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EAN : 9782812609275
336 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (02/09/2015)
3.73/5   241 notes
Résumé :
Jack et Maurie avaient 17 ans lorsqu'ils ont fugué à Londres. Cette fuite fut marquée par une tragédie : la mort de deux hommes et la disparition de Rachel, la cousine de Maurie, dont Jack était éperdument amoureux. Alors qu'ils sont tous deux sexagénaires, Maurie, qui se meurt d'un cancer, avoue à Jack qu'il connaît l'identité du meurtrier de Simon Flet et lui demande de l'accompagner à Londres.
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Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
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marina53
  25 octobre 2021
Glasgow, 2015. Des années que Jack n'avait pas vu Maurie. Et même s'il avait appris que ce dernier était atteint d'un cancer et avait subi, de surcroît, une grave attaque cardiaque, il fut tout de même étonné de le voir, à son chevet d'hôpital, aussi mal en point, aussi cadavérique. Et pourtant, ce dernier lui proposa purement et simplement un voyage à Londres, comme au bon vieux temps. Tout ça à cause d'un article dans un journal, daté de trois semaines, annonçant l'assassinat de Simon Flet, un acteur qui avait disparu depuis plus de 20 ans. C'est alors que Maurie lui révéla son secret : il sait qui a commis ce meurtre en 1965, et ce n'était pas Simon Flet, comme chacun le pensait. Si Jack se laissa convaincre par son ami, le voyage ne pouvait se faire qu'en compagnie de Dave. Mais aucun des trois n'étant vraiment apte à conduire, Jack réquisitionna aussitôt son petit-fils, un gars obèse et accro au net... Plus ou moins une fugue qui ressemblait à celle faite 50 ans plus tôt lorsque Jack, Maurie, Dave, Luke et Jeff, à tout juste 17 ans, membres d'un groupe de musique, fuirent Glasgow pour tenter de réussir leur vie à Londres...
Cinq ados de Glasgow, unis par l'amour de la musique. Cinq ados qui décidèrent de fuir leur ville natale pour Londres où, ils l'espéraient, les attendait le succès. Des cinq, ils ne rentrèrent qu'à trois. Que s'est-il passé lors de cette année 1965 ? Quels événements ont pu leur faire faire le chemin inverse ? Et quel rapport avec le meurtre de cet acteur longtemps disparu ? C'est ce que Peter May nous raconte au coeur de ce roman, alternant les années 1965 et 2015, où l'on retrouve Jack, Maurie et Dave, bien décidés à revenir sur les pas de leur fugue et comprendre ce qui s'est passé. Sur fond de rock'n roll, ce roman, teinté de nostalgie, de désillusions, d'amertume et d'espoirs déchus, mélange habilement les genres : à la fois roman noir, social, politique et culturel. En effet, au delà de la fugue de ces amis, il nous dépeint un portrait peu amène de l'évolution au cours de ces 50 années, n'oubliant pas de traiter avec sensibilité et justesse, de sa plume sincère et tendre, le parcours de ces fugueurs, aujourd'hui âgés, pour certain malade ou alcoolique.
Une fugue tout aussi émouvante que douce-amère...
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isabelleisapure
  02 septembre 2016
Retrouver Peter May pour une balade écossaise est toujours un plaisir.
Sur fond de rock'n'roll, de drogue et de liberté sexuelle, il nous embarque cette fois-ci à la suite de cinq adolescents originaires de Glasgow en direction de Londres, sorte de terre promise pour la concrétisation de tous leurs rêves.
Hélas, le rêve virera au cauchemar.
Cinquante ans plus tard, trois d'entre eux refont le voyage. Ils ont vieilli, sont malades mais ont une folle envie de comprendre pour ne pas partir avec des souvenirs douloureux trop longtemps enfouis.
Peter May nous fait revivre les sixties, les années d'insouciance bercées par les Beatles et Bob Dylan.
« Les fugueurs de Glasgow » est bon roman noir bien écrit où les chapitres s'alternent, opposant l'hier et l'aujourd'hui. Les personnages sont attendrissants à la fois dans la candeur de l'adolescence et l'amertume de la vieillesse.
