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EAN : 9782253007623
410 pages
Le Livre de Poche (01/03/1986)
3.75/5   227 notes
Résumé :
Dick est invité par son ami Magnus Lane à passer ses vacances, en solitaire, dans le charmant petit village de Tywardreath en Cornouailles. Il en a bien besoin car il se sent harcelé par son épouse Vita qui le pousse à quitter la maison d'édition où il travaille pour aller vivre aux États-Unis. En fait, Magnus, professeur de biophysique à l'Université de Londres, a besoin de lui pour expérimenter une drogue qu'il a récemment mise au point. Quoique réticent, Dick ing... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
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Ode
  19 avril 2013
La Maison sur le rivage (The House on the Strand), c'est d'abord une atmosphère étrange et inquiétante. Kilmarth est une très vieille demeure sur la côte de Cornouailles, battue par les vents et construite près d'un ancien couvent, sur le domaine de Tywardreath.
C'est ce lieu chargé de réminiscences du passé que Dick Young choisit pour ses vacances, en attendant que sa famille le rejoigne. Il profite de son séjour solitaire pour jouer les cobayes en testant une nouvelle drogue élaborée par son vieil ami Magnus Lane, le scientifique à qui appartient Kilmarth.
Or cette potion modifie ses perceptions spatio-temporelles au point de le projeter dans ces mêmes lieux six siècles auparavant. Au cours d'éprouvantes aventures, il devient le témoin invisible des drames et des passions qui s'y déroulèrent au XIVe siècle. Sa curiosité l'emportant sur la raison, le voilà qui, tel Mr Hyde, abuse secrètement de la drogue pour arriver au bout de l'énigme... à ses risques et périls.
Dans ce roman datant de 1969, Daphné du Maurier nous entraîne dans une intrigue captivante sur le thème du voyage dans le temps. L'histoire est écrite avec tant de talent que je l'ai dévorée, arrivant presque à ressentir physiquement les émotions de Dick. La demeure de Kilmarth semble animée d'une vie propre qui n'est pas sans rappeler le domaine de Manderley dans "Rebecca". La tension psychologique y est aussi dense et j'ai adoré les incursions au Moyen Âge, auprès de Roger et de la mystérieuse Isolda.
De ce récit aussi addictif que la substance ingérée par le narrateur, je garde le souvenir d'une lecture forte et haletante qui résiste aux assauts du temps.
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iris29
  26 août 2020
C'est une lecture que j'ai faite à reculons, ce qui n'est jamais très bon signe...
Richard était éditeur à Londres, mais Richard n'a plus de boulot, il est sur le point d'accepter l'offre qui lui a été faite par l'intermédiaire de sa femme, une place aux Etats- Unis. C'est que Vita, sa femme, est américaine et aimerait bien rentrer chez elle avec ses deux enfants, issus d'un premier mariage. Mais pour l'heure, Richard a accepté l'invitation d'un très vieil ami qui lui prête sa maison en Cornouailles. Vita et ses beaux-fils devraient le rejoindre bientôt.
Mais pour l'heure, Richard est seul et a pour mission (s'il l'accepte) de tester une mystérieuse potion fabriquée par son meilleur ami. Et Richard se retrouve propulsé six siècles en arrière, mais au même endroit. Témoin muet de ce qui se joue devant lui , complots, meurtre, tromperies, alliances, il ne peut intervenir dans le passé ( ni par le toucher , ni par la parole) , sous peine de revenir brusquement dans notre monde .
Et Richard sera fasciné par une femme Isolda, au point de multiplier les allers-retours dans le passé, et ce, même quand sa femme Vita débarque un peu en avance .
Richard se met en danger...
Il m'aura fallu attendre presque la moitié du roman (jusqu'à ce que le professeur et ami Magnus "arrive" ) pour rentrer dans l'histoire.
Peut- être parce que ça tourne un peu en rond, peut-être parce que ce roman a vieilli et que depuis , des tas de romanciers ou de cinéastes se sont penchés sur ce thème du voyage dans le temps de façon plus ludique, avec davantage de suspens, d'humour ?
Ou peut- être était-ce dû au caractère du héros ? ( Déjà dans Ma Cousine Rachel, j'avais un problème avec le caractère du jeune homme.). Richard est comme un drogué, il faut qu'il ait sa dose (de voyage dans le temps) sans qu'on comprenne ce qui le fascine à ce point, vu qu'il ne peut interagir avec les personnages du passé. Richard ne réfléchit pas aux conséquences. conséquences sur sa santé, sur son mariage, sur sa réputation (tout le monde pense qu'il boit...). Il est comme un joueur de casino, addict.
