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EAN : 9782889601370
180 pages
La Baconniere (19/04/2024)
4.2/5   5 notes
Résumé :
Penny raconte avec candeur, à travers ses yeux d’enfant, sa vie au début des années 1940 en Italie. Elle vit dans la grande villa de son oncle en Toscane avec sa sœur Baby à la suite de la mort de leurs parents. Ce sont les dernières années du fascisme; la propagande à l’école et le poids du catholicisme orientent les réflexions et les jeux des enfants. L’arrivée des soldats allemands à la villa est une nouvelle source d’amusement pour les deux filles, mais Penny es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
C'est L'histoire de deux petites filles de la bonne société italienne. Deux soeurs, Duo de choc malicieux, parfois cruel.
Une histoire écrite depuis le regard de l'une d'elle.
Les jours se succèdent dans la campagnarde toscane avec ses rituels catholiques et païens. Penny et sa petite soeur Baby parlent trois langues et vivent dans une villa mais elles vont à l'école du village et jouent avec les enfants des fermiers.
Des enfants dont les jeux reproduisent la vie des adultes et expriment la joie profonde d'être au monde.
Des enfants luttant aussi contre les adultes qui veulent leur ôter gaieté, jeux, rires.
« Les grandes personnes ont toujours raison et nous, les petits, on ne peut rien faire », »Moi, en attendant, je pense au jour où oncle Wilhelm comprendra que je suis bonne et que ma vérité à moi est vraie»
Orphelines sans pathos, elles sont hébergées chez leur oncle, leur tante et deux cousines. « le chauffeur dit que nous sommes deux pauvres petites orphelines et il a pitié, je ne sais pas trop pourquoi ».
Ce sont les dernières années du fascisme. La propagande à l'école et le catholicisme impriment leurs marques sur l'imaginaire des enfants.
Penny se demande si elle aime le Duce plus que Jésus et comment l'oncle peut être sauvé de l'enfer car il est juif. Elle rêve d'une Madone chauve, la tête lisse et brillante comme celle de Mussolini.
Bientôt la guerre n'est plus un bruit de fond.
Aveuglé par sa vision de la culture, l'oncle Wilhelm continue à composer avec les soldats allemands stationnés sur le domaine, nouvelle source d'amusement pour les deux petites filles.
Et c'est le drame.
C'est une histoire mais une histoire vraie, celle de Lorenza Mazetti qui devint cinéaste et peintre.
L'Italie la nommera ‘' le massacre de Rignano d'une famille de la parenté d'A. Einstein''.
"C'était pendant la retraite des Allemands… L'air était étrangement agréable. Vous vous sentiez comme une aristocratie au début de la tempête. Les officiers sont doux. Les parties d'échecs interminables. Et de la musique : Mozart et Beethoven…. Au bout d'un moment, ma soeur et moi, nous avons entendu des coups de feu. Nous avons regardé dehors, pleins d'angoisse. Nous avons vu les trois corps étendus dans la poussière »dira-t-elle lors d'un entretien.
Épargnée par les assassins du seul fait de son nom, Lorenza Mazzetti surmontera ce traumatisme.
C'est une oeuvre douce, drôle et amère, bouleversante, montrant avec pudeur, simplicité tout ce qu'on enlève à l'enfance, ce que l'adulte donne comme malheur en héritage.
«C'est un grand livre sur l'enfance …. mais aussi une compréhension très fine de la manière dont l'inéluctable prend littéralement possession de l'espace.»
Ce texte est une perle.
Dont Henri Michaux a dit : “C'est un petit livre féroce”…
Férocité des enfants ? de leur innocence ? Férocité des adultes ? de leur aveuglement ?
H. Michaux a dit «c'est un petit livre féroce »
Une luciole féroce.

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Lorenza Mazzetti signe ici un roman autobiographique dévastateur, ciblant avec tendresse et beaucoup de pudeur, les traumatismes liés à l'enfance, si nombreux, trop nombreux, et infiniment injustes.

Catapultés au milieu de cette infamante Seconde Guerre Mondiale, le quotidien de ces deux fillettes Penny et Baby, m'a brisé le coeur. le parcours de cette vie d'enfant dans lItalie catholico-mussolinienne, est un véritable crève-coeur.

