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ISBN : 2264065281
Éditeur : 10-18 (16/09/2015)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 348 notes)
Résumé :
Juin 1979, Californie du Nord. Rachel, 13 ans, et sa sœur Patty, 11 ans, sont délaissées par leurs parents : une mère souvent absente et un père volage. Leur quotidien ennuyeux est soudain interrompu par une affaire de meurtre en série que leur père, l'inspecteur Torricelli, est chargé de résoudre. Trente ans plus tard, Rachel, devenue romancière, raconte l'été qui a bouleversé leur vie.
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Critiques, Analyses et Avis (108) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  20 août 2018
Brillante idée que de mêler roman d'apprentissage et intrigue policière, traque d'un serial killer durant l'été 1979 et évocation de l'adolescence féminine à travers deux personnages de soeurs âgées de 10 et 13 ans, filles de l'inspecteur qui a en charge l'enquête.
Cela peut sembler bizarre mais c'est extrêmement réussi.
Comme si la violence qui frappe cette région de Californie du Nord reflétait la violence de l'ébullition qui secoue les corps, les têtes et les coeurs lors de l'adolescence.
L'auteur ose même des pages très audacieuses sur l'obsession des premières règles pour les jeunes filles : « Par une étrange coïncidence, quand la série de meurtres avait débuté, les filles ne parlaient que de leurs premières règles et, d'une certaine façon, ces deux drames – les assassinats et la particularité dont je souffrais ( l'absence de règles, la seule parmi ses copines ) – étaient liés dans mon esprit. Comme si la fertilité était porteuse de danger ».
Rarement un livre aura été aussi juste, subtil et sensible pour décrire l'adolescence féminine, un des meilleurs après le merveilleux Frankie Addams de Carson McCullers. Joyce Maynard possède un réel art de sonder les êtres en mutation et c'est cela qui touche en plein coeur, j'avais l'impression en lisant de retrouver les sensations, les émotions, les contradictions de mes 13 ans à travers les questionnements de Patty :
«  Si être populaire signifiait attendre sans bouger que sèche son vernis à ongles, ou écouter Teddy Bascom décrire le moindre de ses mouvements au karaté, si être impopulaire permettait de choisir entre ses balancer à une liane pendant à une branche d'arbousier, dévaler la montagne en roulés-boulés, ou traînasser avec sa soeur dans la cabine rouillée d'un camion avec un sac de crackers et un cahier où écrire des histoires pour les lire en suite à haute voix, faisant rire sa soeur si fort qu'on m'entendait probablement du bas de la montagne, alors qu'y avait-il de si génial à être populaire ? Ou de si affreux à ne pas l'être ? »
Le désir de normalité, la crainte de ne jamais devenir une femme, la terreur de le devenir, les prémices de la sexualité avec les premières relations qui détermineront les suivantes, tout est dit avec grande justesse.
Tout comme l'évolution des relations parents – enfants lors de cette période de chamboulement. On voit le regard porté sur le père passer d'une admiration sans borne pour ce père enquêteur que l'on confond avec Dean Martin à une descente de piédestal lorsqu'il échoue à coincer le serial killer. Il faut bien grandir.
Du coup, je ne voulais pas quitter cette sphère douce-amère de l'adolescence, son flou, son indétermination, je ne voulais pas remettre les pieds sur terre et les cinquante dernières pages m'y ont contrainte. L'auteur s'est sentie comme obligée de nous offrir une double résolution sur le devenir de Rachel ( on l'a retrouve quadragénaire ) et sur l'enquête. Lourdaud du coup après l'évanescence maitrisée des pages précédentes. Cela n'enlève rien à la profondeur et la beauté de tout le reste du roman.
