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ISBN : 2707318469
Éditeur : Editions de Minuit (14/01/2004)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Ouvrir un livre de Laurent Mauvignier, c’est se préparer à la traversée radicale des cœurs fatigués, malades, ou juste convalescents. Mais quelle traversée ! D’une écriture digne – une fois de plus – d’être directement rattachée au Nouveau Roman, l’auteur continue d’explorer ce que signifie être mort lorsqu’il faut rester vivant. Quatre personnages, le père et son ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  06 septembre 2016
J'avoue avoir été déroutée par le style de ce roman. J'ai trouvé l'écriture assez confuse, car les narrations se mêlent. La trame est aussi très psychologique ce qui fait que ce livre est assez complexe à lire. Ce n'est pas une lecture limpide ou captivante. Ce n'est qu'à la fin du roman que tout se décante, que le voile se lève, et que le lecteur comprend... Mon premier roman de Laurent Mauvignier. Un livre intéressant, mais un style qui déstabilise.
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OlivierH77
  13 septembre 2015
Premier contact avec Laurent Mauvignier, et me voici marqué..."Seuls" est un de ces livres que vous ne pouvez pas oublier.
Exigeant par le style : on lui retrouve des similitudes avec nombre d'écrivains des éditions de minuit, cette marque de fabrique des Jean Echenoz, Christian Oster, et avant eux les chantres du Nouveau Roman, Michel Butor et Alain Robbe-Grillet, phrases longues et complexes, avec un art consommé des sinuosités. Il faut être concentré, attentif à l'ordonnancement des mots pour tout saisir, ne pas décrocher...mais page après page, l'oeuvre se déroule, mine de rien tant on frise l'unité, l'unicité d'espace, lieu, temps...
Solitude, incommunicabilité des mots, des sentiments, qui restent bloqués à l'intérieur...Tout le roman tourne dans l'incapacité de Tony d'avouer ses sentiments à Pauline, son amie de jeunesse, revenue s'installer quelques mois chez lui en attendant de trouver un appartement. C'est une torture, une tumeur en lui qui le ronge, il lui faut fuir, mais peut-on se sauver de ses fantômes et démons intérieurs ?
Le subtile et le sublime s'effeuillent peu à peu, lorsque les sentiments se complexifient...angoisse, colère sourde, jalousie, lâcheté, peur...et toujours cette solitude qui n'est pas le seul apanage de Tony, mais aussi de Pauline elle-même, et du père de Tony...

L'écriture est éprouvante, on l'a dit, le malaise et la tension sont permanents, et vont crescendo avec l'appréhension de voir le drame survenir. Tous les personnages souffrent en silence, pudiques, et sont cabossés, ambivalents... la maestria de l'auteur est de nous rendre cette ambiance parfaitement palpable par le mode de narration, puisque se succèdent, immergés dans le drame qui se noue, le père de Tony et le nouvel ami de Pauline, si seul lui aussi dans sa responsabilité et sa panique de la catastrophe qu'il pressent !!!
Une saisissante illustration du drame de l'humain, bien seul dans sa peau de mortel, avec une âme parfois bien en peine lorsqu'il est handicapé des sentiments, que le courage, le sens lui manquent, que les mots ne sortent pas et l'étouffent, le menaçant de folie, d'auto-destruction et mettant son entourage en danger...
Un livre bouleversant, à n'entamer qu'en période de moral au beau fixe...










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Amorina
  28 mars 2015
Difficile sujet que celui de la solitude. Une matière complexe à aborder, qui l'est encore plus lorsqu'à celle-ci s'adjoint l'Amour, fou et désordonné, destructeur. Et pourtant. D'une écriture singulière et remarquablement touchante, Laurent Mauvigner trace ici les contours, tantôt flous, tantôt acérés, d'êtres auxquels la vie ne cesse d'échapper, et qui, en voulant se rejoindre, s'abîment finalement dans des abysses de tristesse et d'isolement.
