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EAN : 9782253006879
314 pages
Le Livre de Poche (01/11/1975)
3.93/5   767 notes
Résumé :
Orpheline et pauvre, Mary Yellan n'a pas d'autre ressource que de quitter le pays de son enfance pour aller vivre chez sa tante, mariée à un aubergiste, sur une côte désolée de l'Atlantique. Dès son arrivée à l'Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères. Cette tante qu'elle a connue jeune et gaie n'est plus qu'une malheureuse, terrorisée par Joss, son époux, un ivrogne menaçant, qui enjoint à Mary de ne pas poser de questions sur les visiteurs de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (133) Voir plus Ajouter une critique
3,93

sur 767 notes

Kittiwake
  13 août 2016
C'est un classique de ceux qui appartiennent à ces chefs d'oeuvre dont on dit volontiers qu'on devrait les relire, même quand on ne les a jamais lus.
C'est donc fait, et je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà parcouru cette histoire , qui, du fait de la période où se déroule l'intrigue mais aussi, et là c'est plus étonnant, par le style d'écriture , qui évoque Bronte ou Collins. Bien sûr, les lieux évoqués renforcent ces analogies.
On est dès les premières lignes dans l'ambiance : la pluie est glaciale, la route cahoteuse, il fait nuit. Les passagers qui subissent les accidents du chemin et l'humidité du véhicule ne sont pas à la fête. Même le cocher vit un enfer. Dans l'habitacle, une jeune femme vient de quitter son village natal, pour rejoindre sa tante dans une auberge . S'occuper d'une ferme seule, en Cornouailles au 19è siècle, même si l'on séjourne dans le village de son enfance, est trop difficile.
Mais son arrivée dans cette bâtisse lugubre, fuie et honnie par tous les habitants de la région, car l'on se doute qu'il s'y passe des choses pas très catholiques, lui laisse entrevoir des lendemains qui ne chantent pas. Sa tante est dans un état lamentable, sous l'emprise d'un homme alcoolique, et violent . Les activités qu'il pratique et qui ont lieu à la nuit tombée plongent Mary dans une terrible angoisse.
C'est peu à peu que les faits se révèlent, peu à peu élucidés par Mary. le déroulement du récit évoque ainsi l'ambiance d'un thriller, même si ce terme n'existait pas lorsque Daphné du Maurier a publié le roman. Même si l'on finit par se douter du fin mot de l'histoire, le lecteur ne découvre le pot aux roses que dans les dernières pages.
Un bon point pour l'ambiance, habilement calquée sur les états d'âme de Mary. Les descriptions des paysages sont remarquables et on visualise sans difficulté les landes escarpées et les marécages embrumés.
Par contre la désuétude est manifeste dans les dialogues : on n'arrive pas à croire un seul instant qu'un être aussi rustre que l'aubergiste parle une langue aussi châtiée, même si on imagine que le vouvoiement et le passé simple soient une justice rendue à la langue anglaise.
Expérience très intéressante et très agréable, malgré la faiblesse des dialogues, largement rattrapée par le pouvoir d'évocation d'une ambiance qui n'est pas sans rappeler la lande bretonne, à la morte saison quand vent, brouillard et pluie noient les contours des paysages .
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Ptitgateau
  30 août 2021
Mystère, secret, glauque, poésie, ambiance, voici les pensées qui me viennent à l'évocation de ce roman, glauque, assurément, lugubre certes, mais tellement beau ! Tellement mystérieuse, cette lande des Cornouailles qui rappellent les récits au coin du feu, ou en groupes, récits dont le but était de capter l'attention de l'auditoire, et d'éveiller des sensations de peur, de produire quelque frisson et d'attiser la curiosité.
Si tel était l'objectif de Daphné du Maurier, je dois avouer que son but fut atteint en ce qui me concerne ! J'ai adoré ! Adoré l'ambiance et les descriptions de cette lande qui m'a toujours attirée, me suis délectée de l'écriture poétique de l'auteure qui par la pensée, nous offre une représentation de la lande digne des impressionnistes, choisissant ses mots comme si elle observait une palette de coloris auxquels elle mêle des élément naturels : vent, pluie, nuages et brume comme si tout était tristesse et mélancolie, que l'on évolue sur cette côte de Cornouaille ou que l'on pénètre dans le mental des personnages.
Daphné du Maurier a vraiment su jongler avec la psychologie de ses acteurs : Personnages au tempérament fort, forgés dans ce milieu hostile, avec pour contraste la faiblesse de la tante Patience, et une héroïne déterminée et combattive quoique jeune et sans expérience, ce qui lui jouera des tours, personnages révélateurs de la misère et des aptitudes à la nuisance de certains êtres humains, personnages qui travaillent dans l'ombre, gardant leurs secrets dans un texte qui ne fait que générer impatience et questionnement du lecteur.