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marina53
  19 mars 2015
Caroline du Nord, dans la banlieue de San Francisco, des montagnes à perte de vue. Un terrain de jeu idéal pour Rachel et Patty, 13 et 11 ans en cet été 79. Deux soeurs inséparables. Elles n'ont d'autre passe-temps au cours de cet été-là que d'aller regarder la télé par la fenêtre des voisins, d'aller se promener dans les sommets ou de s'inventer des tas d'histoires. Leur papa, Anthony, ayant déjà quitté la maison familiale, passe de temps en temps les voir. Mais, son boulot d'inspecteur de police l'accapare souvent tandis que leur maman se laisse doucement sombrer dans la mélancolie. Ainsi s'écoulait paisiblement la vie des deux fillettes bientôt marquée par un événement tragique. En effet, au cours du mois de juin, le corps d'une jeune fille a été retrouvé non loin de chez elles, sur le versant de la montagne. Evidemment, il leur est désormais interdit d'aller s'y promener tant que l'assassin, surnommé le Tueur du crépuscule, n'aura pas été retrouvé. Un événement d'autant plus marquant que c'était leur père qui était chargé de l'enquête...
L'homme de la montagne est le titre du roman que Rachel a finalement réussi à écrire, des décennies plus tard après les événements tragiques qui ont eu lieu en ces hauts sommets, dans le Marin County. Malgré les nombreux policiers mis sur l'affaire, d'autres meurtres suivront. La population est en émoi devant cette hécatombe et Anthony Torricelli, chargé de l'enquête, fera tout son possible pour résoudre cette sombre affaire. Joyce Maynard donne la parole à Rachel, l'aînée. Elle raconte non seulement les meurtres perpétués mais aussi sa vie d'adolescente, notamment son corps qui change, ses sentiments qui se trouvent exacerbés et ses copines superficielles mais aussi son papa vénéré et adoré dont elle déplore l'absence, sa maman dépressive qui laisse ses filles vivre comme bon leur semble et bien sûr sa soeur, Patty. Dans ce roman d'apprentissage, les meurtres ne sont presque plus qu'un prétexte et relégués au second plan tant l'auteur s'attarde sur ces deux soeurs et leur vie au quotidien. Avec un léger goût d'enfance, empreint de tendresse et de douceur malgré le Tueur du crépuscule, ce roman porté par une écriture riche se veut avant tout sincère et efficace.
Joyce Maynard s'est inspirée d'une histoire vraie. Elle a décidé d'écrire ce roman après sa rencontre avec deux soeurs qui avaient malheureusement croisé la route du Tueur des pistes.

L'homme de la montagne vous tient entre ses griffes...
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Annette55
  11 juin 2015
" L'homme de la Montagne "raconte l'histoire de deux filles : Rachel, treize ans, Patty, onze ans. Elles se préparent à passer leurs vacances à vagabonder dans la montagne, en Californie du Nord, à l'été 1979 . Un peu délaissées par leur mére, neurasthénique depuis son divorce, mais assurées de la complicité aimante et attentive de leur pére: le flamboyant inspecteur de police Toricelli....Elles rêvent à l'inattendu qui se produirait et pimenterait leur jeune existence.....Une succession de meurtres dont les victimes, sont des jeunes filles ,chevilles attachées par des lacets, les yeux scotchés par du ruban adhésif survient alors qui jette l'effroi : horrible, cauchemardesque....: des drames aux rebondissements ahurissants qui vaudront au séduisant inspecteur et à ces gamines à l'imagination débordante un échec et une humiliation.....
Mais ce sont ces filles les véritables héroïnes de cet ouvrage : l'enquête inspirée de faits réels que raconte Joyce Maynard fait la part belle aux multiples émotions, aux aventures folles et parfois dangereuses, que Rachel et Patty vivent : observation obsessionnelle et gênée des changements du corps, créativité de l'imagination, tour à tour visions, morbides ou mièvres, ambivalence des sentiments, relations trés fortes entre les deux sœurs , roman d'amour, amour qui les lie à ce pére adoré, admiré puis rongé et ravagé par son incapacité à arrêter le tueur : "L'étrangleur du crépuscule" qui affectera l'histoire de cette famille.....Cet été bouleversera leur existence et poussera Rachel, devenue êcrivain à se retourner sur lui, trente ans après..Joyce Maynard restitue à merveille entre polar et formidable roman d'apprentissage les tourments, les espoirs , les aventures folles de l'adolescence : sensibilité à fleur de peau entre policier et introspection.. C'est un livre attachant qu'on ne lâche pas facilement , émouvant,au suspense parfaitement maîtrisé, d'une grande finesse psychologique liée à la période à la fois infernale et magique du passage de l'enfance à l'adolescence ....La folie furieuse qui s'empare des esprits et des corps, le vagabondage joyeux, enchanteur et angoissant suspendu à de multiples moments magnétiques, la peur et le sang- froid qui surgissent à contre temps dans ces jeunes esprits....Aprés "Les filles de l'ouragan" l'auteure rend hommage à la nature sauvage et saisit finement les relations complexes qui relient les êtres en mutation......
