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ISBN : 2253002879
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1973)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 807 notes)
Résumé :
Vieil avare qui veut se venger des siens en les déshéritant, Louis se justifie dans une sorte de confession qu’il destine à sa femme : elle le précède dans la mort. Dépossédé de sa haine et détaché de ses biens, cet anticlérical sera touché par la lumière in articulo mortis.
Chronique d’une famille bordelaise entre l’affaire Dreyfus et le krach de Wall Street, Le Nœud de vipères offre les coups de théâtre, les surprises d’un vrai roman. La satire et la poésie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  20 juin 2017
Louis , avocat bordelais est devenu un vieil homme affaibli par des crises d'angine de poitrine qui le destinent à une mort prochaine. Il s'adresse à sa femme dans une longue lettre où il s'apprête à déshériter ses proches au profit de son fils illégitime, Robert.
Louis est un homme déçu par la vie, par son mariage, par ses enfants.
Venu d'un milieu modeste, il a marié Isa qui en aimait un autre et s'est mariée avec lui par intérêt.
Il est devenu amer quand il s'en est rendu compte.
Louis a eu peu de relations avec ses enfants et a perdu Marie, sa fille, suite à une maladie à l'âge de dix ans.
Son neveu Louis à qui il était attaché est mort à la guerre.
Il s'imagine que tous ses proches complotent pour posséder ses biens et c'est dans son esprit, que s'installe ce fameux "noeud de vipères".
Un évènement inattendu et dramatique va le transformer et il va comprendre que ses impressions reposaient sur des malentendus.
J'ai lu le roman pour les cours à dix-huit ans. Je l'avais fort apprécié et en ai lu d'autres de l'auteur ensuite.
Celui-ci, en relecture, me fait entrevoir d'autres aspects de l'auteur.
François Mauriac rentre à fond et très habilement dans cette âme tourmentée, rongée par la haine pour finalement nous en faire voir l'humanité qui subsiste à l'intérieur de ce vieux monsieur désillusionné.
Le rapport à l'argent, à Dieu, à la bourgeoisie constituent les axes du roman et reflètent l'esprit étriqué de l'époque où le roman a été écrit, en 1932.
J'ai trouvé la lecture très intense et l'analyse du personnage exceptionnelle.
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isajulia
  22 mars 2013
Le vieux Louis aime l'argent,en veut à la terre entière,déteste sa femme et ses enfants et surtout il ne veut pas se voir dépouiller de sa fortune par cette famille qu'il exècre.Malade du coeur,sentant la mort arriver,il va noircir les pages d'un cahier d'une étonnante confession.Il va inventer tout les stratagèmes pour déshériter ses proches afin de leur rendre la monnaie de leur pièce...
Sublime! Ce roman psychologique est un pur bijou.Le caractère de l'avare et son mode de fonctionnement montent crescendo à tel point qu'il a fini par me faire sourire.En plus d'être radin,le vieux Louis est un expert en la matière pour se monter la tête et déjouer les complots,tout est bon à prendre pour manipuler et tenir en laisse cette famille "qui attend qu'il soit dans la tombe pour toucher l'héritage".Manque de bol pour lui,ses plans vont se retrouver contrariés en deuxième partie de livre ,quand un évènement majeur viendra troubler la machine bien huilée de ses calculs...
Le Noeud de vipères c'est aussi un nid de surprises,le suspense dans la lutte du pot de fer contre le pot de terre.Qui va remporter la bataille,qui va déclarer forfait?
Ce livre est étonnant,l'analyse psychologique est poussée à l'extrême.C'est le cheminement d'un homme qui comprendra les choses quand il sera trop tard.Ce Noeud de vipères fait tomber les préjugés comme des mouches,l'exemple parfait qui démontre que même le pire des hommes est capable d'enlever ses oeillères pour s'ouvrir au monde.
Pour une première lecture de François Mauriac je ne suis pas déçue,j'ai même été comblée,je vais donc continuer avec d'autres ouvrages de cet auteur.
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andreas50
  08 février 2019
Au premier étage de sa propriété de Calèse, en Gironde, dans «la plus vaste chambre et la mieux exposée», un vieil homme, le coeur défaillant, attend la mort. Plus qu'une attente, c'est pour lui une espérance - celle de pouvoir enfin assouvir quarante ans de rancunes, en frustrant de l'héritage qui doit lui revenir sa « famille aux aguets, qui attend le moment de la curée ».