Sa femme (hyper pragmatique, amoureuse, compréhensive, logique) apparaît un peu comme la "figure d'autorité", la "responsable", l'empêcheuse de tourner en rond. L'adulte...
L'écriture est très belle mais un peu "grandiloquente". Peut- être que ça éloigne le lecteur du personnage, empêche l'empathie.
Je suis déçue d'être déçue encore une fois par un roman de Daphné du Maurier, alors que Rebecca est un de mes livres préférés. Je vais faire une petite pause dans mon exploration, j'y reviendrais un jour...
Challenge Mauvais Genres 2020.
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Gwen21
  14 septembre 2019
Issu de sa production littéraire tardive, "La maison sur le rivage" n'est pas, de mon point de vue, le roman le plus réussi de Daphné du Maurier. Sans doute est-ce dû en partie au fait que dans ses romans, je préfère les ambiances d'avant-guerre qu'aux années 60 décrites ici ? L'action se situe en Cornouailles, terre de coeur de l'auteure. Richard Young, la quarantaine, est gracieusement hébergé par son ami Magnus, un savant fou que ne supporte par Vita, l'épouse de Richard. Mais ce détail n'aurait pas d'importance puisque Magnus ne se propose pas de résider dans sa maison près du rivage en même temps que le couple et les fils de Vita si Magnus n'avait pas demandé à Richard le service de se prêter à une expérience de son cru consistant à boire une drogue maison afin de... voyager dans le passé !
Alors oui, dit comme cela, le synopsis peut faire peur et il m'aura fallu digérer les cinquante premières pages du roman avant que j'accepte d'aller là où Daphné voulait m'emmener. C'est par pure affection pour son oeuvre que j'ai persévéré et, au final, j'ai bien fait car le roman n'est pas une complète catastrophe, seulement une petite chose bancale qui finit par divertir à défaut de captiver.
Ses voyages opiacés dans le temps - six siècles quand même ! - ramènent donc Richard en plein Moyen Age où il découvre les faits et gestes des nobliaux de la localité dans leurs qualités respectives. Dommage que leurs existences ne présentent pas plus d'intérêt que la violence des mœurs, la fragilité de la justice et la rigueur de la survie, toutes choses déjà acquises par la plupart des lecteurs. De plus, on ne peut que tiquer devant l'usage de certaines expressions de l'auteure (ou plus sûrement du traducteur) telles que violon, coma ou encore chaussures. Au début du XIVème siècle, ça fait quelque peu tache.
Je ne sais pas trop où voulait en venir Daphné du Maurier avec ce roman mais son attachement profond à ce coin de lande justifie quelques fantaisies.

Challenge PLUMES FÉMININES 2019
Challenge MULTI-DEFIS 2019
Challenge XXème siècle - Edition 2019
Challenge ABC 2019 - 2020
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mumuboc
  25 juillet 2022
Dès le premier chapitre Daphné du Maurier nous plonge dans le bizarre, dans le paranormal et cela dès le début du roman : un paysage, un lieu puis soudain un cavalier débouche et on comprend très vite que l'écrivaine a décidé de nous immerger immédiatement dans son intrigue comme va l'être Roger après la première absorption de la drogue.
Car Roger est très admiratif de son ami Magnus lui faisant totalement confiance et peut-être également parce que cela lui procure un dérivatif à sa vie actuelle dont il a du mal à trouver un sens même s'il aime toujours sa femme, malgré son ton très dirigiste et n'est pas sûr que ce qu'elle veut pour lui soit ce qu'il désire.
Et très vite Dick va aimer vivre cette aventure extratemporelle grâce à la drogue fournie et tenir informé son ami de ses « voyages » pour que Magnus puisse les confronter à ses propres voyages et étudier les effets secondaires du produit. Et en effet, Dick va multiplier les excursions dans le XIVème siècle sur les lieux où se trouve la maison et vivre non seulement au milieu de complots familiaux mais également tomber amoureux d'Isolda, femme malheureuse dans son couple mais vivant une passion adultère intense. Etant le spectateur invisible et impuissant du présent dans le passé qui ressurgit devant lui mais dans lequel il ne peut intervenir, il va peu à peu prendre goût à ses excursions temporelles où se nouent des intrigues, des empoisonnements, des amours entre les familles et même des complots politiques. Comme toute drogue il y a addiction et danger à trop vouloir savoir sans compter que les paysages changent en six siècles et peuvent être mortels pour certains sans oublier que les effets secondaires vont mettre à rude épreuve son corps.
