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ISBN : 2330086202
Éditeur : Actes Sud (01/11/2017)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 118 notes)
Résumé :
Jack et Maurie avaient 17 ans lorsqu'ils ont fugué à Londres. Cette fuite fut marquée par une tragédie : la mort de deux hommes et la disparition de Rachel, la cousine de Maurie, dont Jack était éperdument amoureux. Alors qu'ils sont tous deux sexagénaires, Maurie, qui se meurt d'un cancer, avoue à Jack qu'il connaît l'identité du meurtrier de Simon Flet et lui demande de l'accompagner à Londres. ©Electre 2015
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
  02 septembre 2016
Retrouver Peter May pour une balade écossaise est toujours un plaisir.
Sur fond de rock'n'roll, de drogue et de liberté sexuelle, il nous embarque cette fois-ci à la suite de cinq adolescents originaires de Glasgow en direction de Londres, sorte de terre promise pour la concrétisation de tous leurs rêves.
Hélas, le rêve virera au cauchemar.
Cinquante ans plus tard, trois d'entre eux refont le voyage. Ils ont vieilli, sont malades mais ont une folle envie de comprendre pour ne pas partir avec des souvenirs douloureux trop longtemps enfouis.
Peter May nous fait revivre les sixties, les années d'insouciance bercées par les Beatles et Bob Dylan.
« Les fugueurs de Glasgow » est bon roman noir bien écrit où les chapitres s'alternent, opposant l'hier et l'aujourd'hui. Les personnages sont attendrissants à la fois dans la candeur de l'adolescence et l'amertume de la vieillesse.
Le suspense est savamment distillé pour nous procurer un excellent moment de lecture et de dépaysement.

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maevedefrance
  12 octobre 2015
Ce n'est pas du côté des Hébrides extérieures que nous emmène cette fois Peter May, mais à travers un périple qui va de Glasgow à Londres. En 1965, Jack, le narrateur, décide de se faire la belle avec quatre autres potes en direction de la capitale anglaise. C'est la première fois que les adolescents qu'ils sont quittent leur Ecosse natale. Ils ont monté un groupe de rock et se disent qu'à Londres, ils ont peut-être des chances de se faire connaître. Nous sommes dans les Sixties rugissantes, ils reprennent de titres phares des stars de l'époque, en particulier les Beatles. Ils sont rapidement repérés par un type un peu louche, mais maintenant qu'ils sont à Londres, il est trop tard pour reculer.
On retrouve Jack cinquante ans plus tard. Grand-père de Ricky, un jeune diplômé brillant mais fainéant, qui, plutôt que de chercher du travail, passe ses journées devant sa console de jeux vidéos à tuer des gens pour de faux. Un choc de génération pour Jack qui a vécu la guerre. L'occasion faisant le larron, Jack, qui ne s'est jamais aussi senti vivant qu'en 1965, décide de refaire le périple Glasgow-Londres, avec ses amis de l'époque. Pour secouer son petit-fils, il lui annonce qu'il fait partie du voyage, faute de quoi, il dénoncera à ses parents ce qu'il fait sur le Net dès qu'ils ont les yeux tournés...
Le roman est en perpétuel mouvement avec un récit qui se déroule en 1965 et un autre qui se passe de nos jours, en 2015. On sait d'emblée que la fugue des ados à Londres en 1965 s'est terminée en tragédie mais on ne sait pas exactement pourquoi. L'intrigue de ce roman noir est d'ailleurs assez vite reléguée à l'arrière plan au profit de l'ambiance psychédélique du Londres de 1965 très bien restituée (vous saurez entre autres tout sur les effets du LSD! ).
Peter May s'attache également à décrire la métamorphose de la Grande-Bretagne, en particulier à travers la ville de Leeds, qui a vu, dans les années 60, disparaître les maisons ouvrières au profit de la plus grande cité (expérimentale !) d'Europe, détruite depuis, pour les raisons qu'on imagine bien.
Un bon coup de griffe aussi à l'encontre de la volonté politique de démanteler, au nom du profit, les chemins de fer britanniques en fermant les lignes peu rentables. Jack a cet égard pose un regard quasi-prémonitoire sur le futur :
"L'espace d'un instant, j'eus la sensation d'assister à la fin de quelque chose. D'une époque, peut-être. Un tournant de l'histoire de notre pays. Les rêves d'une nation symbolisés par une gare abandonnée et des rails tordus."
Avec Les fugueurs de Glasgow, c'est tout un pan de l'évolution d'un pays qui se déroule sous nos yeux, d'un point de vue culturel et social. J'ai vraiment aimé cet aspect du roman.
En 1965, grâce à la musique, "tous les vestiges de la guerre étaient emportés sur son passage. le rationnement, le service national (...), les vieux programmes guindés et ennuyeux du BBC Light Programme, les cheveux courts, les costumes cravates".