Le suspense est savamment distillé pour nous procurer un excellent moment de lecture et de dépaysement.

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Giraud_mm
  17 juin 2018
1965 - Cinq adolescents décident de quitter Glasgow pour faire carrière dans la musique à Londres. En chemin, ils retrouvent Rachel, la cousine de l'un d'entre-eux.
2015 - A l'aube de sa mort, l'un des cinq convainc deux de ses vieux camarades de retourner à Londres pour y régler ses comptes.
Un roman noir plutôt qu'un roman policier, où l'on retrouve l'écriture brillante de Peter May, celle qui a fait merveille dans la Trilogie Ecossaise.
1965 et 2015, les adolescents et les vieillards, s'entrecroisent, dans une histoire sans grand rebondissement, au dénouement assez attendu, mais contée de façon très envoûtante.
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maevedefrance
  12 octobre 2015
Ce n'est pas du côté des Hébrides extérieures que nous emmène cette fois Peter May, mais à travers un périple qui va de Glasgow à Londres. En 1965, Jack, le narrateur, décide de se faire la belle avec quatre autres potes en direction de la capitale anglaise. C'est la première fois que les adolescents qu'ils sont quittent leur Ecosse natale. Ils ont monté un groupe de rock et se disent qu'à Londres, ils ont peut-être des chances de se faire connaître. Nous sommes dans les Sixties rugissantes, ils reprennent de titres phares des stars de l'époque, en particulier les Beatles. Ils sont rapidement repérés par un type un peu louche, mais maintenant qu'ils sont à Londres, il est trop tard pour reculer.
On retrouve Jack cinquante ans plus tard. Grand-père de Ricky, un jeune diplômé brillant mais fainéant, qui, plutôt que de chercher du travail, passe ses journées devant sa console de jeux vidéos à tuer des gens pour de faux. Un choc de génération pour Jack qui a vécu la guerre. L'occasion faisant le larron, Jack, qui ne s'est jamais aussi senti vivant qu'en 1965, décide de refaire le périple Glasgow-Londres, avec ses amis de l'époque. Pour secouer son petit-fils, il lui annonce qu'il fait partie du voyage, faute de quoi, il dénoncera à ses parents ce qu'il fait sur le Net dès qu'ils ont les yeux tournés...
Le roman est en perpétuel mouvement avec un récit qui se déroule en 1965 et un autre qui se passe de nos jours, en 2015. On sait d'emblée que la fugue des ados à Londres en 1965 s'est terminée en tragédie mais on ne sait pas exactement pourquoi. L'intrigue de ce roman noir est d'ailleurs assez vite reléguée à l'arrière plan au profit de l'ambiance psychédélique du Londres de 1965 très bien restituée (vous saurez entre autres tout sur les effets du LSD! ).
Peter May s'attache également à décrire la métamorphose de la Grande-Bretagne, en particulier à travers la ville de Leeds, qui a vu, dans les années 60, disparaître les maisons ouvrières au profit de la plus grande cité (expérimentale !) d'Europe, détruite depuis, pour les raisons qu'on imagine bien.
Un bon coup de griffe aussi à l'encontre de la volonté politique de démanteler, au nom du profit, les chemins de fer britanniques en fermant les lignes peu rentables. Jack a cet égard pose un regard quasi-prémonitoire sur le futur :
"L'espace d'un instant, j'eus la sensation d'assister à la fin de quelque chose. D'une époque, peut-être. Un tournant de l'histoire de notre pays. Les rêves d'une nation symbolisés par une gare abandonnée et des rails tordus."
Avec Les fugueurs de Glasgow, c'est tout un pan de l'évolution d'un pays qui se déroule sous nos yeux, d'un point de vue culturel et social. J'ai vraiment aimé cet aspect du roman.
En 1965, grâce à la musique, "tous les vestiges de la guerre étaient emportés sur son passage. le rationnement, le service national (...), les vieux programmes guindés et ennuyeux du BBC Light Programme, les cheveux courts, les costumes cravates".