Un roman puissant, prenant, riche en rebondissements jusqu'à la dernière page....
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Nastie92
  14 août 2015
Voilà ce que j'appelle une bonne lecture-détente : légère, mais une histoire bien ficelée, que l'on a hâte de poursuivre, avec des personnages que j'ai trouvés très attachants.
La description de l'enfance des deux soeurs, Rachel et Patty, m'a fait penser au livre le château de verre de Jeannette Walls ; livre que j'avais énormément aimé, du coup j'ai accroché dès les premières pages. J'y ai trouvé un grand nombre de points communs : des fillettes livrées à elles-mêmes entre des parents peu conventionnels, le manque d'argent récurrent, mais finalement, une enfance heureuse et riche d'aventures et de jeux partagés.
L'histoire policière (la traque d'un serial-serial-killer qui sévit dans la montagne) n'est finalement qu'un prétexte : le sujet central est l'adolescence des deux soeurs. Adolescence que j'ai trouvée formidablement bien rendue. L'envie et en même temps la peur de grandir, les interrogations sur le corps qui change, les premières attirances envers les garçons, les doutes et les multiples questions qui surgissent, la découverte du monde des adultes : les personnages de Rachel et Patty sont très justes.
Malgré quelques invraisemblances dans l'histoire, l'analyse des liens familiaux, en particulier de l'amour entre les deux soeurs, est suffisamment intéressante pour faire de ce roman d'apprentissage une bien agréable lecture.
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diablotin0
  09 juin 2019
Comme il m' a été facile de rentrer en osmose avec ces deux soeurs ! Je n'ai eu aucune difficulté à m'identifier à la petite. Son admiration devant sa grande soeur fait tellement écho à la relation que j'ai avec la mienne que j'ai lu ce roman comme s'il s'agissait un peu de mon histoire. Heureusement , la ressemblance s'arrête à leur relation !
Policier ? roman d'apprentissage ? et bien « l'homme de la montagne » est les deux à la fois.
Policier car il y a une série de meurtres et c'est Anthony Torricelli , le père de Rachel et Patty qui va être chargé de tenter de retrouver ce psychopathe.
Roman d'apprentissage car on a affaire au changement de Rachel, la grande soeur qui commence à sortir de l'enfance et qui attend avec impatience certains signes qui lui montreront qu'elle devient une femme. Cette période trouble de l'adolescence, qui n'est jamais simple à vivre, est très bien décrite par Joyce Maynard.
J'aime beaucoup son regard sur cette période mais aussi et surtout sur la relation qui unit ces deux soeurs qui s'aiment d'un amour inconditionnel.
C'est aussi une relation d'amour entre elles et leur père qu'elles vont admirer, chérir et soutenir jusqu'au bout. C'est un livre touchant et écrit avec plein de douceur malgré toute la violence de ces crimes horribles, oeuvre de l'étrangleur qui rôde dans la montagne où vivent Rachel et Patty.
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critiques presse (3)
LeSoir   14 octobre 2014
Avec «L’homme de la montagne», Joyce Maynard a écrit un roman fort et drôle.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Telerama   17 septembre 2014
Roman d'apprentissage, ce polar angoissant et enchanteur est suspendu à une multiplicité de moments magnétiques.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaPresse   01 septembre 2014
Malgré d'occasionnelles lenteurs dans le récit, Joyce Maynard sait tenir son lecteur en haleine et étire le suspense jusqu'aux toutes dernières pages de ce roman émouvant.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   17 janvier 2015
Teddy Bascom avait décidé que le temps était venu d'aller jusqu'au bout. Il m'en fit part - sans romantisme, plutôt sur le mode : "allez, on y va" - un après-midi chez Alison, après notre habituelle séance d'échauffement : poitrine, main, humidité poisseuse.
"Alison et Chase le font, dit-il, tout le monde le fait après être sorti ensemble aussi longtemps.