Au centre de cette histoire, Tony. Jeune homme complexe et complexé, voguant en solitaire dans une vie qui ne lui appartient plus, seul avec ses souvenirs d'un Amour presque irréel, sa soif d'un corps et d'un coeur qui toujours se refusent à lui. Tony, et son futur mis entre parenthèses quand Pauline est partie. Son existence aux reflets d'alcool et de nuit, immobile.
Il n'aime qu'elle, ne veut qu'elle, cette femme qui se perd dans les bras des hommes. Cet objet de désir et de désespoir, qu'il ne sait pouvoir posséder qu'en tant qu'amie.
Et voilà qu'elle revient, comme sortie de nulle part. S'installant chez Tony pour quelques jours de vie ensemble, comme lorsqu'ils étaient jeunes.
Alors, pour quelques temps, il faudra nier la vérité, s'étourdir encore, comme avant, étouffer les battements de coeur qui résonnent pour la bien-aimée aveugle à l'Amour dévorant. S'effacer, devant les nuits du passé où elle lui hurlait sa douleur et sa déception, à lui, lui seul qui ne l'a jamais abandonnée, lui enfermé, cadenassé dans son rôle bienveillant. Lui qu'elle n'a jamais vu comme un homme.
Mais l'Amour peut-il être ainsi caché ? Jusqu'où peut-on nier l'existence de l'Autre ? le temps de quelques pages, l'auteur nous invite à cette difficile réflexion sur l'égoïsme, le manque de compréhension et le poids de la solitude.
Ce roman est le récit tragique d'un Amour désavoué, d'un homme qui ne mérite rien, d'une vie marquée par l'attente, et qui peu à peu se désagrège. C'est le combat perdu d'avance de celui qui a fait de l'Amour d'une femme la vocation de sa vie toute entière, suspendu aux paroles qui blessent, aux récits des enlacements qu'il ne connaitra jamais. C'est le long glissement, presque imperceptible, vers la folie dévastatrice, vers la fin inéluctable, apogée d'un mal construit sur le silence.
Un très grand roman.





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Allaroundthecorner
  21 mars 2015
Ce livre, je n'en ai lu aucun autre comme celui-ci. Seuls, c'est un genre à part entière, une longue mise à nu de la part des protagonistes. Une oeuvre qui se lit d'une traite presque, sans aucun dialogue à proprement parler, tout est dans la description, l'explication de vies qui s'entremêlent et se lient, presque malgré elles.
Tout commence quand Pauline revient dans la vie de Tony, pour lui, la peur des retrouvailles est énorme face à son amie d'enfance qui est désormais une femme et que Tony n'a cessé d'aimer depuis leur rencontre. Petit à petit, l'auteur nous enfonce dans un silence sans nom, grâce au fait qu'il n'y ait pas de dialogues, silence qui représente la solitude de Tony, personnage au coeur de l'oeuvre. Ils se retrouvent, comme avant, comme des frères et soeurs. Malgré tout, l'exil de Tony est toujours présente, elle reviendra dans une deuxième partie qui s'ouvre au moment où Pauline déménage pour retrouver Guillaume.
Contre toute attente, Tony est brisé, il disparaît après une visite rendue à son père où il lui apprend tout, son histoire avec Pauline, ses sentiments pour celle-ci. le père, narrateur, décide de trouver Pauline, afin de comprendre pourquoi son fils est parti. Tout s'enchaîne, irrémédiablement, jusqu'au coup final, qui clôt cette tragédie. C'est un peu comme ces tragédies grecques, on connaît l'issue, on est impuissant face aux évènements qui se déroulent sous nos yeux. On suit péniblement ce désespoir qui ne cesse de s'accroître au fil des pages, l'appartement de Tony qui, au début est une sorte de sanctuaire à l'effigie de Pauline, de l'amour même. de ce besoin d'être aimé mais également de ne pas vouloir l'être, cette répulsion que ressentent les êtres, parfois, face à l'autre. Ce même appartement qui quelques pages plus loin n'est plus que l'ombre de son résident. Un lieu sombre, caché de toute lumière, qui pue le tabac froid et le renfermé ainsi qu'un clic-clac désormais toujours déplié.