Cependant, c'est surtout sa femme, Isa, qu'il espère ainsi atteindre : à celle qui « s'enlèverait la pain de la bouche » pour ses enfants, nulle douleur ne sera plus cruelle que de les voir souffrir. Afin de parachever son oeuvre de haine, il rédige à l'intention de celle-ci une lettre vengeresse où il épanche enfin son coeur, « ce noeud de vipères... saturé de leur venin ». le portait qu'il y fait de lui-même n'est certes pas flatté : très tôt orphelin de père, choyé par une mère d'extraction paysanne qu'il n'a jamais su aimer, il fut un adolescent bûcheur, méprisant ses condisciples mais envieux de leur richesse, de leur statut social. Nanti à vingt ans, d'une belle fortune, grâce à la sage gestion maternelle, il s'est tourné vers la politique d'opposition, mais il l'a vite abandonnée lorsqu'il a compris que, malgré son anticléricalisme forcené et un certain désir de justice sociale, il serait « toujours du côté des possédants». Cet être inflexible et solitaire a pourtant connu une brève période de paix, de bonheur : ses fiançailles puis son mariage avec une demoiselle Fondaudège - un des grands noms de la bourgeoisie bordelaise - lui ont permis de se croire enfin parvenu à la réussite sociale convoitée, tandis qu'il se découvrait capable « d'intéresser, de plaire, d'émouvoir ». D'autant plus dure sera la chute, amenée par une confidence d' Isa, lui révélant qu'il n'avait été, pour la jeune fille, qu'un prétendant providentiel face au célibat menaçant. Alors commence pour cet époux de vingt-trois ans une longue lutte silencieuse, implacable, qui fera de lui un mari détesté, un père démoniaque. - L'homme qu'on n'avait pas aimé, celui pour qui personne au monde n'avait souffert », ne va plus cesser de haïr et d'être silencieusement haï en retour. Des enfants naissent, qu'alternativement il jalouse ou cherche à gagner à sa cause. Avocat d'assises à Bordeaux,tout entier absorbé par une carrière lucrative mais harassante, se réfugiant le coeur lourd, dans une débauche tarifiée, il n'est rien d'autre, pour la suffisance bien-pensante du cercle familial, qu'un athée à sauver en même temps qu'un homme à ménager, car il « gagne gros ». Seuls de brefs éclairs de tendresse illuminent cet enfer domestique, l'affection de sa petite-fille, Marie, enlevée par la typhoïde, la sympathie de l'abbé Ardouin, candide homme de Dieu, la confiance de sa belle-soeur, Marinette, que ce réprouvé est le seul à savoir réconforter, l'édénique innocence de son neveu Luc, que la guerre emportera. L'amour même lui est offert, lorsqu'une de ses clientes s'attache sincèrement à lui, mais son instinct destructeur est le plus fort, et il se contente de l à cette machination, qui d'ailleurs le mortifiei faire l'aumône d'une petite rente lorsqu'elle le quitte enceinte de lui. Terrassé par la maladie, il ne vit que pour se venger, cruellement, d'avoir tant souffert. Un répit lui permet de gagner Paris, où il tente d'exécuter un projet diabolique, celui de rendre seul bénéficiaire de sa fortune son fils illégitime, Robert. Sa fille, Geneviève, son fils, Hubert, défendant la première sa propre fille, le second sa situation, parviennent à faire échec
à cette machination, qui d'ailleurs le mortifie car Robert qu'il n'avait jamais vu auparavant, est un être veule, mesquin, et finalement indigne de lui. Isa meurt en son absence, et sa propre haine meurt avec elle. Revenu à Calèse, il va terminer son atroce existence en l'unique compagnie de sa petite-fille Janine, que l'échec de son amour fait vaciller vers la folie et qu'il sauve d'elle-même. le récit s'achève sous forme de journal où brûlant les étapes, le vieil incroyant s'avance à la rencontre de l'Esprit. La mort le saisit au milieu d'un cri d'espérance : Dieu a triomphé. Qu'importe que la famille, ce autre « noeud de vipères », continue à tordre sa hideuse masse puisque son coeur s'est enfin abîmé dans le divin Amour.
Probablement l'un des romans les plus aboutis de Mauriac.