Peter May laisse aussi la parole aux victimes de la crise économique contemporaine et ça ne mâche pas ses mots : "Il y a des gens à Farsley qui ont travaillé toute leur vie jusqu'à ce que ces banquiers foutent en l'air l'économie. Des putains de flambeurs, voilà ce qu'ils sont. Et ce sont les travailleurs honnêtes qui vivent ici qui en paient le prix. (...). On est dans un des pays les plus riches du monde et il y a plus de trois millions et demi de gamins qui vivent dans la pauvreté. Un sur quatre."
J'admire toujours autant l'aspect documentaire qu'il y a dans les polars de Peter May. On sent toujours le journaliste derrière l'écrivain. A tel point qu'on a parfois l'impression que le premier prend vraiment le dessus sur le second. En effet, il y a bien l'histoire de cette bande d'adolescent partis faire l'expérience de la vie à Londres, et de ce point de vue là, le livre a aussi l'allure d'un roman d'apprentissage, mais le problème c'est que l'intrigue fout le camp un peu trop loin et le lecteur l'oublie pour soudain la retrouver à la fin, pour la résolution de l'intrigue.
J'avoue que j'ai trouvé la fin un peu cousue de fil blanc. On est content pour Jack, tout de même, mais bon, c'est très "violon et trémolos" !
(oui, il y a une histoire d'amour qui court tout le long etc.). C'est un peu le côté guimauve un peu plus que d'habitude !
Un beau roman néanmoins sur l'amitié, les rêves adolescents déçus, la maturité, le choc des générations. Un roman autobiographique, à ce que je crois savoir.
A lire en écoutant les Beatles, par exemple.
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Lucilou
  11 août 2020
Même si "Les Fugueurs de Glasgow" n'ont pas été à la hauteur de ce que j'attendais d'eux, ils m'ont tout de même fait passer un bon moment de lecture que je ne regrette pas, ne serait-ce que parce que grâce à Jack, Luke, Dave et Maurie, j'ai ressorti les vieux trente trois tours des Stones et des Beatles de la maison pour les passer en boucle. "Paint it black" de bon matin, c'est aussi bon que le "Hey Jude" du soir pour s'envoler dans un ciel de confiture constellé de diamants.
Nous sommes en 2015, Jack est un vieil homme cardiaque qui ne s'entend pas vraiment avec la famille qui lui reste. Dave, son ami de très longue date non plus et ce dernier noie ses échecs dans l'alcool. Tous les deux se rendent un petit matin gris au chevet de Maurie, le troisième larron de la bande qui n'en a plus pour longtemps et qui a conservé précieusement un mystérieux article de journal. Loin de Glasgow, là-bas à Londres, un meurtre a été commis, lié, d'après Maurie, à de tragiques événements dont ils furent les acteurs autrefois. Pour les trois vieillards, l'heure a sonné de solder les comptes avec le passé, ses derniers secrets et ses traumatismes. Embarquant dans leur odyssée le petit-fils de Jack, ils filent pour la capitale britannique, traqués par les souvenirs, escortés de leurs fantômes, espérant pouvoir mettre enfin un point final à l'aventure commencée cinquante ans plus tôt...
Glasgow, 1965. Jack, Maurie, Dave, Luke et Jeff ont dix-sept ans et comme chacun sait -surtout le poète-, "on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans". Unis comme les cinq doigts de la main, les garçons ont les rêves -immenses- de l'adolescence qu'ils mettent tout entiers dans leur groupe de rock. de l'adolescence, ils ont aussi la révolte, la démesure, la réjouissante insouciance et c'est ce qui les pousse à fuguer, après que leurs familles et les adultes soient allés trop loin une fois de plus.
Nous sommes en 1965: l'époque de Twiggy et de Mary Quant; des Beatles, des Stones, des Kinks et de Dylan. Pour des musiciens en herbe en quête de liberté, pas de doutes: c'est à Londres qu'il faut en aller, et ils iront. Rachel, la belle Rachel, les rejoint en chemin.
Cependant, la joyeuse équipée vire au cauchemar, sur fond de musique rock, de trips acides, de liberté sexuelle, d'amour fou, de démence et de rencontres nébuleuses. Ils ne seront que trois à rentrer. Sur six.