L'éducation et le savoir de ces enfants sont tellement tronqués et biaisés par la religion et les folies de l'instruction d'alors, que Penny est persuadée que ses parents tous deux décédés, vont redescendre sur Terre, un jour ou l'autre, et qu'en attendant, ils la surveillent de là-haut pour s'assurer qu'elle est la gentille petite fille sage que l'on attend qu'elle soit.

« Le Diable est dans la villa. »
C'est ce que l'on serine à ces petites filles, accusant leur oncle d'exister en tant que juif et traître à Jésus.

Entendre les pensées et les paroles de Penny en adoration totale devant Benito Mussolini est particulièrement malaisant, choquant et terriblement triste.

Je n'ai pu m'empêcher de repenser au célèbre film de Roberto Benigni, La vie est belle, traçant un parallèle entre le petit Giosuè et les deux fillettes qui ne se rendent pas compte de ce qui se joue de si cruel autour d'eux.

L'innocence et la pureté des sentiments de Penny sont incroyablement attendrissantes. On retrouve en elle la force et l'exclusivité réservées aux histoires d'amitié de son âge. « Je pourrais tout accepter de la vie sauf une chose : ne plus recevoir les sourires de Baby. Si Baby est en colère contre moi, le ciel s'assombrit, le soleil devient noir et mon coeur se glace lentement. »

Mais ses sentiments et ses actes restent toujours incompris des adultes qui ne cessent de la punir sans jamais tenter de la comprendre, encore moins de l'écouter. « Les grandes personnes, les grandes personnes. Les grandes personnes ont toujours raison et nous, les petits, on ne peut rien faire : ma vérité et mes mensonges ne sont pas vrais. »

Au sein de cette éducation religieuse ultra rigide, les enfants apprennent à se sentir coupables pour tout et n'importe quoi. Ils cherchent à se punir eux-mêmes, se maltraitent et s'inventent des péchés pour mieux correspondre aux ordres qui leur sont donnés. Ils vivent ainsi dans l'inquiétude permanente de finir en Enfer avec le Diable. « Les adultes croient toujours que les enfants ne souffrent pas […]. »

Tout cela pendant qu'un démon bien réel nommé Benito joue au grand chef…

Le ciel tombe est un roman magnifique, terrible et inoubliable.
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L'injustice de l'enfance, ses punitions et déchirements où se dévoilent la guerre et le drame, les raisons de cet exil de Penny et Baby et la férocité dont le dénouement tragique éclaire chaque épisode, souvent comique et savoureux, de cette enfance sauvage. À hauteur, comme on dit, d'enfant, le ciel tombe parvient à évoquer avec une terrible précision à la fois son égoïsme et son aveugle souci de l'autre, ici surtout son oncle Wilhem , Robert Einstein, et invente une insidieuse prise de conscience par la mise en accusation de la meurtrière, religieuse, déraison de notre monde, de cette Italie durant la seconde guerre mondiale. Dans cette rieuse, ou presque, dissection des traumatismes d'enfance, Lorenza Mazzetti signe un bref roman d'où ressort peu à peu, avec une grande pudeur et simplicité, tout ce qu'on enlève à l'enfance.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
C'est terrible, ce que notre oncle disait de moi et que
les autres répétaient. Ils disaient que j'étais désobéissante, effrontée, menteuse, une fillette sans cour. Et moi qui étais en train de me mouiller de la tête aux pieds pour aller chercher Baby, je n'ai pas eu droit comme elle à la moindre compréhension, et aux krapfen à la crème non plus. J'ai été envoyée dans ma chambre, chassée comme un chien.
À les entendre, c'était vraiment une honte. Ce qu'ils disaient de moi était terrible. Comme si je n'entendais
pas! Toujours ma faute, jamais celle de Baby, parce parce que Baby est plus petite.
Oncle Wilhelm est pour la justice. Il est la justice personnifiée. Est-ce que la justice tout entière ne se serait pas mise dans oncle Wilhel ? Est-ce que la justice est une femme ?

p. 40.
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