Ce qui est au coeur de ce roman, c'est la fragilité des êtres, le désir qui mène à la folie. J'ai cependant eu un peu de mal parfois, à suivre les changements de narrateur, je me retrouvais deux pages plus loin à me dire "Ah oui, c'est ce personnage-là, ah bon d'accord", j'avoue que j'aurais aimé plus d'indications pour que ma lecture soit un peu plus fluide. Il faut être concentré pour le lire, car, bien qu'il soit petit, l'auteur fait énormément de phrases très - très - longues, par moments, je devais m'y reprendre à deux fois pour certains passages.
Excepté ce petit défaut, j'ai été entraînée par ce roman, célébration de la solitude, de la peur et de l'errance. Ce livre, c'est la passion qui se mêle à la répulsion de l'autre, de soi. Il nous parle, nous raconte une seule et même histoire contée par plusieurs narrateurs. Parfois on perd le fil, mais c'est pour mieux retrouver ces phrases magnifiques, lyriques et si puissantes, qu'on ne peut passer à côté de cette histoire.
Retrouvez mon avis en intégralité sur le blog

Lien : http://allaroundthecorner.bl..
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claraetlesmots
  13 décembre 2014
Depuis qu'ils sont enfants, Tony aime Pauline. Il a toujours été là pour elle comme l'ami sur qui on peut compter : chagrins amoureux, nuits brouillées par l'alcool ou les pleurs. Pauline l'a toujours considéré comme un frère. Même quand ils étaient tous les deux étudiants, elle n'a pas voulu voir ses regards où l'amour était bien présent. Tony ne lui a jamais rien avoué. Quand Pauline est partie suivre Guillaume à l'étranger, Tony a arrêté la fac pour une vie fade et un boulot alimentaire.
Un jour elle l'appelle. Elle revient et lui demande de venir la chercher à l'aéroport. Elle s'installe chez lui provisoirement, le temps de trouver un appartement et un travail. Il le lui a proposé avec cette idée que les mensonges que l'on se fabrique peuvent devenir réalité. Et tous deux ont joué à une parodie : sorties, cinéma, restaurant. Toujours tous les deux. Tony la surveillant mine de rien, ayant trop peur qu'elle s'envole pour une nuit avec quelqu'un. Un soir, elle s'est faite belle car elle a une nouvelle à lui annoncer. Elle va se remettre en couple avec Guillaume et Tony devrait être content pour elle, avoir des sourires de pacotille et la féliciter. Faire comme si une fois de plus. Mais Tony ne peut plus. Un trop plein de non-dits refoulées depuis longtemps, de cet amour qui le consume à le rendre fou, de sa relation faite de silences avec son père. Tony disparaît.
Ce père enseveli sous le poids de l'Algérie et de la mort de sa femme cherche à comprendre. Il demande de l'aide à Pauline et l'accuse. Pas ouvertement ni franchement mais à demi-mots. Et Pauline lui renvoie au visage les blessures cachées de son fils. le père perd espoir de revoir son fils.
Des personnages qui sont seuls ni innocents ni coupables et qui se cognent, se cherchent tels des phalènes devant le scintillement d'une lumière. Ils encaissent les heurts ou ne veulent pas voir l'étendue dévastatrice de leurs silences. Les voix comblent peu à peu ce qui n'a pas été forcément raconté jusqu'à ce que l'inéluctable sans concession se produise .
Une écriture magnifique, une construction admirable pour une lecture qui implose les silences, dépeint les drames de vies tissées sur un quotidien bancal.
Que dire de plus? Laurent Mauvignier est un maestro...
Lien : http://claraetlesmots.blogsp..
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Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   06 septembre 2016
Il se disait, les choses importantes sont celles-ci : les marches dans la ville, la mer, des nuages au-dessus des têtes et puis les livres, les films et aussi les carnets, les feutres rouges pour vider de soi tout ce qui n'y tient pas, quelques soûleries, de quoi s'abrutir, les oiseaux, le petit matin, faire l'amour et n'attendre rien que le plaisir de l'amour. Du temps et un travail pénible et l'envie de faire autre chose, de partir encore, comme, après que Pauline était partie à l'étranger, il avait eu le courage de partir en Toscane, à Londres et à Berlin.
