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inconnu (Autre)
EAN : 9782843378850
320 pages
Éditeur : Anne Carrière (02/10/2020)

Note moyenne : 4.37/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Ils vivent dans un « terrier ». Les enfants, la mère. Protégés de la lumière du jour qu'ils redoutent. Sales et affamés, ils survivent grâce à l'amour qui les réchauffe et surtout grâce à Aleph, l'immense, le père, qui les ravitaille, les éduque et les prépare patiemment au jour où ils pourront sortir. Parce que dehors, il y a des humains. Parce qu'eux sont des monstres, et que tant qu'ils ne seront pas assez forts pour les affronter, ils n'ont aucune chance.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  24 octobre 2020

Le Terrier et ses habitants, une mère et ses deux enfants, un Ogre qui règne en maître.
Ce roman, je l'ai lu en apnée, d'une traite.
Ce roman, je l'ai lu avec les tripes, comme une expérience sensorielle convoquant tous mes sens, exacerbés comme jamais, à l'affût de la moindre émotion qui sera convoquée jusqu'à vibrer de partout.
Terriblement immersif. J'ai humé l'air irrespirable du Terrier et l'odeur d'une libération qui n'en est pas une. J'ai écarquillé les yeux jusqu'à ce que des images imprègnent mes rétines. J'ai ressenti des textures. J'ai entendu les cris, les espoirs, la colère, la peur des habitants du Terrier. J'ai eu envie de hurler. J'ai pleuré aussi.
En seulement 300 pages d'une rare densité, Maud Mayeras plonge dans les tréfonds de la psyché humaine, dans ce qu'elle a de pire ( séquestration, viols, conditionnement mental, cruauté ) mais aussi de plus beau ( innocence, enfance ) : les passages sur l'amour filial, maternel et fraternel sont absolument magnifiques et déchirants de justesse, la plume, déjà remarquable, prend toute son ampleur alors. La façon dont elle scrute le mental d'êtres qui ont connu l'extrême est époustouflante de justesse et de singularité.
Surtout Maud Mayeras déploie un talent évident à déranger, à questionner sans chercher à cogner ou choquer en versant dans du trash facile. le cheminement de son récit est tellement subtil, même lorsqu'il lève le voile sur des thématiques tabous rarement abordées, que ce soit dans les médias ou dans la littérature, notamment sur l'après-séquestration, sur la libération des victimes qui n'est pas que joie et qui ne met pas fin à l'histoire pour soulager la société. Et son choix de décrocher de son récit en y insérant des courts extraits de contes métaphoriques terribles ne fait qu'accroître le sentiment d'étrangeté et d'oppression qui grandit depuis le début de la lecture.
Une auteure puissante que je découvre avec ce roman original et oppressant qui m'a vrillée d'émotions les plus diverses. J'entame direct la lecture de Reflex, son précédent, dont je pressens qu'il va énormément me plaire.
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La_Bibliotheque_de_Juju
  05 octobre 2020
LES MONSTRES
« - Vous savez pour quelle raison le grand méchant loup ne pourra jamais vous dévorer les enfants ?
- Nous l'ignorons Aleph.
- Parce que c'est vous le grand méchant loup. »
Le ton est donné. Les fauves sont lâchés et impossible pour moi, de poser ce roman avant de l'avoir terminé.
Une histoire de monstres.
Les monstres, pourtant, ça n'existe pas, non ?
Maud Mayeras t'attrape par le colbac, te saute à la gorge et ne te lâche pas, pas une seule seconde. Tu veux comprendre, tu veux savoir qui sont ces monstres, qui sont les monstres …
De l'histoire, il ne faut rien révéler. Juste évoquer un terrier dans lequel ne vit aucun lapin blanc et où Alice n'aurait jamais mis les pieds…
Chapitres courts, haletants, où chaque page hurle de tourner la suivante pour tenter de pénétrer plus profond dans le noir. J'ai lu ce livre comme on fuit en forêt, en pleine nuit, une lampe torche à la main. Tu ne sais pas où tu vas, tu flippes pas mal, tu n'y vois rien, tu te prends des branches dans la tronche mais tu avances, coûte que coûte et peu à peu l'ombre grandit, jusqu'à tout envelopper. Jusqu'à tout comprendre, dans un cri d'effroi.