- Treize ans, c'est trop jeune." Bientôt quatorze en réalité (et toujours pas de règles). J'aurais pu lui donner un tas d'autres raisons, et en particulier que je ne voulais pas baiser - que je ne voulais d'ailleurs pas non plus le reste, ces trucs que nous faisions ces derniers temps - mais j'optai pour la simplicité.
"Ne pas aller jusqu'au bout est mauvais pour ma santé, insista Teddy. Ce qui se passe chez les garçons, c'est que s'ils sont trop frustrés, même s'ils éjaculent, ça peut leur bousiller les couilles."
Je ne comprenais pas pourquoi il m'incombait de veiller au bon état des couilles de Teddy Bascom. Alors qu'il se préoccupait si peu de celui de mes seins ; je commençais à me demander si tout ce pelotage n'allait pas les étirer et les faner comme ceux de ma mère.
(p. 182)
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marina53marina53   19 mars 2015
Les filles de treize ans [qui] sont grandes et petites, grosses et maigres. Ni l’un ni l’autre, ou les deux. Elles ont la peau la plus douce, la plus parfaite, et parfois, en l’espace d’une nuit, leur visage devient une sorte de gâchis. Elles peuvent pleurer à la vue d’un oiseau mort et paraître sans cœur à l’enterrement de leurs grands-parents. Elles sont tendres. Méchantes. Brillantes. Idiotes. Laides. Belles.
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marina53marina53   19 mars 2015
Il ne se passait jamais grand-chose sur le versant de la montagne où nous vivions et grandissions, Patty et moi. Et nous n’étions même plus abonnés à la télévision. En attendant qu’un événement inattendu survienne, nous inventions des situations. Le temps, c’était tout ce que nous possédions.
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Annette55Annette55   11 juin 2015
"Du seul mariage que j'avais observé de prés- celui de mes parents-, j'avais acquis une piètre opinion de cette institution. Le mariage, c'était la porte ouverte au divorce, et le divorce avait brisé le cœur de notre mére, éloigné notre père.....Si c'était à cela que menait le mariage: une femme qui ne serait plus jamais heureuse, quel besoin en avait- on? En tout cas plutôt être celle qui se tire que celle qu'on laisse......."
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AproposdelivresAproposdelivres   28 octobre 2014
Il y a un peu plus de trente ans, un jour de juin au coucher du soleil – sur un versant de montagne dans le Marin County, Californie –, un homme s’est approché de moi, tenant dans ses mains un bout de corde à piano, avec l’intention de mettre fin à mes jours. J’avais quatorze ans, et il avait déjà tué beaucoup d’autres filles. Depuis ce jour, je sais ce que signifie regarder un homme dans les yeux en se disant que son visage est la dernière chose qu’on verra jamais.
C’est à ma sœur que je dois d’être ici pour raconter ce qui s’est passé ce soir-là. Par deux fois, ma sœur m’a sauvée, alors que moi, je n’ai pas su la sauver.
Voici notre histoire.

Il ne se passait jamais grand-chose sur le versant de la montagne où nous vivions et grandissions, Patty et moi. Et nous n’étions même plus abonnés à la télévision. En attendant qu’un événement inattendu survienne, nous inventions des situations. Le temps, c’était tout ce que nous possédions.
Un jour, nous avons décidé de découvrir ce qu’on ressent quand on est mort.
Un mort, ça ne ressent rien, a dit Patty. Du Patty tout craché.
Je possédais un sweat-shirt rouge, le modèle avec fermeture Éclair sur le devant, capuche et poches-réserves à chewing-gum. Je l’ai étalé sur un carré d’herbe en pente, derrière notre maison, les manches étirées de chaque côté, on aurait dit une personne passée sous un camion, de façon à exposer le plus de rouge possible, genre mare de sang.
Allonge-toi là, ai-je dit à ma sœur, en lui montrant l’emplacement – à plat dos, camouflant la fermeture Éclair.
Elle aurait pu refuser, mais Patty faisait presque toujours ce que je lui disais de faire. Ses questions, si elle en avait, elle les gardait pour elle.
Je me suis allongée à côté d’elle. Si près que le rouge débordait de part et d’autre.
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