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EAN : 9782253010241
189 pages
Le Livre de Poche (01/10/1972)
3.71/5   337 notes
Résumé :
Pour Blanche Frontenac, restée veuve avec cinq enfants, le bonheur personnel n'existe pas. La seule chose essentielle est d'agir en vue du bien commun et dans l'intérêt de la famille. Quand le moment sera venu, Jean-Louis, le brillant aîné, obéira aux mêmes liens puissants du sang. Malgré des aspirations différentes, il reprendra l'affaire familiale, deviendra le maître de la fortune afin de protéger les cadets et de maintenir à jamais le mystère Frontenac.
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
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Dans les premières années du XXè siècle, Blanche Frontenac, devenue veuve, doit maintenir le statut de la famille et son rang dans la société Bordelaise, mais par dessus tout, elle se doit d'assurer l'avenir de ses cinq enfants. Pour faire face à la gestion de l'affaire familiale de commerce de bois, elle demande à Xavier son beau-frère de délaisser son étude à Angoulême pour s'installer à Bordeaux, mais celui refuse, acceptant néanmoins de gérer les biens pour le compte de ses neveux. le récit va alors s'orienter vers l'évolution des destins de Jean-Louis le fils ainé, qui malgré ses réticences, va reprendre l'affaire familial et Yves, plus jeune, attiré par la littérature et la poésie qui va "monter" à Paris pour essayer d'y être reconnu comme écrivain.

Une déception après cette première rencontre avec l'écriture de François Mauriac. Je pense être passée à côté de son style que je n'ai pas trouvé particulièrement intéressant, l'ambiance lourde des non-dits dans la famille est assez bien rendue mais les différents protagonistes ne sont pas vraiment attirants. Certaines réflexions sur l'engagement religieux catholique sont assez bien exprimées, car elles structurent le rang social que la famille se doit de défendre et qui fait partie de ce mystère Frontenac, mystère qui est resté pour moi abscons, et j'ai trouvé, au final, l'ensemble du roman un peu daté. 
Un récit qui s'assimile à la biographie de l'écrivain et qui ne fera pas date dans ma mémoire.
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Le Mystère Frontenac, un titre prometteur. On baigne de suite dans l'épaisseur des secrets et la pesanteur d'une ambiance qu'on imagine suffocante. Si la province de Mauriac est bien défunte, elle a été le théâtre en littérature de splendides romans tellement cruels des Illusions perdues à l'Affaire Saint-Fiacre. C'est un personnage à part entière.
Ici pendant une vingtaine d'années on suit la famille Frontenac. Blanche, veuve, se consacre avec dévouement et sens du devoir à ses 5 enfants, l'espoir d'une continuité pour cette famille bourgeoise secondée par son beau-frère Xavier, le tuteur de facto. Ces trois premiers chapitres sont à mon sens les plus réussis. Blanche et Xavier, les deux gardiens du temple, s'affrontent sans jamais avoir le courage d'aller jusqu'à une explication claire.
Un passage court marque la transition subtile vers l'adolescence des garçons tels ces procédés du cinéma d'hier passant d'une époque à l'autre sans s'attarder. Une suite d'événements et de non évènements. Quelques traces diffuses à peine évoquées puis on s'attarde à nouveau sur l'adolescence des 2 garçons, Jean-Louis et Yves. Une jeunesse qui leur ouvre de nouveaux horizons, philosophie, poésie, aventure et … mariage pour les filles. On s'éloigne un temps de la bulle de préjugés, d'amour, d'intérêt, d'hypocrisie - et de bassesse aussi - où baigne la famille. Il faut attendre la dernière partie, les dernières années et la majorité des garçons, juste avant la Grande Guerre, pour renouer avec le retour du mystère Frontenac. Car de quoi s'agit-il ? Pas de cadavre dans le placard. Ici, le mystère s'est forgé au fil du temps lors l'éducation sans qu'on n'y prenne garde, transmis jour après jour par l'amour exclusif et empreint de religiosité de Blanche. Mystère renforcé chaque été dans la douceur des pins de Bourideys, et réservé aux seuls membres du groupe. C'est un sentiment d'appartenance à une famille bourgeoise auquel ni Dussol, l'associé pragmatique, ni Joséfa la liaison cachée de Xavier, ne peuvent comprendre ni avoir accès.
La famille jouit d'un statut de privilégié. Elle se doit d'en assumer les obligations et surtout les conséquences. Chacun devra passer par des renoncements. Même loin on ne peut y échapper. La culpabilité et l'attraction vous rattrapent un jour à votre corps défendant. Pas un Frontenac ne possède les qualités innées pour maintenir sans faillir ce statut. Les passions, les aspirations sont spontanément autres, même Blanche, coeur ardent et brûlant, doit faire un effort pour se conformer à ce que l'on attend d'elle. Un monde d'ailleurs où les femmes sont réduites au rôle de mère, de passage de témoin de la normalité. Pas de compassion, pas d'estime pour ces femmes de la part de l'auteur, même en dehors du milieu bourgeois, aucune ne trouve grâce à ses yeux.
Un dernier mot pour souligner le style de Mauriac, les descriptions, l'importance des odeurs et les scènes de la nature légères et profondes à la fois. Même si on ne regrette pas les injonctions de l'époque on reste touché par l'évocation de la vie de famille et d'une certaine forme de sérénité.
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Famille, je vous aime.