Pour les amateurs de noir, ce roman est un incontournable de cette année, je lui dois ma dernière nuit blanche et ma tronche de déterré au matin. Un roman effroyable, un thriller presque gothique, comme un conte satanique, où les fées ne trouveront jamais leur chemin.
Les monstres n'existent pas mais les hommes, oui, et ils peuvent être le plus terrible des cauchemars…
Lien : https://labibliothequedejuju..
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gruz
  02 octobre 2020
Dans l'immensité de la mer de livres, il y en avait quelques-uns qui surnageaient. D'autres encore plus uniques qui volaient au-dessus des flots de pages, grâce au pouvoir insufflé par leur écrivaine. LA plume (c'est bien ce qui sert à voler, non ?), rare. Et ce qui est rare est chair.
Ces histoires-là avaient réellement de la chair, vous touchaient véritablement dans votre chair. Les tripes à l'air, par l'horreur des situations et l'immense éventail de l'émoi.
Il fallait être attentif pour réussir à attraper ces écrits-là, pour avoir le privilège de s'y plonger, de se laisser emporter par les vagues de mots et d'émotions. Il fallait le bon Reflex pour avoir le Lux d'être touché d'un Hématome de l'âme aussi singulier.
A ce jour, il était quatre fois. Rare ne veut pas dire unique, et cette plume noire revenait, volait, changeait même de couleur. A travers le noir, on percevait du rouge flamboyant, du jaune aveuglant, et tant d'autres teintes qui pigmentaient vos ressentis. Une tessiture de couleurs, parce que cette autrice savait faire chanter les mots.
Il est donc jour pour laisser sortir ce quatrième de la nuit. Sortir du terreau plutôt, tant celui-ci sent la terre, l'humus, les racines mêmes de ce que sont les humains.
Dans l'obscurité peuvent se cacher des monstres. Mais qu'est-ce qu'un monstre, au juste ? Et ne sont-ils pas plutôt enfermés ? La folie des hommes peut engendrer des êtres contre-nature, façonnés à son envie.
Ce Quatre était conte autant qu'histoire vraie. Une sorte de mythe en somme, la condition humaine dévoyée, une énergie sombre mettant en scène des créatures travaillées de glaise. Des composants élémentaires dont LA plume extirpe le fondamental.
C'est le récit d'une mère et de ses deux enfants. L'instinct maternel mis en bocal, l'amour filial et de fratrie en vase clos. La quintessence de l'attachement, jusqu'au dévoiement ultime. Mais que se passe-t-il lorsque l'on ouvre le couvercle ? Une obsession pour LA plume.
Si vous vous aventurez entre ces mots, vous allez les sentir s'insinuer dans chacun de vos pores. Parce que LA plume vous fait entrer dans la tête des monstres, tous les monstres, même les plus cachés (et parfois ils sont beaux, si beaux). Ce n'est pas seulement une histoire qu'elle vous raconte, ce sont des pensées qu'elle vous fait ressentir. Des émotions qu'elle vous fait éprouver, subir, goûter, comprendre, découvrir. Pleurer.
Tant qu'on n'a pas lu LA plume, on ne sait pas ce qu'est réellement la peur, ni qu'elle est intimement liée à une palette de saisissements beaucoup plus large qu'il n'y paraît.
Quand on ressent, on s'identifie ; empathie. Face à la violence et à la puissance des ébranlements de ces êtres de papier, comment rester de marbre ? La terre n'est pas du plomb, elle vit.
LA plume est habile, elle sait qu'il ne faut pas nous démolir complètement. le Quatre entrecoupe son histoire d'intermèdes narratifs, respirations métaphoriques originales.
Mais pourquoi si court ? Trois cents pages, quand on voudrait rester encore et encore proche de ces personnalités-là. LA plume nous a appris à voler à leurs côtés. L'impression est grisante tant elle sait se transformer en démiurge, comme si elle était dans toutes les têtes. L'atterrissage est brutal, le mal de l'air reste matériel, tactile, tangible bien après l'hallucinant alunissage.