Peter May laisse aussi la parole aux victimes de la crise économique contemporaine et ça ne mâche pas ses mots : "Il y a des gens à Farsley qui ont travaillé toute leur vie jusqu'à ce que ces banquiers foutent en l'air l'économie. Des putains de flambeurs, voilà ce qu'ils sont. Et ce sont les travailleurs honnêtes qui vivent ici qui en paient le prix. (...). On est dans un des pays les plus riches du monde et il y a plus de trois millions et demi de gamins qui vivent dans la pauvreté. Un sur quatre."
J'admire toujours autant l'aspect documentaire qu'il y a dans les polars de Peter May. On sent toujours le journaliste derrière l'écrivain. A tel point qu'on a parfois l'impression que le premier prend vraiment le dessus sur le second. En effet, il y a bien l'histoire de cette bande d'adolescent partis faire l'expérience de la vie à Londres, et de ce point de vue là, le livre a aussi l'allure d'un roman d'apprentissage, mais le problème c'est que l'intrigue fout le camp un peu trop loin et le lecteur l'oublie pour soudain la retrouver à la fin, pour la résolution de l'intrigue.
J'avoue que j'ai trouvé la fin un peu cousue de fil blanc. On est content pour Jack, tout de même, mais bon, c'est très "violon et trémolos" !
(oui, il y a une histoire d'amour qui court tout le long etc.). C'est un peu le côté guimauve un peu plus que d'habitude !
Un beau roman néanmoins sur l'amitié, les rêves adolescents déçus, la maturité, le choc des générations. Un roman autobiographique, à ce que je crois savoir.
A lire en écoutant les Beatles, par exemple.
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nathavh
  06 septembre 2015
Après avoir dévoré "La trilogie écossaise" cet été, j'étais impatiente de lire le nouveau Peter May. On reste en Ecosse bien entendu mais dans un registre complètement différent. L'auteur s'est inspiré d'une fugue réalisée lorsqu'il était jeune.
Nous sommes en 1965, cinq adolescents sont passionnés de musique. Ils créent un groupe de reprises, "The Shuffles". Ils décident de fuir Glasgow et de tenter leur chance à Londres, ville de tous les possibles. le périple ne sera pas simple, imaginez-vous, ils sont jeunes (15 ans pour certains), naïfs, pleins de rêves et d'espoir. Après un détour par Leeds pour récupérer Ratchel, la cousine de Maurie, ils atterrissent chez le Docteur Robert, expert en hallucinogènes...
Cinquante ans plus tard, trois d'entre eux, dont Maurie en fin de vie, referont le voyage en compagnie de Ritchie (geek et obèse) le petit-fils de Jack. Une nouvelle génération les accompagne avec un autre style musical car la musique est reine dans ce polar mais j'y reviens un peu plus loin.
Ils referont donc ce voyage mais désillusion et amertume feront place à l'excitation et l'espoir d'une célébrité et de tous les possibles un demi-siècle plus tôt.
Un drame s'était déroulé à l'époque, ils ont bien l'intention de comprendre ce qui s'était réellement passé.
Peter May nous fait revivre les sixties, la découverte de la sexualité, des drogues, des rêves de célébrité, les espoirs d'une jeunesse. Il nous emmène dans des lieux mythiques : Abbey Road, The Marquee Club, Saville Row, Denmark Street et nous fait côtoyer Les Beatles, John Lennon, Bob Dylan.
On revivra avec lui la sortie de "Ticket to ride"
Nous accompagnerons les Kinks, les Rolling Stones avec "Let it bleed" et tant d'autres.
Peter May avec beaucoup de sensibilité, donne une grande humanité à ses personnages tout en laissant transparaître leurs zones d'ombres et de lumières. L'écriture est belle, sincère. Il nous dresse de jolis bilans de vie. Un récit dont l'originalité se situe dans ce parallèle du même voyage à un demi-siècle d'intervalle. le trip a bien fonctionné, la descente est parfois dure mais c'est la vie.
Ma note : 7.5/10

Lien : http://nathavh49.blogspot.be..
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morin
  15 février 2018
L'histoire se déroule sur deux périodes, l'une située en 1965, l'autre en 2015. Au cours de la lecture nous retrouvons les protagonistes alternativement en 1965 et en 2015.
1965 cinq jeunes adolescents vivent dans la banlieue sud de Glasgow. Ils créent un groupe "the Shuffle" : Ils se rêvent John Lennon ou Elvis. Jack, renvoyé de son collège, décide avec les autres membres du groupe de partir pour Londres et la gloire.
