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EAN : 9782749118208
592 pages
Le Cherche midi (10/05/2012)
3.87/5   141 notes
Résumé :
Tchécoslovaquie, fin des années 1920.
Liesel tombe amoureuse de Viktor Landauer, héritier d'une riche famille juive. Les deux jeunes gens, qui fréquentent la haute société des années folles, rêvent d'une maison moderne. C'est à Venise qu'ils vont rencontrer l'homme capable de mener à bien ce projet, Rainer von Abt, un architecte adepte de Loos, de Mondrian, du Corbusier. Celui-ci va imaginer pour eux un palais de verre, une œuvre d'art entièrement conçue aut... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
3,87

sur 141 notes

sandrine57
  07 août 2015
Tchécoslovaquie, années 20. La jeune république est pleine de promesses et d'espoirs. Débarrassé du joug de l'Autriche-Hongrie, le pays se tourne vers un avenir libre et radieux. Liesel et Viktor Landauer incarne cette fraîcheur et ce renouveau. Jeunes mariés, ils rêvent d'une maison pour accueillir leur amour, une maison épurée, moderne, unique, loin des tourelles et autres décorations compliquées, symboles du passé, de l'immobilisme. C'est à Venise, lors de leur voyage de noces, qu'ils font la connaissance de celui qui pourra concrétiser ce projet, l'architecte allemand, Rainer von Abt. Ensemble ils élèvent le palais de verre, une bâtisse étonnante, innovante, toute en transparence et en lumières. Les Landauer en sont sûrs, c'est là, dans cette maison du XXè siècle, qu'ils vont vivre heureux, élever leurs enfants, vieillir. Mais l'avenir s'assombrit. Viktor, souvent en déplacement à Vienne, rencontre une autre femme. Bien sûr, il ne songe pas à quitter Liesel mais le bonheur vacille. Il basculera bientôt, poussé par les soubresauts de l'histoire. Hitler réclame les Sudètes, l'Allemagne se fait menaçante. Et Viktor est juif.
Un roman magnifique qui tire son originalité de son personnage principal, à savoir une maison. Quand les couples se font et se défont, quand les frontières se redessinent, quand les envahisseurs nazis s'emparent de la ville, quand les soviétiques les remplacent, le palais de verre reste debout, témoin des amours, des rêves, des trahisons, des souffrances, des horreurs de la guerre. Et l'on voit se dérouler toute l'histoire du XXè siècle de l'Europe centrale, à travers les destins du couple Landauer, de leurs proches et de leur maison si particulière.
Une bien belle réussite que cette fresque familiale, sociale et historique, avec des personnages attachants qui dévoilent leurs parts d'ombre et ce palais de verre si intrigant. Simon MAWER s'est inspiré d'une histoire vraie, d'une maison qui existe réellement pour ciseler un roman fin, élégant et très prenant. Un coup de coeur.
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Kittiwake
  17 avril 2015
Le personnage central de cette histoire familiale est inhabituel : c'est une maison, une maison résolument moderne, création d'un architecte avant-gardiste du début du vingtième siècle. En son coeur une pièce de verre, ornée d'une paroi d'onyx, et qui verra les réceptions d'une famille heureuse sans soucis autres que ceux des classes aisées, jusqu'à ce que la guerre et ses promoteurs viennent rendre obsolètes les aspirations au bonheur de tout un continent. La Tchécoslovaquie est au premier rang, et jusqu'au dernier moment veut croire qu'elle sera épargnée des supplices que subissent ses voisins. C'est alors l'exil, seul choix des victimes d'un choix politique fondé sur la haine aveugle, et l'abandon de la maison de lumière. S'y installent, un laboratoire d'anthropométrie expérimentale nazi, puis au décours de ces périodes troublées un gymnase pour enfants handicapés. Comment renouer avec ses occupants originels? le chemin est fait de hasard et ne nécessité. Et ce qui doit advenir advient.
C'est un survol de tout le vingtième siècle que nous propose de façon originale Simon Mawer. Avec un crescendo d'émotions et une accélération tangible des événements. L'histoire débute lentement, et monte en puissance au fur et à mesure des chapitres.
On se complait à voir évoluer les personnages, à la façon d'un puzzle à l'envers : pièces en place au départ, dans une apparente immuabilité, qui se dispersent au gré des exigences du destin.
Fresque historique et sociale, habilement mise en scène, pour un bon moment de lecture
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Patsales
  14 décembre 2021
Le nazisme se profile en Tchécoslovaquie; le personnage principal est riche, il est juif: il va perdre, sinon tout, du moins beaucoup.
Évidemment, ce n'est pas tout à fait un sujet inédit. Comment l'aborder sous un angle neuf? Simon Mawer imagine une saga pleine de passions où l'amour est envisagé sous tous ses angles: conjugal, ancillaire, saphique, vénal, maternel, romantique et j'en passe certainement. Chacun de ces amours est traversé par la grande histoire: séparation, déportation, traîtrise, abandon: il y a un côté figures imposées dans tout cet inventaire, et même, si j'osais, un côté Oulipo sous le troisième Reich... Si le Juif n°1 s'exile, le n°2 est déporté; si l'amour vénal 1 devient passion, l'amour vénal n°2 va aboutir à une dénonciation; si l'enfant n°1 est tué, l'enfant n°2 est sauvé... On se surprend à cocher mentalement des cases pour anticiper la suite des événements.
En fait, la vraie originalité du roman tient à l'importance du palais de verre, foyer de deux des personnages principaux qui ont voulu cette immense maison de style moderniste pour abriter leur famille. Cette maison sera quittée quand l'exil deviendra nécessaire; elle sera annexée par la "science" nazie puis par l'État communiste avant de devenir musée. Les tribulations de la maison redoublent celles des humains, mais, là encore, le palais de verre devient moins un personnage à part entière qu'une allégorie de plus en plus grossière à force de servir à tout. Symbole du luxe effréné d'une minorité privilégiée aveugle à la haine qu'elle suscite. Symbole d'une volonté de transparence rendue impossible par les atermoiements de l'amour adultère. Symbole d'une modernité éprise d'efficacité qui annonce la mort industrielle des camps d'extermination. Symbole de la beauté dernier rempart à la barbarie.
Eh oui, ça clichetonne pas mal.
Quand même, enfin, à la dernière page, la maison devient symbole de la permanence et, enfin, cela fait sens et l'émotion surgit.
J'ai versé quelques larmes sur les dernières lignes. Mais fallait-il autant de froide rationalité dans toutes celles qui précédaient pour obtenir in extremis que le coeur se serre?
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tynn
  22 mai 2013
Un livre dont l'héroïne est une maison, qui traverse les orages du 20eme siècle et observe.
Au lendemain de la Grande Guerre, un courant de changements et de renouveau souffle sur la vieille Europe: nouveaux pays (telle cette toute jeune Tchécoslovaquie démocratique ), nouvelles frontières, nouvelles politiques et surtout nouveaux courants artistiques: c'est donc porté par ces idées novatrices que le jeune couple Landauer fait construire une maison, moderne, tournant le dos au passé, libre de décors superflus, légère et lumineuse.
..."L'opulence de l'abstraction"...
Je craignais à tord un livre trop romanesque - choix douteux de la jaquette - et j'ai eu le plaisir de mieux comprendre, apprendre et décrypter ce que fut la période de l'entre-deux guerres, et les courants artistiques de l'époque.
On y parle de littérature, de musique, d'architecture.
Le livre d'ailleurs ne tient que par cet aspect là. La maison, intemporelle, est un personnage passionnant en soi.
La trame narrative est agréable mais reste assez convenue quant à l'histoire des personnages dans l'Histoire de ce siècle, cruel et belliqueux pour les pays et les individus.
On suit sans déplaisir la vie de cette famille juive, très aisée et plutôt préservée par les événements. Les personnages apparaissent un peu transparents, détachés et ambigus. Là encore, ne pas s'attendre à du romanesque, et cela m'a plutôt convenu.