LA plume maîtrise tous les éléments, trie l'air ; thriller. Roman noir par excellence. Mais surtout, elle dompte et domine toutes les émotions, les plus puissantes, les plus vraies comme les plus déformées. Jusqu'à les lâcher ; libres. Sans brides, elles deviennent incontrôlables et vous submergent. Avec de l'amour aussi, beaucoup d'amour.
LA plume a pour nom Maud Mayeras. le Quatre s'appelle Les monstres. Et il vous appelle.
Lien : https://gruznamur.com/2020/1..
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audelagandre
  04 octobre 2020
Il y a des romans à l'atmosphère très anxiogène et il y a « Les monstres »… Anxiogène n'est pas le mot adéquat. Malaisant serait plus exact, même si j'en déteste la sonorité. Malaisant est un adjectif très laid, mais dérangeant ou déroutant n'est pas assez fort. Quatre ans que j'attendais la sortie d'un nouveau roman de Maud Mayeras… Après « Hématome » en 2006, « Reflex » en 2013 et « Lux » en 2016, « Les Monstres » sorti le 2 octobre 2020 confirme le talent d'une auteur à l'univers singulier, une femme qui semble avoir une vie intérieure fertile, naviguant au milieu de ses ogres personnels. Je referme le roman bousculée, chamboulée, à la fois soulagée de l'avoir terminé et triste d'abandonner ses personnages auxquels elle a adjugé, une fois encore, des âmes tourmentées, mais si riches d'émotions. Je crois qu'on ne peut écrire un tel livre sans vivre avec de véritables démons intérieurs, sans blessures profondes, sans un immense talent pour conférer aux mots, un embrasement et une portée si prodigieux. Une écorchée vive qui crée des protagonistes écorchés vifs, sur lesquels la fée usuellement chargée de distribuer des bontés a préféré catapulter des maléfices.
Il était une fois une femme qui vivait dans un terrier avec ses deux enfants. Une vie sous terre où le confort de notre société n'existe pas, où la crasse flirte avec la tendresse, où la peur des bactéries danse avec ce qu'une mère, aussi faillible soit-elle, procure comme petits bonheurs quotidiens. Il était une fois un ogre, chargé de maintenir cette famille en vie, qu'il distribue une nourriture réelle ou une nourriture spirituelle. On n'élève pas des monstres comme des enfants « normaux ». Si la mère les berce d'imaginaire, l'ogre, lui, les prépare à un monde post apocalyptique où l'humanité n'a plus rien d'humain.
Il y a ces personnages qui semblent aussi fantasmagoriques que réels. La mère donne naissance et nourrit. C'est elle qui implicitement navigue entre la vie et la mort. Une mère ambivalente, ambiguë, dont le comportement désarçonne autant qu'il suscite l'admiration. Douceur et violence, tendresse et cruauté, bien et mal. « Elle nous dit parfois qu'il serait si simple que nous n'existions pas, que le malheur aurait été évité si nous n'avions pas vu le jour. Elle se contredit, nous assure aussi que nous sommes son seul bonheur, et nous ne comprenons pas pourquoi elle pleure en disant ça. (…) Elle pleure et nous regarde ensuite avec tant de haine que nous nous sentons coupables de respirer. »
Les monstres poussent, bercés par les contes, par la vie dans le terrier, et par l'éducation de l'ogre. Les mots de l'ogre parlent de l'humanité, de la bêtise des hommes, des contradictions de la société, des incohérences observées, de tout ce qui fait que vivre dans un terrier c'est être, d'une certaine façon, à l'abri du monde. Et vous verrez que vous serez parfois tentés de rejoindre ce terrier silencieux, pour vous offrir une parenthèse hors du temps qui file, des idées nauséabondes du monde, des nombreux êtres humains si décevants, aux réactions incompréhensibles, et aux actes chaotiques.