Considéré par François Mauriac comme des « mémoires imaginaires », le Mystère Frontenac se situe à part dans l'ensemble de l'oeuvre du grand romancier.

On y retrouve bien sûr la plupart des ingrédients habituels qui « signent » ses romans : la grande bourgeoisie bordelaise avec ses familles, ses propriétés, sa fortune, ses valeurs traditionnelles, sa religion, ses secrets, son mode de vie, ses paysages de pins et de vignes avec la chaleur et les odeurs de l'été, une action qui se déroule avant la première guerre mondiale, un style fluide et une construction solide de l'intrigue. On le retrouve aussi avec ses explorations de l'amour sous toutes ses formes : amour maternel, amour conjugal, désirs, passion jalouse et son thème de prédilection du poète naissant dévoré par la grande ville (Paris). D'autres thèmes sont abordés comme la fuite devant les angoisses de la mort et de la solitude sans oublier une réflexion sur le temps à l'échelle humaine qui explique une sorte de fatalisme présent dans tout le récit. On subodore évidemment derrière l'ensemble de ces préoccupations un ressort autobiographique fort. Cependant, en y regardant de plus près, on constate que Mauriac sait transposer et déformer des faits d'expérience pour les réutiliser dans l'intérêt de son roman avant toute autre considération.

Cependant, ce roman représente une originalité dans la fiction mauriacienne : c'est un hymne à la famille. Les différents protagonistes ressentent fortement leur appartenance à la famille, à la tribu Frontenac et agissent de façon à consolider et à renforcer cet esprit de clan qui comprend, presque d'une façon aristocratique, une conscience aiguë des legs du passé, de l'importance de transmettre et d'accroître ce legs pour les générations à venir. Que ce soit Jean-Louis, Yves, José, leurs soeurs ou Xavier, mais aussi Blanche ou Joséfa qui deviennent des membres de ce « Mystère Frontenac », chacun concourt et se sent investi d'une sorte de mission intergénérationnelle qui les dépasse.

