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ISBN : 2253010243
Éditeur : Le Livre de Poche (01/10/1972)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 201 notes)
Résumé :
Pour Blanche Frontenac, restée veuve avec cinq enfants, le bonheur personnel n'existe pas. La seule chose essentielle est d'agir en vue du bien commun et dans l'intérêt de la famille. Quand le moment sera venu, Jean-Louis, le brillant aîné, obéira aux mêmes liens puissants du sang. Malgré des aspirations différentes, il reprendra l'affaire familiale, deviendra le maître de la fortune afin de protéger les cadets et de maintenir à jamais le mystère Frontenac.
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
andreas50
  25 janvier 2019
Michel Frontenac dirige une entreprise de négoce de bois dans les Landes. Brusquement, il décède, et son épouse, Blanche, demande à Xavier, son beau-frère, de reprendre l'affaire familiale, mais celui-ci refuse et préfère s'occuper d'une modeste étude à Angoulême.
Blanche Frontenac, nature maternelle, liée à ses enfants par un amour dévoué et impérissable, n'a pas l'intention de se remarier. Elle se voue à leur éducation, à la défense de leurs intérêts, aidée par sa mère et Xavier devenu tuteur. Indifférent au sentiment religieux, ce dernier professe le culte de la famille, et mourrait de honte si sa liaison avec Josefa, modeste lingère, venait à la connaissance de ses proches.
Le coeur du roman est davantage centré sur la fratrie : trois garçons et deux filles. Ces deux dernières restent en marge du récit.
Dans cette famille très catholique, attachée à la terre (bois,vignes), les garçons sont plutôt attirés par la philosophie ( Jean-Louis ), la poésie ( Yves ), l'aventure ( José ), mais par devoir, Jean-Louis, l'ainé sera chef d'entreprise, permettant aux deux cadets de vivre leur passion. Patron malgré-lui, Jean-Louis tente de modifier les relations avec les salariés dans le cadre d'un catholicisme social.
Terrée dans sa tranquille vie bourgeoise, partagée entre Bourridès, l'été, et Bordeaux, l'hiver, la famille Frontenac ne connait d'autres événements que les unions, les séparations.
Jean-Louis épouse sa cousine Madeleine qui représente pour lui plus de sécurité que d'amour. Yves, qui a dix ans au début, est à la fin un homme. Il quittera Bordeaux pour Paris pensant poursuivre une carrière littéraire. José est marqué par un tout autre sort, dépensant sans compter pour une danseuse, rongé par les dettes, il est prié de s'engager dans l'armée coloniale, suite à un conseil de famille.
Il mourra plus tard sur un champ de bataille.
Si l'on met à part Blanche et Jean-Louis, les jeunes gens sont guidés par leurs penchants, leur intérêt, leur égoïsme. Et que dire de Xavier qui reste rivé à sa vieille maîtresse.
Quel peut-être bien le mystère promis par le titre ?
Il est d'ordre moral; c'est un mystère d'union et de tradition. C'est l'invisible mystique familiale. C'est une fresque spiritualiste et poétique d'une délicatesse et d'une force extrême qui embrasse la période essentielle de la formation humaine.
Mauriac dépeint sa jeunesse au travers du roman, le roman d'une famille qui a existé et dont le souvenir emplit le coeur de l'écrivain. Et c'est ainsi, par la vertu de ce qui fut, la famille Frontinac restera le symbole de l'amour et de l'union absolue.

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JeanLouisBOIS
  16 février 2014
Famille, je vous aime.
Considéré par François Mauriac comme des « mémoires imaginaires », le Mystère Frontenac se situe à part dans l'ensemble de l'oeuvre du grand romancier.