DAPHNE DU MAURIERDaphné du Maurier, déjà dans Rebecca, aime mêler l'étrange, le mystère (voire le paranormal) et les lieux;. Ici elle y ajoute une dimension : le voyage dans le temps, vers le passé des lieux avec ce qu'ils peuvent avoir garder d'histoires, de mystères et c'est le but qu'elle s'est fixée dans cet ouvrage édité en 1969 et qui rencontra dès sa sortie un grand succès. le couple formé par Dick et Vita n'a pas les mêmes aspirations : elle, déterminée à retourner vivre sur son sol natal, lui, s'interrogeant sur son devenir mais n'appréciant que peu de choses de sa vie actuelle essentiellement constituée de la famille et amis de sa femme. Mais heureusement il a sa complicité avec Magnus, personnage énigmatique et qui n'apparaît qu'à travers les échanges qu'il a avec Dick.
Les voyages de celui-ci dans le temps vont vite devenir addictifs, se finissant toujours à un moment clé, le « téléportant » sur les lieux où il réside mais avec d'autres aspects, la nature et le monde moderne ayant remodelé les lieux. L'idée de départ est intéressante si l'on fait abstraction de toute les noms des villages, lieux souvent commençant pat « Ter » et qui m'ont perdue (c'est le cas de le dire) car l'autrice s'attache à suivre les déambulations pas à pas et j'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à visualiser l'ensemble mais également par la généalogie des familles dans lesquelles Dick se propulse (même si figure en fin d'ouvrage un arbre généalogique).
J'ai pris le parti d'en faire abstraction, de laisser l'écrivaine libre de me faire parcourir les lieux qu'elle semble connaître parfaitement puisqu'elle vécut à Kilmarth jusqu'à sa mort en 1989, qui se trouve au bord de la mer et dont elle fit le lieu de villégiature de son personnage lui dédiant d'ailleurs son roman à lui et à ses prédécesseurs dans les lieux. Elle a toujours noué un lien très fort avec ses lieux de vie et surtout son manoir Menabilly, qui devint Manderley dans Rebecca, qui fut un gouffre financier mais également un moteur d'écriture afin de l'entretenir.
Une fois ce parti pris j'ai trouvé originale l'idée de construction du roman, voulant tenir le lecteur en haleine (mais nous sommes désormais plus exigeant sur la tension d'un roman), confrontant, comme son personnage principal, le passé au présent et ce dans un même environnement. Elle ajoute les subterfuges que doit trouver Dick pour ses « voyages » et leurs conséquences, car bien souvent les deux se mélangent et déroutent son entourage que ce soit Vita mais également d'autres personnages qui vont intervenir pour des motifs d'enquête (mais je ne vous en dis pas plus). En professionnelle du mystère, l'écrivaine conclut d'ailleurs son roman avec une porte ouverte sur l'inconnu…
C'est un roman plaisant, dépaysant que j'ai aimé mais sans toutefois être autant captivée que je l'ai été par la lecture de Rebecca et son climat oppressant et les personnages qui, même des années plus tard, sont encore présents dans ma mémoire (il faudrait d'ailleurs que je le relise).
Si vous vous intéressez à la vie de Daphné du Maurier et surtout de Menabilly, je vous recommande la lecture de la biographie que Tatiana de Rosnay lui a consacrée dans Manderley for ever qui nous apprend beaucoup sur cette écrivaine au caractère bien trempé et déterminée à vivre comme elle l'entendait.
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sylvaine
  25 juin 2021
Une fois encore Daphné du Maurier m'a entrainée sur des chemins escarpés de Cornouailles. Mêlant science, science-fiction, anticipation, roman historique , La Maison sur le rivage est un roman multiforme où l'auteure utilise toutes les facettes de son talent.
C'est sans aucune hésitation que j'ai accompagné Dick Young dans sa remontée dans le temps aidé par le cocktail hallucinogène mis au point par le Pr Magnus Lane son ami d'enfance... Voyage angoissant qui nous fait remonter au XIV è siècle, Tout débute dans la maison familiale de Magnus, une demeure ancestrale dont les murs recèlent des secrets.