Un très beau roman que je suis heureuse d'avoir enfin lu.
Lien : https://1001ptitgateau.blogs..
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Gwen21
  17 juin 2020
Je gardais un très bon souvenir de ma première lecture de ce roman, chaleureusement conseillé par Maman qui l'avait dévoré étant jeune. Cette découverte remonte déjà à plus de vingt ans et mon opinion n'a pas changé pour autant.
"L'auberge de la Jamaïque" est un roman d'aventures à suspense très efficace, et séduisant pour qui, comme moi, aime les landes brumeuses et sauvages de Cornouailles. Lande qui, à l'instar des "Hauts de Hurle-Vent", prend ici la place d'un personnage à part entière. Les descriptions pleines de saveur de Daphné du Maurier, elle-même énamourée de ce coin de terre, sont saisissantes de réalisme : on a froid, on a peur, on sent chaque odeur, on ressent chaque souffle de vent, on entend le ressac de chaque vague ; tout ceci rend le roman extrêmement vivant. Et sans cela, la narration s'enliserait sans doute un peu dans les dangereux marais où ne s'aventurent que les moutons et les poneys sauvages car l'atmosphère est étouffante, c'est presque un huis-clos à ciel ouvert qui donne l'impression d'être enfermé.e dehors par un temps de chien, en compagnie d'une petite poignée de personnages, antipathiques pour la plupart.
Je ne dirai rien du pitch, il est suffisamment connu. "L'auberge de la Jamaïque" est juste en dessous de "Ma cousine Rachel" pour la qualité narrative et juste au-dessus de "Rebecca" pour le suspense et le rythme, voici mon avis tout à fait subjectif, n'ayant pas particulièrement apprécié ce dernier roman pourtant considéré comme le chef-d'oeuvre de l'auteure.
Toujours grâce à Maman qui m'a emmenée, enfant, gambader dans les landes au milieu des moutons et des poneys sauvages entre Land's End et Tintagel, mon immersion dans "L'auberge de la Jamaïque" aura été totale et l'effet page-turner aura parfaitement fonctionné. Toutefois, je recommande cette lecture en automne ou en hiver, saisons du roman, pour bien s'imprégner de l'ambiance ; en collection printemps-été, l'effet risque d'être moins séduisant.

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Challenge PLUMES FÉMININES 2020
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bidule62
  12 décembre 2021
Dé-vo-ré ! Impossible de lâcher ce livre.... Repas retardé ce midi pour me laisser finir mes ultimes pages !
J'ai vraiment aimé le livre, son atmosphère angoissante, son héroïne parfois révoltée, souvent perdue. Je comprends qu'il ait pu tenter Hitchcock (je n'ai pas vu son film, ce livre est une découverte totale).
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Je suis ravie de participer au challenge solidaire : chaque critique équivaut à 10 centimes pour une association autour de la lecture et moi, très égoïstement, ça me fait découvrir des auteur(e)s classiques.
Cette année j'ai découvert et aimé Pearl Buck et rebelote avec Daphné du Maurier et son Auberge de la Jamaïque perdue au fond de la Cornouaille, abritant une population peu recommandable. A noter que cette auberge existe vraiment et a réellement abrité des braconniers.....
.
Je sens que je vais me laisser tenter par Rebecca même si l'auteure n'est pas dans la liste 2022 du challenge solidaire....
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latina
  11 juillet 2020
Qui voudrait aller s'installer à l'auberge de la Jamaïque, perdue dans la lande de Cornouailles, là où soufflent les vents et où tendent leurs pièges les marécages ? Là où se dressent les rochers, menaçants, et où la mer n'est que furie ? La Cornouaille en hiver n'est que désolation.
Et puis l'auberge est sinistre, totalement sinistre. Silencieuse, obscure, aux murs décrépits, aux pièces abandonnées, elle se dresse, farouche, au sommet de la colline, et n'attire que rats et gens de la pire espèce. Il faut dire que le patron de ces lieux est infâme.
Et pourtant Mary, jeune fille de 23 ans, s'y rend de son plein gré pour y vivre ! C'est qu'elle est orpheline, Mary, et elle voudrait retrouver sa tante qui est mariée à cet horrible individu.
Il en faut du caractère pour résister à cet endroit terrifiant et à ces gens tourmentés ! Opiniâtre, dure mais charitable, elle se confrontera à des événements épouvantables…
Eh bien, Daphné du Maurier m'a encore une fois subjuguée !