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Cath36
  31 octobre 2011
Construire toute une vie conjugale et familiale sur un malentendu (se croire aimé alors que la femme adorée en aimait un autre) est une enfer que je ne souhaite à personne. C'est pourtant l'histoire de Louis cet avocat bordelais, qui au fil du temps s'enferme dans sa rancoeur et dans sa haine, une fois la vérité plantée en plein coeur. C'est à la fin de sa vie, que, touché par une grâce qu'aucun chrétien bien-pensant et bien pratiquant (!) de sa famille n'aura su lui donner, Louis pris de remords tentera une ultime réconciliation avec sa femme. Malheureusement celle-ci meurt sans avoir pu lire sa confession. Summum de l'oeuvre de Mauriac ce roman, qui touche à toutes les fibres du coeur humain, est comme un point de non-retour, une impossibilité d'aller plus loin dans l'analyse des relations humaines et de l'incommunicabilité entre les êtres.Comme un sculpteur, Mauriac taille ses personnages au marteau et au burin : c'est peu à peu qu'ils sortent de l'ombre de leur néant et nous apparaissent comme des frères. Au-delà de la solitude humaine qui est le lot de chacun, point de salut sans la grâce, point de libération sans un espérance en un au-delà de notre condition., point de pardon possible qui ne soit transcendé par la certitude d'un amour bien au-delà des nôtres. Une porte s'entr-ouvre, qui n'est pas une certitude (contrairement à ce qui se passe dans les romans de Bernanos) mais une possibilité. Et c'est en cela que le romancier est grand : il n'inflige aucun prêche, aucune métaphysique, aucun mysticisme, mais part de notre réalité visible, bien réelle, bien terre-à-terre pour nous faire entrevoir d'autres possibles. Et c'est le thème de la mort (mort de sa petite fille, mort d'un neveu bien-aimé, mort de sa femme) qui fait office de révélateur, comme celui dans lequel le photographe développe sa photo.
Mais qui peut dire la vérité d'une photo ?
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lecassin
  07 janvier 2019
Pour Louis, Soixante-huit ans, avocat, « le vent du soir viens de se lever » comme l'aurait dit Jean d'Ormesson ; la fin est proche. Aussi s'emploie-t-il à rédiger une lettre destinée sa femme Isabelle qui lui survivra. Il n'en doute pas.
Autour de lui, cette famille détestée dans laquelle il ne voit que cupidité : sa fortune accumulée serait leur seule raison de vivre. Une fortune importante que lui, Louis aimerait tant transmettre à Robert, son fils illégitime établi à Paris.
Las ! Isabelle mourra avant lui, et la lettre qui lui était destinée deviendra confession ; la confession d'un homme dévoré par la haine.
Dans ce court roman paru entre les deux guerres (1932) nous décrit cette bourgeoisie Bordelaise comme il l'a fait précédemment dans « le baiser au lépreux » et « Thérèse d'Esqueyroux », entre autres… Une bourgeoisie provinciale « près de ses sous » ; une bourgeoisie provinciale noire, cupide, haineuse.
Et Louis ? « Vous ne pouvez imaginer ce supplice : ne rien avoir eu de la vie et ne rien attendre de la mort. », confesse-t-il. Qui sait, si la vie s'était mieux comportée avec lui, s'il n'aurait pas été capable d'amour… Lui qui vécut auprès d'une femme qui n'a épousé que son argent… Une fille, Marie, décédée à 10 ans…
Même si en tant que vieil avare, Louis n'est pas « défendable », il faut tout le talent de François Mauriac – et il est grand − pour nous faire lui trouver quelques circonstances atténuantes.
De temps à autre, c'est un régal de se replonger dans une prose de la qualité de celle de François Mauriac ; un peu désuète, certes, mais tellement en accord avec le cadre décrit les personnages et les événements décrits…
« le noeud de vipères » un texte, un des chefs-d'oeuvre de la littérature du XX ème siècle.
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Citations et extraits (160) Voir plus Ajouter une citation
JoohJooh   09 mai 2018
Chez cet être tout instinct, ce qui me frappa davantage, à mesure qu'il grandissait, ce fut sa pureté, cette ignorance du mal, cette indifférence. [...]