Après un début de lecture facile j'avoue avoir été déroutée par certaines longueurs liées bien sûr au retour de Dick dans le XXè siècle et à ses "atterrissages" plus ou moins nauséeux? Daphné du Maurier profite de l'occasion pour développer des thèmes qui lui sont chers, la mémoire, la passation des souvenirs d'une génération à l'autre, le cerveau et surtout son amour inconditionnel pour cette région de Cornouailles.
Une lecture intéressante à défaut d'être un coup de coeur.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde   23 avril 2013
Isolda, la femme de Sir Oliver Carminowe, n'avait pas de guimpe encadrant son visage, mais elle portait sa blonde chevelure tressée en deux macarons, et une bande d'étoffe ornée de pierres précieuses maintenait un voile court sur sa tête. À la différence des autres femmes, elle n'avait pas non plus de manteau par-dessus sa robe, qui était plus ajustée et dont la jupe était moins ample que celles de ses compagnes, avec de longues manches collantes descendant jusqu'au-dessous du poignet. Comme elle devait avoir vingt-cinq ou vingt-six ans et être plus jeune que les autres dames présentes, peut-être suivait-elle la mode de plus près, mais elle le faisait sans ostentation, avec une grâce pleine de naturel.
[...]
Il est dans le destin de tout homme, je suppose, d'apercevoir un jour ou l'autre, parmi la foule, un visage qu'il ne peut plus oublier et qu'il aura peut-être la chance de retrouver dans un restaurant ou une réception. S'il le revoit trop souvent, l'enchantement sera brisé et engendrera la déception. Mais cela ne risquait pas de se produire en l'occurrence, car c'était par-delà les siècles que je contemplais ce que Shakespeare appelait « une beauté non pareille », laquelle, hélas, ne me verrait jamais.
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OdeOde   19 avril 2013
Il n'y avait ni passé, ni présent ni futur. Tout ce qui vivait faisait partie d'un tout. Nous étions tous rattachés les uns aux autres, à travers le temps et l'éternité ; et lorsque nos sens seraient ouverts à une nouvelle perception de l'existence, comme les miens l'avaient été par la drogue de Magnus, la fusion s'opérerait, il n'y aurait plus de séparation, il n'y aurait plus de mort... Voilà à quoi aboutirait finalement l'expérience : grâce a cette possibilité de déplacement dans le temps, la mort serait abolie.
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OdeOde   29 avril 2013
Savez-vous quelque-chose concernant les anciens seigneurs de l'endroit ?
Il s'immobilisa un instant pour éteindre les lumières.
– Uniquement ce que m'ont appris les Annales de la paroisse. Dans le Domesday le manoir est mentionné sous le nom de Tiwardrai – la Maison sur le Rivage – et il appartenait à la grande famille des Cardinham jusqu'à ce que, au XIIIe siècle, Isolda, qui venait d'en hériter, le vendît aux Champernoune, puis, lorsque ceux-ci s'éteignirent, il passa en d'autres mains.
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Gwen21Gwen21   13 septembre 2019
La vérité est souvent ce dont on a le plus de peine à se convaincre ou convaincre les autres. J'aimais Vita pour tous les moments vécus en commun depuis des mois et des années, pour tous ces hauts et ces bas qui rendent la vie conjugale parfois exaspérante et monotone, mais en font quelque chose d'unique et d'incomparablement précieux. J'avais appris à m'accommoder de ses défauts et elle des miens. Nous nous disputions souvent sans penser un mot des mauvaises paroles que nous nous jetions à la figure et, habitués l'un à l'autre, nous ne nous disions que rarement toutes les choses gentilles que nous pensions l'un de l'autre.
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cocacoca   05 septembre 2015
- Je viens d'arriver à ce que j'estime être un succès dans un domaine très particulier. J'ai composé une drogue, à base de plantes et de produits chimiques, qui a un effet extraordinaire sur le cerveau.
Il avait dit cela d'un ton détaché, mais Magnus affectait toujours cet air-là lorsqu'il parlait de ce qui avait beaucoup d'importance pour lui.
- N'est-ce pas le cas de tout ce qu'on appelle les hallucinogènes ? retorquai-je. (.....)
- Le monde où j'ai eu accès n'avait rien d'imaginaire. Il était on ne peut plus réel
Cela piqua ma curiosité. Un monde autre que celui dont il s'était fait le centre devait vraiment avoir quelque chose de très spécial pour présenter de l'attrait aux yeux de Magnus.
- Quel genre de monde était-ce ?
- Le passé me repondit-il.
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