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EAN : 9782266320221
336 pages
Pocket (13/01/2022)
4.13/5   360 notes
Résumé :
Ils vivent dans un « terrier ». Les enfants, la mère. Protégés de la lumière du jour qu'ils redoutent. Sales et affamés, ils survivent grâce à l'amour qui les réchauffe et surtout grâce à Aleph, l'immense, le père, qui les ravitaille, les éduque et les prépare patiemment au jour où ils pourront sortir. Parce que dehors, il y a des humains. Parce qu'eux sont des monstres, et que tant qu'ils ne seront pas assez forts pour les affronter, ils n'ont aucune chance.
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Critiques, Analyses et Avis (138) Voir plus Ajouter une critique
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sur 360 notes
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Kirzy
  24 octobre 2020

Le Terrier et ses habitants, une mère et ses deux enfants, un Ogre qui règne en maître.
Ce roman, je l'ai lu en apnée, d'une traite.
Ce roman, je l'ai lu avec les tripes, comme une expérience sensorielle convoquant tous mes sens, exacerbés comme jamais, à l'affût de la moindre émotion qui sera convoquée jusqu'à vibrer de partout.
Terriblement immersif. J'ai humé l'air irrespirable du Terrier et l'odeur d'une libération qui n'en est pas une. J'ai écarquillé les yeux jusqu'à ce que des images imprègnent mes rétines. J'ai ressenti des textures. J'ai entendu les cris, les espoirs, la colère, la peur des habitants du Terrier. J'ai eu envie de hurler. J'ai pleuré aussi.
En seulement 300 pages d'une rare densité, Maud Mayeras plonge dans les tréfonds de la psyché humaine, dans ce qu'elle a de pire ( séquestration, viols, conditionnement mental, cruauté ) mais aussi de plus beau ( innocence, enfance ) : les passages sur l'amour filial, maternel et fraternel sont absolument magnifiques et déchirants de justesse, la plume, déjà remarquable, prend toute son ampleur alors. La façon dont elle scrute le mental d'êtres qui ont connu l'extrême est époustouflante de justesse et de singularité.
Surtout Maud Mayeras déploie un talent évident à déranger, à questionner sans chercher à cogner ou choquer en versant dans du trash facile. le cheminement de son récit est tellement subtil, même lorsqu'il lève le voile sur des thématiques tabous rarement abordées, que ce soit dans les médias ou dans la littérature, notamment sur l'après-séquestration, sur la libération des victimes qui n'est pas que joie et qui ne met pas fin à l'histoire pour soulager la société. Et son choix de décrocher de son récit en y insérant des courts extraits de contes métaphoriques terribles ne fait qu'accroître le sentiment d'étrangeté et d'oppression qui grandit depuis le début de la lecture.
Une auteure puissante que je découvre avec ce roman original et oppressant qui m'a vrillée d'émotions les plus diverses. J'entame direct la lecture de Reflex, son précédent, dont je pressens qu'il va énormément me plaire.
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La_Bibliotheque_de_Juju
  05 octobre 2020
LES MONSTRES
« - Vous savez pour quelle raison le grand méchant loup ne pourra jamais vous dévorer les enfants ?
- Nous l'ignorons Aleph.
- Parce que c'est vous le grand méchant loup. »
Le ton est donné. Les fauves sont lâchés et impossible pour moi, de poser ce roman avant de l'avoir terminé.
Une histoire de monstres.
Les monstres, pourtant, ça n'existe pas, non ?
Maud Mayeras t'attrape par le colbac, te saute à la gorge et ne te lâche pas, pas une seule seconde. Tu veux comprendre, tu veux savoir qui sont ces monstres, qui sont les monstres …
De l'histoire, il ne faut rien révéler. Juste évoquer un terrier dans lequel ne vit aucun lapin blanc et où Alice n'aurait jamais mis les pieds…
Chapitres courts, haletants, où chaque page hurle de tourner la suivante pour tenter de pénétrer plus profond dans le noir. J'ai lu ce livre comme on fuit en forêt, en pleine nuit, une lampe torche à la main. Tu ne sais pas où tu vas, tu flippes pas mal, tu n'y vois rien, tu te prends des branches dans la tronche mais tu avances, coûte que coûte et peu à peu l'ombre grandit, jusqu'à tout envelopper. Jusqu'à tout comprendre, dans un cri d'effroi.