Une traduction parfois anachronique ( on ne porte pas de "collants" en 1942, et encore ce détestable "au jour d'aujourd'hui") ... Mais là, je chipote!
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frandj
  22 avril 2014
Il est clair que ce roman entremêle très habilement trois sujets: une famille (les Landauer), un pays dans l'Histoire (la Tchécoslovaquie pendant une grande partie du XXème siècle) et, last but not least, la "Palais de Verre", une vaste maison bâtie à la fin des années '20 près de la ville tchèque de Mesto. Cette magnifique demeure a été construite dans un style radicalement nouveau et abrite la famille Landauer.
On s'intéresse d'abord à la vie de Viktor, un grand industriel juif (germanophone), très intelligent et impénétrable, et de son épouse Liesel, avec leurs deux enfants. Ils font partie de l'élite riche et cultivée; ils ont de nombreux amis, notamment une femme remarquable, Hana, amie intime de Liesel. Un jour, Viktor fait connaissance d'une femme "facile" qui vit à Vienne, Kata; il en devient de plus en plus amoureux mais cache son jeu. Par un hasard peu plausible, Kata arrivera à Mesto et deviendra la bonne d'enfants des enfants de Viktor. Les remous de l'histoire, d'abord presque insensibles, deviennent de plus en plus violents quand Hitler dévoile son antisémitisme et sa volonté de dominer toute l'Europe. Viktor est vite conscient du danger, mais Il faudra que la Tchécoslovaquie soit envahie pour que la famille s'enfuie en Suisse; cet exil se poursuivra à Cuba et, plus tard, aux USA. Pendant ce temps, le Palais de Verre ne bouge évidemment pas et le romancier s'intéresse à lui, délaissant longuement le destin des Landauer. On décrit les effets désastreux de l'occupation nazie, puis la libération de Mesto par l'armée soviétique, enfin l'emprise du socialisme sur le pays sous l'égide de l'URSS. Dans les dernières pages du roman, à la fin des années '60, le lecteur retrouve la famille Landauer revenant en visite à Mesto, invités à l'occasion de la transformation en musée de leur ancienne propriété.
Ce gros livre se lit facilement, l'intrigue romanesque est assez captivante, le lecteur est sensibilisé au devenir de ce pays vulnérable qu'est la Tchécoslovaquie, et l'unité du roman est assurée par le "Palais de Verre". Les personnages sont tous intéressants, sans être exceptionnels - sauf Hana qui apparait particulièrement attachante en raison de son intrépidité et de son anticonformisme. Pour moi, il s'agit d'un très bon livre sortant un peu de l'ordinaire.
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critiques presse (4)
Actualitte   31 juillet 2012
Ce roman a la saveur des chefs d'œuvre. Il se déguste lentement pour faire durer le plaisir, s'apprécie comme un privilège rare et comble admirablement l'envie de lecture. Sans lassitude, avec intelligence et beaucoup de goût. Juste une larme, au final, qu'il vous sera permis de verser, comme la trace du cruel regret de ne pas pouvoir habiter un peu plus longtemps encore ce palais de verre.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LePoint   30 juillet 2012
Un roman d'idées, brillant et habile, mais aussi le tableau dur et coupant de personnages et de scènes racontés dans un style intègre d'une froideur toute musilienne, une musique de nuit où le déclin de la culture, la lente défaite d'un mariage, la terreur, l'indignité, le sexe, la trahison, l'art dansent au bord de l'Holocauste.
Lire la critique sur le site : LePoint
LesEchos   27 juillet 2012
Inspiré d'une histoire vraie, celle de la villa Tugendhat à Brno, « Le Palais de verre » mêle habilement les ingrédients du roman sentimental à la trame historique.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Telerama   11 juillet 2012
L'auteur n'oublie jamais le romanesque, l'émotion et l'intrigue, pour écrire sans cuistrerie un beau livre sur l'art et la création.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
keishakeisha   22 juin 2012
L'espace de verre.