On y retrouve bien sûr la plupart des ingrédients habituels qui « signent » ses romans : la grande bourgeoisie bordelaise avec ses familles, ses propriétés, sa fortune, ses valeurs traditionnelles, sa religion, ses secrets, son mode de vie, ses paysages de pins et de vignes avec la chaleur et les odeurs de l'été, une action qui se déroule avant la première guerre mondiale, un style fluide et une construction solide de l'intrigue. On le retrouve aussi avec ses explorations de l'amour sous toutes ses formes : amour maternel, amour conjugal, désirs, passion jalouse et son thème de prédilection du poète naissant dévoré par la grande ville (Paris). D'autres thèmes sont abordés comme la fuite devant les angoisses de la mort et de la solitude sans oublier une réflexion sur le temps à l'échelle humaine qui explique une sorte de fatalisme présent dans tout le récit. On subodore évidemment derrière l'ensemble de ces préoccupations un ressort autobiographique fort. Cependant, en y regardant de plus près, on constate que Mauriac sait transposer et déformer des faits d'expérience pour les réutiliser dans l'intérêt de son roman avant toute autre considération.
Cependant, ce roman représente une originalité dans la fiction mauriacienne : c'est un hymne à la famille. Les différents protagonistes ressentent fortement leur appartenance à la famille, à la tribu Frontenac et agissent de façon à consolider et à renforcer cet esprit de clan qui comprend, presque d'une façon aristocratique, une conscience aiguë des legs du passé, de l'importance de transmettre et d'accroître ce legs pour les générations à venir. Que ce soit Jean-Louis, Yves, José, leurs soeurs ou Xavier, mais aussi Blanche ou Joséfa qui deviennent des membres de ce « Mystère Frontenac », chacun concourt et se sent investi d'une sorte de mission intergénérationnelle qui les dépasse.
A mon humble avis, le Mystère Frontenac révèle un aspect un peu surprenant de l'oeuvre romanesque de Mauriac où la famille est souvent au centre de l'intrigue mais comme un facteur pesant, emprisonnant pour les personnages qui en souffrent et cherchent généralement à s'en détacher malgré toutes les difficultés qu'ils en éprouvent. Mauriac parvient donc à se renouveler après l'écriture du Noeud de Vipères en redonnant à la famille ses lettres de noblesse mais cette bonne disposition ne durera pas ! A mon sens, si je devais donner la préférence à l'un de ses romans, ce n'est certainement pas à celui-là car s'il possède toutes les qualités d'une oeuvre accomplie et se lit avec un certain plaisir, il semble moins satisfaisant que le Noeud de Vipère ou Thérèse Desqueyroux. Pourquoi ? Peut-être du fait de l'absence de personnages véritablement noirs, lucides, intransigeants, déterminés dans leurs actes et dont l'écrivain demeure un maître incontestable dans l'exploration de leurs sentiments et de leurs pensées. Néanmoins, le Mystère Frontenac reste un ouvrage passionnant … à défaut d'être fascinant.
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Cath36
  07 novembre 2011
Roman de l'enfance et du paradis perdu, roman de l'apprentissage de la vie à travers la famille et la fratrie, ce roman en partie biographique évoque aussi les tourments d'un jeune écrivain qui se cherche, à travers sa sensibilité et ses expériences. A travers le domaine familial de Bourideys (comprenez Malagar) où Yves vit ses premières découvertes poétiques, c'est un hommage à ses racines et à sa famille que Mauriac -avec combien d'émotion- rend ici. Roman un peu proustien auquel se mêle des fragrances du "Grand Meaulnes", "Le Mystère Frontenac" fut un des livres préférés de mon adolescence. Même si je préfère maintenant les grands romans psychologiques de Mauriac, je garde une pensée nostalgique pour ce livre, dans lequel je retrouve une partie de ma propre jeunesse. Quand, dans une madeleine, tient toute une vie...