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araucariaaraucaria   05 septembre 2016
Il a attendu parmi les hommes et les femmes, au milieu du bruit des pas et des premiers cris de retrouvailles, qu'une image vienne à lui, qu'elle le submerge, qu'elle soit là, dans l'oeil, dans la tête et tout le corps et tout en lui a été envahi par ces yeux que soudain il a vus : ce sourire, très vite, ces bras autour de son cou comme un collier de chair et d'air. Et alors il n'a plus pensé à rien. Il a rougi, ses yeux ont brillé. Et puis ce soulagement, cette douceur intacte et les larmes dans leurs yeux à tous les deux - Pauline, Tony, avec dans le regard des autres comme si ces deux-là ne s'étaient jamais séparés.
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OlivierH77OlivierH77   12 septembre 2015
Oh oui, il a parlé de la colère, du vacarme qu'on fait tous, de l'envie furieuse parfois d'aimer, de jeter, de casser et d'embrasser, dans le même mouvement les larmes, les rires, n'être plus rien qu'un mouvement, une chose, être aussi vrai qu'un caillou, un bout de bois, que chiffon ou colère, ce mouvement qui ouvre la terre en deux et précipite les livres et les femmes, les gentillesses et les tendresses des grands-mères, loin : que tout s'écrase dans un grand vacarme et qu'on ne parle plus, de rien.
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Emma20Emma20   27 février 2011
Et lui qui l’aimait peut-être pour ça, uniquement pour cette façon qu’elle avait toujours eue de se couler dans l’air du temps et le regard des autres. Cette manière insaisissable, les mouvements qui savaient la délicatesse de glisser d’un homme à l’autre, d’un pays à l’autre comme elle avait fait, sans se soucier de ce qu’elle laissait derrière elle : une famille inquiète quelque part en Bretagne, qui prenait le train des nouvelles selon le bon vouloir des postes, des amis, et lui, Tony, qui était resté planté là. La matière dont son corps à elle était fait, cette fluidité, cette façon de tenir sur la pointe des pieds comme si rien ne pouvait jamais la blesser puisqu’elle était pour ça trop volatile – un corps léger et doux que Tony traitait de girouette, de temps à autre, pour ne pas s’effondrer en voyant comment il lui glissait des doigts.
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racooninanracooninan   15 octobre 2012
Il a parlé et sa voix ne tremblait pas. Elle m'a dit, sa voix était forte et claire quand il a dit qu'il aimait la vie avec sauvagerie, avec cruauté. Que c'était la colère et la vengeance d'aimer la vie comme vouloir par les yeux et dans les oreilles tout ce qu'il y a de ciel et d'oiseaux, de cris, de vent, qu'il ouvrait la bouche à s'en déchirer les lèvres pour que s’engouffrent l'odeur des oins et des résines, les grains de sable et les voix détestables des râleurs et des bavards, avec l'envie folle et légère de se jeter dans les décors ou d'entrer chez les gens, n'importe lesquels, pour mépriser quelques-uns des défauts qu'il n'aurait dû reprocher qu'à lui-même. Oh oui, il a parlé de la colère, du vacarme qu'on fait tous, de l'envie furieuse parfois d'aimer, de jeter, de casser et d'embrasser dans le même mouvement les larmes, les rires, n'être plus rien qu'un mouvement, une chose, être aussi vrai qu'un caillou, un bout de bois, que chiffon ou colère, ce mouvement qui ouvre la terre en deux et précipite les livres et les femmes, les gentillesses et les tendresses des grands-mères, loin : que tout s'écrase dans un grand vacarme et qu'on ne parle plus, de rien.
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Videos de Laurent Mauvignier (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurent Mauvignier
http://www.librairiedialogues.fr/ Numéro 73 de l'émission Dialogues littéraires de décembre 2016, produite par la librairie Dialogues et réalisée par Ronan Loup. Invités : Laurent Mauvignier pour "Continuer" (Minuit), Laurent Gounelle pour "Et tu trouveras le trésor qui dort en toi" (Kero), puis la chronique du rayon Jeunesse par Adeline. Présentation : Caroline Mucchielli. Interviews par Laurence Bellon.
Retrouvez-nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
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