Maud Mayeras dépeint une certaine vision de la société à travers les mots de l'ogre sur l'être humain. « Il nous explique que les humains ont des oreilles qui se ressemblent à peu près toutes, qu'elles ont juste un trou au milieu qui ne leur permet pas toujours d'entendre, que les hommes aboient presque tous, qu'ils ne savent pas murmurer, qu'ils crient pour s'exprimer, et qu'ils sont bêtes comme des coings. » Elle raconte la puissance de la littérature capable d'ouvrir tant de mondes pour échapper au nôtre, elle travaille sur la force des mots : « Il dit qu'on peut tout faire avec les mots, tant qu'on sait les dresser. » Elle étrille cette comédie humaine qui a de moins en moins de sens au travers de cet ogre qui affirme « Vous êtes bien plus puissants puisque vous savez réfléchir, contrairement à eux. »
Il vous faudra découvrir l'histoire de cette famille, seuls… Il vous faudra dénicher le message de Maud, localiser la lumière dans le terrier, démêler la vérité du mensonge, comprendre les mots et ce qu'ils impliquent, appréhender l'implicite, accepter de ressentir des émotions aussi terrifiantes que sublimes, prendre la mesure du mensonge véhiculé et le rapprocher des mensonges de notre société… Laisser Maud entrer en vous, la laisser vous démolir, consentir à absorber toute la noirceur qui l'habite, aimer ses monstres, admirer cette mère et la comprendre, apprivoiser cet ogre, soutenir ces enfants.
Maud a un don. Celui d'écrire peu et bien. Celui de susciter toutes sortes d'émotions. Celui de vous tordre les tripes, de vous laisser reprendre de l'air, puis de vous sonner. Rester indifférent est impossible. Sortir indemne est impensable. Croire en l'humanité est délicat, voire utopique. Ces monstres vous les aimerez. Cette mère, vous voudrez la consoler. Maud, vous ne pourrez que la placer au panthéon des conteurs d'émotions parce que sa plume est profondément authentique.
Je sais que chaque roman lui demande du temps, lui pompe toute son énergie… Je veux simplement ajouter que pour lire un roman d'une telle qualité empathique, je veux bien attendre quelques années de plus. Seulement dire « Maud, n'arrête jamais d'écrire. »

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celine85
  24 octobre 2020
Rosemarie et ses deux enfants Jung et Eine vivent dans une cave, un « terrier » isolé du reste du monde, ne voyant jamais la lumière du jour. C'est Aleph, le père qui les séquestre et assure le ravitaillement. Il a fait croire à ses enfants qu'ils étaient différents, qu'ils étaient des monstres et que pour cela il devait les éduquer, les préparer pour leur sortie.
Un jour Aleph ne vient plus au terrier, il a fait un malaise cardiaque dans un supermarché et a été transporté par les pompiers à l'hôpital. Dès qu'il reprend connaissance, il n'a qu'une idée en tête sortir pour les retrouver. Mais pendant ce temps, les choses bougent dans le terrier. La ville est en train d'être évacuée, le barrage menace de lâcher. Des hommes font le tour des maisons les plus isolées et c'est là qu'ils trouvent la mère et les enfants. Les choses ne vont pas se dérouler simplement…
On lit ce livre en apnée, envie de savoir et en même temps peur de sombrer encore plus dans l'horreur. Un roman riche en émotion. J'ai tellement adoré ce livre que j'ai envie de découvrir ses autres livres très rapidement.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
celine85celine85   19 octobre 2020
Enfin, lorsque nous serons prêts et autonomes, il nous montrera comment tuer les hommes.
Quand les nuits seront à nous, nous apprendrons à ne plus avoir honte. Aleph nous offrira des lames effilées et nous pourrons couper la viande des femmes et briser les os des enfants.
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celine85celine85   20 octobre 2020
Elle se dit que c'est sans fin.
Et que sous l'horreur, il y aura toujours pire
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les_lecturesdefloles_lecturesdeflo   07 octobre 2020
- Vous savez pour quelle raison le grand méchant loup ne pourra jamais vous dévorer les enfants ?
- Nous l'ignorons Aleph.
- Parce que c'est vous le grand méchant loup.
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