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Bigmammy
  10 novembre 2012
Les Frontenac, une nouvelle famille, apparentée aux Péloueyre. L'auteur déroule ici, une fois de plus, son histoire personnelle et familiale : derrière le thème de l'immuable prégnance des liens familiaux, de l'entrelacement des branches de la famille, du poids de la continuation d'une entreprise, d'une tradition devenant parfois écrasante, c'est le destin d'Yves, jeune homme malingre, à la paupière tombante et à la poitrine étroite, mais hyper doué et que l'on dirait aujourd'hui enfant précoce qui est le centre du roman. Son talent littéraire, découvert avec beaucoup de tendresse par son frère aîné, lui permet d'échapper au destin préétabli de toute la famille. Il ira vivre à Paris, se mêlera au monde, sans toujours pouvoir supporter les déceptions de cette vie stérile. Mais la vigilance et l'amour fraternel de Jean-Louis, son aîné toujours inquiet, qui renonce à ses ambitions philosophiques pour prendre la suite de la maison de commerce familiale, le sauveront in extremis de son pessimisme viscéral.
Ici encore, Mauriac n'a pas cherché bien loin les modèles de ses personnages et les décors d'une action relativement réduite. La propriété de Bourideys désigne le chalet acheté par Claire Mauriac à Saint-Symphorien.
Les promenades évoquées sur les bords de la Hure et au Moulin de Maryan sont celles que faisaient les Mauriac lorsqu'ils étaient en vacances. le portrait de Blanche Frontenac correspond presque trait pour trait à celui de Claire Mauriac. Une veuve frustrée élevant dans une foi ombrageuse ses cinq enfants.
Il en est de même pour l'oncle Xavier en qui on reconnaît l'oncle Louis Mauriac dont la famille avait craint un moment qu'il désavantage ses neveux pour se marier. le mystère Frontenac n'en est pas un : finalement, tout le monde sait qu'il entretient depuis des lustres une femme de petite condition (qui a « roulé ») à laquelle il refuse toute légitimité, comme il sied à la petite bourgeoisie de province à la veille de la Grande Guerre.
On retrouve donc les étés brûlants de Malagar, les bourgeois hideux, la chape de plomb de l'hypocrisie ordinaire. Et toujours cette introspection méticuleuse, mâtinée de sens du péché et de remords …
Moins cruel que le Noeud de Vipères, toutefois, mais surtout, quel style ! C'est là que réside le bonheur de lecture : l'évocation palpitante de ce coin des Landes, avec l'odeur de la résine et le bruit des mouches, le clapotement du ruisseau, le soleil vous clouant au sol, ou la fraîcheur de la bauge que le jeune Yves s'est ménagée au creux des vergnes …
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piccolanina
  07 avril 2018
Une tristesse infinie m'envahit à la fin de ce récit .
Je me sens oppressée par l'atmosphère hypocrite et artificielle que décrit l'auteur à propos de cette grande bourgeoisie dont il fait partie .
Si chacun se raccroche à l'autre , dans cette fratrie , je ne ressens aucune émotion , aucune empathie .
Yves , un des fils Frontenac , décrit parfaitement ce sens exagéré du devoir en parlant de son oncle Xavier :
" Pauvre homme ligoté de préjugés , de phobies , incapable de revenir sur une opinion reçue , une fois pour toutes , de ses parents ; à la fois si respectueux de l'ordre établi et si éloigné de la vie simple et normale ... "
Ces paroles me confortent dans l'idée que pouvoir et richesse ne sont pas synonymes de bonheur .
Le bonheur n'existe pas chez les Frontenac .
Le " qu'en dira-t-on " , la tradition et le respect du nom l'emportent sur la vraie vie , celle composée d'amour et de liberté .
La richesse du vocabulaire , l'emploi constant du passé simple renforcent ce climat guindé , stricte et ennuyeux de ces destinées empreintes de phallocratie et de religion rigide .
De ce climat écrasant , je retiens cette phrase :
" Elle les borda et , du pouce , traça une croix sur leur front " - un doux souvenir , rempli de foi et d'amour , qui me ramène à l'enfance , lorsque j'attendais le baiser de mon père et surtout ce fameux signe de croix sur le front .