Après une introduction assez longue depuis le départ de Mary de la riante vallée d'Helford jusqu'à son arrivée à l'auberge de la Jamaïque, et puis la description de son installation désenchantée et ses marches dans le paysage désertique et brumeux, l'action démarre et s'emballe. Il y a un secret, oui, mais vite éventé, et la deuxième moitié du roman pleine d'évènements surprenants et effroyables fait le pendant à la première moitié, toute en ambiance pernicieuse. Et en passant, le statut de la femme au 19e siècle y est égratigné de belle façon !
Merci à Gwen pour cette incitation à la lecture, j'ai adoré séjourner en Cornouailles, cela me donne envie d'y aller vraiment, mais surtout pas à l'auberge de la Jamaïque !
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Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   05 juin 2017
Des vents étranges soufflaient, qui semblaient ne venir de nulle part. Ils se glissaient à la surface de l'herbe, et l'herbe frissonnait ; ils soufflaient sur les petites flaques de pluie, dans le creux des roches, et les flaques ondulaient. Parfois, le vent hurlait et ses clameurs résonnaient dans les crevasses ; puis ses gémissements se perdaient de nouveau. Il y avait, sur les rocs, un silence qui appartenait à un autre âge, à un âge révolu, évanoui comme s'il n'avait jamais été, un âge où l'homme n'existait point, où seuls des pieds païens foulaient les collines. Il y avait dans l'air un calme, une paix plus ancienne et plus étrange qui n'était pas la paix de Dieu.
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CarosandCarosand   23 août 2012
Et voici qu'en dépit d'elle-même le visage de Jem lui apparut de nouveau ; il avait l'air d'un chemineau, avec sa barbe naissante, sa chemise sale et son regard hardi. Il était rude et manquait de tendresse ; il y avait en lui plus d'un trait de cruauté ; c'était un voleur et un menteur. Il s'ingéniait à faire tout ce qu'elle craignait, détestait et méprisait. Mais elle savait qu'elle pouvait l'aimer. La nature se souciait bien des préventions ! Les hommes et les femmes étaient comme les animaux de la ferme à Helford, supposait-elle ; il y avait une commune loi d'attraction pour tous les êtres vivants, quelque affinité physique qui les faisait aller l'un vers l'autre. Ce n'était pas l'esprit qui choisissait. Le bétail ne raisonnait point, pas plus que les oiseaux. Mary n'était pas une hypocrite ; élevée à la campagne, elle avait vécu trop longtemps avec les oiseaux et les bêtes ; elle les avait vus s'accoupler, élever leurs petits et mourir. Il n'y avait guère de romanesque dans la nature, et Mary entendait ne pas le rechercher dans sa propre vie.
Non, Mary ne se faisait pas d'illusions. Etre amoureux n'était qu'un joli mot pour excuser la chose. Jem Merlyn était un homme, elle était femme ; que ce fût ses mains, sa peau ou son sourire, quelque chose en elle répondait à cet homme ; le seul fait de penser à lui était irritant et stimulant à la fois et cela la tourmentait. Elle savait qu'il lui faudrait le revoir.
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PtitgateauPtitgateau   26 août 2021
Elle avait prié pour que sa mère lui fut longtemps conservée, pour que la ferme prospérât. Elle avait obtenu la maladie, la pauvreté, la mort. Elle était maintenant seule, prise au filet, un réseau tissé de brutalité et de crime ; elle vivait sous un toit qu’elle haïssait, parmi des gens qu’elle méprisait ; elle foulait une lande désolée, hostile pour rencontrer un voleur de chevaux et un assassin. Pour ce Noël, elle n’offrirait à Dieu aucune prière.
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PtitgateauPtitgateau   25 août 2021
Ce jour-là, peu de nuages projetaient leur ombre et la lande se déroulait devant elle, prenant, sous le soleil, une couleur de sable. Un courlis solitaire se tenait, pensif, près du ruisseau, contemplant son reflet sur l’onde ; puis, pointant son long bec dans les roseaux avec une incroyable rapidité, il frappa la terre molle et, tournant la tête, il se dressa sur ses pattes. S’élevant alors dans l’air, il jeta son cri plaintif et partit vers le sud.
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ArakasiArakasi   03 mai 2016
- Je n’ai qu’une faiblesse dans ma vie, dit-il, et je vais vous la confier : c’est l’alcool. C’est une malédiction, et je le sais. Je ne peux pas m’en empêcher. Un jour, cela me perdra et ce sera une bonne chose. Certains jours, je ne prends qu’une goutte, comme ce soir. A d’autres moments, je sens la soif s’emparer de moi et je bois comme une éponge, je bois pendant des heures. C’est la puissance, la gloire, les femmes, le Royaume de Dieu, tout cela à la fois. C’est alors que je parle, que je parle jusqu’à ce que la moindre des damnées choses que j’ai faites soit dispersée aux quatre vents. Je reste dans ma chambre et hurle mes secrets dans mon oreiller.
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