Pour les amateurs de noir, ce roman est un incontournable de cette année, je lui dois ma dernière nuit blanche et ma tronche de déterré au matin. Un roman effroyable, un thriller presque gothique, comme un conte satanique, où les fées ne trouveront jamais leur chemin.
Les monstres n'existent pas mais les hommes, oui, et ils peuvent être le plus terrible des cauchemars…
Lien : https://labibliothequedejuju..
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marina53
  01 mars 2021
Le terrier, c'est ici que vivent Eine, son petit frère, Jung, et leur Maman. Dans l'obscurité, isolés et coupés de tout, aussi bien du soleil qui pourrait leur brûler la peau que des humains, ces êtres si différents d'eux. le seul contact est Aleph, le père protecteur qui leur apporte de quoi manger et boire, qui s'occupe de leur éducation, aussi bien physique qu'intellectuelle, qui vide les seaux pour uriner et déféquer. Aleph, ce seul repère pour les deux monstres. Mais, un jour, il ne revient pas. Dehors, des pluies torrentielles s'abattent, une sirène retentit au loin... et une voix d'humain s'approche. Si les deux monstres sont terrifiés et vont aussi aussitôt se cacher, leur Maman, elle, appelle à l'aide...
Maud Mayeras prend son temps pour dépeindre, sur des dizaines de pages, le quotidien peu ordinaire de ces deux enfants, les monstres comme ils sont certains d'être, et leur Maman. Un quotidien ponctué par les visites d'Aleph. Entretemps, un homme est admis aux urgences et une catastrophe naturelle s'abat sur la ville. L'on comprend très vite qu'il s'agit d'Aleph. La vie des deux enfants va alors soudainement basculer. Si ce climat oppressant et anxiogène est le point fort de ce roman, les relations entre les deux enfants mais aussi avec leur maman sont magnifiques. Envers et contre tous, telle pourrait être leur devise. Si le sujet est dur, parfois violent, l'auteure le traite avec une grande justesse, ne pêchant pas dans l'excès. Ce roman nous fait passer par bon nombre de sentiments, aussi bien la surprise, la colère, l'émoi, l'horreur, l'incompréhension, le malaise que l'effroi... même une fois la porte de ce terrier fermée...
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Crossroads
  13 mai 2021
Mayeras ne me laisse jamais indifférent.
Soit j'adore, soit je déteste.
Elle réussit ici à me faire passer d'une furieuse envie d'abandon à un plaisir de lecture affirmé.
Mais que le début fut laborieux.
Le bestiau affiche 300 pages au compteur, loin d'être incontournable, alors pourquoi s'évertuer à faire du surplace durant les 100 premières, hein, dis ?
D'autant que la quatrième de couv' bave allégrement sur le déroulé quasi statique de ce premier tiers.
J'suis pas content.
Pas content d'assister à une master-class de broderie, moi qui suis plutôt adepte du pied sur la pédale et c'est pas ma Brother CS10s qui vous arguera du contraire.
Au-delà de ces considérations toute personnelles, mais que je partage dans leur immense majorité, il est indéniable que Mayeras touche sa bille pour développer un univers légèrement anxiogène.
Des monstres tapis au fond d'un terrier.
On tape direct dans le conte névrotique.
Mais totalement abject et barbare au regard de la plausibilité déjà rencontrée de telles déviances.
Les Monstres est le miroir d'une déshumanisation totale et durable qu'il conviendra d'appréhender une petite boite de xanax à portée de pogne, on ne sait jamais.
Merci, Maud, pour l'élan d'allégresse et d'optimisme insufflé en cette période si trouble.
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sylviedoc
  26 juillet 2021
Je n'avais pas l'anthologie de Desproges à portée de main, ni même de Xanax, (clin d'oeil à @Crossroads), mais je me suis tellement immergée dans cette très sombre histoire que je n'ai pas eu le temps de prendre mes précautions.
Il faisait grand soleil à Céret, je lisais sur la terrasse d'une très vaste maison, mais j'ai tout oublié de mon environnement pour me cacher avec Eine et Jung au fond du conduit, au-dessus de la gazinière, le coeur battant, alors que les humains forçaient notre porte et allaient envahir notre terrier. Quelle angoisse ! Ils allaient certainement nous traîner dehors, là où les éléments nous empoisonneraient, la lumière nous brûlerait et leurs miasmes nous contamineraient, nous les monstres, si purs, si préservés...