Je m'endormais sereine .
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
miladomilado   08 janvier 2012
Jamais je n'avais si bien réussi à me mettre dans la peau de la mort. Ces murs épais, ce salon qui est une cave, au centre de cette propriété perdue. La nuit...La vie était à l'infini. C'était le repos. Le repos, ma chérie, songez donc ! Ne plus sentir que l'on aime ... Pourquoi nous a-t-on appris à douter du néant?... L'irrémédiable, c'est de croire, malgré et contre tout, à la vie éternelle. C'est d'avoir perdu le refuge du néant.
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Cath36Cath36   07 novembre 2011
Yves, sans répondre, imagina Bourideys à cette heure : dans le ciel, le vent de ce crépuscule devait unir, séparer, puis, de nouveau, confondre la cimes des pins, comme si ces prisonniers eussent eu un secret à se transmettre et à répandre sur la terre. Après cette averse, un immense égouttement emplissait la forêt. Ils iraient, sur le perron, sentir le soir d'automne. Mais si Bourideys existait encore aux yeux de Yves, c'était comme tout à l'heure sa mère, dans ce rêve, vivante, et pourtant il savait qu'elle était morte. Ainsi dans le Bourideys d'aujourd'hui, ne subsistait plus que la chrysalide abandonnée de ce qui fut son enfance et son amour.
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andreas50andreas50   18 janvier 2019
Pourquoi nous a-t-on appris à douter du néant ?... L'irrémédiable, c'est de croire malgré et contre tout, à la vie éternelle. C'est d'avoir perdu le refuge du néant.
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akhesaakhesa   06 juin 2015
Je voudrais savoir,mon petit Yves,toi qui connais tant de choses...au ciel,pense-t-on encore a ceux qu'on a laisses sur terre?
Alors Yves lui affirma que tout amour s'accomplirait dans l'unique amour,que toute tendresse serait allegee et purifiee de ce que l'alourdit et de ce qui la souille...
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Cath36Cath36   07 novembre 2011
Il se rappelait cette face consumée de sa mère, à la fin d'un beau jour de septembre, à Bourideys ; ces regards qui cherchaient Dieu, au-delà des plus hautes branches : "je voudrais savoir, mon petit Yves, toi qui connais tant de choses...au ciel, pense-t-on encore à ceux qu'on a laissés sur la terre ? Comme elle ne pouvait imaginer un monde où ses fils n'eussent plus été le coeur de son amour, Yves lui promit que tout amour s'accomplirait dans l'unique amour. Cette nuit, après beaucoup d'années, les mêmes paroles qu'il avait dites pour conforter sa mère, lui revinrent en mémoire. La veilleuse éclaire le visage admirable de Jean-Louis endormi. O filiation divine ! ressemblance avec Dieu ! Le mystère Frontenac échappait à la destruction, car il était un rayon de l'éternel amour réfracté à travers une race. L'impossible union des époux, des frères et des fils, serait consommé avant qu'il fût longtemps, et les derniers pins de Bourideys verraient passer - non plus à leurs pieds, dans l'allée qui va au gros chêne, mais très haut et très loin au-dessus de leurs cimes, le groupe serré de la mère et de ses cinq enfants.
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Videos de François Mauriac (93) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Mauriac
« Tout un monde : Jacques de Lacretelle et ses amis » Anne de Lacretelle, Éditions de Fallois, février 2019.
Figure de la vie littéraire à partir des années 1920, Jacques de Lacretelle (1888-1985), prix Femina en 1922 avec « Silbermann », a côtoyé des écrivains tels que Marcel Proust, Paul Morand, Jean Cocteau ou François Mauriac. Sa fille décrit l'intimité de ces personnages, leur vie mondaine, leurs voyages. ©Electre 2019
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