Pour le moment, il n'avait ni forme ni consistance, mais il existait déjà, diffus, polymorphe, dans leur esprit et dans celui de Rainer von Abt. Il existait à la manière des idées et des idéaux, fluctuant et abstrait. Espace, lumière, verre; peu de meubles; fenêtres s'ouvrant sur le jardin; un revêtement de sol étincelant, du travertin, pourquoi pas; du blanc, de l'ivoire, le lustre du chrome. Ces éléments changeaient, évoluaient, se modifiaient, se métamorphosaient comme dans les rêves où les formes, bien que variables, gardent leurs caractéristiques essentielles pour le rêveur: der Glasraum, de Glastraum, une seule lettre qui suffisait à transformer l'espace de verre en un rêve de verre, un rêve qui s'accordait avec l'esprit du tout nouveau pays dans lequel ils vivaient, un État où il importait peu d'être tchèque, allemand ou juif, où triomphait la démocratie, et où l'art et la science s'associaient pour garantir le bonheur de tout un peuple
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irenelecirenelec   24 août 2012
Mais Liesel savait. Elle avait vu les signes.......
........Ce n'était pas la façon dont Katalin et Viktor se regardaient, mais plutôt la façon dont il ne se regardaient pas.Ce n'étaient pas les notes, c'étaient les silences entre les notes.....
.....Il y a des slences qui en disent long et se font l'écho des sons à venir.
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MocchaMoccha   20 décembre 2018
Un phénomène remarquable se produit dans le mur d'onyx : les rayons du soleil couchant filtrant par les fenêtres se concentrent dans les profondeurs de la pierre, brûlent comme des flammes, l'emplissent d'or et de rouge. Ce croisement de la pierre et du soleil est une manifestation fondamentale comme une éclipse ou l'apparition d'une comète, une sorte de prodige. A moins qu'il ne s'agisse d'une vision de l'enfer. Des feux de l'enfer.
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MocchaMoccha   19 décembre 2018
Il n'y a pas grand-chose à dire, en fait. Que cela se passe mal ou non ne dépend pas d'eux. Le bien ou le mal qui leur sera réservé n'est qu'une question de probabilité. Viktor s'est appuyé sur l'idée que l'avenir peut-être géré, manipulé, plié et tordu selon ses désir mais à présent il sait à quel point cela est faux. L'avenir se contente d'arriver. Il arrive à cet instant même où tout le pays est au bord du chaos.....
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BethsabeeBethsabee   31 août 2013
- C'était ça le monde d'aujourd'hui.Si vous n'étiez pas capable de vous adapter, vous mouriez, comme disait Darwin. L'adaptation ou la mort

- Les femmes n'ont pas peur. C'est juste que nous avons de vraies peur à gérer, pas les petites frayeurs idiotes que les hommes inventent
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