute livrée à la nuit chaude, elle sanglota d'abord à petit bruit, puis gémit longuement et regarda avec pitié son chaste corps intact, brûlant de vie mais d'une végétale fraîcheur.
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andreas50andreas50   02 février 2019
« Qu'est-ce qui est bon ? - Tout ce qui exalte en l'homme le sentiment de puissance, la volonté de puissance, la puissance elle-même. Qu'est-ce qui est mauvais ? - Tout ce qui a sa racine dans la faiblesse. Périssent les faibles et les ratés : et qu'on les aide encore à disparaître ! Qu'est-ce qui est plus nuisible que n'importe quel vice ? - La pitié qu'éprouve l'action pour les déclassés et les faibles : le christianisme.»
"Les Morceaux choisis"
Nietzche
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emi13emi13   04 septembre 2013
Dans la pignada pleine de mouches,elle connut que sa fidélité au mort serait humble gloire et qu'il ne lui appartenait pas de s'y soustraire.Ainsi courut Noêmi à travers les brandes,jusqu'à ce qu'épuisée,les souliers lourds de sable,elle dût enserrer un chêne rabougri sous la bure de ses feuilles mortes mais toutes frémissantes d'un souffle de feu,un chêne noir qui ressemblait à Jean Péloueyre. (page 178).
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aouatef79aouatef79   24 novembre 2018
Quelquefois ,Noémie ,avançait une main vers ce visage moins odieux puis
qu 'elle ne le voyait plus , y sentait de chaudes larmes .Alors , pleine de remords et de pitié ,comme dans l'amphithéâtre une vierge chrétienne d'un seul élan se jetait vers la bête , les yeux fermés ,les lèvres serrées ,elle étreignait ce malheureux .
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Vidéo de François Mauriac
« Tout un monde : Jacques de Lacretelle et ses amis » Anne de Lacretelle, Éditions de Fallois, février 2019.
Figure de la vie littéraire à partir des années 1920, Jacques de Lacretelle (1888-1985), prix Femina en 1922 avec « Silbermann », a côtoyé des écrivains tels que Marcel Proust, Paul Morand, Jean Cocteau ou François Mauriac. Sa fille décrit l'intimité de ces personnages, leur vie mondaine, leurs voyages. ©Electre 2019
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