La pureté, chez lui, ne semblait acquise ni consciente : c'était la limpidité de l'eau dans les cailloux. Elle brillait sur lui, comme la rosée dans l'herbe. Si je m'y arrête, c'est qu'elle eut en moi un retentissement profond. Tes principes étalés, tes allusions, tes airs dégoutés, ta bouche pincée n'auraient pu me donner le sens du mal, qui m'a été rendu, à mon insu, par cet enfant ; je ne m'en suis avisé que longtemps après. Si l'humanité porte au flanc, comme tu l'imagines, une blessure originelle, aucun œil humain ne l'aurait discernée chez Luc : il sortait des mains du potier, intact et d'une parfaite grâce. Mais moi, je sentais auprès de lui ma difformité.
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Priscilla29Priscilla29   22 juillet 2010
Comme parfois tu me regardais à la dérobée, le souvenir de ces messes demeure lié à cette merveilleuse découverte que je faisais: être capable d'intéresser, de plaire, d'émouvoir. L'amour que j'éprouvais se confondait avec celui que j'inspirais, que je croyais inspirer. Mes propres sentiments n'avaient rien de réel. Ce qui comptait, c'était ma foi en l'amour que tu avais pour moi. Je me reflétais dans un autre être et mon image ainsi reflétée n'offrait rien de repoussant. Dans une détente délicieuse, je m'épanouissais. Je me rappelle ce dégel de tout mon être sous ton regard, ces émotions jaillissantes, ces sources délivrées. Les gestes les plus ordinaires de tendresse, une main serrée, une fleur gardée dans un livre, tout m'était nouveau, tout m'enchantait.
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JoohJooh   16 mai 2018
Si tous les hommes marchaient aussi démasqués que je l'ai fait pendant un demi-siècle, peut-être s'étonnerait-on qu'entre eux les différences de niveau soient si petites. Au vrai, personne n'avance à visage découvert, personne. La plupart singent la grandeur, la noblesse. À leur insu, ils se conforment à des types littéraires ou autres. Les saints le savent, qui se haïssent et se méprisent parce qu'ils se voient. Je n'eusse pas été si méprisé si je n'avais pas été si livré, si ouvert, si nu.
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Priscilla29Priscilla29   22 juillet 2010
Demain, il se peut que je renie ce que je te confie ici, comme j'ai renié, cette nuit, mes dernières volontés d'il y a trente ans. J'ai paru haïr d'une inexplicable haine tout ce que tu professais, et je n'en continue pas moins de haïr ceux qui se réclament du nom chrétien; mais n'est-ce pas que beaucoup rapetissent une espérance, qu'ils défigurent un visage, ce Visage, cette trace? De quel droit les juger, me diras-tu, moi qui suis abominable? Isa, n'y-a-t-il pas dans ma turpitude je ne sais quoi qui ressemble, plus que ne fait leur vertu, au Signe que tu adores? Ce que j'écris est sans doute, à tes yeux, un absurde blasphème. Il faudrait me le prouver. Pourquoi ne me parles-tu pas? Pourquoi ne m'as tu jamais parlé? Peut-être existe-t-il une parole de toi qui me fendrait le cœur? Cette nuit, il me semble que ce ne serait pas trop tard pour recommencer notre vie. Si je n'attendais pas ma mort, pour te livrer ces pages? Si je t'adjurais, au nom de ton Dieu, de les lire jusqu'au bout? Si je guettais le moment où tu aurais achevé la lecture? Si je te voyais rentrer dans ma chambre, le visage baigné de larmes? Si tu m'ouvrais les bras? Si je te demandais pardon? Si nous tombions aux genoux l'un de l'autre?
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JoohJooh   10 mai 2018
Ceux qui ont l'habitude d'être aimés accomplissent, d'instinct, tous les gestes et disent toutes les paroles qui attirent les cœurs. Et moi, je suis tellement accoutumé à être haï et à faire peur, que mes prunelles, mes sourcils, ma voix, mon rire se font docilement les complices de ce don redoutable et préviennent ma volonté.
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« Tout un monde : Jacques de Lacretelle et ses amis » Anne de Lacretelle, Éditions de Fallois, février 2019.
Figure de la vie littéraire à partir des années 1920, Jacques de Lacretelle (1888-1985), prix Femina en 1922 avec « Silbermann », a côtoyé des écrivains tels que Marcel Proust, Paul Morand, Jean Cocteau ou François Mauriac. Sa fille décrit l'intimité de ces personnages, leur vie mondaine, leurs voyages. ©Electre 2019
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