Ils arrivent à Londres après avoir rencontré de nombreuses difficultés tout au long du trajet, et avoir récupéré Rachel, cousine de l'un des membres. Totalement perdus et sans argent ils sont recueillis par un médecin qui accepte de les loger sous réserve de leur participation, en qualité de musicien, à une expérience de soins psychiatriques.
Ils se rendent compte que leur aventure a échoué : "Pas de plan. On a merdé. Quoi que ce soit qu'on pensait trouver ici, on ne l'a pas trouvé".
Trois des membres seront de retour chez leurs parents avant la fin de l'année.
2015 la nouvelle d'un meurtre à Londres réveille des souvenirs et bien qu'ils n'aient pratiquement plus eu de contact entre eux depuis leur expérience londonienne les trois "revenants" décident de repartir pour Londres afin de découvrir ce qui s'est réellement passé il y a cinquante ans lors de leur dernière nuit à Londres.
Tristesse et mélancolie imprègnent non seulement le roman mais également l'esprit du lecteur/ de la lectrice. En effet, si leur rêve d' adolescents s'est évanouit, leur vie d'adulte (personnelle et professionnelle) ne semble pas avoir compenser leur échec londonien sauf, peut-être, pour l'un d'entre eux.
J'apprécie la manière dont Peter May nous raconte ses histoires en alternant passé et présent. Cette technique d'écriture permet de bien saisir la personnalité et le caractère des différents personnages.
J'ai découvert cet auteur au dernier salon du livre de Paris avec sa trilogie écossaise. Je viens de commencer un nouvel ouvrage "l'île du serment".

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Espresso
  29 septembre 2015
Hasard des lectures. Je terminais Back up de Paul Colize (waw à lire absolument) que j'enchaînais avec le petit dernier de Peter May.
Deux styles différents, un même talent pour dépeindre une époque vivante et très musicale emplie d'espoirs et de déceptions. J'ai été littéralement happée par ces jeunes fugueurs, m'angoissant pour leurs destins, leurs choix d'ados. Et très attendrie par ces "vieillards" regrettant leurs non-actions et voulant rattraper le passé.
Depuis, j'écoute les Beatles en boucle, le matin dans ma salle de bain. Une furieuse envie de repartir à Glasgow ou Londres. Et je garde un oeil sur mon ado de fils qui gratte sa guitare avec ferveur (et talent, faut reconnaître).
Merci à Peter May pour ce beau moment de lecture et pour avoir suscité une redécouverte musicale de grands standards des sixties.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
morinmorin   15 février 2018
Ricki renifla, agacé. "et on va payer les tickets avec quoi ?"
Délicatement, Dave posa les canettes encore pleines par terre et se leva. D'un geste mal assuré, il sortit sa chemise de son pantalon et la releva sur sa poitrine, laissant apparaître une ceinture porte-billets usée jusqu'à la corde fixée autour de sa taille. Il sourit. "vous vous souvenez ? Ça nous a sauvé la mise une fois, ça nous la sauvera encore." Il éclata de rire en voyant la mine de Jack.
P.345
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ebideauebideau   03 février 2018
Vous pouvez vous enfuir aussi loin que possible, les choses que vous essayez de laisser derrière vous vous attendent à l'arrivée. Parce que vous les emportez toujours avec vous.
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iris29iris29   26 octobre 2017
"Le public ne le sait pas , mais la principale raison qui conduit les gens dans les banques alimentaires , ce sont les retards de paiement des allocations . Ils n'ont tout simplement pas assez d'argent . La deuxième raison , ce sont les bas salaires ."Il secoua la tête. " Les bas salaires ! Vous vous rendez compte? Comment ce fait-il que ce soit légal de payer aux gens un salaire inférieur à ce dont ils ont besoin pour vivre ? "
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iris29iris29   05 octobre 2015
...quand on est jeune . Tu penses que tu vas vivre pour toujours . tu sais qu'un jour tu mourras , mais c'est tellement loin que tu ne peux pas te l'imaginer . Et puis , un jour, tu regardes dans le miroir et tu vois Ricky à quarante ans . Et avant que tu aies le temps de dire ouf , ce sera Ricky à cinquante ans , et puis à soixante ans . Et soudain tu vois la ligne d'arrivée devant toi, comme les butoirs au bout de la voie ferrée . tu es lancé et il n'y a personne pour arrêter le train . Et partout où tu as été pendant le voyage qu'a été ta vie , les gens que tu as aimés, ce que tu as appris et vu, tout disparaîtra.
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nathavhnathavh   06 septembre 2015
Tu vois, Raitch, ne rien ressentir, c'est comme être mort. Je n'ai pas la prétention de savoir ce que c'est de planer sous héroïne, et je n'ai pas envie de le savoir. Mais ce que tu décris me fait penser à une petite mort. Je préfère être vivant et composer avec la douleur.
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