Dans ce roman, qui à mon sens, vaut plus pour son atmosphère mélancolique et désenchantée que pour son intrigue policière un peu rapide, un peu facile, Peter May met en scène des personnages véritablement attachants, faillibles et explore avec sensibilité les thèmes des rêves avortés de la jeunesse, des amitiés et des amours qui se délitent, du non-dit et de la conscience douloureuse du temps qui passe; thèmes soulignés, accentués même par la narration qui alterne entre les deux époques 2015 et 1965. Cela permet aussi le dévoilement progressif de l'histoire, telle un puzzle dont on ne sait que penser du motif avant de poser, enfin, la dernière pièce, là juste au milieu...
"Les fugueurs de Glasgow" est donc un roman sombre, noir même, sensible, oppressant et pourtant il lui a manqué -pour moi en tout cas- quelque chose... J'ai aimé son aspect de road movie -et celui de 2015 décalé à souhait est même jouissif au début-, sa mélancolie... Mais j'ai trouvé le Jack de 1965 mièvre parfois (certes, certes il a dix-sept ans...) et les personnages de cette époque un poil caricaturaux. Ils auraient pu être approfondis... Enfin, l'intrigue se résout trop rapidement et facilement à mon gout, comme si elle avait été bâclée au profit du travail sur l'atmosphère et de la réflexion sur le temps qui passe...
Malgré tout, j'ai aimé ce livre pour sa beauté mélancolique et ses thèmes, ainsi que pour sa peintures des sixties et je compte bien récidiver avec Peter May qui a le bon gout d'écrire bien et d'être d'un des pays les plus beaux qu'il m'ait été donné de visiter.
D'ici là, je file écouter les Kinks.

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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
iris29iris29   26 octobre 2017
"Le public ne le sait pas , mais la principale raison qui conduit les gens dans les banques alimentaires , ce sont les retards de paiement des allocations . Ils n'ont tout simplement pas assez d'argent . La deuxième raison , ce sont les bas salaires ."Il secoua la tête. " Les bas salaires ! Vous vous rendez compte? Comment ce fait-il que ce soit légal de payer aux gens un salaire inférieur à ce dont ils ont besoin pour vivre ? "
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Giraud_mmGiraud_mm   18 mai 2018
Cela ne se faisait tout simplement pas d'autoriser une femme à poursuivre une carrière artistique.
A la place, elle avait postulé pour un emploi dans la fonction publique. A l'examen d'entrée, elle était arrivée première de la ville de Glasgow. Malheureusement, comme elle était une femme, on lui avait attribué une place de standardiste. Et, comme si cela n'avait pas été assez humiliant pour elle, elle avait été renvoyée quand elle avait épousé mon père. Les femmes mariées n'étaient pas autorisées à travailler dans l'administration.
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marina53marina53   26 octobre 2021
Comment aurais-je pu savoir que l'échec est semblable à une mort lente et pénible et que la déception que l'on éprouve en raison de la tournure que notre vie a prise ne disparaît jamais ? Elle ne fait que se renforcer avec le temps et le peu d'espoir qui vous reste finit par s'échapper, comme du sable glissant entre vos doigts mangés par l'arthrose.
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iris29iris29   05 octobre 2015
...quand on est jeune . Tu penses que tu vas vivre pour toujours . tu sais qu'un jour tu mourras , mais c'est tellement loin que tu ne peux pas te l'imaginer . Et puis , un jour, tu regardes dans le miroir et tu vois Ricky à quarante ans . Et avant que tu aies le temps de dire ouf , ce sera Ricky à cinquante ans , et puis à soixante ans . Et soudain tu vois la ligne d'arrivée devant toi, comme les butoirs au bout de la voie ferrée . Tu es lancé et il n'y a personne pour arrêter le train . Et partout où tu as été pendant le voyage qu'a été ta vie , les gens que tu as aimés, ce que tu as appris et vu, tout disparaîtra.
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marina53marina53   25 octobre 2021
Je suppose que la vie est intimement liée à la douleur, non ? (...) Liée au sentiment. À n'importe quel sentiment. Même les émotions positives peuvent être douloureuses à leur manière. Et la douleur, la douleur pure et simple, est le sentiment le plus intense de tous.
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