A mon humble avis, le Mystère Frontenac révèle un aspect un peu surprenant de l'oeuvre romanesque de Mauriac où la famille est souvent au centre de l'intrigue mais comme un facteur pesant, emprisonnant pour les personnages qui en souffrent et cherchent généralement à s'en détacher malgré toutes les difficultés qu'ils en éprouvent. Mauriac parvient donc à se renouveler après l'écriture du Noeud de Vipères en redonnant à la famille ses lettres de noblesse mais cette bonne disposition ne durera pas ! A mon sens, si je devais donner la préférence à l'un de ses romans, ce n'est certainement pas à celui-là car s'il possède toutes les qualités d'une oeuvre accomplie et se lit avec un certain plaisir, il semble moins satisfaisant que le Noeud de Vipères ou Thérèse Desqueyroux. Pourquoi ? Peut-être du fait de l'absence de personnages véritablement noirs, lucides, intransigeants, déterminés dans leurs actes et dont l'écrivain demeure un maître incontestable dans l'exploration de leurs sentiments et de leurs pensées. Néanmoins, le Mystère Frontenac reste un ouvrage passionnant … à défaut d'être fascinant.
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Mémoires familiales sublimées de François Mauriac, qui délaisse ici le fiel acéré de sa plume pour évoquer la figure maternelle aimée et les liens indéfectibles de la famille.
Mémoires d'un autre temps aussi, celles d'une France provinciale bercée par les saisons, d'une maison de famille qui abrite comme dans un écrin l'intimité d'une fratrie de cinq enfants grandissant vers leurs aspirations propres sous le regard d'une mère entièrement dévouée à sa couvée, jalouse de cette union, de ses valeurs bourgeoises et de ses biens.
Un univers assez guindé, immuable, dans lequel le plus jeune fils poète, double de Mauriac je suppose, vient amener un peu de vent du large.
Et toujours la plume somptueuse de l'auteur qui continue de m'émerveiller, quoiqu'il écrive.
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Roman de l'enfance et du paradis perdu, roman de l'apprentissage de la vie à travers la famille et la fratrie, ce roman en partie biographique évoque aussi les tourments d'un jeune écrivain qui se cherche, à travers sa sensibilité et ses expériences. A travers le domaine familial de Bourideys (comprenez Malagar) où Yves vit ses premières découvertes poétiques, c'est un hommage à ses racines et à sa famille que Mauriac -avec combien d'émotion- rend ici. Roman un peu proustien auquel se mêle des fragrances du "Grand Meaulnes", "Le Mystère Frontenac" fut un des livres préférés de mon adolescence. Même si je préfère maintenant les grands romans psychologiques de Mauriac, je garde une pensée nostalgique pour ce livre, dans lequel je retrouve une partie de ma propre jeunesse. Quand, dans une madeleine, tient toute une vie...
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
- Oncle Xavier, fais-nous des bateaux-phares.
L'oncle protestait pour la forme, ramassait une écorce de pin, lui donnait, en quelques coups de canif, l'aspect d'une barque, y plantait une allumette bougie. Le courant de la Hure emportait la flamme, et chacun des Frontenac retrouvait l'émotion qu'il ressentait autrefois en songeant au sort de cette écorce d'un pin de Bourideys : la Hure l'entraînerait jusqu'au Ciron, le Ciron rejoignait la Garonne non loin de Preignac...et enfin l'océan recevait la petite écorce du parc où avaient grandi les enfants Frontenac.
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Jamais je n'avais si bien réussi à me mettre dans la peau de la mort. Ces murs épais, ce salon qui est une cave, au centre de cette propriété perdue. La nuit...La vie était à l'infini. C'était le repos. Le repos, ma chérie, songez donc ! Ne plus sentir que l'on aime ... Pourquoi nous a-t-on appris à douter du néant?... L'irrémédiable, c'est de croire, malgré et contre tout, à la vie éternelle. C'est d'avoir perdu le refuge du néant.
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On racontait qu'il recevait chez lui, dans la maison de Bourideys, où ses parents étaient morts, cette créature et qu'elle osait se montrer, à onze heures du matin, sur le pas de la porte, en peignoir rose, les pieds nus dans ses pantoufles, et la tresse dans le dos.
L'oncle Péloueyre mourut à Bordeaux, chez cette fille, alors qu'il y était venu pour faire un testament en sa faveur.
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Il n'eut pas besoin de marcher longtemps pour ne plus entendre les éclats de voix, pour ne plus sentir l'odeur des cigares. La nature sauvage commençait tout de suite; déjà les arbres ne savaient plus qu'il y avait eu du monde à déjeuner.
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A l'entour, penchés du même côté par le vent de mer et opposant à l'ouest leur écorce noire de pluie, les pins continueraient d'aspirer au ciel, de s'étirer, de se tendre. Chacun garderai sa blessure, - sa blessure différente de toutes les autres (chacun de nous sait pour quoi il saigne). Et lui, Yves Frontenac, blessé, ensablé comme eux, mais créature libre et qui aurait pu s'arracher du monde, avait choisi de gémir en vain, confondu avec le reste de la forêt humaine.
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Vidéo de François Mauriac
Philippe Dazet-Brun vous présente son ouvrage "François Mauriac : L'inguérissable jeunesse" aux éditions Memoring.
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