J'étais Eine, je protégeais mon petit frère avec toute ma farouche détermination, mais où était donc passé Aleph, notre père si fort et si puissant ?
Cette fois Aleph ne reviendra pas à temps, et les monstres se retrouveront livrés à eux-mêmes, leur maman emmenée par les humains. Eine nous fera partager leur tribulations dans ce monde hostile où l'eau menace de tout envahir, et parallèlement nous suivrons la difficile renaissance de leur mère, et nous descendrons dans les tréfonds de l'âme torturée d'Aleph.
Vous avez sans doute déjà croisé des familles dysfonctionnelles dans vos lectures, mais des comme celle-ci certainement pas ! Et ces monstres sont tellement émouvants, tellement solidaires dans la tourmente que vous ne pourrez pas rester indifférents face à leur destin. Maud Mayeras, que je découvre ici, a su dépeindre un univers en même temps atroce et touchant, où on se laisse glisser sans résistance au bout de quelques dizaines de pages, une fois le décor planté. Les chapitres concernant le destin des monstres sont narrés par Eine au présent, ce sont les plus poignants, on vit et on ressent en même temps qu'eux. Ceux concernant la mère décrivent bien le processus très difficile de la sortie d'un traumatisme, surtout quand il s'est étendu sur une très longue période. Je ne dirai rien d'Aleph, je vous laisse le soin de le découvrir.
Au fil des pages, le lecteur est interpellé par une série de contes très symboliques, extraits des livres que les monstres ont lus tout au long de leur enfance. J'ai d'abord été un peu agacée par cette interruption de l'histoire, trouvant que cela cassait le rythme, mais ensuite j'ai trouvé que ces insertions se mariaient parfaitement avec la narration.
"Les monstres" restera une de mes lectures marquantes de cet été, et même de l'année. Amateurs de noirceur et de psychés tordues, précipitez-vous ! Ames trop sensibles, tenez-vous à l'écart du terrier...
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   01 mars 2021
Elle met le contact et, pour une fois, elle prend son temps ; elle regarde la ville dépeuplée, les boutiques encore fermées, elle allume la radio qui annonce que les pluies vont enfin cesser. La vie va reprendre, les habitants vont réintégrer leur foyer, ils répareront les dégâts et ils passeront à autre chose. Puisque c'est cela que l'humain fait le mieux, il s'adapte.
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marina53marina53   01 mars 2021
Elle se dit que le monde n'est fait que de cela, de monstres qui grouillent, qui hurlent, qui geignent, qui tuent, qui forniquent pour enfanter de nouveaux monstres.
Elle se dit que c'est sans fin.
Et que sous l'horreur, il y aura toujours pire.
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celine85celine85   19 octobre 2020
Enfin, lorsque nous serons prêts et autonomes, il nous montrera comment tuer les hommes.
Quand les nuits seront à nous, nous apprendrons à ne plus avoir honte. Aleph nous offrira des lames effilées et nous pourrons couper la viande des femmes et briser les os des enfants.
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SiabelleSiabelle   16 décembre 2020
Le vent qui s'engouffre comme un fou serait-il capable d'enfler, de souffler et de défoncer notre maison comme un vulgaire tas de paille ? Le feu parviendrait-il à consumer la pierre et la terre humide ? Nous n'avons pas envie d'y croire, et pourtant le doute se faufile.
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collectifpolarcollectifpolar   06 décembre 2020
Nous sommes un danger les uns pour les autres, notre rencontre provoquerait un chaos. Si nos cheveux poussaient librement, dit maman, les autres enfants les tireraient jusqu’à nous arracher la tête. Elle hoche la tête gravement lorsque nous osons regarder la porte avec dans les yeux autre chose que de la résignation. Nous savons que l’équilibre est fragile et que nous n’avons d’autre choix que de le conserver. Alors nous laissons le seau jaune partir, plein de ce que nous sommes, en nous efforçant de ne pas nous figurer le trajet qu’il parcourt. Si c’est un mètre ou bien cent. Cela ne doit pas nous perturber, ce serait trop douloureux.
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